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Venise
On croit tous connaître Venise par coeur, à travers les cartes postales et les innombrables clichés de gondoles, de canaux et bien sûr de masques de carnaval. On s'aperçoit en fait qu'aucune photo ne rendra jamais le charme des petites rues tortueuses ni la quiétude des quartiers populaires. Et Venise réserve la plus incroyable des surprises : une ville sans voiture ! Venise la Sérénissime a cette faculté unique de provoquer l'étonnement à chaque fois que l'on y retourne, et ceux qui y vont pour la énième fois ressentent toujours cette émotion indescriptible. Bien sûr, tout est bondé et beaucoup plus cher en saison. Mieux vaut alors venir au début du printemps ou de l'automne ou bien en hiver, lorsqu'il fait froid et gris. L'ambiance morbide et silencieuse de cette ville qui s'éteint est alors envoûtante. Bref, Venise est une trop grande séductrice pour livrer en une seule visite ses prodigieux trésors. Vous nous avez compris : vous y reviendrez un jour.
Carte d'identité
- Population : 61 000 dans le centre de Venise, 269 000 en incluant les îles et la terre ferme.
- Superficie : 800 ha pour le centre, 16 014 ha pour toute la commune (et même 41 316 ha avec la lagune !).
- Nombre de touristes par an : environ 14,5 millions de touristes. Durée moyenne du séjour : 2 à 3 jours.
- Maire : Massimo Cacciari (élu en mars 2005).
- Activités économiques : priorité au tourisme. Mais également activités industrielles comme la métallurgie, la construction navale et l'industrie mécanique. Activités artisanales sur les îles : dentelle à Burano et verrerie à Murano.
- Monnaie : euro.
- Langue : italien.
- Nombre de ponts : 447, en pierre, en fer ou en bois.
- Enlisement : bâtie sur 118 îles, parcourue par 160 canaux, Venise s'enfonce de 2 mm à 1 cm par an.
- Patrimoine mondial de l'UNESCO : Venise et sa lagune sont classées depuis 1987.
Infos pratiques
Renseignements touristiques
En France
- Office national italien du tourisme (ENIT) : 23, rue de la Paix, 75002 Paris. Tél. : 01-42-66-66-68 (ligne souvent saturée) ou 01-42-66-03-96 (standard). Fax : 01-47-42-19-74. Internet : www.enit-france.com. M. : Opéra. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 17 h. L'ENIT (Ente Nazionale Italiano per il Turismo) est l'organisme national chargé de la promotion touristique de l'Italie à l'étranger (France, Belgique, Suisse, Canada). Il est en relation constante avec les administrations touristiques de Venise et est susceptible de vous donner les meilleures informations « à chaud » (fêtes, festivals…). L'ENIT, à Paris, est souvent débordé à l'approche de l'été et manque alors de prospectus. Un conseil : écrivez ou appelez largement à l'avance pour toute demande de documentation.
- Consulat d'Italie en France : 5, boulevard Émile-Augier, 75016 Paris. Tél. : 01-44-30-47-00. Fax : 01-45-25-87-50. Internet : www.consparigi.esteri.it. M. : La-Muette. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h, plus le mercredi de 14 h 30 à 16 h 30.
Le consulat d'Italie a des bureaux à Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Nice et Toulouse. En cas de difficultés financières sur place, le consulat peut vous indiquer la meilleure solution pour que des proches puissent vous faire parvenir de l'argent, ou encore vous assister juridiquement en cas de problèmes.
- Ambassade d'Italie : 51, rue de Varenne, 75007 Paris. Tél. : 01-49-54-03-00. Fax : 01-49-54-04-10. M. : Varenne. Internet : www.amb-italie.fr. M. : Varenne.
À Venise
- Offices de tourisme (IAT ) : ils donnent plein d'infos comme un plan de la ville (très approximatif), les horaires des musées et monuments, les expos temporaires et manifestations particulières, une liste d'hôtels (mais pas de réservation)... On peut même y trouver un plan de circulation pendant les hautes eaux (acque alte). Organisent des excursions du centre historique vendent des cartes téléphoniques, les billets ACTV pour les vaporetti, ATVO (navette aéroport) et les billets du bateau-bus Alilaguna. Aussi les cartes Venice Card, Rolling Venice et le pass pour les villas du canal del Brenta. Ils ne vendent pas les affiches des expos. Standard commun à l'ensemble des différents offices. Tél. : 041-529-87-11. Fax : 041-523-03-99. Internet : www.turismovenezia.it.
- Venice Pavilion : Palazzina del Santi (Giardini ex-Reali), San Marco, 30124. Tél. : 041-529-8730. Ouvert de 10 h à 18 h. Joli bâtiment en bordure du Grand Canal, où le personnel fournit des infos touristiques et culturelles (mais pas de réservations hôtelières).
- Consulat de France : situé près du campo Santa Maria Formosa, Palazzo Morosini ramo del Pestrin, Castello, 6140. Tél. : 041-522-43-19.Prendre la calle Longa depuis le campo Santa Maria Formosa et la 1ère à gauche, puis tout au bout sur la gauche ; au 2e étage. Ouvert le lundi et le jeudi de 14 h à 16 h et le mardi, mercredi et vendredi de 9 h à 12 h, sur rendez-vous. Le consulat peut, en cas de difficultés financières, vous indiquer la meilleure solution pour que des proches puissent vous faire parvenir de l'argent.
Formalité
Pas de contrôles aux frontières, puisque l'Italie fait partie de l'espace Schengen. Néanmoins, quelques précautions d'usage.
- Pour un séjour de moins de 3 mois : ressortissants de l'Union européenne ainsi que la Suisse, carte d'identité en cours de validité. Ressortissants canadiens : passeport en cours de validité
- Pour les mineurs non accompagnés de leurs parents : une autorisation de sortie du territoire est indispensable
- Pour une voiture : permis de conduire à 3 volets, carte grise et carte verte d'assurance internationale. Munissez-vous d'une procuration si vous n'êtes pas propriétaire du véhicule.
- Vaccins : aucun n'est obligatoire, mais il est préférable d'avoir son rappel antitétanique à jour, surtout si l'on fait du camping.
Budget
À Venise, les prix sont identiques à ceux de Paris, Londres ou New York, quand ils ne leur sont pas supérieurs. Venise a été la ville qui a enregistré la plus haute augmentation du coût de la vie ces dernières années.
Au niveau de l' hébergement , compter 20 à 30 euros environ par personne pour un lit en dortoir dans un couvent ou une auberge de jeunesse. Malheureusement, la plupart des couvents et des foyers ne sont accessibles aux touristes que pendant les grandes vacances et, pour pouvoir y loger, il faut s'y prendre longtemps à l'avance. Sachez que, pour une chambre double, les prix y sont assez élevés : compter entre 60 et 80 euros (ça peut même monter jusqu'à 120 euros). En basse saison, qui va de mi-novembre à fin mars (sauf la fin d'année et le Carnaval), les prix peuvent être minorés de 20 jusqu'à 50 %.
Au niveau de la nourriture , là encore, c'est pas donné. Vous aurez toujours la possibilité d'acheter de la nourriture dans les quelques supermarchés de la ville. Pour ceux qui préfèrent le restaurant, sachez que les menus ne comprennent généralement pas le service (environ 12 %, parfois un peu plus), ni le coperto (couvert), dont le prix est variable d'un établissement à l'autre (compter environ 2 euros en plus). De plus en plus de restaurants incluent le service dans l'addition, mais il y encore des récalcitrants. Certains restaurants affichent des tarifs attractifs sur de grandes pancartes mais se gardent bien de mentionner de manière claire les frais annexes. Attention aussi aux prix annoncés avec la mention etto, cela signifie « pour 100 g » : un poisson de 300 g sera donc trois fois plus cher ! En règle général, comptez moins de 15 euros pour un repas bon marché et entre 20 et 35 euros pour un repas tout à fait correct.
Hébergement
À Venise, une grande partie de vos dépenses sera consacrée à l'hébergement. Venise et les alentours comptent quelques 95 000 lits. Mieux vaut être prévoyant, quelles que soient la durée et la période du séjour. Pendant le Carnaval, à Pâques, d'avril à juin, des mois d'été jusqu'en octobre et durant les fêtes de fin d'année, le taux de fréquentation atteint son maximum. Il faut absolument réserver un ou deux mois à l'avance, voire trois mois pour les périodes de pointe. Ce serait de l'inconscience de débarquer sans réservation. Sachez, dans ce cas-là, que si vous n'avez pas trouvé d'hôtel après 18 h, il est plus prudent de rebrousser chemin et de retourner sur le continent. Trop souvent, des touristes se retrouvent bloqués, sans chambre pour passer la nuit. Inutile alors de se réfugier au consulat, ils ne pourraient rien pour vous.
Campings
Vous ne trouverez pas de camping dans le centre historique de Venise. En revanche, il en existe plusieurs autour de Mestre. D'autres se situent sur le littoral de Cavallino, au nord-est de Venise. Les prix sont assez élevés. On paie entre 25 et 40 euros à deux pour une tente et une voiture. Tous ne sont pas ouverts toute l'année. Il existe une liste complète éditée par le Touring Club Italien : Campeggi in Italia, que vous pouvez trouver dans les librairies sur place, qui représente à Paris l'organisation Hostelling International. Il n'y a pas de limite d'âge pour séjourner en AJ. Il faut simplement être adhérent. On peut acheter la carte sur place, mais c'est plus cher. En cas d'oubli, on peut également se la procurer sur Internet. En haute saison, il est conseillé de réserver à l'avance. Plusieurs possibilités :
- Par Internet : www.ostellionline.org.
- Par téléphone ou fax : en contactant directement l'AJ.
- Par courrier : en écrivant directement à l'AJ, mais ça prend du temps et c'est moins commode.
Auberges de jeunesse
Il n'en existe qu'une seule à Venise, sur l'île de la Guidecca. Il faut être adhérent et y venir avec sa carte des auberges de jeunesse. On peut se la procurer en France auprès de la FUAJ. Plus d'infos sur www.fuaj.org.
Logement dans les communautés religieuses
La plupart n'ouvrent leurs portes aux touristes qu'à certaines périodes de l'année. Pour y être hébergé, l'essentiel est de se montrer respectueux. Couples non mariés, s'abstenir ! Certaines communautés n'acceptent que les filles. Le logement s'effectue soit dans des dortoirs, soit dans des chambres individuelles ou doubles. Ces communautés sont le plus souvent abritées dans de magnifiques palais vénitiens. Le coût est variable mais relativement modéré même si le rapport qualité-prix n'est plus aussi intéressant qu'auparavant. Toutefois, il faudra compter avec le réveil aux aurores et un couvre-feu le soir.
Bed & Breakfast
Vous pouvez loger chez l'habitant grâce à l'organisme Bed & Breakfast qui permet d'obtenir une chambre simple pour deux nuits aussi bien qu'un appartement pour 6 personnes pendant un mois. Central de réservation à Rome : Corso Vittorio Emanuele II, 282, 00186 Rome. Renseignements en français : tél. : (0039) 06-687-86-18. Fax : 06-687-86-19. Possibilité de réserver en ligne : www.bbitalia.it.
Pensions
Elles sont appelées pensione ou locanda, mais cela ne vous reviendra pas nécessairement moins cher que l'hôtel. Gestion familiale, établissements généralement bien tenus. On n'est pas obligé d'y prendre ses repas ni de rester un minimum de nuits. L'office du tourisme contrôle régulièrement ces établissements.
Hôtels
La classification est faite en 6 catégories (L pour luxe, puis du 5 étoiles au 1 étoile pour les plus modestes). Les prix sont très élevés (surtout en période de pointe !) pour un confort et un service parfois discutables. Si les établissements luxueux sont pratiquement tous situés le long du Grand Canal, les hôtels plus abordables sont disséminés un peu partout au bord des petits canaux ou autour d'un campo. Enfin, il faut savoir que tous les hôtels proposent des réductions aux tour-opérateurs ; il peut donc être plus intéressant de passer par une agence.
Visite de Venise
Si vous avez l'intention de faire tous les musées et toutes les églises jusqu'à l'overdose, vous risquez de voir votre budget sérieusement fondre ! Heureusement, il existe plusieurs Pass et cartes qui permettront de soulager votre porte-monnaie. Ils s'achètent dans les églises ou les musées.
Carte Rolling Venice
Carte payante (4 environ), réservée exclusivement aux jeunes entre 14 et 29 ans, qui permet d'obtenir des réductions sur le transport en vaporetto dans la lagune et en bus au Lido et sur la terre ferme, ainsi que dans certains musées, expos, théâtres, restos, hôtels... Bref, c'est une bonne initiative quand on connaît les prix pratiqués à Venise, plutôt inabordables pour les jeunes routards. Au moment de l'achat, on vous remet un feuillet mentionnant tous les endroits qui acceptent la carte. Pour l'acheter, se présenter dans les bureaux de l'office du tourisme, dans les billetteries VELA de la gare routière ou de la gare ferroviaire (ouvert tous les jours de 8h à 20h). Bien sûr, se la procurer avant d'acheter son titre de transport.
Venice Card
Cette carte existe en deux versions (les mêmes que le Museum Pass) :
- La Venice Card bleue donne accès gratuitement aux transports publics (vaporetti et bus de la compagnie ACTV dans Venise et vers les îles de Burano, Murano, Torcello, et le Lido), ainsi qu'aux 6 toilettes publiques en ville !
Tarif 12 h : 18,50 ; 48h : 34 ; 7 j. : 56 . Tarif réduit pour les moins de 29 ans. Pour 12 h : 16,50 ; 48 h : 31 ; 7 jours : 53 .
- Un peu plus intéressante, la Venice Card orange cumule pass ACTV, Museum Pass, et à partir de la Orange 48 h, en plus le Chorus Pass, l'accès à la Querini Stampalia Fondation (très intéressant musée) et au musée d'Art hébraïque.
Tarif 12 h : 30 ; 48 h : 55 ; 7 jours : 82 . Tarif réduit pour les moins de 29 ans. Pour 12 h : 23 ; 48 h : 47 ; 7 jours : 73
Ces cartes peuvent être commandées à l'avance (au moins 48 h) par téléphone au 00-39-041-24-24 (depuis l'étranger) et 899-90-90-90 (depuis l'Italie), ou sur Internet : www.venicecard.it.
Chorus Pass
Seize églises, parmi les plus belles, sont payantes : Santa Maria del Giglio, Santo Stefano, Santa Maria Formosa, Santa Maria dei Miracoli, Santa Maria Gloriosa dei Frari, San Polo, San Giacomo dell'Orio, San Stae, Sant'Alvise, Madonna dell'Orto, San Pietro di Castello, Il Redentore, San Sebastiano, Santa Maria del Rosario (Gesuati), San Giobbe et San Giovanni Elemosinario. Billet à l'unité (2,50 ) ou bien Chorus Pass billet combiné pour les seize églises (8 ; réductions). Le Pass est donc intéressant à partir de la quatrième. La plupart des églises mettent à disposition une petite planche explicative en français, très bien faite. Ne pas oublier de la rendre à la fin de la visite. Par ailleurs, il existe un ouvrage intituléLes Chefs-d'œuvre des églises vénitiennes qui décrit les édifices et leurs spécificités (en vente dans les églises). Les fonds récoltés devraient servir à la restauration. Horaires des visites payantes : du lundi au samedi de 10 h à 17 h. Attention, horaires spécifiques pour l'église des Frari : ouverte toute l'année, du lundi au samedi de 9 h à 18 h, et le dimanche de 13 h à 18 h.
Pour plus d'informations, contacter l' Associazione Chiese di Venezia : tél. : 041-275-04-62. Internet : www.chorusvenezia.org.
Museum Pass
Valable six mois, il donne accès à tous les musées de la place Saint-Marc (palais des Doges, musée Correr, musée archéologique, bibliothèque Marciana), ainsi qu'à la Ca' Rezzonico, au palais Mocenigo, à la maison Goldoni, à la Ca' Pesaro, au musée du Verre à Murano et au musée de la Dentelle (museo del Merletto) à Burano ainsi qu'aux expos temporaires du musée Fortuny. Plein tarif : 18 . Tarif réduit : 12 pour les enfants de 6 à 14 ans, les étudiants (jusqu'à 29 ans), les membres de l'UE de plus de 65 ans et les détenteurs de la carte Rolling Venice.
Les musées de la place Saint-Marc
Il existe également un billet qui donne accès aux quatre musées de la place Saint-Marc : le palais des Doges, le musée Correr, le musée archéologique et la bibliothèque nationale Marciana. Prix : 12 . Tarif réduit : 6,50
Pourboire
La tradition de la mancia, qui voulait que l'on donne un pourboire aux sacristains qui montraient les peintures des églises, se perd peu à peu dans les brumes de la lagune. Aujourd'hui, les sacristains ont été remplacés par des tirelires électriques qui permettent d'admirer les chefs-d'œuvre sans forcer la main. En revanche, la grande majorité des restaurants comptent le couvert et le service à part. Il n'est donc pas vraiment dans les moeurs de laisser un pourboire, à moins que vous n'ayez bien mangé.
Orientation
On ne le dira jamais assez : Venise est un vrai labyrinthe. C'est souvent un plaisir de se perdre dans le dédale des ruelles. Certes, mais lorsqu'on a faim, et que l'on cherche désespérément une osteria, qui pourtant, on en est sûr, était bien là hier... le plaisir tourne court. Les murs, comme par enchantement, semblent bouger dès que vous avez le dos tourné ! La meilleure solution consiste donc à se munir d'une bonne carte (avec un index complet des noms de rues), d'une bonne dose de patience et d'une pointe d'humour (pour ne pas devenir hystérique lorsque vous repassez pour la quinzième fois au même endroit). L'office du tourisme en distribue une gratuitement, mais elle n'indique que les orientations générales.
Jours férié
- 1er janvier : jour de l'An.
- 6 janvier : Epiphanie.
- Fin mars - début avril : lundi de Pâques.
- 25 avril : anniversaire de la Libération.
- 1er mai : fête du Travail.
- 2 juin : fête de l'anniversaire de la proclamation de la République.
- 15 août : Assomption.
- 1er novembre : Toussaint.
- 21 novembre : fête de la Madonna della Salute.
- 8 décembre : fête de l'Immaculée Conception.
- 25 décembre : Noël.
- 26 décembre : jour de la Saint-Étienne.
Poste
Il existe un timbre Posta prioritaria (0,65 ) qui permet d'envoyer une lettre en un temps record (1 journée pour l'Italie ; 2 à 3 jours pour l'étranger).
Vous pouvez acheter vos timbres (francobolli) à la poste centrale ou dans les bureaux de tabac signalés par un grand « T » blanc sur fond noir. Les boîtes aux lettres, de couleur rouge, sont disséminées un peu partout dans la ville.
- Enfin, pour se faire adresser du courrier en poste restante, tenir compte des délais d'acheminements et demander à l'expéditeur de rédiger l'enveloppe avec la mention : Signore ou Signora X, Fermo posta, Posta centrale di Venezia.
- Pour tout autre renseignement, n'hésitez pas à appeler le call center au 803-160. Des opérateurs parlant aussi bien italiens qu'anglais et français répondent à vos questions de 8 h à 20 h.
Magazines touristiques
Un Ospite di Venezia
C'est la bible du touriste de passage à Venise. En anglais et en italien uniquement. Distribution gratuite dans tous les hôtels de plus de 2 étoiles, dans certains restaurants et dans les offices de tourisme. C'est un petit fascicule, édité tous les mois par l'association des portiers d'hôtels et des clefs d'or de Venise. On y trouve une foule de renseignements. Entre autres, toutes les manifestations du moment - expositions, pièces de théâtre, concerts, etc. - les horaires d'ouverture les plus à jour, les tarifs officiels pour les gondoles et les taxis, les horaires des avions, des bus et des vaporetti, les horaires des offices religieux... Une vraie mine d'or. Petite précaution d'usage, cependant, les hôtels et les restos cités ont mis la main au portefeuille pour y figurer, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité. Internet : www.unospitedivenezia.it.
Venezia News
Ce mensuel est tiré à quelques dizaines de milliers d'exemplaires (près de 2,50 euros), il est quasiment impossible de le trouver après la 1re semaine du mois en cours, car il a un succès fou auprès des jeunes. Les articles sont en italien avec traduction en anglais. Si vous avez la chance d'en trouver un (distribué dans les cafés et les bars), vous aurez entre vos mains un trésor. Toutes les activités du mois y sont recensées, y compris celles de Marghera et de Mestre. Qu'il s'agisse de cinéma, de théâtre, de musique classique ou contemporaine, tout y est. Les restaurants les moins chers, les concerts, les horaires des vaporetti, des bus et des principaux trains y figurent. Il y a même les adresses des pharmacies de garde !
Activités
Fêtes
- Les Régates de l'Épiphanie : le 6 janvier au matin, des hommes déguisés en vieilles femmes (befana) font la course sur le Grand Canal à bord d'embarcations diverses. Ils sont censés apporter des cadeaux aux enfants.
- Le Carnaval : il commence traditionnellement douze jours avant le Mardi Gras. Tous les vénitiens (et quelques touristes) se déguisent et font la fête. Très touristique mais vaut le coup d'oeil.
- La Sensa : le jeudi de l'Ascension, on commémore les épousailles de la cité avec la mer.
- La Vogalonga : le dimanche suivant l'Ascension. Fête très populaire à Venise datant de 1975. Elle consiste en une épreuve d'endurance qui rassemble des centaines de bateaux de rameurs. La course a lieu entre Venise et Burano, soit près de 30 km aller-retour. Internet : www.vogalonga.it.
- La Festa del Redentore : le 3e week-end de juillet. Fête la plus aimée des Vénitiens. On établit un pont de bateaux de l'église du Redentore à la Giudecca et aux Zattere. Musique, illuminations et feux d'artifice célèbrent l'anniversaire de la fin de la peste de 1576. Venise, tout illuminée par des lanternes, éclate en mille lumières pour nous rappeler la grandeur de l'événement. Des familles s'installent dans leur bateau face à la place Saint-Marc, mangent et boivent toute la journée en attendant le feu d'artifice (le samedi soir). Ensuite, la tradition veut que l'on aille attendre le lever du soleil sur les plages du Lido.
- La Mostra del cinema di Venezia : le célèbre festival de cinéma de Venise. Se déroule au Lido pendant une dizaine de jours, de la fin août au 1er dimanche de septembre.
- La Regata Storica : le 1er dimanche de septembre. Elle rassemble les meilleurs rameurs des quatre républiques maritimes traditionnelles qui ont marqué l'histoire italienne : Venise, Pise, Amalfi et Gênes. Seules sont en compétition des gondoles à deux rames. L'épreuve est précédée d'une parade du cortège historique sur le Grand Canal ; les plus belles embarcations, sur lesquelles prennent place des personnages costumés, accompagnent une maquette du Bucentaure (embarcation richement ornée). Les régates historiques se déroulent depuis plusieurs siècles et sont l'occasion d'un grand rassemblement populaire.
- La Saint-Martin : le 11 novembre. Une fête qui vaut tous les Halloween du monde. Tandis que les pâtissiers confectionnent tous un gâteau spécial représentant saint martin sur son cheval, les enfants tapent sur des casseroles et vont chez les commerçants demander leur obole.
- La Festa della Madonna della Salute : le 21 novembre. On rappelle la fin de la peste de 1630 par une procession sur un pont établi entre l'église de la Salute et le campo Santa Maria Zobenico. Cette fête conserve son aspect religieux.
Le carnaval de Venise
Origine
Le mot « carnaval » vient de l'italien « carnelevare », qui signifie « sans viande », car la période suivant le Mardi gras est une période de jeûne. Au XVIIIe siècle, avant de disparaître provisoirement avec la chute de la République, le Carnaval s'étalait sur six mois, du 1er dimanche d'octobre au Carême. Pendant toute sa durée, tous les Vénitiens, quelle que soit leur condition sociale, se déplaçaient revêtus d'un tabarro (sorte de longue cape) et le visage masqué par la bauta (masque blanc pourvu d'un voile noir surmonté d'un petit tricorne). Tout devenait alors permis, chacun étant l'égal de son voisin. Il n'y avait plus d'autorité ni de soumission.
Festivité
Progressivement, le masque ne suffit plus ; vint alors le temps du travestissement. Chacun y allait de son imagination pour inventer un personnage, en recourant aux trésors de la commedia dell'arte. La folie gagnait lentement la place Saint-Marc et les quartiers environnants. Toute la ville se transformait en une gigantesque scène de théâtre où l'on dansait et chantait. Venise était alors la ville de toutes les séductions. L'idylle était à l'honneur comme l'amour libertin ; ils ont fait d'elle, aujourd'hui encore, la cité de tous les plaisirs. Il existait, à son âge d'or, plusieurs sortes de déguisements bien codifiés. Le costume le plus connu était celui du mattaccino. À partir du XIIIe siècle, les jeunes gens avaient l'habitude de se déguiser en clowns et de s'adonner au célèbre « jeu des œufs ». Ce jeu consistait à lancer avec une fronde des œufs remplis d'eau de rose à toutes les femmes que les mattaccini trouvaient belles. Mais 1797, l'année de tous les malheurs pour Venise, marque la fin des festivités. Le dernier carnaval sombre dans la débauche et les dépenses fastueuses.
Redécouverte
À la fin des années 1970, le carnaval est remis à l'honneur. Les premières éditions ont renoué avec la spontanéité et la magie de l'époque. Le succès fut immédiat. Mais, trop vite, la fête est devenue un enjeu économique pour les commerçants. Le carnaval y a perdu son caractère et son éclat, même si l'on peut encore glaner dans la brume et le froid quelques images sympathiques. La fréquentation touristique atteint des records à cette période, même si l'essentiel de la fête se passe loin des regards de la foule et qu'il faut payer très cher pour avoir son entrée dans les fêtes privées. Les prix gonflent et les chambres libres se font extrêmement rares. Dommage pour l'esprit du Carnaval...
Spectacles
Même si Venise est déjà un spectacle en soi, elle propose une activité culturelle foisonnante. Pour connaître le programme durant votre séjour, vous trouverez dans les hôtels (de plus de trois étoiles) et à l'office de tourisme le fascicule gratuit Un Ospite di Venezia, très bien fait. On peut aussi se procurer Eventia Manifestazioni auprès de l'office de tourisme.
La musique classique
La musique classique occupe à Venise une place de choix. On a d'ailleurs l'habitude de dire qu'elle est ici chez elle. Au XVIIIe siècle, il y avait quatre conservatoires annexés aux grands hôpitaux de Venise, ayant chacun sa spécialité. La Pietà était renommée pour la musique symphonique, les Mendicanti pour la qualité des voix. En dehors des salles publiques, la rue constituait une scène immense où s'installaient de nombreux orchestres improvisés. Aujourd'hui, cette tradition continue, surtout sur la place Saint-Marc. À Venise, il y a presque tous les soirs un concert de musique classique dans les théâtres, dans les églises comme San Zaccaria, les Frari, ou encore dans les scuole ou à l'Ateneo. On peut y entendre de la musique symphonique, de la musique de chambre ou du chant. Pour les amateurs d'opéra, la réouverture de la Fenice est le petit « plus » merveilleux qui ajoute désormais au bonheur du séjour, à condition d'avoir réservé sa place longtemps à l'avance, évidemment.
Le théâtre
Le théâtre constitue le second pilier culturel de Venise. On comptait au XVIIIe siècle sept salles spacieuses et fréquentées, quand Paris n'en possédait que trois. Quatre de ces théâtres étaient consacrés à l'opéra, les trois autres à la comédie. Mais il fallait ajouter les salles privées et les théâtres ambulants.
Venise a connu le triomphe de la commedia dell'arte jusqu'au XVIIIe siècle. Elle était créée à partir d'un canevas sommaire et les interprètes recevaient de brèves instructions sur leur rôle, puis improvisaient. Les acteurs, le visage masqué, étaient à la fois mimes, acrobates, danseurs, musiciens, poètes et comédiens. Le peuple vénitien fuyait la tragédie et pouvait ainsi satisfaire son penchant naturel pour la drôlerie. Mais le genre s'essouffla. Les personnages devinrent trop artificiels, les situations usées et les acteurs médiocres. C'est alors qu'est apparu Goldoni, qui a momentanément réconcilié les Vénitiens avec le théâtre écrit.
Musées
Le musée Correr
Le musée Correr constitue une excellente introduction à l'histoire de Venise et permettra de mieux apprécier la visite de la ville. Les œuvres qu'il renferme ont été léguées en 1830 par Teodoro Correr, qui appartenait à l'une des plus anciennes familles vénitiennes. A voir, entre autres : des sculptures de Canova, d'innombrables documents sur la civilisation vénitienne du temps de sa splendeur et de sa puissance navale, des instruments de navigations et des cartes maritimes d'époque, des œuvres majeures de la peinture vénitienne depuis la fin du XIIIe siècle jusqu'au XVIe siècle, des toiles de Carpaccio, L'Adoration des mages de Pierre Bruegel le Jeune, La Madonna del latte de Dirck Bouts.
Le palais des Doges
Chef-d'œuvre du gothique vénitien bâti entre 1340 et 1441. Le volume imposant de la résidence des doges échappe à l'impression de lourdeur grâce à un habile procédé architectural : l'inversion des masses. Cette technique place aux niveaux supérieurs les volumes pleins, tandis que les galeries inférieures bénéficient d'une grande finesse de décor. Cela augmente la légèreté de l'ensemble, qui a l'air de reposer comme par miracle sur de fines colonnettes. Le palais n'était pas seulement la résidence du doge : les trois quarts étaient occupés par les organes politiques et judiciaires de l'État. Après des incendies successifs, le palais a été redécoré par les plus grands artistes de la Renaissance.
Outre son architecture, on peut y admirer certains chef-d'œuvres du Tintoret, notamment La Justice offrant balance et épée au doge, sur le plafond du vestibule, ainsi que la gigantesque toile du fond de la salle du Grand Conseil, Le Paradis. On y admirera aussi des tableaux de Véronèse, La Victoire de Lépante, Mars et Neptune, l'Apothéose de Venise, Venise trônant avec Justice et Paix, ainsi que son célèbre chef-d'œuvre, L'Enlèvement d'Europe. Dans la salle du Grand Conseil, la plus vaste du palais, les plus fameux artistes (le Tintoret, Palma le Jeune, Véronèse, Bassano) réalisèrent les fresques du plafond. La visite se conclut généralement par la découverte des prisons nouvelles que l'on atteint par la traversée du célèbre pont des Soupirs.
La collection Peggy Guggenheim
Le palais d'un seul étage est inachevé ; les Vénitiens l'appellent d'ailleurs Il palazzo non compiuto. La milliardaire Peggy Guggenheim s'y installa en 1949, après avoir déjà ouvert un musée à Londres en 1938. Elle accumule à cette époque une incroyable quantité d'œuvres d'art, soutenant des artistes comme Pollock, et constitue la base de la collection que l'on peut admirer aujourd'hui. Le musée est absolument unique. C'est probablement la plus fascinante collection privée d'art contemporain d'Europe, dans le plus beau cadre dont on puisse rêver. Il est donc bien difficile de faire l'inventaire des plus belles pièces. Sachez que le musée contient entre autres des œuvres de Picasso, d'Albert Gleizes, de Metzinger, de Braque, de Fernand Léger, de Duchamp... On insistera sur une superbe toile de Mondrian (Composition), un Chagall (La Pluie), un Delvaux (L'Aurore), un Dalí (Naissance des désirs liquides), et des toiles de Miró. Une salle entière est consacrée à Pollock et à l'art américain. L'art entre les deux guerres n'est pas oublié, avec des toiles de Kupka, Juan Gris, Klee et Tanguy, sans oublier des toiles de Peggy Guggenheim elle-même. Internet : www.guggenheim-venice.it.
Le musée de l'Accademia (Galleria dell'Accademia)
C'est le plus beau musée de tableaux de Venise et l'un des plus riches au monde. Il rassemble des chefs-d'œuvre qui témoignent de l'art vénitien depuis le XIVe siècle jusqu'au XVIIIe siècle. Il y a près de 400 oeuvres de Giovanni Bellini, Giorgione, du Tintoret, Véronèse, Bassano, Titien. Le musée présente également les plus belles œuvres de Tiepolo, l'un des plus grands peintres vénitiens du XVIIIe siècle : Diane et Actéon, Enlèvement d'Europe, Diane et Callisto, Élévation de croix. Malheureusement, les planches explicatives n'existent qu'en italien ou en anglais, mais vous pouvez louer un audioguide (4 ). Il est possible de visiter gratuitement la quadreria, le dépôt des galeries (visite en italien uniquement) pour admirer les tableaux qui ne peuvent être exposés, faute de place. Uniquement sur rendez-vous. L'Accademia occupe les lieux de l'ancien couvent de la Charité, transformé en musée à la chute de l'empire napoléonien pour recevoir les peintres vénitiens. Un musée à l'ancienne mode donc, fascinant sur tous les plans. Internet : www.gallerieaccademia.org.
Achats
Les masques
Les fameux masques en papier mâché font maintenant partie du mythe de Venise. Pour les fabriquer, on sculpte un modèle dans de l'argile puis on en fait un moulage en plâtre. Une fois sec, ce moule est enduit de vaseline, puis tapissé par une ou deux couches de papier journal ou de papier blanc, préalablement mouillé dans un mélange d'eau et de colle. Puis on démoule le tout quand c'est bien sec. Le masque est ensuite poncé avec du papier de verre. Les petites imperfections sont alors corrigées avec du plâtre liquide (appeléstucco). Pour finir, vient la phase délicate de la peinture à l'eau ; chaque atelier possède d'ailleurs son petit secret de fabrication. Pour donner un léger aspect vieillot, on enduit parfois le masque d'une fine couche de goudron liquide.
Artisanat local
L'artisanat du Veneto est l'un des plus riches de toute l'Italie. Et à Venise, on ne fait pas que des masques. Le travail de la mosaïque, du verre et des dentelles fait aussi partie des activités traditionnelles. L'art de la mosaïque, apporté par les Romains pour la décoration des maisons et des villas du Veneto, se pratique encore de nos jours dans les rares ateliers qui s'occupent de la restauration des églises. L'île de Murano est le principal centre de fabrication du verre, alors que Burano produit les fameuses dentelles.
Malheureusement, le travail artisanal est de plus en plus remplacé par les entreprises mécanisées, quand la production ne débarque pas directement de Taïwan. Mais on peut encore parfois rencontrer quelques irréductibles qui travaillent à l'ancienne.
Gastronomie
Spécialités culinaires
L'Italie occupe une place de choix dans le hit-parade des meilleures cuisines du monde. La carte des restaurants se divise en cinq grands chapitres : les antipasti, il primo, il secondo, i contorni et i dolci. La cuisine vénitienne peut quant à elle s'enorgueillir d'une tradition ancestrale, et on retrouve dans la gastronomie vénitienne des saveurs et des goûts orientaux. Bien sûr, vous pourrez manger à Venise la traditionnelle pasta ou des pizzas, mais il serait dommage de passer à côté des spécialités locales. La cuisine de Venise est liée au XVIIIe, le siècle de sa splendeur. Grâce à son commerce avec les ports d'Orient, la Serenissima fut une des premières à utiliser les épices dans ses recettes. La grande spécialité reste la cuisine de poisson qui se décline des antipasti au primo et secondo piatto.
Antipasti (hors-d'œuvre)
Présentés sur une table, souvent à l'entrée du restaurant, ces hors-d'œuvre sont toujours très tentants. Charcuteries (saucissons, prosciutto, bresaola, etc.), légumes de saison comme les artichauts ou les asperges, poivrons, aubergines et courgettes grillées, fruits de mer et petits poissons marinés (sardines in saor) ou encore la granseola qui est un gros crabe bouilli, servi avec une fine sauce huile d'olive-citron… Ces mises en bouche varient selon les établissements et en fonction du marché. Avant de vous servir, vérifiez bien si ces antipasti sont à discrétion ou débités selon la quantité. Vous éviterez ainsi une surprise désagréable au moment de l'addition.
Il primo (premier plat)
La place d'honneur revient à la pasta. Vous verrez souvent sur le menu l'expression « bis » ou « tris ». Il s'agit de plats plus consistants avec deux ou trois sortes de pâtes dans la même assiette. Le riz (riso) est cuisiné avec des fruits de mer, des petits légumes, des champignons, et agrémenté d'un peu de crème fraîche ou d'une pointe de safran qui rappelle son origine exotique. Les minestre (soupes), souvent faites suivant d'anciennes recettes du terroir, sont excellentes. La plus connue est le minestrone, à base de légumes, mais on vous en proposera d'autres... Les gnocchi n'ont rien à voir avec ce que l'on connaît en France sous ce nom. Les vrais gnocchi sont une préparation à base de fromage (di ricotta) et d'épinards (verdi), de semoule (alla romana) ou de pommes de terre (gnocchi di patate). C'est un plat consistant, comme la pasta. On adore !
À Venise, on mange aussi de la polenta (autrefois, le plat principal des pauvres) et le risi e bisi (petits pois et riz).
Il secondo (second plat)
Étant donné l'importance du primo, le plat de viande ou de poisson ne joue pas le même rôle que dans nos menus. Même à Venise, le poisson reste un mets de luxe auquel vous aurez du mal à ne pas succomber, en passant près du marché du Rialto. On ne saurait trop vous conseiller le fritto misto (friture mélangée de plusieurs variétés des produits de la mer : calamars, sole, lotte...) accompagné de sarde in saor (sardines macérées avec des petits oignons, des raisins secs et des pignons). Le foie à la vénitienne ou le carpaccio recouvert de parmesan restent divins.
Bon à savoir : ne vous affolez pas de voir arriver des plats complètement noirs : l'encre de sèche (nero di seppie) est fréquemment utilisée comme sauce pour accompagner les plats de pâtes et le poisson. Se trouvent aussi sur la carte : le veau (vitello), le foie (fegato), les trippes (trippa), les côtes de porc (costoletta), le lapin (coniglio) ou encore le lièvre (lepre).
I contorni (légumes)
Les secondi sont toujours servis sans garniture. Il faut donc commander celle-ci à part et la payer en supplément. On vous proposera, selon la saison, des pommes de terre, des légumes ou des salades. Mais très souvent, il s'agit de légumes grillés (poivrons, aubergines, courgettes). Les salades cuites (verdura cotta) sont servies froides avec de l'huile d'olive et du citron.
I dolci (desserts)
Les Italiens ne mangent pas beaucoup de sucreries en fin de repas mais les préfèrent faites à la maison, ou alors ils les mangent dans l'après-midi. Ne manquez pas les cantuccini, gâteaux secs aux amandes que l'on trempe dans le fragolino, ou encore les pan dei Dogi (pain des Doges). Comment parler des dolci sans évoquer les glaces (gelati) si réputées ? Entre deux visites, vous pourrez déguster un cornet au parfum souvent original. N'oublions pas enfin les baìcoli, célèbres gâteaux secs vénitiens et le tiramisu, un gâteau à base de mascarpone, avec des biscuits imbibés de café, le tout sauproudé de cacao.
Pizza
Tout le monde la connaît. Elle naquit, il y a longtemps, dans les quartiers pauvres de Naples où c'était la nourriture des dockers. À partir de la recette de base, toutes les variantes sont possibles, de la plus simple à la plus sophistiquée. Un classique donc, mais pourquoi pas ?
Pasta (les pâtes)
La pasta est toujours servie comme primo piatto (entre les antipasti et le second plat) et jamais en accompagnement.
Alcool
Les vins
L'Italien en général, et le Vénitien en particulier, est un grand amateur et buveur de vin. En Italie, on boit les vins plutôt jeunes et on n'attache qu'une importance relative à l'année de production.
- Amarone : vin rouge de bonne garde, semblable, en plus sec, au Recioto della Valpolicella. Un vin très alcoolisé pas si lointain du porto.
- Bardolino : vin rouge léger provenant de la région du lac de Garde. Se boit jeune et frais. Accompagne très bien le risotto ou l'incontournable polenta.
- Bianco di Custoza : provenant de vignes poussant au bord du lac de Garde, c'est un vin blanc sec et rond sentant... les fleurs fraîches.
- Clinton : vin illégal qui aurait des effets semblables à l'absinthe !
- Do Mori : une des plus belles et des plus anciennes osterie de Venise avec Alla Vedova (Cannaregio 3912-Ramo Ca'd'Oro). Un endroit à fréquenter le soir à partir de 18 h, quand une foule d'habitués se presse au zinc. Les amateurs de très bons vins pourront goûter au verre à de petites merveilles…non vénitiennes comme l'ornellaia (très bon vin de table de la province de Livourne), le trignanello (vin de table de Toscane) et autres barolo…Suffisamment rares (et chers !) pour mériter d'être mentionnés.
- Fragolino : ressemble comme deux gouttes d'eau au Clinton. Vin tout aussi illégal, vous aurez plus de chances de le trouver dans les gargotes de Venise, osterie et autres bacari. Un petit délice qui, au nez, évoque la fraise - d'où son nom - que vous trouverez tantôt en rouge, tantôt en blanc. Se boit comme digestif, accompagné de biscottini comme les bussolai, buranei et autres croccantini.
- Maraschino : liqueur à base de cerises sauvages et acidulées.
- Prosecco : appelé tantôt Prosecco di Conegliano ou Prosecco di Valdobbiadene, c'est un vin sec très fruité ou un mousseux qui appartient alors à la famille des spumante (mousseux en général). Se déclinant de mille façons, on le retrouve partout.
- Soave : vin blanc de qualité variable. Aussi est-il préférable de privilégier le Soave Classico (sous appellation) et plus encore le Recioto di Soave.
- Valpolicella : un vin souvent très médiocre, proposé par tous les restos italiens de France au même titre que le lambrusco et le plus infâme des chianti. Quelques appellations dérivées du valpolicella (comme le Recioto della Valpolicella) ou sous-appellations (comme l'amarone) vous laisseront de meilleurs souvenirs.
Apéritifs
Depuis des centaines d'années, certains Vénitiens font la tournée des bacari et rentrent chez eux complètement rosti (ivres morts). C'est une tradition qui existe encore aujourd'hui, surtout à l'époque du Carnaval.
- Spritz : une institution à Venise. Apéritif vénitien à base de vin blanc, plutôt amer avec du Campari, doux avec de l'Aperol et de l'eau de Seltz, accompagné d'une olive ou bien d'une rondelle de citron ou d'orange. Pour ceux qui veulent un compromis, ce sera plutôt avec du Select. Le meilleur se confectionne avec du prosecco.
- Bellini : inventé par le célèbre Arrigo Cipriani. À Venise, on dit que le meilleur bellini se boit au mythique Harry's Bar (noblesse oblige). À base de prosecco et de jus de pêche blanche fraîchement pressée. Un must qu'on peut trouver en bouteille toute l'année.
- Sgroppino : c'est un digestif. L'essayer, c'est l'adopter. À base de sorbet au citron, de vodka et de prosecco. Très apprécié à la fin d'un repas copieux, car il est très rafraîchissant. Dans les mariages, on le sert entre les primi et les secondi.
Café
Il est inutile d'insister sur la renommée du café italien. Selon certains, les premières graines de caféier, cet arbre merveilleux, auraient été introduites en Europe par des marchands vénitiens, et le premier caffè aurait ouvert ses portes dans la cité des Doges, dès 1640. Ce qui est sûr, c'est que les Italiens sont imbattables dans sa préparation.
Rares sont les Italiens qui demandent tout simplement un espresso. Certains le souhaitent macchiato (« taché » d'une goutte de lait froid, tiède ou chaud). Le café au lait se dit : caffè latte. À ne pas confondre avec le fameux cappuccino qui doit être mousseux et saupoudré, si on le demande, d'un peu de chocolat. Sublime quand il est bien préparé ! À moins que vous ne préfériez le caffè corretto, c'est-à-dire « corrigé » d'une petite liqueur. Une invention de fonctionnaires désireux de dissimuler l'odeur de l'alcool, paraît-il (mais on veut bien le croire !).
Transports
Pour vos pérégrinations dans Venise, vous disposez de trois moyens différents : le vaporetto, le taxi-bateau et bien sûr la gondole.
Le vaporetto
Circulation
Il existe plusieurs types de vaporetto : le vaporetto proprement dit, le motoscafo et le motonave.
- Le vaporetto : c'est un gros bateau qui avance lentement et permet donc de profiter du paysage. Il y a des places sur le pont et à l'avant, très convoitées par beau temps, mais il est impératif de rester assis pour ne pas gêner les manœuvres. Les jours de pluie, vous pouvez vous réfugier à l'intérieur de la cabine. Il existe une quinzaine de lignes pour relier les différents points de la ville et les îles. La plus mythique est toujours la ligne 1, qui parcourt le Grand Canal dans toute sa longueur. Préférez le 82, qui permet d'avoir une très belle vue d'ensemble de Venise.
- Le motoscafo : c'est un bateau plus bas sur l'eau, plus étroit et moins confortable. La plupart sont directs ou bien s'arrêtent moins souvent que les vaporetti. Ces mêmes bateaux vous transporteront aussi dans les îles.
- Le motonave : c'est une sorte de grand paquebot (tout est relatif !), qui relie les îles les plus lointaines. Leur fréquence est d'environ 15 mn. Un écran lumineux signale l'horaire du prochain voyage.
Service nocturne
Il existe deux services nocturnes, « N », qui fonctionnent de 23 h 30 à 4 h environ. L'un relie le Lido à l'île de la Guidecca en passant par le Grand Canal (San Marco, Rialto, piazzale Roma...). Le vaporetto glissant entre les palais blafards, vous ferez alors l'expérience inoubliable de la beauté de Venise dans le calme de la nuit. L'autre service part de Fondamente Nove pour rejoindre Murano, Burano, Treporti et Punta Sabbioni. Le service est assuré toutes les 20 mn pour le premier. Fréquence beaucoup plus faible pour le second.
Le taxi-bateau
À réserver à ceux qui ont de gros moyens. Attention : les prix pratiqués sont complètement délirants. On raconte que tous les chauffeurs de taxis à Venise sont millionnaires et qu'ils ont toujours un bras dehors pour montrer leur dernière Rolex. Admettez toutefois que leurs bateaux sont splendides, tout en bois verni avec des chromes et des cuivres étincelants. Vous comprendrez dès lors que le moindre trajet dépasse les 45
La gondole
Manœuvre
Sans la gondola, Venise ne serait pas vraiment Venise. À l'amarre, elles hochent la tête comme si, en signe de bienvenue, elles s'inclinaient respectueusement devant les visiteurs. La gondole est une barque à fond plat, relevée à l'avant et à l'arrière. L'originalité principale réside dans le fait qu'elle est asymétrique (très frappant si vous avez l'occasion d'en voir une en cale sèche). Cette forme particulière autorise une navigation avec un seul aviron, tout en conservant une embarcation parfaitement stable et maniable. Le coup de rame se fait en trois temps, en appui sur la forcola, une pièce de noyer ou de cerisier taillée d'un seul bloc. La position du gondolier n'est pas anodine : il en existe une pour chaque direction.
Histoire et tradition
La couleur noire des gondoles fut décidée par mesure d'austérité, il y a plusieurs siècles. En effet, les riches Vénitiens concouraient entre eux pour posséder la gondole la plus somptueusement décorée ; beaucoup se ruinèrent à ce petit jeu. À la proue se situe le ferro, élément décoratif en forme de « peigne métallique » qui représente les six sestieri (quartiers) de Venise ; le septième signe, sur le côté opposé, représenterait l'île de la Giudecca. Accessoirement, le poids du ferro compense celui du gondoliere (gondolier). Certaines gondoles ont aussi des décorations (« les chevaux de mer ») en cuivre sur les flancs. On construit encore trois ou quatre gondoles par an dans les derniers squeri (ateliers spécialisés) de Venise. La fabrication prend environ un an et nécessite un travail que seuls quelques artisans maîtrisent encore. Historiquement, les gondoliers étaient devenus des confidents pour les nobles vénitiens. Aujourd'hui, ils forment encore un corps très fermé où la tradition se perpétue de père en fils.
Tarifs
Véritable symbole de Venise, ce qui est désormais une attraction pour touristes est aussi devenu une activité lucrative. Certes, les gondoliers connaissent très bien leur ville, mais beaucoup ont une fâcheuse tendance à embobiner les touristes. Ne pas prendre de gondoles dans le quartier San Marco, avec des gondoliers qui chantent des chansons napolitaines. Préférer celles qui sont à l'écart des quartiers touristiques.
Les prix pratiqués sont élevés et officiels : 80 en journée (jusqu'à 6 personnes) ; 91 de 20 h à 8 h, pour un tour de 50 mn ; 25 mn supplémentaires coûtent respectivement 37 et 47 en plus. Certains visiteurs ont pu constater que la durée du tour se voit souvent raccourcie à 35 mn, même si vous avez payé pour 50 mn. Sachez que la présence d'un musicien vous coûtera le double. Y aller tôt le matin vers 9 h, quand les gondoliers n'ont pas encore de clients. Il y a plus de 400 gondoliers dans Venise, qui se partagent une dizaine de stations. Plus d'infos dans le fascicule gratuit distribué à l'hôtel : Un Ospite di Venezia.
Le traghetto
C'est un service de navette traditionnelle qui permet d'aller d'une rive à l'autre. Ces gondoles publiques assurent du matin au soir la traversée du Grand Canal pour 0,50 par personne ! Une combine qui permettra aux fauchés d'avoir tout de même droit à leur tour en gondole. La traversée, assez courte, permet au moins de prendre une photo amusante. En général, on ne s'assoit pas dans les traghetti, il vaut mieux avoir le pied marin. On trouve ces traghetti à une dizaine de points différents du Grand Canal. Ils sont indiqués par des pancartes situées dans les rues proches de l'embarcadère.
Un peu d'histoire
Fondation
Dès 1300 avant J.-C., la lagune, milieu ô combien mouvant, semble avoir été habitée.
Avant Venise étaient les Vénètes, un peuple indo-européen, vivant tranquillement en petites communautés, au sein de l'Empire romain puis de l'Empire byzantin. Tout s'est gâté aux Ve et VIe siècles, avec l'invasion des Barbares. Les habitants de la Vénétie trouvèrent tout naturellement refuge sur ces lagunes, pas spécialement hospitalières, mais sur lesquelles les armées d'envahisseurs ne pouvaient prendre pied. Venise ne s'est pas imposée du premier coup et on ne sait pas très bien quand et comment la ville a été créée. Mais il semble que ce soit vers 810 que le centre politique de la lagune se soit déplacé d'Héraclée (où a été nommé le premier doge en 697) à Venise même. Les armées carolingiennes menaçaient et on jugea que l'îlot du Rivo Alto (le rialto) offrait plus de sécurité
La cité marchande
À partir de cet embryon de ville va rapidement se développer une cité marchande qui sait tirer profit de sa situation, entre les Empires franc et byzantin, entre Occident et Orient. Habiles diplomates, les Vénitiens, bien que dépendant de Byzance, instaurent à la fin du Ier millénaire une cité-État quasi autonome. Leur capital initial est le sel des salines de Chioggia (au sud de la lagune). Ils établissent des comptoirs un peu partout autour de la Méditerranée mais aussi en Europe occidentale et s'affirment comme les premiers marchands d'Europe, concurrencés par Gênes, (l'autre) république marchande qui joue dans la même catégorie. Les Vénitiens, mieux placés sur l'Adriatique pour atteindre le Levant, dopent leur flotte marchande au cours du XIIe siècle en créant l'Arsenal qui alimente la machine de guerre économique.
La 4e croisade (1201-1204)
Le passage d'une dimension régionale à la dimension mondiale (du moins à l'échelle du monde connu au Moyen Âge) se fait par une sorte de hold-up. La 4e croisade est l'occasion pour les Vénitiens de s'enrichir considérablement : les croisés étant dans l'obligation de louer leurs bateaux pour se faire transporter jusqu'en Terre sainte, les Vénitiens ont la brillante idée de les faire payer avant le départ. La confiance règne...
N'ayant pas assez d'argent, les croisés se font ainsi forcer la main pour aller piller Zara (l'actuelle Zadar en Croatie). Sur leur lancée, les croisés se détournent de leur but initial, l'Égypte et la Palestine, pour mettre le cap sur Constantinople. Les Vénitiens y avaient bien quelques comptes à régler (leurs relations avec Byzance s'étaient détériorées), il existait aussi un contentieux autour de l'empereur d'Orient, mais il n'y avait sans doute pas de quoi procéder au pillage pur et simple de cette cité, comme ce fut le cas en avril 1204. Celui qui tire alors les ficelles est le vieux doge Dandolo qui, bien que quasi aveugle, voit parfaitement le bénéfice que Venise peut retirer de l'opération.
Du coup, avec ses nouvelles possessions (la côte dalmate - actuelle Croatie -, la plupart des îles grecques, dont la Crète qui sera, avec Chypre plus tard, son grenier à blé), Venise monopolise une grande part du commerce mondial de l'époque. Cet état de grâce durera quatre siècles. Il faudra que d'un côté, l'Empire ottoman s'empare de la quasi-totalité des possessions vénitiennes en Méditerranée orientale et que, de l'autre, le centre de l'économie mondiale se déplace vers l'ouest, après la découverte du Nouveau Monde, pour que Venise perde son rang et commence à décliner.
Une puissance mondiale
Ayant acquis cette nouvelle dimension, Venise doit adapter ses institutions. Le système complexe qui régule l'administration de la cité, avec la place prépondérante du Grand Conseil (émanation de l'aristocratie vénitienne), est mis en place et amélioré au XIIIe siècle. Car ce n'est plus seulement une cité marchande qui a des intérêts économiques à défendre, c'est un empire colonial et donc militaire, qui doit sans cesse lutter pour étendre puis garder ses possessions. Un coup c'est à gauche qu'il faut se garder (la grande rivale, Gênes, puis la Lombardie), un autre c'est à droite (les Turcs). Au XVe siècle, la puissance vénitienne est à son apogée : les Vénitiens ont à la fois un empire maritime unique qui s'étend jusqu'à Chypre et des possessions terrestres, qui vont jusqu'à la basse vallée du Pô. On estime alors à quelque 6 000 les vaisseaux marchands en exercice pour le compte de Venise, galères mises à part. Le commerce et la finance sont florissants, les Vénitiens sont les premiers banquiers du monde et ils attirent un grand nombre de nationalités, ce qui fait de la République un carrefour culturel.
Le déclin de la Sérénissime
À partir de ce moment, la Sérénissime va littéralement s'épuiser à batailler sur tous les fronts. D'un côté, la vie intellectuelle de la cité est de plus en plus brillante, les arts sont à leur sommet et le prestige culturel de la ville continuera longtemps à fasciner l'Europe entière (même quand elle ne sera plus que l'ombre d'elle-même). Mais de l'autre, il faut produire des efforts incessants face à la marée montante des Ottomans : en 1571, la bataille de Lépante (aujourd'hui Naupacte, au nord-est de Patras, en Grèce) en est l'illustration. Venise fournit plus de la moitié des 200 galères de la coalition chrétienne forte de 35 000 rameurs et de 40 000 soldats. Certes, les Turcs sont battus, ils perdent 116 galères, mais dès l'année suivante, ils en reconstruisent pas moins de 220 dans les arsenaux de Constantinople... Le rouleau compresseur turc est en marche. Un siècle plus tard, après une résistance désespérée de 25 ans, la plus belle possession vénitienne en Méditerranée, la Crète, est définitivement perdue. L'Espagne et le Portugal dépassent Venise avec les nouveaux marchés obtenus depuis 1492.
La richesse de Venise n'est plus qu'une façade, la ville s'endette pour maintenir son train de vie fastueux. Mais cela ne l'empêche pas de devenir la capitale européenne des plaisirs avec le carnaval qui, au XVIIIe siècle, pouvait durer jusqu'à six mois... Le tourisme, qui ne porte pas encore ce nom, naît alors à Venise, avec tous les dégâts collatéraux qu'il génère (ne dit-on pas que 10 000 courtisanes exerçaient à cette époque dans la Sérénissime plus si sereine que ça ?). Mais l'aristocratie européenne ne voit pas qu'autour d'elle le monde change.
Venise l'Italienne
Le 120e doge, Ludovico Marin, démissionne quand Bonaparte déclare la guerre à Venise en 1797. C'est le dernier doge et la fin de la République. Le traité de Campo-Formio, la même année, donne Venise à l'Autriche qui, à l'exception des années 1805-1814 (retour de Napoléon qui se sert à pleines mains dans les trésors de la cité) et 1848-1849 (insurrection conduisant à la création éphémère de la seconde république de Venise), administre sagement la cité.
Celle-ci n'est plus alors que l'ombre de ce qu'elle a été. Petit à petit, les Vénitiens, non sans difficulté, se tournent vers l'avenir : le train relie bientôt Venise au reste de l'Italie et politiquement, grâce à Napoléon III qui organise une consultation en 1866, les Vénitiens choisissent le rattachement au nouvel État italien. Nouveau port (la Marittima), nouveau pont routier, travaux visant à rendre la ville plus salubre, tout est fait pour que la cité retrouve une nouvelle jeunesse avec le développement du tourisme qui va réveiller la belle endormie.
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