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Sardaigne
Voici une île peuplée plutôt de bergers que de pêcheurs où, d'avril à octobre, on peut goûter aux joies du tourisme balnéaire, et partir à la découverte de son extraordinaire patrimoine naturel dans les régions de la Gallura, la Barbagia et de l'Ogliastra. Les plages de Sardaigne comptent parmi les plus belles de la Méditerranée, et les plus calmes aussi, grâce à la faible présence humaine sur ses 1 850 km de côtes. De plus, ses côtes sont cristallines et poissonneuses, idéales pour la baignade et la plongée. Autrement dit, une nature intacte dont peu de ses voisines de la grande bleue peuvent encore se vanter. Si elle est moins boisée que la Corse, ses paysages sont tout de même moins secs qu'en Sicile ou en Crète. Le coeur de la Sardaigne est montagneux, à cause de l'érosion qui a modelé son relief en créant des gorges, des falaises calcaires et des vallées, mais peu de plaines et de hauts plateaux. La couleur dominante est le bleu ponctué de rouge et de marron ; un gigantesque amas rocheux où les sommets granitiques et le maquis semblent posés directement sur la mer. Et, à l'intérieur, d'énormes forêts de chênes verts séculaires et de lentisques, des collines couvertes d'oliviers... Plus haut encore, la puissance du vent fait plier les troncs des chênes-lièges, les contraignant à une éternelle révérence. Côté culture, l'île recèle des ruines archéologiques comme les nuraghes (habitations primitives), des tombes des géants, des églises romanes et affiche une longue tradition de fêtes religieuses et païennes. Ajoutez à ceci une petite hôtellerie familiale et une gastronomie composée de saveurs locales et authentiques... de quoi faire tarir tous les clichés qui font de la Sardaigne une destination confidentielle réservée à la jet-set. Fuyez la Costa Smeralda et ses clones balnéaires (Villasimius), choisissez n'importe quel mois sauf août et vous serez sans doute conquis par les charmes de cette île si proche et pourtant si exotique.
Carte d'identité
- Superficie : 24 090 km ², en comptant les îles rattachées de Caprera, les archipels de la Madeleine et de l'Asinara au nord, ainsi que les îles de Carloforte, San Pietro et de Sant'Antioco au sud. Située juste au sud de la Corse, la Sardaigne est la deuxième plus grande île de la Méditerranée après la Sicile et s'étend sur 267 km de long et sur 120 km de large.
- Population : environ 1 650 000 habitants, un peu moins que la ville de Milan. Densité : 68 hab/km ².
- Chefs-lieux de région et de province : on considère Cagliari (400 000 hab.) comme la capitale administrative. Les autres chefs-lieux de province sont Nuoro, Oristano et Sassari correspondant aux provinces homonymes. Une nouvelle division administrative a eu lieu courant 2003, faisant passer le nombre de provinces de quatre à huit. Ce nouveau découpage réduit plus ou moins de moitié la taille de chacune des anciennes provinces. Ainsi la province de Cagliari cède sa moitié ouest à la province de Sulcis-Iglesiente (chefs-lieux : Iglesias et Carbonia) ; celle d'Oristano partage désormais sa moitié sud avec la province de Medio Campidano (chef-lieu : Sanluri) ; celle de Nuoro fait de même avec ses terres méridionales de l'Ogliastra (chefs-lieux : Lanusei et Tortoli) et la province nord de Sassari se sépare de sa pointe nord-est qui devient la province de Gallura (chefs-lieux : Olbia et Tempio Pausania).
- Principales autres villes : Olbia, Tempio Pausania, Ozieri, Sanluri, Macomer, Iglesias, Carbonia, Lanusei, Tortoli, et d'un point de vue touristique, Alghero, Bosa Orgosolo, Castelsardo et Porto Torres.
- Gouvernement : il est composé du président, élu au scrutin secret par l'Assemblée régionale et de plusieurs membres qui sont choisis par le président, mais nommés par l'Assemblée. Celle-ci, qualifiée de Conseil régional, comporte quatre-vingts membres, qui sont élus pour cinq ans au suffrage universel à la représentation proportionnelle. L'Assemblée exerce le pouvoir législatif et contrôle l'exécutif régional. La Sardaigne est historiquement plus présente dans les décisions du gouvernement italien que la Corse dans celles du gouvernement français.
- Régime : démocratie parlementaire pour la République italienne. La Sardaigne a obtenu son autonomie de l'Italie et forme une région à statut spécial depuis 1948 : la Regione Autonoma della Sardegna. C'est l'une des cinq régions bénéficiant d'une autonomie politique et administrative avec le Val-d'Aoste, le Trentin-Haut-Adige, le Frioul-Vénétie Julienne et la Sicile.
- Religion dominante : catholique.
- Langues : l'italien est la langue officielle dans les domaines de l'éducation, de l'administration, de la justice et même des médias, faisant ainsi régresser la langue sarde, faute d'une loi qui assurerait sa survie. Depuis le début des années soixante-dix, des mouvements autonomistes sardes tentent de réclamer auprès de Rome des droits linguistiques. Les Sardes n'ont pas cessé de réclamer un statut qui, d'une part, les reconnaîtrait comme une minorité linguistique, d'autre part, ferait du sarde la langue nationale de l'île et l'une des langues co-officielles avec l'italien. Depuis, une bonne demi-douzaine de projets de lois ont été présentés, mais aucun n'a été adopté, les partis politiques ne s'étant jamais entendus sur un seul des projets proposés. Par ailleurs, plusieurs dialectes survivent encore dans les villages côtiers et montagnards. Du fait des invasions, on parle le catalan à Alghero, alors qu'à Carloforte, Calasetta et Sulcis, le dialecte est semblable à celui de la Ligurie.
- Principales activités : tourisme, agriculture, élevage, industrie minière.
Avant le départ
Adresses utiles
En France
- Consulats d'Italie :
Paris : 5, boulevard Émile-Augier, 75116. Tél. : 01-44-30-47-00. Fax : 01-45-25-87-50. M. : La Muette. Ouvert les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h à 12 h, et le mercredi, de 9 h à 12 h et de 14 h 30 à 16 h 30.
Bordeaux : 164, rue Frère, 33000. Tél. et fax : 05-56-79-37-27. Ouvert le mardi et le vendredi de 10 h 30 à 13 h, le jeudi de 15 h à 17 h.
Lyon : 5, rue du Commandant-Faurax, 69009. Tél. : 04-78-93-00-17. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h, et permanence téléphonique le mardi de 15 h à 16 h 30.
Marseille : 56, rue d'Alger, 13005. Tél. : 04-91-18-49-18. Fax : 04-91-18-19. Ouvert les lundi, mercredi, vendredi de 9 h à 12 h. Les mardi et jeudi, ouvert de 9 h à 12 h et de 15 h à 17 h.
Metz : 7, boulevard Georges-Clémenceau, 57070. Tél. : 03-87-38-58-70. Ouvert les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h à 13 h, et le mercredi de 9 h à 13 h et de 14 h 30 à 17 h.
Nice : 72, boulevard Gambetta, 06048 Cedex 1. Tél. : 04-92-14-40-90. Ouvert les lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 9 h à 12 h 30, le mardi de 9 h à 12 h 30 et de 15 h à 17 h.
Toulouse : 13, rue Alsace-Lorraine, 31000. Tél. : 05-34-45-48-48. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30, le mercredi de 9 h à 12 h 30 et de 15 h à 17 h.
- Office de tourisme d'Italie à Paris (ENIT) : 23, rue de la Paix, 75002. Informations vocales (en français) : 00-800-00-48-25-42 (appel gratuit). Infos téléphonées : 01-42-66-66-68 (public) et 01-42-66-03-96 (administration). Fax : 01-47-42-19-74. Internet : www.enit-france.com. M. : Opéra. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.
L' ENIT (Ente Nazionale Italiano per il Turismo) est l'organisme national chargé de la promotion touristique de l'Italie à l'étranger (France, Belgique, Suisse, Canada). L'ENIT est en relation constante avec les administrations touristiques des différentes régions. Hélas, ils manquent cruellement de documentation concernant la Sardaigne. Sur place, vous trouverez l'ESIT (l'équivalent de l'ENIT pour la région autonome) qui dispose d'un bon matériel gratuit : cartes des plages, des sites archéologiques, des chemins de randonnée, des itinéraires gastronomiques, etc. Internet : www.esit.net (en italien et en anglais).
En Belgique
- Consulat d'Italie : rue de Livourne, 38, Bruxelles 1000. Tél. : 02-543-15-50. Fax : 02-537-57-56.
- Office de tourisme : avenue Louise, 176, Bruxelles 1050. Tél. : 02-647-11-54. Numéro valable pour toute l'Europe concernant des renseignements sur l'Italie : 00-800-00-48-25-42 du lundi au samedi de 8 h à 20 h, les dimanche et jours fériés de 9 h à 14 h. Infos téléphonées du lundi au vendredi de 9 h à 13 h et de 14 h à 17 h, tél. : 02-647-17-41. Fax : 02-460-56-03. Internet : www.enit.it. E-mail : enit-info@infonie.be
En Suisse
- Consulat d'Italie : Belpstrasse, 11, 3007 Berne. Tél. : 041-31-390-10-10.
- Office de tourisme : Uraniastrasse, 32, 8001 Zurich. Tél. : 0041-43-466-40-40. Fax : 0041-43-466-40-41. E-mail : info@enit.ch. Ouvert de 9 h à 17 h. Fermé le samedi.
Au Canada
- Consulat d'Italie : 275 Slater Street, 21st floor, Ottawa. Tél. : (613) 232-24-01. Fax : (613) 233-14-84.
- Office de tourisme : Québec Store, 1, place Ville-Marie, suite 1914, Montréal H3B-2C3. Tél. : 866-76-67. Fax : 392-14-29. E-mail : 739145@icam.net
- Office national italien de tourisme : 1, place Ville-Marie, Montréal H3B-3M9. Tél. : 866-76-67.
Formalité
Passeport
La Sardaigne est rattachée à l'Italie, pays membre de l'Union européenne et signataire de l'accord de Schengen. Même si le contrôle à l'arrivée sur le sol sarde n'est plus obligatoire pour les passagers en provenance d'un autre pays membre, il est toutefois conseillé de voyager avec son passeport ou sa carte d'identité en cas de contrôle. Passeport en cours de validité ou carte d'identité exigée pour les citoyens suisses et canadiens.
Visa
Pas de visa pour les ressortissants de pays membres de l'UE, Monaco, la Suisse et le Canada pour des séjours ne dépassant pas les trois mois.
Vaccins
Aucun vaccin exigé
Permis de conduire
Permis français, belge, suisse ou canadien valables.
Douanes
Réglementation des pays de l'UE.
Animaux
Réglementation commune aux pays de l'UE.
Carte internationale des auberges de jeunesse (FUAJ)
Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.
Carte internationale d'étudiant (ISIC)
Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport…), l'hébergement, la culture, les loisirs...
Toutes les informations complémentaires sont sur : www.isic.fr.
Carte européenne d'assurance maladie
Pour se la procurer, il suffit d'appeler votre centre de Sécurité sociale qui vous l'enverra sous 15 jours (possibilité de la commander par Internet sur le site www.ameli.fr ).Cette carte fonctionne avec tous les pays membres de l'Union européenne, ainsi qu'en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse. De même format que la carte Vitale (mais bleue), elle estv alable un an, gratuite et personnelle. Elle permet la prise en charge des soins de santé dans tous les pays d'Europe dans les mêmes conditions que les assurés du pays de séjour, mais n'est pas valable pour les soins délivrés dans les établissements privés.
Argent
Monnaie, banque, change
L'euro a remplacé la lire italienne le 1er janvier 2002. Grosso modo, les banques sont généralement ouvertes du lundi au vendredi de 8 h 30 à 13 h 30 et de 14 h 30 à 16 h. Certaines sont ouvertes le samedi matin, mais c'est plutôt rare. Certaines n'effectuent pas de change l'après-midi. Il faut souvent s'armer de patience, car le service peut être très long.
Dans la quasi-totalité des villes moyennes et des stations balnéaires importantes, on peut retirer de l'argent dans les distributeurs automatiques avec les cartes Eurocard MasterCard et Visa. Toutefois, si vous décidez de faire une halte dans un village de montagne éloigné ou dans un parc national, munissez-vous d'espèces.
Pour nos amis canadiens ou suisses, pas de problème pour échanger vos devises, il existe encore plusieurs bureaux de change dans les grandes villes et stations balnéaires. Certains hôtels pratiquent également le change. Les chèques de voyage sont échangés aussi bien dans les banques que dans les hôtels.
Le paiement par carte de crédit est très courant dans les hôtels, restaurants et boutiques. Néanmoins, prévoyez du liquide si vous vous éloignez des grandes villes et des zones hôtelières touristiques.
Budget
Logement
Les prix en Sardaigne sont alignés sur ceux de l'Italie, donc les hôtels sont chers. Mais qu'on se rassure, il est encore possible de trouver sur l'île des pensions à moins de 50 , notamment dans les superbes régions de montagne pas trop éloignées de la mer (Gallura, Ogliastra, Barbagia). Depuis longtemps, la Sardaigne a la cote auprès des Italiens du continent. Ils y séjournent principalement en juillet et août, période pendant laquelle les prix flambent. Par ailleurs, c'est une destination prisée par les Allemands, les Autrichiens et les Suisses. Si vous le pouvez, optez donc pour le printemps ou l'automne afin de retrouver non seulement plus de couleurs, mais également davantage d'authenticité. Sur la route, les panneaux jaunes indiquent régulièrement les « Azienda Agriturismo » ou gîtes ruraux assez bon marché. Les panneaux rouges désignent les chambres d'hôtes ou bed and breakfast.
Hôtels
- Bon marché : environ 45 euros
- Prix moyens :de 50 à 75 euros
- Plus chic : de 75 à 120 euros
Nourriture
Côté restauration, éloignez-vous le plus possible des zones touristiques et vous trouverez aisément une quantité remarquable de plats à base de poisson et fruit de mer à des prix plus que raisonnables, la fraîcheur en prime. N'hésitez pas à pousser la porte des agriturismo dans les petits villages, car c'est là où l'on prépare le porchetto ou porcheddu (cochon de lait) comme à la maison. Mais attention, tous ces établissements n'étant pas agréés par l'office de tourisme local, vous risquez d'avoir une indigestion (sic) si vous tombez sur un produit pas très frais. Procurez-vous la liste des gîtes ruraux qui ont pignon sur rue auprès des autorités du tourisme local.
Restaurants
- Bon marché : 10 euros
- Prix moyens :de 10 à 20 euros
- Plus chic : de 20 à 40 euros
Pourboire
Le service de 10 % est généralement inclus dans la note, auquel on ajoute un pourboire à discrétion.
Achats, souvenirs
Il existe en Sardaigne des centres-pilotes de production et de vente d'activités artisanales (tissages, vanneries, céramique, fer forgé, bijoux en or et corail, objets en bois, etc.) appartenant à l'entité régionale I.S.O.L.A. (Institut sarde pour l'organisation du travail artisanal) créée en 1957.
Il existe également des boutiques d'artisanat I.S.O.L.A. à Cagliari, Sassari, Nuoro, Oristano et Porto Cervo. Les motifs et couleurs des tissages varient selon les régions et les pièces les plus recherchées sont les tapis. Les vanneries sont confectionnées à partir du tressage du jonc et d'autres fibres végétales comme le palmier nain, l'asphodèle et autres plantes palustres. Les paniers et corbeilles tressés avec des rubans rouge vif constituent un cadeau pas trop cher et très typique de l'île. Également très beaux objets en céramique ou en terre cuite avec des influences phéniciennes, grecques et romaines. Très beaux également, mais plus encombrants pour le transport, les meubles peints et les chaises empaillées.
Il n'est pas rare de croiser des marchands d'artisanat dans les marchés hebdomadaires. Leur attirail est assez vaste et souvent appuyé sur le folklore qui plaît aux touristes : masques en argile peints en blanc pour la cavalcade de Sartiglia à Oristano, masques en bois noir pour le carnaval de Mamoiada, lourdes clochettes qu'on utilise pour exécuter la lente danse locale. Vous pouvez également vous procurer des couteaux sardes, en acier avec manche en corne de mouton, très bien confectionnés.
Côté gastronomie, le choix est vaste. Parmi les vins blancs qui méritent d'être emportés figurent le Vermentino di Gallura et le Nuragus di Cagliari. Pour les rouges, n'oubliez pas le Cannonau ou le Carignano del Sulcis. Les amateurs de saveurs sucrées seront comblés avec les nombreux vins de dessert : vernaccia, muscadet, malvasia di Bosa ; et par les liqueurs : mirto, grappa de Cannonau, fil'e ferru...
Le seul fromage dont la production est strictement réservé à la Sardaigne est le pecorino sardo. Il se présente dans une version douce (20 à 60 jours de maturation) plutôt aromatique, ou affinée (2 à 12 mois), plus piquante. À déguster avec l'apéritif ou à râper sur les pâtes. Les autres fromages portant l'appellation d'origine protégée sont le fiore sardo et le pecorino romano, ce dernier est le plus exporté au monde et ne peut être produit qu'en Sardaigne et dans le Latium (région de Rome).
Parmi les pâtes fraîches, on remarque les culurgiones (raviolis), les pâtes farcies au fromage de brebis frais ou aux légumes. Les maloreddus (petits gnocchis aromatisés avec du safran) se présentent secs et sont plus faciles à emporter.
Enfin, n'oubliez pas d'embarquer un paquet de pain grillé carasau dans votre bagage à main, ses fines feuilles sont très fragiles, mais se conservent longtemps. Et puisque vous y êtes, embarquez aussi un pot de miel mille fiori du maquis méditerranéen, délicieux !
Cuisine et boissons
Cuisine
Italienne depuis le milieu du XIXe siècle, la Sardaigne a su préserver son indépendance sur le plan culinaire.
Les hors-d'œuvre
Bien sûr, vous trouverez en Sardaigne des antipasti, comme sur le continent. Mais aussi des spécialités locales comme la poutargue, les anguilles marinées, les cardons à la sarde, les fai e allu (fèves à l'ail) ou encore les petites fèves au lard.
Les pâtes
Les malloreddus (sorte de petits gnocchis) sont les pâtes les plus typiques de l'île. Il faut les préparer avec du safran si l'on tient à respecter la plus pure tradition gastronomique sarde. Elles ont la forme de coquillages vides et doivent avoir sur le dos des striures parallèles pour mieux capter les sauces.
La fregula (l'interprétation sarde du couscous) est faite de petites boules de semoule confectionnées à la main et grillées au four. Elle est idéale dans la préparation des soupes ou dégustée avec des palourdes ou de la saucisse fraîche et des tomates. Les pillus sont des pâtes semi-fraîches qui ressemblent aux lasagnes et les tallarinus, sorte de tagliolini (petites nouilles). On les cuit dans le bouillon du bœuf ou du mouton et on les recouvre de fromage pecorino frais. Parmi les pâtes farcies, on goûtera aux culurgiones (raviolis) au fromage de brebis frais, au safran ou aux légumes.
Les plats principaux
Les plats rôtis sont à la base de la gastronomie sarde. Le porcelet, l'agneau et le chevreau sont les viandes les plus utilisées.
La tradition veut qu'on enfile la viande sur une broche taillée en bois d'arbousier et qu'on ajoute simplement du sel, un peu de lard et des aromates tels que de la myrte, du romarin, du laurier ou de la sauge.
Deux autres techniques sont dignes d'être mentionnées. La première est d'usage parmi les habitants de la province de Nuoro et consiste à mettre les animaux l'un à l'intérieur de l'autre. Ce procédé veut ainsi que l'on éventre un veau pour le remplir avec une chèvre, qui sera à son tour éventrée pour y mettre un porcelet, etc. La seconde consiste à déposer le cochon de lait ou le sanglier à rôtir dans un trou creusé dans la terre sur lequel on brûlera un type de bois aromatique comme des branches de myrte. On recouvrira celles-ci de tisons ardents. La cuisson, très longue, conférera des arômes incomparables à la viande.
Parmi les plats de résistance à base de gibier, citons is pillonis de t'accula. Ce mets se cuisine avec des grives et des merles que l'on fait bouillir dans de l'eau salée et qu'on enroule ensuite dans des feuilles de myrte.
Paradoxalement, cette île entourée d'eaux poissonneuses ne possède que peu de recettes originales à base de poisson, car sa population s'est toujours repliée vers le centre et les montagnes. La burrida est un plat d'origine génoise recomposé par les Sardes. Il s'agit de roussette bouillie et marinée dans une sauce à base d'huile, de vinaigre et de noix hachées. La cassola est une soupe de poissons variés. On trouve aussi des plats à base de merlan, rôtis ou en escabèche, c'est-à-dire mariné dans du vinaigre, et de la langouste à la vernaccia, imprégnée dans ce vin blanc délicat et parfumé de clous de girofle.
La charcuterie
Le cochon sert à la confection de nombreuses charcuteries. On remarque la production limitée de capocollo, un produit salé et séché qui se consomme cru, fait avec les muscles de la zone cervicale ; le lard ( pancetta) est extrait de la graisse du ventre du cochon, conservé par un système plus ou moins équivalent à celui du jambon. Le jambon cru est une spécialité obtenue avec la partie interne de la cuisse ou de l'épaule. Ou encore la saucisse sarde, autrefois faite exclusivement maison et aujourd'hui confectionnée chez les bouchers et vendue fraîche, séchée ou fumée. Enfin, le jambon de sanglier est un produit particulièrement recherché par les gourmets.
Les fromages
C'est le produit alimentaire le plus exporté de Sardaigne. Le pecorino sardo est l'un des plus connus au monde. Il est confectionné avec du lait entier de brebis et conserve les arômes d'herbes broutées. C'est un excellent fromage de table, mais sa polyvalence permet aussi de le déguster affiné ou râpé. Le fiore sardo est produit en Sardaigne selon une technique artisanale très ancienne et particulière. Il est fait exclusivement de lait de brebis frais et coagulé avec de la présure d'agneau. Il ne faut pas oublier le canestrati, fromage produit avec du lait de brebis entier et formé dans des corbeilles en osier, ni les fromages de brebis à pâte molle à base de ferments lactiques naturels et de présure liquide. À signaler aussi les fromages de chèvre obtenus avec du lait entier et considérés comme étant particulièrement sains. Le casilozu (proche du caciocavallo) est un fromage rond et rare produit dans le Montiferru, la zone de l'ancien volcan de roche basaltique. Rappelons enfin la ricotta, obtenue par une technique artisanale en réchauffant le petit lait des fromages produits exclusivement avec du lait de brebis.
Le pain
Le pain est, tout comme les pâtes, le pivot de l'alimentation sarde, comme en témoignent les productions industrielles et artisanales partout dans l'île. En Sardaigne, le pain a aussi une fonction symbolique très forte, et, suivant les circonstances de la vie, il représente un moment de fête ou un signe de bon augure. Il existe ainsi des pains spéciaux pour ces occasions. Chaque famille le confectionne chez elle, reproduisant jalousement les traditions. Parmi les pains les plus connus on peut citer le carasau, que les forestiers appellent aussi carta da musica (papier à musique). Constitué de feuilles circulaires croquantes et très fines, il se conserve très longtemps. Un autre type de pain dont la réputation dépasse les frontières de l'île est le civraxiu. Rond et grand, sa croûte est croquante et sa mie très molle, idéal pour faire trempette ! N'oublions pas su coccoi, son goût et son aspect changeant d'une région à l'autre en font un pain très recherché. Il existe encore su moddizzosu, un pain de forme circulaire très tendre et parfaitement adapté pour le fromage ou les saucisses, et les spianadas, pains de forme circulaire toujours, tendres et faciles à transporter.
Les desserts
Les amandes sont à la base des très nombreux gâteaux sardes. Coupées en petits morceaux et mélangées au sucre ou au miel et aux écorces d'orange, ou bien fourrées dans les raviolis pour le carnaval ( culurgiones de mendula), ou encore utilisées dans les copulettas, les meringues, les amaretti, les suspirus... Dans les occasions religieuses plus solennelles comme la Toussaint, on prépare des gâteaux tels que le pane'e sapa ou les pabassinas, à base de jus de raisin concentré ou de sapa (vin cuit). Les pirichittus, les pistoccos, les mustazzoli et les pardule sont aussi très célèbres. N'oublions pas non plus les sebadas ou seadas, à base de fromage et de miel et qui sont parmi les plus typiques de Sardaigne. Quant à leurs appellations, il faut préciser qu'elles varient suivant les régions.
Les boissons
Non alcoolisées
Du très bon espresso, qui n'a rien à envier à celui de la péninsule.
Pour les eaux minérales, on vous proposera souvent les marques italiennes, normal !
Alcoolisées
Il y a une longue tradition de vins sardes, rouges, rosés et blancs, les premières vignes datant du temps des Romains.
Vins rouges
Le Cannonau est le vin rouge qui représente le mieux la Sardaigne. S'il est produit sur toute l'île, il est originaire de la côte orientale. On le fait vieillir en fût de chêne pendant un an. Le Campidano di Terralba est produit à partir de raisin noir (Bovale Mannu) cultivé au centre-ouest de la Sardaigne. Quant aux origines du Nuragus de Cagliari, elles sont très floues, il n'est pas exclu que son apparition en Sardaigne remonte au temps des colonies phéniciennes. Ce vin est produit dans la partie méridionale de l'île à partir de vignes nouvelles ayant remplacé les anciennes. Le Carignano del Sulcis est un cru très ancien, ce pour quoi il est aujourd'hui difficile d'en connaître son histoire, les légendes et l'origine exacte.
Vins blancs
Dans la Planargia (le haut plateau qui domine Bosa), on trouve énormément de petites vignes de Malvoisie qui figurent parmi les meilleures de la Méditerranée. La caractéristique essentielle du Malvasia di Bosa est son goût riche et long en bouche et son vieillissement qui dure au moins deux ans, voire plus.
Le raisin muscat, doux et plein d'arôme pousse dans la province de Cagliari. Le Moscato di Cagliari fait l'objet d'une petite production personnelle jalousement gardée, sur une aire qui s'étend de la plaine de Campidano jusqu'au basso Sulcis en incluant tout le territoire de Sant'Antioco.
Le Vermentino est un autre cru bien connu, cultivé plus ou moins intensément sur toutes les côtes de la Méditerranée, de l'Espagne à la Ligurie ainsi qu'en Corse. Si le Vermentino est diffusé sur toute l'île, c'est sur la terre laborieuse de la Gallura qu'il exprime le mieux ses caractéristiques.
Le Vernaccia sarde, qui semble pousser facilement uniquement dans la vallée du fleuve Tirso, en province d'Oristano, doit son nom au mot latin vernum, qui signifie printemps. Il fait partie des meilleurs vins du bassin méditerranéen.
Liqueurs
Le fil'e ferru est certainement le plus connu des alcools distillés sardes. Produite à partir de marcs de raisin sévèrement sélectionnés, cette eau-de-vie est typique de la région d'Oristano et de l'intérieur de l'île. L'origine du nom est plus qu'étonnante, quand on sait qu'elle est due au classique fil de fer qui dépassait de terre qu'on mettait pour indiquer l'endroit où on avait caché la bouteille du fameux alcool interdit. Cette production clandestine qui permettait d'éviter de payer les taxes au début du XXe siècle.
Les eaux-de-vie de marc ( grappa) méritent une mention particulière en raison de leurs délicieux arômes rappelant la provenance du raisin. Dans le commerce, on trouve la grappa de Vernaccia, de Muscat, de Vermentino, de Cannonau et de malvoisie. Parmi les liqueurs possédant des vertus digestives, il y a le mirto rouge, obtenu en laissant infuser à froid dans de l'alcool les baies de l'arbuste, puis en ajoutant du sucre ou du miel. Pour le mirto blanc, on laisse infuser non pas les baies, mais les pousses, ce qui rend la liqueur plus délicate et d'une couleur blanche légèrement verdâtre. Le limonello (à ne pas confondre avec le limoncello, originaire de Sicile) et la liqueur de figue de Barbarie s'obtiennent toujours sur le même principe, en laissant infuser les écorces des fruits respectifs.
Signalons enfin la liqueur de Villacidro, faite d'après une recette très ancienne dont on connaît peu de choses. Elle est blanche, mais devient jaune si on la prépare avec du safran, épice d'origine orientale, mais que l'on cultive en Sardaigne.
Bière
Une bière locale à signaler : l' Ichnusa.
Culture
Musique
Dans ce pays de tradition orale, la poésie, le chant et la musique occupent une place primordiale très liée à la vie quotidienne. Dans le nord de la Sardaigne, les chœurs de chants polyphoniques se composent souvent de cinq voix, tandis que dans la Barbagia, ils sont à quatre voix dites a tenores. Dans le Sud, dans la plaine du Campidano principalement, c'est le chant à une voix accompagné traditionnellement par le launeddas (voir plus bas) ou à défaut par l'accordéon ou la guitare. Les chanteurs enrichissent leur répertoire en puisant dans le patrimoine commun. Tout village qui se respecte possède au moins son groupe de chanteurs a tenores.
Les concours de poésie sont une tradition encore populaire et vivante en Sardaigne grâce aux nombreuses fêtes des saints patrons des villages. Le poète chanteur est accompagné comme les chanteurs a tenores. Ils improvisent sur des thèmes parfois d'actualité qui leur sont proposés par les organisateurs comme la paix et la guerre, le travail et le chômage ou la nature et la pollution. Ce sont des semi-professionnels qui utilisent des schémas traditionnels : l'un chante quelques minutes, celui qui lui succède reprend son dernier vers et lui répond en défendant la thèse opposée. Ces joutes sont très appréciées du public, il n'est pas rare que cela puisse durer la nuit entière !
Le launeddas est un instrument typique de la Sardaigne, composé de trois tuyaux à hanche de longueur différente. Le tumbu, qui n'a aucun trou est le plus long, 60 cm, forme le bourdon. L'accordéon diatonique et la guitare sont les autres instruments les plus utilisés accompagnés par des petits tambours ainsi que des guimbardes.
Littérature
Elle est marquée par la figure de Grazia Deledda qui remporta le prix Nobel de littérature en 1926 pour son roman La Madre. Née en 1871 à Nuoro, une petite ville du centre de la Sardaigne, autodidacte, parce qu'à l'époque, il était pour ainsi dire impensable qu'une fille suive des études, Grazia Deledda puise les fondements de sa culture aussi bien dans la Bible que dans les romans-feuilletons, dans Byron comme dans D'Annunzio. La jeune Grazia publie une première nouvelle à dix-sept ans, puis des ouvrages sous divers pseudonymes afin de ne pas choquer le voisinage, avant que La via del Male ne soit accueilli avec enthousiasme par la critique. La romancière italienne situera l'essentiel de son œuvre dans le pays de son enfance. S'inscrivant dans un courant vériste qui traitait de manière romanesque les problèmes quotidiens de la classe ouvrière et paysanne, Grazia Deledda se fit le porte-parole de la Sardaigne, où elle vécut sans en bouger jusqu'à l'âge de 28 ans. Mais c'est plus tard, à Rome, qu'elle signera ses livres les plus importants. Et qu'elle entonnera, récit après récit, son chant d'amour pour sa région natale.
Né en 1960 à Nuoro, en Sardaigne, mais vivant aujourd'hui à Bologne, Marcello Fois, l'une des figures du nouveau polar italien (Groupe 13), entend prouver que bonne littérature et grand public ne sont pas une contradiction en soi. Citons également d'autres auteurs sardes de renom, comme Salvatore Satta, Giuseppe Dessi, Francesco Masala, Maria Giacobbe ou encore Sergio Atzeni, tous ayant une partie (ou l'intégralité) de leur œuvre traduite en français.
Lectures conseillées
- La Madre, Des Roseaux sous le vent et Elias Portulu de Grazia Deledda, Éditions Stock
- Padre Padrone de Gavino Ledda, Éditions Gallimard (roman adapté par les frères Taviani qui ont reçu la Palme d'Or à Cannes en 1977).
- San Silvano de Giuseppe Dessi, Éditions Verdier.
- Le Curé de Sarrok de Francesco Masala, Éditions Actes Sud.
- Sheoi et Un Silence de fer de Marcello Fois, Éditions du Seuil.
- Mère Méditerrané de Dominique Fernandez, Éditions Grasset.
- Sardaigne sans cagoule de Maria Brando-Albini, Éditions Subervie.
- Bandits d'Orgosolo de Franco Cagnetta, Éditions Buchet-Chastel (un peu daté et difficile à trouver, mais très intéressant car ce récit-enquête décrypte les origines du banditisme dans la région de la Barbagia.
Archéologie et architecture
Les nuraghe constituent les monuments-symboles de l'île, témoins muets d'une civilisation datant du IIe millénaire avant J.-C. Une civilisation mystérieuse, mais assez avancée pour se doter d'une organisation sociale, de rituels et même d'une forme d'art. Il s'agit d'une tour à large base qui se rétrécit vers le sommet, diminution obtenue par l'utilisation de pierres de plus en plus petites, aboutissant en un cône haut de plus de 20 m. Les rangs concentriques de blocs de pierre, maintenus sans aucun lien, forment la chambre à fausse voûte appelée également la chambre à tholos, car elle dérive d'exemples analogues à Mycènes, en Grèce. On compte environ sept mille nuraghe visibles qui surgissent un peu partout, le long des routes ou des sentiers champêtres. La Sardaigne est ainsi l'un des plus grands musées archéologiques à ciel ouvert au monde. Quant aux traces laissées par les Phéniciens, les Carthaginois et les Romains, elles sont plus difficiles à appréhender. La ville punico-phénicienne la plus importante, tant pour ses fouilles que pour ses vestiges, est Tharros, à côté de Cabras et d'Oristano.
La période du Haut Moyen Âge n'a pas laissé pas de traces notables, mises à part l'église de Saint-Saturnin à Cagliari et quelques petites cryptes couvertes par des édifices ecclésiastiques successifs.
Le passage de l'archéologie à l'art se réalise ainsi et on conserve en Sardaigne des témoignages grandioses sous forme d'églises romanes, construites entre l'an 1000 et 1300. Elles se trouvent dans la région de Sassari à Porto Torres (église de San Gavino, à Orzieri (Sant'Antioco di Bisarcio), à Olbia (San Simplicio), à Codrongianus (Santa Trinità di Saccargia) et à Borutta (San Pietro di Sorres). Dans la région de Nuoro : à Ottana (San Nicola), à Bosa (San Pietro) ; dans la région d'Oristano : à Santa Giusta et à Bonarcado (Santa Maria) et dans la région de Cagliari : à Uta (Santa Maria) et à Cagliari ville (San Saturno). À cela, il faut ajouter des remparts, des tours, des châteaux, des bastions, des palais et des tours de guet disséminés le long du littoral construit pendant l'époque espagnole.
La route du baroque
Au XVIIe siècle, l'île, bien qu'elle eût désormais élaboré une culture artistique propre, connut et absorba les divers styles de l'art baroque, grâce surtout aux nombreux ordres religieux qui y résidaient. La ville de Cagliari offre quelques-uns des meilleurs exemples d'architecture baroque sarde. L'extérieur de l'église Saint-Michel est caractérisé par le style espagnol, tandis que l'intérieur a été décoré par des artisans locaux utilisant la marqueterie du bois et du marbre. L'église Sainte-Claire surprend par son aspect sévère, un peu en contraste avec l'allégresse typique du baroque. Elle fut bâtie au XVIIe, mais embellie au siècle suivant avec une décoration moins sobre. L'église de la Sainte-Croix fut fondée en 1861 par la Compagnie de Jésus et probablement bâtie sur les ruines d'une ancienne synagogue. L'architecture est typique de la Contre-Réforme et, dans la sacristie, on peut admirer une dizaine de toiles de la période espagnole (XVIIIe siècle) qui représentent des scènes particulières de la vie de Saint François-Xavier.
Dans la région d'Oristano, la ville de Tharros abrite le Duomo (dôme) dédié à Notre-Dame de l'Assomption. Il s'agit d'une reconstruction de style baroque d'une église remontant à la période gothique. Quant à l'église Notre-Dame du Carmine, elle est l'un des rares exemples authentiques d'architecture rococo en Sardaigne.
Dans la ville de Sassari, l'église Madone du Rosaire, est réalisée en bois doré et ornée de statues de saints et d'anges. Sur la place Saint-Antoine s'érige l'église du même nom. Le Dôme, dédié à Saint Nicolas fut construit en plusieurs phases au cours des siècles, mais c'est entre 1681 et 1715 que fut terminée la façade de style baroque finissant d'influence espagnole.
Sites d'intérêt
Le site de Nora
La ville-port de Nora fut fondée durant le VIIIe siècle avant J.-C. par les Phéniciens, au pied d'une baie qui domine toute la zone. Elle devient bientôt un important centre marchand. À la fin du VIIe siècle, Nora passe sous contrôle carthaginois pour être ensuite conquise par les Romains. Entre 456 et 466 de notre ère, le port subit les attaques de vandales et de pirates, ce qui entraîne son déclin. Cependant, des restes des dominations successives, comme les tombes carthaginoises, ont bien traversé le temps. Mais c'est la domination romaine qui a laissé les traces les plus remarquables : restes des bâtiments, nombreuses mosaïques avec l'utilisation presque exclusive de marbre blanc, noir et ocre. On trouve encore les ruines des thermes, de la place du forum pavée en andésite (falaise d'origine de volcanique), d'un temple à six colonnes, de l'autel et du penetrale (la pièce intérieure du bâtiment dans laquelle on conservait les pénates).
Le Musée archéologique national
À Cagliari. Il se compose de trois étages. Les expositions suivent une évolution historique, rassemblant des pièces de l'âge pré-nuragique (VIe siècle avant J.-C.), des objets de l'époque nuragique (1200-600 avant J.-C.), des outils et statues phéniciens-puniques. Ou encore les pièces provenant de Nora, Sulci et Bithia datant de l'époque romaine et du haut Moyen Âge , comme des sarcophages, mosaïques, verres décorées, brocs, lampes et bijoux.
La maison d'Antonio Gramsci
Située à Ghilarza, elle fut habitée par le jeune Antonio jusqu'à son départ pour Turin où il poursuivit ses études de lettres et où il se lia d'amitié avec Palmiro Togliatti. Achetée en 1965 par le PCI, elle abrite aujourd'hui un centre de recherches sur l'œuvre de Gramsci et sur le mouvement ouvrier. D'abord journaliste au quotidien L'Avanti, puis critique de théâtre, fondateur et directeur des journaux politiques L'Ordine Nuovo et L'Unità, Gramsci est un des fondateurs du Parti communiste italien. À ce titre, il fut arrêté pendant la période fasciste, il mit d'ailleurs à profit son incarcération pour écrire les Lettres de prison et les Cahiers de prison.
Les murales d'Orgosolo
Elles ornent la plupart des murs d'Orgosolo et ont été réalisées par les villageois, parfois assistés par des peintres célèbres. Ces peintures murales ont une portée sociale manifeste. Les scènes décrivent la vie rurale de jadis et d'aujourd'hui, ainsi que la réalité politique italienne et internationale. Parmi les oeuvres les plus récentes : les attentats du 11 septembre 2001 ou l'assassinat du jeune Carlo Giuliani par la police italienne lors du sommet du G8 de Gênes en juillet 2001.
La grotte du bandit Corbeddu
Elle se trouve à proximité de la vallée du Lanaittu, au pied du Supramonte di Oliena. Elle porte le nom d'un bandit qui l'habitait à la fin du XIXe siècle. Selon la tradition, ce Robin des bois sarde volait aux riches pour donner aux pauvres. Il a été tué dans un affrontement avec les carabinieri, en 1898. En outre, dans cette grotte furent trouvés les restes d'un cerf (Megaceros casioti) du pléistocène et autres restes datés de plus de 13 500 ans.
Géographie et climat
Géographie
La Sardaigne a la forme d'un rectangle avec quatre golfes placés de chaque côté : celui de Cagliari au sud, celui d'Oristano à l'ouest, Orosei à l'est et Asinara au nord.
Le territoire est essentiellement montagneux (altitude moyenne : 500 m) et atteint son point culminant à Punta Lamarmora (1 834 m) au centre de l'île, dans le massif du Gennargentu. La seule plaine est celle du Campidano qui traverse l'île d'ouest en est, reliant les golfes d'Oristano et de Cagliari. Il y a aussi de lacs artificiels et beaucoup d'étangs. Les côtes regorgent de plages de sable, mais également de grottes, de criques et de rochers. La végétation dominante se compose de maquis, d'oliviers et de figuiers de Barbarie.
Climat
Le climat de la Sardaigne est de type méditerranéen, avec des étés chauds et humides atténués par des brises marines, et des températures pouvant atteindre 35 ° C en juillet et août. La période des pluies se situe entre novembre et février (surtout au Nord-Ouest), mais le volume annuel des précipitations reste faible. Les hivers sont tempérés avec des températures autour de 10 ° C en moyenne, mais beaucoup plus rigoureux au centre de l'île. L'ensoleillement est en moyenne de 300 jours par an, allant de 7 heures par jour en hiver à 10 heures en été. On peut se baigner dans la mer d'avril à octobre et pratiquer des sports nautiques toute l'année. Le mistral est le vent dominant (frais et sec, provenant du Nord-Ouest) et le sirocco, chaud et humide, ne souffle qu'à la fin de l'été
Quand y aller ?
La meilleure saison est sans doute le printemps, pas trop chaud et l'ensoleillement est garanti sans trop de touristes dans les parages. En été, la température de l'eau s'avère idéale pour nager ou pour la plongée et la chaleur est rarement suffocante, avec des brises rafraîchissantes sur les côtes en fin de journée. Le sirocco, le vent chaud d'Afrique, ne souffle heureusement que quelques jours par an.
Une autre période calme est l'automne, en particulier de septembre à novembre, quand la mer reste encore tiède et le soleil encore au rendez-vous. L'hiver est doux avec la présence régulière du soleil, la température flirte souvent avec les 15 ° pendant la journée et ne descend pas au-dessous de 8 ° le soir dans les zones côtières. Ces dernières années, l'île a connu un phénomène de printemps anticipé avec la floraison des amandiers en janvier et février, un magnifique spectacle !
Plages
Elles figurent parmi les plus belles de la Méditerranée, sans conteste. La Sardaigne, avec ses 1 840 km de côtes, son aspect en grande partie sauvage et intact, sa mer limpide, son climat tempéré et sa longue saison chaude, est devenue l'un des lieux de vacances estivales les plus convoités.
Citons quelques-unes des plus belles plages : la plage de Chia, après Pula, près de Cagliari ; la Cala Corsara dans le parc national de la Madeleine ; les dunes de Piscinas sur la Costa Verde ; la plage de S'Arena Scoada à San Vero Milis, la superbe plage de La Pelosa et celles des environs de Santa Teresa de Gallura, même si la Costa Smeralda et ses stations balnéaires de luxe leur ont généralement volé la vedette sur le plan touristique... ou encore la Cala Gololirtzé et la Cala Sisine dans le golfe d'Orosei.
Environnement
Toute l'île est en fait une réserve marine et terrestre où la beauté ensoleillée des côtes s'ajoute à celle, plus âpre, de l'intérieur. Voici quelques endroits à ne pas rater :
Le cap Teulada
Situé sur la côte occidentale de la Sardaigne, Capo Teulada, avec Porto Pino, constitue sans aucun doute l'un des plus beaux paysages côtiers de l'île. Haut de 40 m, ce promontoire est constitué de calcaire gris foncé recouvert de grès. La végétation qui le recouvre est principalement constitué de pins d'Alep, de chênes et de deux espèces de genévriers. Le sable, étonnamment blanc et fin, est repoussé par le vent jusqu'à l'extrémité opposée de la baie où se créent ainsi d'énormes dunes mesurant jusqu'à 30 m de haut. On a observé plusieurs fois la présence de tortues marines qui semblent avoir élu cette plage pour déposer leurs œufs.
La Costa Rei
La côte qui va de Salto di Quirra jusqu'à la Costa Rei se caractérise par sa linéarité et sa platitude, le col de Genna Arrela culminant à 83 m. Les plages s'enchaînent les unes après les autres et possèdent des infrastructures touristiques. Vers l'intérieur du pays, on trouve de nombreuses cultures d'agrumes.
La Giara di Gesturi
Ce vaste haut plateau s'étend sur 12 000 ha de terrain comprenant les provinces de Cagliari, de Nuoro et d'Oristano. L'accès principal au site se fait par la route qui relie Gesturi au village nuragique de Bruncu Madili. La Giara comprend plusieurs paulis, marais de différentes tailles créés par la stagnation des eaux de pluie dans des dépressions d'origine volcanique. La présence de ruisseaux permet d'éviter la sécheresse estivale. La faune abondante se compose de renards, porcs-épics, martes, buses, geais, perdrix, huppes et les chevaux sauvages sardo-arabes font la renommée mondiale de l'endroit. Il s'agit en effet des derniers chevaux sauvages d'Europe et il en resterait environ huit cents.
Le parc de Monte Arcosu
C'est l'habitat des dernières populations de cerfs sardes et l'un des plus grands parcs gérés par le WWF. Il s'étend sur 3 000 ha et inclut aussi le Gennastrina et la superbe paroi de Monte Lattias. On y trouve aussi un lac artificiel et des ruisseaux dont l'eau est absorbée par le manteau herbeux des sous-bois. La flore de cette réserve est elle aussi très intéressante : chênes verts et chênes liège, maquis méditerranéen composé de lentisques, myrtes, romarins, cistes, en plus des aulnes et des saules sur la vallée de Guttureddu. La faune se compose quant à elle de cerfs sardes, de chats sauvages, de sangliers et de martes. La réserve se visite toute l'année.
Le golfe d'Orosei
Il constitue probablement l'une des côtes les plus sauvages d'Italie. Il se caractérise à la fois par des parois à pic sur la mer, des baies exposées, des rives inaccessibles, des cavernes profondes et des petites plages et calanques dont la transparence de l'eau turquoise fait rêver. La plupart d'entre elles ne sont accessibles que par la mer ou par des petits sentiers muletiers.
Le parc du Gennargentu
Il concerne, outre le massif du Gennargentu, le Supramonte, l'Ogliastra et jusqu'aux calanques du golfe d'Orosei. Le paysage en est par conséquent très varié. Le massif montagneux du Gennargentu est fait de schiste paléozoïque d'où émergent des veines de porphyre. Le point culminant est à 1 834 m et s'appelle Punta la Marmora en l'honneur du général Alberto La Marmora. Le parc se caractérise par un aspect rude et sauvage, de très vieux genévriers s'accrochant à la roche, du houx, des ifs et des érables. Le Supramonte se distingue par ses forets de chênes verts qui s'étendaient autrefois sur toute la chaîne de montagnes. En descendant vers la côte, le maquis méditerranéen les remplace peu à peu. Sa faune est composée de mouflons, de sangliers, de renards, de chats sauvages, de martes, de perdrix et de lièvres. Les rochers abritent aussi des faucons pèlerins, des aigles royaux et des buses. Le griffon est un vautour qui se fait de plus en plus rare. La mouette corse et le faucon de la reine trouvent refuge le long de la cote.
L'archipel de la Madeleine
Situé au nord de la Sardaigne et accessible en bac depuis Palau, l'archipel de la Maddalena est l'un des plus beaux endroits de la Méditerranée. Il n'y a qu'un seul village, portant le nom de l'archipel et qui a conservé l'aspect des bourgs côtiers de la région. Quand les conditions météorologiques le permettent, il est possible d'aller admirer le paradis naturel qu'offrent les petites îles de Spargi, Budelli, Razzoli et Santa Maria avec leurs criques de sable blanc surmontées de granit rose poli par la mer et les vents et leurs eaux transparentes protégées par les écueils et les baies. Le maquis méditerranéen pousse sur toutes les îles et les points panoramiques à couper le souffle ne manquent pas. L'île de Caprera, outre la beauté de ses paysages, est aussi intéressante d'un point de vue historique puisqu'on y trouve la tombe de Garibaldi et la maison où il finit ses jours, aujourd'hui transformée en musée sur sa vie.
Le mont Limbara
D'origine granitique, la seconde cime de Sardaigne domine la partie septentrionale de l'île et permet même d'apercevoir les neiges éternelles de la Corse. Les parois rocheuses sont recouvertes d'une intense végétation composée essentiellement de chênes verts, de chênes liège, d'arbousiers, de lentisques et de bruyères. La faune se compose quant à elle d'espèces de grande valeur telles que la perdrix sarde, le faucon pèlerin, l'autour, le milan royal, le corbeau impérial et la poule des prés.
Hébergement
La Sardaigne offre un large éventail de campings, d'hôtels, de villages-clubs, de aziende agriturismo ou séjours à la ferme, ainsi que des locations d'appartements et de villas répondant aux normes internationales. Comme en Italie continentale, les prix sont souvent élevés, voire très élevés au mois d'août. Les distances entre les différents points d'intérêt étant importantes, on vous conseille de faire un choix stratégique de votre point de chute si vous souhaitez rayonner dans une région spécifique. Une autre alternative, plus itinérante, consiste à changer de coin régulièrement et donc à dormir dans différents endroits. Plusieurs agences locales proposent ce type d'hébergement plus routard afin de compléter le tour de l'île (projet ambitieux, il faut disposer d'un mois minimum) ou bien un séjour dans une région donnée (la côte sud ou la côte nord, ainsi que les plages des côtes est ou ouest). La haute saison touristique va d'avril à octobre avec un pic à la mi-août.
Camping
Assez pratiqué, le choix est assez large, les prix variant selon les équipements. L'île se parcourt particulièrement bien en camping-car, car l'état des routes est très satisfaisant. Se procurer l'annuaire de campings regroupant toute la Sardaigne auprès de l'office de tourisme.
Agriturismo
Il s'agit de tourisme rural, dans les fermes ou les maisons de campagne, avec, en général une formule de type bed and breakfast ou la demi-pension. Cette dernière peut s'avérer intéressante car bon nombre d'aziende agriturismo proposent des repas fait maison de bonne qualité à des prix honnêtes.
Hôtellerie
De une à quatre étoiles, plus vous êtes proche de la mer, plus c'est cher, jusque-là, rien d'étonnant. Pas mal d'établissements en hauteur, à distance raisonnable des côtes et pratiquant des prix plus intéressants. La tenue et la propreté des établissements est en général de bon niveau.
Santé et sécurité
Santé
Les services hospitaliers sont relativement modernes. Pendant la saison touristique, la Guardia Medica Turistica vient renforcer les services médicaux locaux pour soigner les touristes malades. Ce service dispose même de sa propre ambulance.
Vaccins
Aucun vaccin n'est obligatoire.
Eau
L'eau de robinet est potable, mais a un goût de chlore prononcé
Conseils généraux de sécurité
La Sardaigne est considérée comme une destination sûre, paisible et agréable et l'hospitalité de son peuple est légendaire. Voici donc quelques conseils pratiques pour le bon déroulement de votre séjour :
- La conduite en Sardaigne ne présente pas de risque majeur et il est courant que les visiteurs louent des voitures, car l'état du réseau est très satisfaisant. Toutefois, attention aux nombreux ronds-points installés sur des routes rectilignes et souvent non signalés par un panneau.
- La vitesse est limitée à 120 km/h sur l'autoroute, à 100 km/h sur un axe rapide, à 90 km/h sur les routes et 50 km/h en ville.
- Si vous décidez de partir en randonnée dans la zone de montagnes ou des grottes, veuillez informer la réception de votre hôtel en indiquant votre parcours et l'heure prévue de votre retour.
- En général, les plages sardes ne sont pas dangereuses. En général, il n'y a pas de courants forts dans les zones balnéaires les plus courues, toutefois, ne vous éloignez pas d'un groupe de baigneurs. Soyez prudents si vous décidez de pratiquer le surf ou la planche à voile, les vents soufflent parfois avec une extrême violence. Quant aux côtes dépeuplées et non surveillées, soyez extrêmement vigilants !
- Si vous faites de la plongée, assurez-vous de signaler votre présence avec une bouée portant le drapeau de reconnaissance internationale bleu et blanc.
Sports et loisirs
Les sports nautiques sont à l'honneur : voile, plongée avec ou sans bouteilles, planche à voile, pêche... On peut louer de canoes, barques à fond de verre, engins nautiques à pédales, planches à voile, bateaux à moteur et hors-bord dans les principaux centres nautiques. Le sport national est le calcio (football), comme en Italie continentale. Pour les amateurs de sensations, on peut pratiquer la randonnée, le VTT et l'escalade.
Plongée
La Sardaigne est une destination de rêve qui convient aux plongeurs débutants et confirmés. L'île ne compte pas moins de 85 centres repartis sur tout le littoral. Ses atouts ? De très beaux paysages de corail rouge, des grottes et des eaux poissonneuses. Le corail noir, plutôt rare en Méditerranée, est visible à Mortoriotto, un rocher situé au large de Porto Rotondo. On peut observer le corail rouge à faible profondeur : à 20 m à Santa Teresa di Gallura et à Bosa ; à seulement 5 m entre Alghero et Capo Caccia. Pour la descente vers les épaves, dans le golfe de Cagliari se trouve la Romagna ; près de Capo Teulada gît le Dino, un navire marchand posé à 24 m de profondeur ; dans le golfe de Orosei il y a le KT, une péniche de débarquement allemande et enfin, près de Tavolara se trouve le Windjammer, un bateau à traction mixte voile et vapeur coulé en 1943.
- Centre de plongée : Oceandreams à Torre Salinas, sur la côte sud-est. Tél. : 39-347-0728-603 (Declan). Internet : www.divesardinia.com. Declan (irlandais) et Christine (allemande) ont traîné pas mal leurs masques et bouteilles avant de s'établir dans une jolie villa du sud sarde. Un lieu charmant et convivial pour séjourner et s'initier à la plongée en même temps.
Voile, surf et planche à voile
Le vent règne en maître pendant de nombreuses périodes de l'année et souffle surtout du Nord-Ouest. Dans les bouches de Bonifacio, le détroit qui sépare la Sardaigne de la Corse, le mistral arrive à l'improviste et rend souvent la mer impraticable. Un grand nombre de localités côtières possèdent leurs écoles de voile. Le surf se pratique dans les plages de la région de Sinis, à l'ouest de l'île. Porto Pollo, au nord, est l'un des sanctuaires mondiaux de la planche à voile.
Golf
Plusieurs terrains de 18 trous : à Pineta is Arenas, à Is Molas (Santa Margherita di Pula), à Porto Cervo (Pevero Golf Club), à San Teodoro (Puntaldia) et à Arbatax (Villagio Arbatax Golf Club), entre autres.
Randonnée et escalade
Refuge des bergers et... des bandits, les montagnes de la province de Nuoro (Barbagia, parc du Gennargentu) sont souvent inaccessibles aux non-initiés et la randonnée y prend parfois des allures d'escalade. Attention : peu de sentiers balisés, la boussole et une carte détaillée sont donc vitales. Au départ de Dorgali, on peut se rendre à la gorge de Su Gorroppu, connue également comme le Grand Canyon d'Europe. De villages isolés en champs de vigne, entre deux mers et d'importants massifs, on y trouve aussi une longue série de plages, relayées, par endroits, par d'impressionnantes falaises.
Équitation
Encore un sport très populaire dans l'île. Pour les enfants, le giarino est le poney idéal pour leur apprendre à monter.
Traditions
Les fêtes traditionnelles
Plus de mille fêtes religieuses ou paiennes par an, un carnaval hors du commun, d'étranges danses rituelles et une polyphonie aussi riche que celle des Corses ...
Les carnavals
Le carnaval en Sardaigne reste une des fêtes les plus populaires de Sardaigne. Tous ces carnavals ont en commun une procession, la parodie d'un transport funèbre suivie par des complaintes et de chants en choeur. L'un des carnavals les plus suivis est la sartiglia de Oristano. Il s'agit d'une course de chevaux doublée d'une épreuve d'habilité. Les costumes sont à l'image du faste du passé espagnol, encore vivant dans les prouesses équestres des courses effrénées.
Les Mamuthones
Cette fête plus sombre se déroule dans la région de la Barbagia, tout comme les merdules boes de Ottana et sos thurpos de Orotelli. Ces masques archaiques en bois peint de noir bougent au rythme cadencé de leurs clochettes, au son grave et inquiétant. On y retrouve un rite agraire et pastoral dans sa simplicité originelle qui évoque le culte des forces créatrices de la nature.
Les mamuthones sont vêtus d'un habit composé d'un pantalon blanc, de chaussettes montantes, d'une sorte de jupe courte, d'un corselet rouge sur une chemise et d'un gilet de peau porté avec le poil à l'extérieur appelé mastruca, ils sont coiffés d'un foulard noué sur le menton. Sur le dos et au cou, ils portent des grelots. Ils sont encadrés par les issokadores qui portent une sorte de casquette à ruban, un large pantalon bouffant bleu, une chemise blanche et un gilet rouge, parfois un châle lié à la taille, ils ne portent ni sonnaille, ni masque, ni mastruca. Ils tiennent en main une sorte de lasso qu'ils lancent dans le public de sorte à attraper amis, enfants, jeunes filles, etc. en criant des boutades satiriques. Si la personne est prise, c'est un signe de bon augure.
L'Argia
Peu de gens ont entendu parler de la danse de l' argia. Le tarentisme des Pouilles qui est à l'origine de la tarentelle est beaucoup mieux connu. Dans les Pouilles, jusque dans les années cinquante, la tradition voulait, lorsqu'une personne avait des problèmes psychiques, que l'on fasse venir des musiciens à domicile. Ils jouaient pendant trois jours, le malade devait danser la tarentelle tout au long de cette période au bout de laquelle il était guéri. L'intérêt de ce rite consistait dans l'utilisation, par les gens du village, de la musique et de la danse dans le but de soigner une personne en difficulté
La fête de Saint Efisio
Cette procession, à l'origine très ancienne, dure quatre jours et réunit un millier de personnes bénévoles. Efisio d'Elia était un jeune guerrier romain qui combattait les Chrétiens. Il s'est converti au christianisme et fut décapité puisqu'il ne voulait pas renier sa foi. Il est devenu le saint patron de Cagliari, la capitale sarde après avoir éradiqué la peste en 1656. Depuis, en reconnaissance de ce miracle, une grande procession annuelle donne lieu à une des plus grandes fêtes méditerranéennes. Une trentaine de chars à boeufs décorés, deux mille personnes, précédées de musiciens, défilent portant les costumes de leur village devançant le saint, tiré par ses deux boeufs fleuris, suivi d'une foule de fidèles. Certains le touchent, d'autres font des vœux.
Les polyphonies de la Semaine sainte
Les manifestations de la Semaine sainte sont de loin les plus importantes du calendrier religieux. Certaines petites villes sont particulièrement célèbres, dans la partie nord-ouest de l'île : Aidomaggiore, Bonnanaro, Cuglieri, Santu Lussurgiu et surtout Castelsardo qui concentre le plus grand nombre de confréries et le répertoire le plus riche et le plus original. Ces confréries sont très anciennes et connues au moins depuis le XVIIe siècle. Leur activité se concentre autour de la pratique du chant : cérémonies religieuses du calendrier liturgique et funérailles, et de l'administration de la confrérie.
Lors de la Semaine sainte, le répertoire s'exécute par groupes de quatre chanteurs selon un registre naturel du bas à l'aigu. La plupart des chants sont en latin et reprennent des textes liturgiques, mais certains sont en sarde. Ces chants accompagnent les processions et les scènes qui illustrent la Passion, scènes qui sont jouées à la fin de l'office à l'intérieur même de l'église ou sur le parcours entre deux églises. La messe du dimanche de Pâques met fin à ces manifestations. Le lundi de Pâques, Pasquetta, donne l'occasion d'une fête familiale et amicale qui donne lieu à un repas, souvent un pique-nique au cours duquel on mange des viandes rôties à la broche.
Les bergers-bandits
La figure romantique du berger-bandit du Supramonte (région de montagne du Centre-Est) perdure dans l'imaginaire sarde. En particulier à Orgosolo, où les panneaux du village étaient jadis criblés de balles en guise d'avertissement pour les étrangers. De nos jours, ils se sont intégrés au magnifique paysage et aux murales, les fresques peintes sur les murs du village illustrant des scènes de la vie sociale et politique. En fait, la vie rudimentaire de ces bergers n'avait rien d'enviable, elle était plutôt faite de privations au milieu d'une nature hostile où l'on se confrontait en permanence aux épidémies, à l'aridité de la terre, aux loups et aux rapaces.
Les vêtements traditionnels
Le costume féminin : les foulards de couleur servent à marquer l'appartenance aux différents villages ; la chemise, en lin ou en coton, est plissée et brodée ; la jupe à volants se porte jusqu'à la cheville, généralement de couleur sombre. Le tablier est brodé, parfois avec des fils d'or. Les parures comportent des broches, des boucles d'oreille, des colliers d'or, d'argent et de corail, des chaînes et des chapelets de pierres dures en guise de porte-bonheur.
Le costume masculin se compose d'un couvre-chef, une chemise fermée par des petits boutons en argent et en or, un gilet de laine, velours ou brocart, pantalons en toile blanche et un jupon noir.
Transports
Le bateau
Au départ de la France
La SNCM assure des liaisons au départ de Marseille ou Toulon pour Porto Torres.
Au départ de la Corse
Avec Corsica Ferries et Moby Lines, ainsi qu'avec la TRIS ( Traghetti Isole Sarde) de Porto Vecchio vers Palau.
Au départ de l'Italie
Depuis l'Italie, Corsica Ferries propose des départs de Livourne et Civitavecchia pour Golfo Aranci (Costa Smeralda) et de Civitavecchia pour Cagliari.
Tirrenia Ferries assure les départs de Gênes vers Porto Torres, Olbia, Arbatax et Cagliari ; de Civitavecchia vers Olbia, Arbatax et Cagliari, de Fiumicino vers Golfo Aranci et Arbatax ; de Naples vers Cagliari ; de Palerme (Sicile) vers Cagliari et enfin de Trapani (Sicile) vers Cagliari.
La compagnie Grandi Navi Veloci dessert Porto Torres et Olbia depuis Gênes.
Sardinia Ferries part de Livourne vers Golfo Aranci, de Civitavecchia vers Cagliari et de Civitavecchia vers Golfo Aranci.
Moby Lines part de Gênes, de Livourne et de Civitavecchia vers Olbia.
Enfin, Linea dei Golfi dessert Olbia et Cagliari depuis Livourne.
L'avion
Il y a cinq aéroports : le plus important, au sud, est celui de Cagliari (Elmas) ; au Centre-Ouest, celui d'Oristano (Fenosu) ; au Nord-Ouest, celui d'Alghero (Fertilia) ; à l'Est, celui de Tortoli et celui d'Olbia au Nord-Est, deuxième en importance après Cagliari.
Les transports terrestres
La Sardaigne ne possède pas un bon réseau de transports en commun. Cela dit, des autocars assurent les liaisons entre les villes principales et moyennes. Les billets sont en vente dans les tabacchi et dans les kiosques. Pour plus d'informations sur les horaires, fréquences et localités desservies, consultez le site de l'ARST : arst.sardegna.it.
Le réseau des chemins de fer au départ de Cagliari permet de se rendre dans le Nord (Sassari, Alghero), le Centre (Macomer) et dans le Sud (Cagliari). Service d'été et d'hiver (horaires variables), pas très pratique. Une ligne panoramique ( trenino verde) relie en saison des villes de taille moyenne, comme Nulvi et Palau au Nord ; Bosa Marina-Macomer, Mandas-Arbatax puis Isili-Sorgono au Centre. Pour obtenir d'autres renseignements sur les lignes régulières : www.ferroviesardegna.it et pour le train vert de tourisme : www.treninoverde.com
Il y a un service de radio-taxi dans les grandes villes. Ils sont tous équipés de taximètres et on peut généralement leur faire confiance.
La voiture de location reste le moyen idéal pour se déplacer. Si vous désirez louer une voiture, il vaut mieux la réserver avant votre départ. Cela vous reviendra moins cher. En plus, en pleine saison, il arrive que l'offre ne puisse plus satisfaire la demande. Tous les loueurs sont présents dans les aéroports.
Il n'y a pas d'autoroutes, mais les routes sont en bon état, parfois étroites avec de nombreux virages. Les automobilistes klaxonnent pour prévenir qu'ils vont vous dépasser, ne vous inquiétez pas de cette forme de salut sur la route.
Vie pratique
Décalage horaire
Pas de décalage horaire entre la Sardaigne et la France, la Belgique et la Suisse.
Électricité
22O volts.
Jours férié
Ne pas confondre : giorno feriale qui, en italien, signifie jour ouvrable, avec giorno festivo qui se traduit par jour férié... Ah, ces faux amis ! Les jours fériés et chômés sont à peu près identiques aux nôtres. Ils sont cependant moins nombreux (l'Ascension et la Pentecôte ne sont pas fériés). Mai est donc un mois plus travailleur en Italie qu'en France.
- 1er janvier : Capodanno.
- 6 janvier : Epifania ; mais pour tous les Italiens, c'est le jour de la Befana, une gentille sorcière qui circule à califourchon sur son balai de paille. Aux enfants méchants, elle dépose du charbon dans la chaussette suspendue à la cheminée. Aux gentils, des confiseries et des cadeaux.
- Lundi de Pâques : Pasquetta.
- 25 avril : Liberazione di 1945.
- 2 juin : fête de l'anniversaire de la proclamation de la République.
- 1er mai : Festa del lavoro.
- 15 août : Festa dell'Assunta, Ferragosto.
- 1er novembre : Ognissanti
- 8 décembre : Immacolata Concezione.
- 25 et 26 décembre : Natale et Santo Stefano.
Voir également le calendrier des fêtes sardes dans la rubrique Traditions, tenez-vous au courant auprès de l'ESIT de l'activité festive dans les villes et villages au cours de votre séjour.
Sont aussi considérés comme des jours semi-fériés les 14 août, 24 et 31 décembre. Certaines fêtes comme celle du 15 août peuvent durer plusieurs jours et paralyser une grande partie de la vie économique. Attention aux fermetures des banques, notamment.
Poste
Les bureaux sont ouverts selon la saison du lundi au vendredi approximativement de 8 h à 13 h 30 ; le samedi ainsi que le dernier jour du mois, de 8 h 30 à 13 h. Dans les grandes villes, la poste centrale est ouverte l'après-midi jusqu'à 18 h 30. Fermeture fréquente le samedi après-midi pendant l'été
Savoir-vivre
- Tenues vestimentaires : l'archipel sarde compte de nombreuses églises. Habillez-vous en conséquence lors de vos visites. Le port du maillot de bain est strictement réservé aux plages et aux piscines ! Il n'est pas convenable de se promener en ville dans cette tenue. Le naturisme est interdit en Sardaigne. Le monokini est toléré, mais les Sardes s'en offusquent.
- Tourists welcome ! : ayant subi nombre d'invasions au cours de son histoire, on pourrait croire que cette île est hostile aux étrangers ou bien d'un protectionnisme exagéré. Pas du tout. Ici, les piliers de la société sont la famille et l'église catholique et la présence du tourisme ne dérange en rien leur vie quotidienne. Ce peuple a le sens de l'accueil et on tisse des liens facilement avec la population locale, en particulier dans les petits villages loin des côtes. Ils vous ouvriront grand les portes des lieux peu fréquentés, portés par l'envie de vous faire découvrir quelque chose de nouveau, leur petit trésor caché : un nuraghe perdu dans la campagne, une vue imprenable depuis un rocher, une plage déserte...
- Photos : les Sardes sont fiers et serviables, mais ne tolèrent pas le manque de respect. Ceci est valable surtout pour les femmes âgées portant le deuil. Vous voici prévenus...
- Sujets sensibles : les réglementations imposées par l'Italie continentale.
Télécommunications
Téléphone
Depuis le 9 mai 2005 (au moment des élections des conseils de provinces), la Sardaigne est divisée en huit provinces autour de communes (ou villes). Les quatre dernières sont celles qui ont été créées en 2005.
- Cagliari : préfixe téléphonique 070 ;
- Nuoro : préfixe téléphonique 0784 ;
- Oristano : préfixe téléphonique 0783 ;
- Sassari : préfixe téléphonique 079 ;
- Olbia Tempio : préfixe téléphonique 0789 ;
- Medio Campidano préfixe téléphonique : 0709 ;
- Carbone Iglesias : préfixe téléphonique 0781;
- Ogliastra : préfixe téléphonique 0792.
- De la France vers la Sardaigne : 00 + 39 (indicatif du pays) suivi du préfixe de la province avec le 0 (voir plus haut) et du numéro du correspondant.
- De la Sardaigne vers la France : 00 + 33 suivi du numéro du correspondant sans le 0 initial.
Numéros utiles
- Carabinieri (gendarmerie) : 112
- Urgences : 118
- Contrôle des fraudes : 117
- Police d'État : 113
- Sécurité routière : 404-040
- Pompiers : 115
- Garde-côtes : 1530
- Radio-taxi Cagliari Rossoblu : 070-6655
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