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- Reportage Japon

Vivre à la japonaise
Dans le pays du high tech, la tradition a perduré. Pour comprendre l'esprit du Japon, plongez dans les bains à 40°C, méditez autour d'un thé et dégustez les multiples plats traditionnels...
Les bains
Dans les onsen, autrement dit les sources thermales, le rituel est le même que dans les bains publics. Après avoir déposé au vestiaire ses vêtements dans une corbeille, chacun, muni d’une unique petite serviette, assis sur un petit tabouret, se savonne des pieds à la tête, se frictionne vigoureusement, s’asperge abondamment, se rince soigneusement. Car le bain au Japon ne sert pas à faire sa toilette.
Les ablutions, expression ancestrale de la purification des corps dictée par les rites shintoïstes, sont obligatoires avant de plonger dans les eaux lustrales. Chacun pénètre voluptueusement dans l’eau chaude presque brûlante. Souvent, elle dépasse les 40°C.
Pour ne pas être surpris par la température élevée, il est conseillé de s’asperger au bord du bassin avant de s’immerger. L’intimité du nu engendre une grande pudeur des gestes. La nudité ne choque pas. Elle abolit les frontières sociales. Le bain au Japon apaise et invite au bien-être. Pour les Japonais : « En Europe, on se nettoie, ici on se régénère… »
La voie du thé
Porté à la dignité d’un rite et d’une philosophie, la cérémonie du thé tend à atteindre une sérénité intérieure. Ce moment, hautement codifié, célèbre l’harmonie, le respect, la pureté et la tranquillité. L’exactitude des gestes confère au corps une expérience empreinte de spiritualité.
Venue de Chine, la cérémonie du thé, sublimée par le jeu de l’épure, cher à l’âme japonaise, est imprégnée de l’esprit de l’école zen. L’eau symbole de l’impermanence, notion primordiale pour les bouddhistes, participe à cette ode du temps qui passe. Chaque objet tient une place précise.
Les invités s’inclinent avant de prendre le bol qu’ils soulèvent puis portent à leurs lèvres. Le thé vert favoriserait la méditation. Les gestes sont simples, naturels, beaux, modérés et assurés. Ils cristallisent l’éloge de la lenteur.
A vos baguettes
Cuisine populaire ou gastronomie de renom, il y en a pour tous les goûts. Les restaurants au Japon ont chacun leurs spécialités. Il n’y a que l’embarras du choix. En premier lieu, il faut franchir la porte d’un sushiya qui prépare devant les clients de délicieuses bouchées, connues désormais dans le monde entier…
S’aventurer dans un populaire Izakaya, sorte de bistrot, qui sert à la bonne franquette plein de petits plats au goût du Japon commandés au fur et à mesure et arrosés de bières ou de saké. Essayer le cha-kaiseki, cuisine des plus raffinées dans sa présentation destinée initialement à accompagner la cérémonie du thé. Une succession de plats élaborés présentés dans une vaisselle choisie selon les saisons.
Et aussi découvrir : le chawan mushi, œuf cocotte à la japonaise comprenant différents ingrédients (crevette, shitake, poisson ou poulet…), les tempura, fritures légères de légumes ou de poissons, le Tonkatsu, côtelette de porc pané présenté sur un lit de choux finement coupés, les soba, nouilles au sarrasin servies dans un bouillon chaud ou froides, le bœuf de Kobe, une viande marbrée considérée dans l’archipel comme la meilleure du monde et l’ okonomiyaki, sorte de crêpe salée, originaire d’Hiroshima, à base de choux, d’œufs et d’ingrédients au choix.
Esprit zen
L'esprit du zen est profondément enraciné dans la vie des Japonais. Il a influencé les arts, les jardins, la calligraphie, la poésie...Un dépouillement qui invite à la méditation !
Jardins zen
Au sein d’un jardin zen, les pierres possèdent une vie propre. Tout est harmonie et respect. Les compositions minérales jouent sur l’équilibre du plein et du vide, avec un infini égard pour la nature.
A Kyoto, le célèbre jardin zen du temple Ryôan-ji (« temple du dragon en paix ») fascine depuis des siècles les visiteurs. Ce paysage, conçu au XVe siècle, atteint un haut degré de dépouillement. Là quinze pierres rassemblées en cinq groupes sont posées. Et le regard quel que soit l’angle ne peut jamais en voir que quatorze. Que représentent ce sable blanc soigneusement peigné et ces rochers ? Les vagues de l’océan ? Des nuages ? Des îlots ? Des cimes de montagnes sacrées ? L’abstraction magnifie la nature. Ces paysages secs qui bannissent tout végétal se regardent mais jamais ne se foulent.
La suggestion prime sur la représentation. Pour les bouddhistes de l’école zen, l’émotion esthétique se confond avec l’éveil spirituel.
Ryokan : un art de vivre
Pour apprécier l’expérience unique et inoubliable de séjourner dans un ryokan (auberge traditionnelle de style japonais), cela nécessite de connaître quelques usages. D’abord se déchausser au seuil de l’entrée. Pour respecter la sérénité du lieu, se déplacer discrètement en mules dans les couloirs et les retirer dès que l’on foule un tatami. Dans le bruissement des portes coulissantes, une préposée en kimono annonce que le dîner est prêt. Les repas, composés de sept à neuf plats, se prennent généralement dans la chambre à partir de 18 heures. Après le festin, la chambrière prépare le coucher, un futon à même les tatamis.
Les plus illustres auberges traditionnelles à Kyoto :
- Tawaraya
L’un des plus réputés ryokan du Japon. Depuis le XVIIIe siècle, la famille Sato veille à l’excellence de l’accueil et du service. Le nec plus ultra. Tél. : 075 211 5566.
- Hiiragiya
Adresse élégante appréciée, autrefois des samouraïs, puis des artistes comme l’écrivain Kawabata. Un must. Tél.: 075 231 0151. www.hiiragya.com
Se renseigner :
Office national du tourisme du Japon, 4 rue de Ventadour, 75001 Paris. Tél. : 01 42 96 20 29.
www.jnto.go.jp/fra/
Japon itinéraire
Pour préparer votre voyage au Japon, voici quelques bons plans et conseils d'itinéraires :
Tokyo
Les quartiers à visiter
- Ginza. Haut lieu historique et cosmopolite du luxe et de l’élégance, ce quartier connaît un nouveau souffle avec une pléthore de boutiques haut de gamme et de nombreuses galeries privées.
- Omotesando. Nouveau quartier en vogue que les plus grandes marques ont investi en faisant édifier des architectures futuristes qui se visitent comme des galeries d’art.
- Shinjuku. Pour ses grands magasins le jour, ses gratte-ciel et sa kyrielle de bars la nuit plus ou moins bien fréquentés.
- Shibuya. Point de ralliement des jeunes adultes à la recherche des nouveautés vestimentaires. A voir : l’immeuble Shibuya 109, temple commercial pour les Nipponnes nippées, comptant une centaine de boutiques de mode sur huit étages.
- Roppongi. Jadis connu par les Occidentaux pour ses boîtes de nuit et bars à hôtesse, ce quartier d’affaires est l’un des plus animés de la capitale. C’est le nouveau triangle d’or de l’art au Japon avec le Mori Art Museum, le Centre national d’Art et le Suntory Museum of Art.
- Tsukiji. A l’embouchure du fleuve Sumida, le ventre de Tokyo mérite le détour. Dès 4 heures du matin, le plus grand marché aux poissons au monde est pris d’une frénétique agitation.
- Asakusa. Ce quartier de la ville basse avec ses échoppes et le temple le plus célèbre de la mégalopole révèle l’âme d’un Tokyo populaire.
- A ne pas manquer les cerisiers en fleurs le long de la rivière Sumida ainsi qu’au parc Ueno. Se promener au parc Hamarikyu Teien, non loin de Tsukiji, pour admirer au printemps les pivoines en fleurs.
Où se restaurer
- Daiwa sushi. Une des meilleures adresses pour déguster des sushis au marché aux poisons de Tsukiji (ouvert de 5h30 à 13h30, fermé le dimanche). Tél. : 033 547 6807
- Tofu-ya Ukai. Spécialiste du tofu, cette maison qui a plusieurs adresses dans la capitale japonaise a transformé, dans le quartier de Minato, en restaurant une ancienne brasserie de saké. Tél. : 033 436 1028.
- Gonpachi. Brasserie toute japonaise, au cœur de Roppongi, appréciée des Tokyoïtes pour grignoter de goûteux tapas nippons et lamper une bière ou un saké. Tél. : 035 771 0170.
- Toraya. La pâtisserie, dans le quartier d’Akasaka, qui fournit la cour impériale depuis le XVIe siècle (et qui a ouvert un salon de thé à Paris il y a 28 ans au 18 de la rue Saint-Florentin), fait figure d’incontournable pour les amateurs de douceurs et de gâteaux traditionnels japonais. Tél. 033 408 4121. www.toraya-group.co.jp
Kyoto
Cœur historique de la culture japonaise, Kyoto, la « Florence de l’Asie », attire des millions de visiteurs. Il faut dire que l’ancienne capitale impériale compte mille six cents temples bouddhiques et près de quatre cents sanctuaires dont quatorze sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Ceinturée de collines boisées, elle offre à découvrir des splendeurs ancestrales. Lors d’un court séjour, quelques sites suffisent pour ressentir les subtils charmes de Kyoto, fondée en 794, et qui demeurera le siège de la cour impériale jusqu’en 1868, date à laquelle elle perdit son rang de capitale au profit de Tokyo.
- Les lieux à visiter
- Ryoan-ji, le « Temple du Dragon en paix », avec son jardin dessiné au XVe siècle par le prestigieux peintre Sôami. Le plus célèbre des « paysages secs » constitué d’une mer de sable blanc et quinze pierres disposées de telle manière que le regard ne peut en embrasser que quatorze. Un modèle du genre conçu pour la méditation.
- Le temple Daitoku-ji, au Nord de la ville, demeure avec ses vingt-trois sanctuaires secondaires – chacun doté d’un jardin zen – l’un des principaux sièges de l’école Rinzai. A ne pas manquer, ici, le temple Zuiho-in pour sa composition minérale à la symbolique chrétienne et le temple Ryôgen-in pour son jardin de mousses.
- L’enceinte bouddhique de Kiyomizu dera (« temple de l’eau pure »). Sur son éperon rocheux, cette « architecture de précipice » avec sa terrasse sur pilotis domine la ville.
- Le jardin paysager du pavillon d’Or. Pour s’imprégner de la qualité du lieu, glorifié par Mishima, une journée suffit à peine.
- Les jardins de la villa impériale de Katsura, non loin de Saiho-ji, mettent en perspective la technique du « paysage d’emprunt » (le shakkei) en intégrant des éléments lointains à l’espace clos proprement dit. Attention, une demande préalable d’autorisation est nécessaire.
- Gion. Le quartier jadis des plaisirs et des geishas, connu pour ses maisons de thé et ses vieilles habitations en bois, est propice au flâneur piétonnier.
- Le marché de Nishiki, au centre ville, une longue ruelle couverte où les marchands proposent les produits typiques de la cuisine de Kyoto.
Où se restaurer
- Izusen. A l’intérieur de l’enceinte Daitokiji, cette auberge propose une cuisine végétarienne zen (shôjin) qui met à l’honneur les saveurs naturelles et une spécialité toute kyotoïte, le yuba (fine peau se formant à la surface du lait de soja). Tél. : 075 491 6665.
- Shishigatani sanso. Situé au-dessus du chemin de la philosophie, cette adresse est connue que des initiés. Cuisine kyotoïte dans un cadre exceptionnel avec une vue superbe du comptoir. Réservation obligatoire. Tél. : 075 751 2304.
- Shabu zen Kyoto. Pour savourer à volonté le shabu shabu (pot-au-feu de fines tranches de bœuf et de légumes). Tél. : 075 541 54 21.
Nara
Première capitale de l’empire du Japon, fondée en 710 sur le modèle de villes chinoises (plan en damier, rues à angle droit), Nara fut le centre des premières grandes écoles bouddhiques japonaises. Bonzes et lettrés ont contribué a sa richesse artistique. Son charme aujourd’hui tout provincial séduit de nombreux touristes japonais.
A voir
- Le temple Todai-Ji : Fondé par l’empereur Shomu au VIIIe siècle, cet ensemble fut érigé pour la paix du pays et la prospérité du peuple. Au sein du sanctuaire, le Pavillon du Grand Bouddha est considéré comme le plus grand monument en bois jamais élevé au monde. Impressionnant.
Où dîner
- Au Nara Hôtel, un rien suranné, cet établissement construit au début du XXe siècle, bijou architectural en bois situé sur les hauteurs du parc aux daims, a longtemps été considéré comme l’un des plus beaux hôtels du pays.
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