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Italie, De Capri à la Sardaigne
Ulysse magazine

Ischia et Capri, les refuges de la Dolce Vita

Depuis l’Antiquité, ces deux joyaux de la Baie de Naples ont conquis le cœur d’illustres voyageurs. Dans les années cinquante, elles étaient aussi les destinations favorites de la jet-set internationale.

Ischia, l’île des stars

Ischia, l’île des stars

L'île d’Ischia, avec ses richesses thermales, a depuis tout temps attiré les voyageurs.

Lorsqu’on feuillette le livre d’or des visiteurs d’autrefois, on tombe sur des noms célèbres : Garibaldi, Mendelssohn, Stendhal, Lamartine, Corot, Louis Ier de Bavière.

A partir des années cinquante, la Dolce Vita s’empare des lieux. Des stars d’Hollywood comme le couple Liz Taylor et Richard Burton, des magnats de la finance et de l’industrie et des têtes couronnées débarquent pour participer à des fêtes et des soirées de gala.

Parmi toutes ces célébrités se trouvait aussi Luchino Visconti qui parvient à acquérir La Colombaia, une demeure château toute en tours crénelées plongée dans le bois de Zaro.

Un jardin enchanté

Un jardin enchanté

Près de là, La Mortella est un centre de recherches voulu par William Walton, l’un des plus grands compositeurs anglais du XXe siècle.
Si l’on vient à La Mortella, c’est surtout pour la symphonie verte jouée par les quelque 500 espèces de plantes et d’essences méditerranéennes et tropicales du jardin sur le promontoire qui descend vers la mer.

En parcourant les sentiers ombragés par les palmiers, les yuccas et les magnolias, le promeneur a du mal à imaginer que ce lieu n’était autrefois qu’une vaste étendue de pierres volcaniques.
Un ascenseur creusé dans la roche permet de rejoindre le sommet du Château aragonais, un îlot-forteresse relié par un isthme artificiel à la bourgade marine d’Ischia Ponte.

Bâtie en 474 av. J.-C. par Gélon, tyran de Syracuse, la citadelle s’est agrandie au fil des siècles et a servi plus d’une fois de refuge aux insulaires lors d’éruptions volcaniques ou d’attaques de pirates.
Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un ensemble de ruines pittoresques, en cours de restauration, dominé par la puissante silhouette du donjon surplombant la mer. Ischia est aussi et avant tout un petit paradis naturel. Et c’est là la première raison de son succès.

Capri, la rivale

Capri, la rivale

Si elle est aujourd’hui plus connue, Capri a une histoire proche de sa rivale de toujours.
Depuis l’Antiquité, les stars y ont établi leur quartier d’été. Cocteau, Gide ou Picasso ont passé des journées entières à contempler le golfe de Npale, avec au loin le Vésuve qui ensevelit l’auguste Pompéi.

Aujourd’hui, la ville lorgne vers le sud de la Méditerranée avec ses maisonnettes blanches. Les voyageurs se trouvent entre la Grèce et le monde arabe.

Les amateurs de cinéma ne manqueront pas de faire un détour par la villa Malaparte. Construite par l’auteur italien sur une falaise vertigineuse, elle a servi de décors au célèbre film de Jean-Luc Godard, Le mépris, qui contribua à faire de Brigitte Bardot le sex-symbol des années soixante.

Les îles Pontines, l’exil estival

Comme des points sur la mer, ces îles offrent à ceux qui font l’effort de les visiter des véritables symphonies de couleur. Du jaune éclatant au blanc des maisons, un avant-goût de Grèce.

Marquées par l’histoire

Composées de Palmarola, Ponza, Gavi, Zannone, Ventotene et Santo Stefano, les îles Pontines forment un archipel de 12 km2, situé entre Rome et Naples, dans la région du Latium.

Aujourd’hui, elles sont un haut lieu de villégiature pour les estivants italiens. Mais sous l’Empire romain, elles ont servi de terre d’exil aux femmes de la famille impériale tombées en disgrâce, tandis qu’à l’époque du fascisme, Ponza et Ventotene devinrent des pénitenciers pour les prisonniers du régime.
Mussolini lui-même y fut envoyé quelques jours à l'été 1943 à la suite de sa première arrestation. Chacune des îles à sa personnalité, à vous de choisir celle qui vous conviendra.

Ventotene, la symphonie de jaune

Ventotene, la symphonie de jaune

Ventotene décline toutes les gammes de jaunes sous le soleil couchant. Ses façades sont comme une palette de peintre avec de magnifiques balcons en fer forgé.

Pour regagner le port romain et prendre le bateau qui les ramènera sur le continent, les visiteurs doivent prendre une magnifique rampe construite par les Bourbons.
Ici comme dans toute la Méditerranée, l’histoire s’inscrit dans les paysages. Et le phare, antique bâtisse vêtue de blanc qui veille sur les marins, se dresse dans le port comme un obélisque face à la mer et à l’île de Santo Stefano.

Ponza, la solitude hautaine

Ponza, la solitude hautaine

Longue de huit kilomètres, Ponza est large de 1 800 mètres. Ici, les vingt kilomètres de côte de l’île s’écrivent en blanc, elles étalent leurs roches volcaniques érodées par les flots et le vent comme autant de piliers majestueux.

L’homme a petit à petit conquis les lieux pour faire d’un désert de pierre un jardin rempli d’arbres fruitiers et de vigne.
Sur le port, les pêcheurs s’apostrophent en réparant leurs filets. Connus pour leur habilité dans toute la Méditerranée, ils sont aujourd’hui de moins en moins nombreux à exercer ce dur métier.

Dans les rues, les maisons au toit plat ont des allures de Cyclades. Ici encore, c’est le blanc qui saute aux yeux. Même au cœur de l’été, le promeneur trouvera la solitude. Si vous cherchez l’agitation, passez votre chemin.

La Sardaigne entre île et désert

Un désert, ça se mérite. Celui de Piscinas ne fait pas exception : enchâssé au milieu de la Costa Verde, une des côtes les plus sauvages de la Sardaigne, au sud-ouest de l’île, il n’est accessible que par la mer ou par l’étroite route de terre qui reliait jadis le village minier d’Ingurtosu à l’embarcadère.

La vie des dunes

La vie des dunes

Après avoir traversé le bourg, les dunes apparaissent au loin comme une tache ocre au milieu du tapis vert foncé de la Costa Verde.
Il suffit de pénétrer de quelques mètres à l’intérieur des dunes pour être plongés dans un silence rompu seulement par le bruit du vent… et le chant des cigales (on est bien en Méditerranée).

Un univers rassurant toutefois car, contrairement à la plupart des déserts proprement dits, on en voit les limites. Bien que toute proche, la mer paraît d’autant plus loin que le bruit des vagues est inaudible, ce qui renforce la sensation d’isolement.

La Maddalena, l’empire du vent

La Maddalena, l’empire du vent

A peine a-t-on embarqué sur le ferry qui relie Palau à La Maddalena qu'il commence à se faire sentir.
D'abord comme une brise, puis de plus en plus fort au fur et à mesure que l'on s'approche de l'île, jusqu'à atteindre cette intensité qui ne décroîtra pas avant le coucher du soleil.

C'est le vent aussi qui a façonné les tafoni, ces abris naturels creusés dans le granit où habitaient les premiers occupants de l'archipel, il y a 4 000 ans.
A l'époque romaine, l’île fut un lieu de transit pour les marchandises à destination de Porto Torres, à l'ouest, et Marseille, comme en témoigne le gros navire de transport découvert exposé au musée naval Nino Lambroglia, à La Maddalena.
Le musée se trouve à deux pas du cimetière où a voulu être enterré l'acteur Gian Maria Volonté.

Sur la piste des dauphins

Sur la piste des dauphins

Il suffit de franchir le pont qui relie les deux îles pour être plongés dans un autre univers : autant à La Maddalena la présence des hommes est évidente, autant à Caprera, elle est exceptionnelle.

Si l'on exclut la maison de Garibaldi, le discret Club Med, le village de Stagnali, l'école de voile et les quelques forts parsemés ci et là, l'île a gardé un aspect sauvage, qui en fait le paradis des randonneurs.
L'été, ses criques au fonds de turquoise, comme Cala Coticcio, Cala Napoletana, Cala Brigantina ou Cala Portese, sont une des destinations préférées des plaisanciers et des promeneurs.

Le Parc naturel de l'archipel de La Maddalena, comprend les sept îles principales (La Maddalena, Caprera, Santo Stefano, Spargi, Budelli, Razzoli et Santa Maria), les trois îles secondaires (Barrettini, Mortorio et Nibani) et la cinquantaine d'îlots qui forment l'archipel.
Verdoyantes, sauvages et quasiment inhabitées, ces îles offrent mille possibilités de baignade et quelques balades aux rares visiteurs qui s'aventurent au-delà des plages. Parmi les vedettes de la faune maritime, il y a la tortue de mer (Caretta caretta) et le dauphin.

Nos bons plans de Capri à la Sardaigne

Pour mieux préparer votre voyage dans les îles italiennes, voici nos bons plans et bonnes adresses...

Quand partir?

Naturellement, pour visiter les îles, mieux vaut s’assurer de conditions de navigation optimales.
Les mois de mai et juin sont assurément la période idéale pour voyager en Italie : les flots sont tout à fait cléments, les températures restent raisonnables et les foules d’estivants n’ont pas encore envahi les lieux.

Septembre est une autre possibilité, ainsi que la première quinzaine d’octobre, même si le mercure commence à baisser. L’hiver est à exclure, en raison de l’interruption de certaines liaisons maritimes.

Que faire à Ischia?

Le Musée de Pithecusae et La Villa Arbusto
Corso Angelo Rizzoli - 80076 Lacco Ameno, Ischia (NA). Tel : + 39 081 900 356
www.pithecusae.it et www.museoangelorizzoli.it
Ouvert de 9h30 à 13h et de 15h à 19h. Fermé le jeudi. Entrée 5 € (tarif réduit 1 €)
Une visite incontournable pour connaître l’histoire de l’île, depuis l’Antiquité à la Dolce Vita, que retrace le musée dédié à l’éditeur Angelo Rizzoli, situé dans la Villetta Gingerò.

Villa La Colombaia
Via Francesco Calise 130 - 80075 Forio, Ischia (NA). Tel : + 39 081 333 2147
www.fondazionelacolombaia.it
Visitez le Musée Luchino Visconti pour une immersion totale dans l’univers du grand cinéaste italien, dont le cendres reposent dans le jardin de la villa.

Les jardins de La Mortella
Via Francesco Calise, 39 – 80075 Forio, Ischia (NA). Tel: + 39 081 986220
www.lamortella.org
Ouvert d’avril à mi-novembre, le mardi, jeudi, samedi et dimanche, de 9h à 19h. Entrée : 12 €, 7 € pour les enfants de 6 à 12 ans, gratuit pour les moins de 6 ans.
Un véritable paradis botanique où, du printemps à l’automne, sont organisés de nombreux concerts de musique classique.

Où manger à l'île de la Maddalena?

La Grotta, via Principe di Napoli, 2. Tel. + 39 07897 37228.
www.lagrotta.it
Une adresse chic et généreuse à deux pas du port de Cala Gavetta. Spécialités de poisson.

La Terrazza, via Villa Glori, 6. Tel. +39 07897 35305.
Surplombant la via Garibaldi et la piazza Umberto I, une trattoria familiale offrant spécialités de terre et de mer à un prix raisonnable.

Que faire à l'île de la Maddalena?

Compendio Garibaldino à Caprera, Tel. + 39 0789727162.
www.compendiogaribaldino.it/
La masure où Giuseppe Garibaldi vécut les 25 dernières années de sa vie – et où ses héritiers passent encore leurs vacances. La partie qu'habita le héros des Deux-Mondes contient encore les objets et les meubles dont il se servit, lit de mort compris.
Centro di ricerca delfini à Caprera, localité Stagnali. Tel. +39 0789.727897.
Partez à la découverte des dauphins de l'archipel lors de visites guidées du centre ou de séjours d'étude et d'observation en mer d'une semaine (comptez 600€).
Plusieurs centres de plongée proposent des initiations et des excursions dans l'archipel, comme le Sea World Scuba Center, www.seaworldscuba.com, et le Area 11 Diver, rattaché à l'hôtel Miralonga.
Musée naval Nino Lamboglia. Località Mongiardino. Tel. +39 07897 90660.
Fermé à l'époque de notre visite. Il contient entre autres les restes d'un navire marchand romain qui avait fait naufrage en 120 av. J.-C. près de l'île de Spargi.
Une partie du bateau est exposée, avec quelques-unes des 200 amphores qu'il transportait, présentées dans leur position d'origine.

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