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Au fil des canaux
Amsterdam est certainement la ville qui mérite le plus ce titre de « Venise du Nord ». Comme elle, elle cumule un riche passé marchand construit par le commerce maritime, visible dans son architecture hanséatique et ses nombreux canaux, et un air de capitale provinciale où il fait bon vivre.
Tout est dans le pignon
Commençons cet itinéraire architectural et historique par les canaux parallèles de Herengracht et Singel (à 10 minutes à pied de la gare) et ceux plus étroits du quartier de Jordaan où vous pourrez admirer à loisir ces façades de pierre et de brique qui dégagent une grande homogénéité au premier abord mais qui recèlent en fait de nombreuses variantes.
À Venise, le marchand qui avait réussi vivait dans un palais en rez-de-canal, ici dans une maison haute et étroite avec entrepôts et grenier. Pourquoi si étroite ? Car l’impôt était payé en fonction de la largeur de la façade.
La seule distinction que s’autorisait les propriétaires était la forme du pignon et l’on peut suivre les différentes modes depuis le pignon en forme de cloche, en pointe, en escalier jusqu’à la corniche néo-classique. Pour que celui-ci soit visible de la rue et aussi pour gagner un peu d’espace dans des salles très étroites, beaucoup de façades ont pris un « air penché » dans leur partie haute (cf notamment le n° 182 du canal Singel). Certaines maisons conservent le mécanisme de la poulie qui permettait de hisser les marchandises au grenier.
L'église dans le grenier
L’itinéraire se poursuit en vous faisant revenir vers les canaux centraux. Le grenier, décidément très important dans cette ville, a pu trouver un autre usage comme l’atteste la curiosité de « l’église dans le grenier » (Musée Amstelkring située au n°40 rue Oudezijds Voorbugwal), une église catholique clandestine dissimulée au dernier étage de trois maisons mitoyennes.
Depuis ce que les historiens nomment « l’Altération de 1578 », les catholiques avaient été expulsés de la ville et la Réforme avait triomphé. Les croyants restés fidèles à la foi catholique n’ont pas été persécutés mais furent privés de tout accès à un poste communal et durent pratiquer leur culte le plus discrètement possible. La ville comptait au XVIIe siècle une trentaine d’églises clandestines.
Une autre histoire de grenier appartient aux pages sombres de l’histoire de la ville, c’est celle de la maison d’Anne Franck, transformée aujourd’hui en lieu de mémoire et musée.
Au marché
Amsterdam compte de nombreux marchés et brocantes : du gouda aux tulipes en passant par les frippes tendance, vous trouverez toujours votre bonheur ! Un art de vivre tout en couleur à explorer le temps d'un week-end...
Le marché aux tulipes
À la Hollande est associée l’image d’Epinal des grands champs de tulipes multicolores et bien c’est à Amsterdam qu’a commencé cette incroyable aventure que fait revivre chaque jour, du lundi au samedi le marché aux tulipes, situé à l’extrémité du canal de Singel, entre Muntplein et Koningsplein. D’autres fleurs sont présentes sur les étals de ces bateaux-boutiques mais ce sont les bulbes de centaines de variétés de tulipes qui en sont toujours les grandes vedettes.
Les premiers bulbes furent envoyés vers 1590 à ses amis Amstellodamois par l’ambassadeur des Pays-Bas à Constantinople qui voulait leur faire profiter de cette dernière mode ottomane. La passion gagna bientôt tout le pays, on ne pouvait plus imaginer un intérieur bourgeois ou une nature morte sans tulipe, une spéculation enragée se porta sur les espèces les plus rares. La tulipe était devenue le placement préféré des Amstellodamois, jusqu’à l’effondrement du marché à la fin du XVIIe siècle et la ruine d’un grand nombre de ces passionnés.
Le secret du gouda
Pour faire leur marché, les locaux se rendent volontiers dans la rue Albert Cuyp situé dans le quartier du Pijp au sud-est de la ville, plus excentré et donc moins cher. Un endroit idéal pour vous faire une idée plus juste du fromage hollandais : Edam, Maasdam, Gouda se déclinent en de nombreuses variétés (vieilli, fumé, aux herbes) et se dégustent en fines tranches sur du pain noir.
Les poissons fumés et séchés (saumon, hareng, morue) souvent parfumés aux baies rouges complèteront agréablement vos encas.
Le marché aux puces
Autre temps, autre mode, le marché aux puces de la place de Waterloo fut l'un des rendez-vous les plus prisés de la jeunesse hippie et conserve assurément une ambiance très décontractée. On y achète de la fripe, des vinyls, des bibelots, des objets de bois au design moderne ou traditionnel (sabots, cuillère à miel, décorations de Noël…).
Cité de l'art
À Amsterdam, il vous sera difficile d’échapper aux deux grands peintres qui ont marqué l’histoire de la ville, Rembrandt et Van Gogh.
Rembrandt et le Siècle d'or
Pour connaître l’homme, rendez-vous à la maison de Rembrandt (n° 4 de la Jodenbreestraat, près de la place de Waterloo), vaste demeure bourgeoise qu’il achète en 1639 dans le quartier juif et revend vingt ans plus tard pour cause de faillite. Cet avatar résume le tempérament vigoureux de l’artiste qui d’un côté a monté une véritable entreprise artistique avec un atelier comptant une quarantaine d’apprentis et de l’autre mena une vie de bohême sans souci du lendemain.
Pour connaître son œuvre et plus généralement les plus belles pièces de la peinture hollandaise réalisées par Vermeer, Jan Steen et Frans Hals rendez-vous au Rijksmuseum. Cela vous conduit vers les canaux sud et l’esplanade des musées. Depuis plusieurs années ces maîtres du dessin et du travail de la lumière sont présentés dans une annexe du musée qui est lui en rénovation avec une réouverture générale prévue à la fin de l’année 2009. Cela n’est pas un inconvénient, bien au contraire, la sélection des œuvres a privilégié les tableaux les plus connus que l’on n’a donc pas à rechercher en parcourant toutes les galeries.
Van Gogh, une collection hors du commun
Deux siècles et demi séparent les artistes et pourtant chacun d’eux a travaillé à sa manière sur la lumière et ses reflets. Van Gogh disait qu’il passait des heures à admirer La Fiancée juive lorsqu’elle était exposée dans la demeure des frères Trip. Je vous conseille vivement le musée qui lui est consacré (Van Gogh Museum), également situé sur l’esplanade, qui nous montre toute la richesse de son œuvre que l’on résume trop souvent en France aux vues d’Auvers-sur-Oise et aux tournesols.
On peut notamment y admirer toute sa période japonisante. Le musée présente plus de 200 tableaux et 500 esquisses, une des collections les plus complètes de l'artiste. À ne pas manquer.
Nocturne Amsterdam
À Amsterdam, les soirées sont longues car les boutiques et musées ferment entre 17h et 19h. Mais, les Amstellodamois ont le sens de la fête. Pour une soirée typique, direction…
Les cafés bruns
Plutôt calmes dans la journée, ils s’animent le soir, en particulier les vendredis et samedis. Ici, la bière coule à flot et on refait le monde dans des volutes de fumée. Les murs sont patinés par la nicotine et la sciure recouvre le plancher. L’un des plus connus est sans conteste le café Hoppe situé dans le quartier du Begijnhof (Béguinage). Une véritable institution depuis 1670. Il serait dommage de ne pas s’y arrêter après la visite du Begijnhof, quartier où vivaient les béguines.
Les restaurants indonésiens
Comme on mange très bien indien à Londres, on mange de la bonne cuisine indonésienne à Amsterdam ; rappelons que le commerce des épices fut un autre pilier de la fortune des Pays-Bas. Les must en la matière sont l’Indrapura spécialisé dans la cuisine javanaise (n°42 Rembrandtplein) et le Sampurna (n° 498 du canal Singel) qui propose notamment la traditionnelle « table de riz » servie avec une douzaine de garnitures épicées.
Le Paradiso pour un concert de rock mythique
Pour une soirée passée dans le quartier animé de la place de Leyde (Leidseplein, à la limite sud du vieux centre) guettez la programmation musicale de la salle de concert mythique du Paradiso, connue de tous les amateurs de rock indépendant et de la scène alternative.
Installée dans une église désaffectée et profitant ainsi d’une excellente acoustique, les artistes présentés aujourd’hui sont plus éclectiques, mais cela reste un rendez-vous phare de la jeunesse branchée. Du coup, de nombreuses cantines et bars bon marché sont à proximité, de même qu’un jeu d’échecs géants qui permet de passer le temps lorsque la première partie ne vous intéresse pas.
Le café Américain pour un cocktail endiablé
Pour l’avant ou l’après-concert, vous êtes également à deux pas du café Américain, situé dans l’hôtel du même nom, où l’on déguste un cocktail dans une ambiance élégante et feutrée et surtout dans un magnifique décor art nouveau. Des « jazz brunchs » y sont proposés le dimanche.
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