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Rhône-Alpes
Pour une fois la pub dit vrai : la montagne, ça vous gagne vraiment ; ça vous élève tout là-haut, près du ciel, avec les aigles et le soleil ; ça vous éblouit de glaciers, d'aiguilles, de monts roses et bleus de cristal ; ça vous garde et vous écrase au creux des vallées, des défilés, des failles.Et les Alpes sont reines parmi les montagnes. Toujours altières, vives, scintillantes, du haut de ses fiers sommets, rêves de rêveurs et d'alpinistes. Sans oublier leurs perles, leurs parcs naturels, leurs lacs d'altitude, leurs cascades, torrents, rivières.La grande ville s'étend au cur des Alpes. Mais Grenoble, plane et horizontale, ne peut pas prendre sur la montagne. D'autres villes, plus petites, s'immiscent dans les vallées, se posent au bord des lacs, s'accrochent aux pentes ou se perchent sur les promontoires.Mais la montagne résiste et les hommes, qu'elle éduque - la beauté ne se discute pas -, décident aujourd'hui de plus en plus d'en prendre soin, au fil des réserves et parcs naturels.
Carte d'identité
Isère
- Superficie : 7 431 km 2.
- Population : 1 128 760 habitants.
- Densité : 147 hab/km 2.
- Préfecture : Grenoble (157 500 hab., grand Grenoble 405 000).
- Sous-préfectures : La Tour-du-Pin et Vienne.
- Point culminant : la barre des Écrins (4 102 m, à la frontière de l'Isère et des Hautes-Alpes).
Savoie
- Superficie : 6 028 km 2.
- Population : 386 300 hab.
- Densité : 64 hab./km 2.
- Préfecture : Chambéry (60 900 hab., agglomération 115 000 hab.).
- Sous-préfectures : Albertville (31 160 hab.), Saint-Jean-de-Maurienne (9 370 hab.).
- Point culminant : La Grande Casse (3 855 m).
Haute-Savoie
- Superficie : 4 838 km 2.
- Population : 663 800 habitants.
- Densité : 151 hab./km 2.
- Préfecture : Annecy (52 100 habitants).
- Sous-préfectures : Bonneville (10 900 habitants), Saint-Julien-en-Genevois (11 000 hab.), Thonon-les-Bains (30 000 hab.).
- Point culminant : le Mont-Blanc (4 808 m).
Hautes-Alpes
- Superficie : 5 549 km 2.
- Population : 127 000 hab. (les Hauts-Alpins).
- Densité : 29 hab./km 2.
- Préfecture : Gap (40 000 hab.).
- Sous-préfecture : Briançon (11 290 hab.).
- Altitude : de 430 m dans le Buëch à 4 102 m (barre des Écrins).
- Signes particuliers : plus de 300 jours d'ensoleillement par an sur tout le département ; un des plus hauts chef-lieux de commune d'Europe (Saint-Véran, 2 040 m) et la ville la plus haute de France (Briançon, 1 326 m).
Infos pratiques
Renseignements touristiques
- Comité régional du tourisme de Rhône-Alpes : 104, route de Paris, 69260 Charbonnières-les-Bains. Appels depuis la France : 04-72-59-21-59. Internet : www.rhonealpes-tourisme.com. Pour toute info sur les stations de Rhône-Alpes, les offres et bons plans, séjours été et hiver, les documentations gratuites, etc.
- Comité départemental du tourisme de l'Isère : BP 227, 14, rue de la République, 38019 Grenoble Cedex. Tél. : 04-76-54-34-36. Internet : www.isere-tourisme.com.
- Savoie Mont Blanc Tourisme : 17, avenue d'Albigny, 74000 Annecy. Tél. : 0820-00-73-74 (0,12 /mn). E-mail : info@savoie-mont-blanc.com. Internet : www.savoie-mont-blanc.com.
- Office du tourisme de Chambéry : 24, boulevard de la Colonne, 73025 Chambéry Cedex. Tél. : 04-79-33-42-47. Internet : www.chambery-tourisme.com. En juillet-août, ouvert du lundi au samedi de 9 h à 18 h, le dimanche et les jours fériés de 9 h 30 à 12 h 30. Entre septembre et juin, ouvert du lundi au samedi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h, et également le dimanche et les jours fériés de 9 h 30 à 12 h 30 du 15 au 30 juin et du 1er au 15 septembre.
- Office du tourisme d'Annecy : centre Bonlieu, 1, rue Jean-Jaurès. Tél. : 04-50-45-00-33. Internet : www.lac-annecy.com. De mi-mai à mi-septembre, ouvert tous les jours de 9 h à 18 h 30 (sauf le dimanche et les jours fériés, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 45 à 18 h 30). Le reste de l'année, ouvert du lundi au samedi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 45 à 18 h.
- Comité départemental du tourisme des Hautes-Alpes : 8 bis, rue Capitaine-de-Bresson, BP 46, 05002 Gap Cedex. Tél. : 04-92-53-62-00. Internet : www.hautes-alpes.net. Ouvert en semaine de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 45.
Hébergement
- Gîtes de France : les réservations sont à effectuer auprès des relais départementaux des Gîtes de France. Pour la région Rhône-Alpes, infos auprès de la maison des Gîtes de France et Tourisme vert Rhône-Alpes : 1, rue Général-Plessier, 69002 Lyon. Tél. : 04-72-77-17-55. Fax : 04-78-38-21-15. Internet : www.gites-de-France-rhone-alpes.com.
- Carte internationale des auberges de jeunesse (FUAJ) : cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.
- Carte internationale d'étudiant (ISIC) : elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport...), l'hébergement, la culture, les loisirs...
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.
Activités
Activités d'été
À pied
Les via ferrata, originaires des Dolomites, sont des voies de vertige développées par les militaires italiens. Il s'agit d'itinéraires à travers des falaises équipées d'échelons, d'échelles, parfois même de plates-formes solidement scellées dans la roche. Sans difficulté technique majeure (pour la plupart...), les via ferrata permettent à tout un chacun de gravir des parois vouées à l'escalade.
L'assistance d'un professionnel est cependant vivement recommandée et un équipement minimum (harnais d'escalade, sangles et mousquetons, casque) est indispensable. En effet, il est nécessaire de bien se renseigner sur le niveau de la via ferrata, la durée du parcours et son côté souvent très aérien qui peut impressionner !
Quelques adresses pour les randonneurs
- Fédération de la randonnée en Isère : office du tourisme, 14, rue de la République, 38000 Grenoble. Tél. : 04-76-54-87-85. E-mail : rando.isere@free.fr. Les principaux GR sont les 91, 54, 9, 50 et 549.
- Comité départemental de randonnée pédestre en Hautes-Alpes : 12, rue Faure-du-Serre, 05100 Gap. Tél. : 04-92-53-65-11. Internet : www.crdp05.fr.st. Ouvert du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h.
La Savoie à pied, sac au dos
- Le tour de la Vanoise : boucle empruntant les GR 5 et 55. Les sentiers scintillants et les mouflons,les chamois... Durée : une semaine. Internet : www.vanoise.com. Topoguide réf. 530 FFRP.
- Le tour des Bauges : GR 96. Six jours dans le plus vrai des massifssavoyards. Internet : www.parcdesbauges.com. Topoguide réf. 031 FFRP.
- Le tour du Beaufortain : GR de pays. Six à huit jours autour du pays des 1 000 chalets. Internet : www.lebeaufortain.com.
Mais aussi des balades faciles, à faire en famille, dans l'avant-pays comme dans les massifs montagneux.
La Haute-Savoie à pied, sac au dos
- Le tour du pays du mont Blanc : à ne pas confondre avec le tour du pays du Mont-Pays (la plus prestigieuse des randos des Alpes un peu victime de son succès...). Ce tour là fait 140 km (11 jours au maximum), et ne grimpe pas au-dessus de 2 500 m. Topoguide réf. 044 FFRP.
- Le tour des Aravis : par le GR 96. Entre forêts et alpages, autour de cette vraie forteresse que sont les Aravis. Topoguide réf. 906 FFRP.
- Le tour des Dents-Blanches : Par le GR 96. L'un des itinéraires les moins fréquentés. Chaîne des Fiz, Chablais, Valais (Suisse) et réserve des Aiguilles-Rouges : le plein de paysages en 7 jours. Topoguide réf. 906 FFRP.
À cheval
Activité qui ne manque pas de charme d'autant plus que le réseau des clubs équestres s'est considérablement développé dans les Alpes. Il y a les « pro » qui, en vrais baroudeurs, réalisent de grandes traversées, d'après les itinéraires signalés sur topoguide, et ceux qui montent sur des canassons « dressés » aux petits périples autour des stations.
À vélo
Le VTT, vélo tout-terrain, a atteint l'échelon des activités sportives vedettes. Il n'est plus une station qui ne propose un itinéraire.
C'est fatigant, et pas très évident, mais sensations garanties ! Pour résoudre le problème des montées épuisantes, les stations ont converti les télésièges en télébikes qui vous mènent sans effort aux sommets des pistes de ski ; puis redescente sur herbe et chemins forestiers, jusqu'à la station.
Dans les airs
Parapente et deltaplane connaissent un essor en montagne, mais requièrent beaucoup de prudence.
Néanmoins, les écoles de vol libre se multiplient et dispensent leurs connaissances sous forme de baptême et de stages. Attention, cette activité est réglementée dans les parcs et les réserves.
Dans l'eau
Plutôt que faire trempette dans une bonne vieille piscine, essayez les activités sportives qui font fureur : l'hydrospeed (nage en eaux vives dans une espèce de luge des eaux), le rafting (descente sur un gros radeau pneumatique) ou le canyoning (descente du cours d'un torrent par corde de rappel, plongeons, natation ou escalade).
Ces trois disciplines demandent un matériel spécialisé, de la technique, et se pratiquent uniquement sous forme de stages organisés et encadrés par des professionnels.
Sous terre
Plus qu'une simple balade sous terre, la spéléologie est une activité à pratiquer avec beaucoup de prudence.
Elle exige un sacré sens de l'orientation, une connaissance aigue des roches et de données spécifiques, telles les prévisions de montée des eaux. Non-initiés s'abstenir ! En revanche, ne pas hésiter à tenter l'aventure quand l'activité est encadrée par les professionnels, ou proposée en initiation dans les stations.
Activités d'hiver
Le ski, évidemment, sous toutes ses formes : le ski alpin, le ski de fond, le ski de randonnée, autrefois réservé à une petite élite de sportifs, et qui se démocratise depuis peu.
Dans le snowboard, au lieu d'attendre la vague, le surfeur va lui-même à la recherche des creux et des bosses, dans les pentes supérieures à 40 °.
Le ski nouvelle manière
- Les skis paraboliques : dits aussi de carving. Ils ont quasiment désormais remplacé les skis traditionnels. La différence ? Ceux là ont une grosse tête (des spatules surdimensionnées) et une taille de guêpe. Une forme qui permet des virages coupés, c'est à dire rapides et très serrés donc des sensations autres qu'avec des skis traditionnels, proches de celles du snowboard en fait.
- Le snowblade : ces miniskis (de 60 à 90 cm de long) sont, pour schématiser, au ski ce que le roller est au patin à roulettes d'antan. Facile d'apprentissage (on se débrouille après une heure de cours), le snowblade se pratique sans bâton comme le snowboard, sur piste (amples courbes) ou dans un snowpark (figures sur les modules ou dans un half-pipe) .
- Le télémark : nouvelle glisse ? Eh oui, le grand ancêtre, oublié dans les musées, s'offre un retentissant come-back. Style d'une vraie élégance mais pratique d'une grande technicité : on négocie les virages, en pliant fortement les genoux (l'arrière de la chaussure n'est pas fixé) pour placer le ski aval très en avant du ski amont. Comptez quand même de longues heures d'entraînement avant de réussir un loom (cercle parfait). Le télémark se pratique sur piste comme en free-ride.
- Le skwal : hybride du surf et de l'éphémère monoski, inventé à Val Cenis, en Maurienne (pour une fois pas par les Américains, tiens !). La planche (longue d'1,70 m) est plus étroite que celle d'un snowboard et le skwaleur descend face à la pente.
- Le kilomètre lancé : sur une piste toute droite et bien raide. Pour les amateurs de sensations fortes (même si l'amateur ne passera pas les 200 km/h souvent franchis par les cadors de la discipline). À essayer une fois, sur une piste spécialement aménagée (on vous prête casque et/ou skis) comme aux Arcs ou à La Plagne.
- Le ski joering : ou ski attelé. Très populaire dans les pays nordiques, cette discipline (un cheval tire sur le plat un skieur qui le dirige à l'aide d'une longue rêne) apparue dans les Alpes dès le début du siècle avait quasiment disparu. Si les premières courses ont eu lieu à Saint-Moritz en 1906, on peut désormais à nouveau s'y essayer dans plusieurs stations.
- Le kite-surf : ou kite-ski. La dernière née des nouvelles glisses. On glisse tracté par un gigantesque cerf-volant.
Les autres sports d'hiver
- La raquette : ou le grand retour de la grande ancêtre ! Longtemps méconnue dans les Alpes, la raquette est l'activité qui connaît le plus fort développement depuis les années 1990.
- Le patin à glace : un grand classique, pas nécessairement alpin d'ailleurs. Pour l'anecdote, le patinage artistique a longtemps été le seul sport venu du froid à figurer au programme des J.O. d'été.
- La luge : le plus démocratique des sports d'hiver.
- Le bobsleigh : les indiens Micmacs glissaient sur un engin de bois recourbé à l'avant, appelé tobaakun. Importé en Europe, doté d'un volant, de freins, d'un carénage aujourd'hui digne d'une Formule 1, le tobaakun, devenu bobsleigh, est un des plus spectaculaires sport d'hiver. Véritablement impressionnant (on dégringole dans ce couloir de glace à plus de 80 km/h) mais sans danger : ce bob-là (appelé bob-raft) est guidé automatiquement et freine tout seul !
- Le curling : une vraie curiosité inventée (enfin, ils s'en vantent) par les Écossais au XVIe siècle sur les lacs gelés de Calédonie. Une sorte de pétanque sur glace (même si les pratiquants préfèrent rapprocher cette discipline du billard).
- Traîneaux à chiens : ramenés des solitudes nordiques par Paul-Émile Victor dans le Haut-Jura, les traîneaux à chiens ont aujourd'hui colonisé tous les massifs. Autre discipline : le ski-pulka, qui se pratique avec un seul chien et un petit traîneur manoeuvré par un fondeur.
Cuisine et boissons
Spécialités culinaires
L'art et l'argent faisant, malgré tout, bon ménage, la prodigalité des vacanciers permet à certains grands chefs de parer la cuisine locale d'un vernis de raffinement. Mais ces petits sommets gourmands jouxtent des abîmes insondables, si l'on fréquente trop les stations de ski. On ne peut pas demander à des montagnards de dresser partout la table de Lucullus ! Outre les quelques produits fournis par l'altitude (génépi, gentiane...), les Alpes se contentent de produire de la crème et des fromages, du porc et des poissons, des pommes de terre et des fruits. Les Savoyards accommodent du mieux qu'ils peuvent ces maigres trésors, en empruntant à Lyon (quenelles), à la Suisse (fondue) et à l'Italie ( l'omniprésente polenta)... Cela suffit à réjouir les estomacs fourbus - et même à les lester, si grand qu'ait été l'effort de la journée, de quelques kilos supplémentaires... Voici les grands moments de ces robustes fêtes.
- Viande : presque toujours consommées salée ou fumée... Le cochon, appelé « caion » en Savoie et en Dauphiné, est décliné sous toutes ses formes : atriaux , sang de caîon et une infinité de saucisses. Ne pas manquer le jambon cru local et le délicieux poulet aux écrevisses.
- Poisson : friandise inattendue dans ces montagnes, il constitue une agréable alternative au fromage. Au bord du Léman ou du Bourget, il faut goûter le féra ou les perches au vin.
- Plats de résistance : quelques bonnes recettes, comme le lièvre « à la royale » du cru ou le veau aux marrons, offrent une alternative à l'inusable pomme de terre, localement désignée sous mille noms dérivés de « tartufe » : trafola, tiffère, etc...
- Gratins : on connaît le célèbre gratin dauphinois, composé de couches de pommes de terre émincées, cuites au four avec du lait et de la crème fraîche. La variante savoyarde utilise du bouillon et du fromage râpé. Plus au sud, gratins de courges, de cardons à la crème, de pâtes fraîches (toujours à la crème bien sûr).
- Fromages : dans le club des meilleurs dérivés du gruyère, le beaufort talonne le comté franc-comtois. Excellents fromages de chèvre, chevrotins des Aravis, picodons et autres pélardons. Populaire, la tomme de Savoie, et sa cousine plus rustique, la tome des Bauges. Mais le meilleur fromage de Savoie n'est-il pas le reblochon, onctueux, adouci par de fréquents lavages ? Et que dire des fameux fromages de l'Isère : le saint-marcellin dont l'affinage demeure encore le secret de quelques fromagers, le bleu de Vercors-Sassenage à la belle pâte persillée...
- Fondues & Co : empruntées à la Suisse, la raclette, la fondue et les croûtes (coulée de fromage sur tranche de pain) sont devenues de grands classiques savoyards.
- Pâtes et feuilletés :pâtes fraîches, dont les ravioles, fréquemment servies en raison de l'influence italienne dans toutes les Alpes.
Quant aux feuilletés, ils réservent bien des surprises. Jadis, ils servaient de fourre-tout aux restants de viandes ou de légumes. Le feuilleté aux morilles est le plus célèbre.
- Tartes salées et sucrées : tout est prétexte à la tarte. Le jambon, les pommes de terre, les courges, et bien sûr le fromage blanc, les fraises, les framboises, les myrtilles, les noix.
- Desserts : à l'ombre du fantastique gâteau de Savoie, pâte mousseuse et légère, prospèrent toutes sortes de friandises : rézules (rissoles) de poire, riame (brioche en anneau) et la version sucrée du célèbre matafan. ...
Vins et alcools
Depuis que certains bistrots à vin les servent à Paris, les vins de Savoie ne se contentent plus d'abreuver les fiestas d'après-ski. Issus de cépages locaux, ce sont en majorité des blancs, toujours secs et même un rien pétillants, soit 22 crus regroupés en 4 AOC. Le vin est tantôt désigné par son cépage, tantôt par le lieu de production, tantôt par la méthode de vinification
L'AOC roussette de Savoie regroupe 4 vins blancs. Viennent ensuite le crépy et le seyssel. Restent tous les autres, vendus sous l'appellation générique « Vins de Savoie », parmi lesquels le succulent chignin-bergeron, le rare château Ripaille, l'original abyme, le sympathique marin, l'apremont, le chignin, le pétillant de Savoie, etc. Sans oublier quelques vins rouges (et rosés) de Savoie, de gamay et de pinot.
Mais les vins de l'« Y » grenoblois ont aussi leurs amateurs ! Les vins de pays des Balmes dauphinoises commencent eux aussi à faire parler d'eux. Après tout ça, vous saisirez l'occasion de redécouvrir le vermouth de pépé - spécialité de Chambéry -, un vin doux macéré de multiples aromates. Et pour finir, essayez quelques eaux-de-vie : framboise, mûre, gentiane, un marc de Savoie ou une chartreuse. À moins que vous ne préfériez un génépi (liqueur de plante, l'armoise mutelline).
- Comité interprofessionnel des vins de Savoie : 3, rue du Château, 73000 Chambéry. Tél. : 04-79-33-44-16. Pour obtenir la liste des producteurs et toute la documentation nécessaire.
Culture et traditions
La langue savoyarde
Pas besoin de laisser longtemps traîner l'oreille pour déceler quelques notes de ce particularisme régional. D'où vient cet accent quelque peut traînant, presque suisse, d'où cette inversion des mots, des genres, pourquoi cette altération de certaines finales (Chamonix se prononce « Chamoni », La Clusaz « La Cluz »...) ?
Pas de quoi être surpris, c'est le petit savoyard qui revient. Le patois savoyard n'est ni d'oil ni d'oc, il appartient à la famille du franco-provençal. Il s'agit là d'une langue bien à part (l'appeler patois serait presque l'insulter), restée langue de référence pour la majeure partie de la population jusqu'au XXe siècle.
L'hiver et la montagne
Molleton de chaume sous un capuchon d'ardoises hermétique, murs lattés de tavaillons, bois et grains rangés sous les escaliers... La configuration du chalet savoyard, blotti entre les arbres ou dans la pente, donne une idée des rigueurs de l'hiver, quand l'étable réchauffait les pièces d'habitation.
Durant de longs mois, les villageois circulaient en luge dans les rues déneigées à grand-peine et les montagnes, seulement franchies par quelques colporteurs (le seul lien des vallées avec l'extérieur), dormaient tranquille. En cas de maladie, de simples décoctions tenaient lieu de docteur. Et les enfants, que les intempéries privaient souvent d'école, avaient fort à faire pour échapper au sobriquet de « crétins des Alpes ». Autant que les chasse-neige à chenilles, l'arrivée du ski rendit à l'homme le grand désert blanc.
Soudain monté sur planches, le paysan retrouvait la familiarité de la montagne. Et devint riche. Avec l'afflux des premiers skieurs, ses pentes ingrates se vendaient au prix de l'or.
Cette activité, qui génère aujourd'hui quelque 40 % des ressources, a produit bien des monstres (les grandes stations « intégrées », type La Plagne), mais aussi des bourgs pimpants (Samoens), de l'architecture contemporaine intelligente (Avoriaz) et de faux-vrais villages (Valmorel)... La mode étant aujourd'hui aux gîtes ruraux, qui combinent le repos du skieur à l'immersion dans la vie savoyarde.
Figures
- Roger Frison-Roche(1906-1999) : l'auteur à succès de Premier de cordé a porté comme une croix d'être né dans la plaine, mais on lui pardonne car il a été guide à Chamonix. On excuse moins l'altitude médiocre des aphorismes dont cet aventurier du piolet a émaillé ses récits montagnards.
- Joseph Opinel (1872-1960) : la main couronnée qui fleurit les lames des Opinel figure sur les armoiries de Saint-Jean-de-Maurienne. C'est tout près de là, en effet, à Albiez-le-Vieux, que le taillandier Joseph Opinel débuta, en 1890, la fabrication d'un couteau de poche en douze tailles différentes. Non content d'avoir conquis la planète, le couteau qui frappa Philippe Douste-Blazy trône dans les musées de Londres et de New York.
- Abel Rossignol (1882-1954) :en 1907, un menuisier iséran de Voiron se passionne pour la fabrication des skis et gagne la caution du champion d'alors, Émile Allais, inventeur de la « méthode française » de ski alpin. Ce coup de génie va le propulser, les années passant, jusqu'aux cimes du succès. Rachetant en 1967 son concurrent principal (Dynastar), Rossignol, no 1 des ventes mondiales de skis, dément glorieusement la frivolité de son nom.
- Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) : c'est à à Annecy que le jeune Jean-Jacques, fuyant Genève, rencontre en 1728 « maman », c'est-à-dire Mme de Warens, la première en date de ses protectrices. Il la rejoindra durant l'été 1735 à Chambéry, dans la maison des Charmettes.
- Stendhal (1783-1842) : né à Grenoble, Henry Beyle n'aimait pas sa ville, qui le lui rendit bien. Après en avoir tracé un épouvantable portrait dans les premières pages du Rouge et le Noir, Stendhal avoue (dans La vie d'Henry Brulard) un dégoût quasiment physique pour cette cité de notables « faux et sournois », si éloignée de ses rêves italiens.
Sans oublier non plus Saint François de Sales, François de Lesdiguière, Alphonse de Lamartine, Frédérick Dard, Berlioz, Jean-François Champollion, Michel Butor, Étienne de Condillac.
Un peu d'histoire
La Savoie
La Savoie est réunie au Piémont en 1429. Sous les règnes de Louis XI, de François Ier, puis plus tard sous Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, elle est l'objet de mille convoitises. Finalement le traité d'Utrecht, en 1713, régularise un peu la situation en cédant la Savoie au roi de Sicile. La région subit ensuite l'occupation espagnole (avec l'aide des Français) avant de devenir le « département du Mont-Blanc » en 1792. Victor-Emmanuel Ier recouvre ses terres et abdique.
La Savoie subira plusieurs fois le sort d'une balle de ping-pong avant que Victor-Emmanuel II ne la cède définitivement avec le comté de Nice en 1860 à la France, en remerciement de son aide contre les Autrichiens. Un plébiscite populaire confirme ce rattachement définitif de la Savoie qui, depuis, n'a pas changé de mains, même en 1944, grâce aux rudes combats des résistants au plateau des Gilères.
Le Dauphiné
Le bas Dauphiné, le Champsaur et le Briançonnais deviennent au XIe siècle la possession du comte d'Albion, Guigues Ier. Au XIIe siècle, Guigues IV se fait appeler dauphin, nom qui provient du surnom que sa mère (anglaise) lui donnait étant petit (dolphin). Dès lors cette appellation fit office de titre, appliqué aux souverains du... Dauphiné.
Sous les règnes de Guigues VI et VII, le royaume s'agrandit grâce à l'acquisition de l'Embrunais et du Gapençais. Humbert II, dauphin en mauvaise posture, décide en 1349 le « transport du Dauphiné à la France » à condition que le fils du roi prenne le titre de Dauphin et s'engage à conserver les franchises du Dauphiné. Louis II (le futur Louis XI) crée le parlement de Grenoble.
Les guerres d'Italie (où s'illustre le célèbre chevalier Bayard) puis les violents combats entre catholiques et protestants, qu'entraîne la Réforme, mettent la région à feu et à sang pendant une bonne partie du XVIe siècle. En 1628, le Dauphiné passe du statut de « pays d'État » à « pays d'élection ». Cette nouvelle tutelle déplaît singulièrement aux populations de la région.
À la fin du XVIIe siècle, le Dauphiné est attaqué par le duc de Savoie, Victor-Amédée II, et est fièrement défendu par Philis de La Charce, devenue héroine locale. En 1791, le Dauphiné est divisé en trois départements : les Hautes-Alpes, l'Isère et la Drôme. De retour de l'île d'Elbe, Napoléon préfère éviter la voie du Rhône, trop hostile. Il remonte par la vallée de la Durance. À Gap, il reçoit un accueil enthousiaste. En remerciement, il offre à la ville une somme d'argent destinée à la construction de refuges près des cols et sur les chemins muletiers.
L'histoire du Dauphiné reprend un sombre relief en 1944 avec l'héroique résistance clandestine du Vercors, devenu l'un de ses principaux bastions.
Quelques dates
- 218 av. J.-C. :guidée par Hannibal, une armée d'éléphants piétine les neiges du Petit-Saint-Bernard. Avec des pertes, elles aussi, très lourdes.
- 121 av. J.-C. :Rome conquiert les Alpes en battant les Celtes (Allobroges), puis les Germains (Cimbres et Teutons).
- 443 :Aetius, général romain, installe les Germains burgondes au « pays des sapins », la Sapaudia (Savoie).
- 1034 :Rodolphe, maître du nord de la Savoie, lègue son royaume à l'Empereur germanique. Mais un autre Savoyard, le comte de Maurienne, agrandit ses domaines.
- 1084 :saint Bruno fonde la Grande Chartreuse.
- 1349 : le roi de France achète le Dauphiné, qui devient l'apanage traditionnel de son fils aîné
- XIVe s. :devenus ducs, les comtes de Savoie créent un véritable État, avec pour capitale Chambéry. « Portiers des Alpes » contrôlant quatre cols sur six, ils s'opposent aux Dauphins.
- 1429 :la Savoie est réunie au Piémont, avant d'obtenir, au XVIIIe siècle, la Sardaigne.
- XVIe s. :menacé par la France, le duc de Savoie déménage sa capitale à Turin.
- 1628 :le Dauphiné passe sous administration directe de la France.
- Fin du XVIIe s. :la Savoie attaque le Dauphiné
- 1786 :première ascension du Mont-Blanc.
- 1792 :les armées de la Révolution occupent la Savoie, qui devient le « département du Mont-Blanc »
- 1846 :à la Salette, la Sainte Vierge se livre à des apparitions.
- 1858 :en échange d'une aide française pour conquérir l'Italie, le duc de Savoie cède à Napoléon III ses possessions alpines et le comté de Nice. Les Savoyards vont plébisciter l'accord.
- 1924 :premiers jeux Olympiques d'hiver. Ca se passe à Chamonix...
- 1968 :jeux Olympiques d'hiver à Grenoble : Killy, trois médailles d'or. Cocorico !
- 1992 :Albertville accueille les jeux Olympiques d'hiver. Jolie moisson de médailles, et cérémonie d'ouverture inégalée (Decouflé, c'est gonflé !).
- 1999 : incendie du tunnel du Mont-Blanc, qui fait 39 morts.
- Mars 2002 : réouverture du tunnel, avec circulation alternée des poids lourds malgré de vives polémiques.
- Février 2006 : côté italien, Turin et les Alpes accueillent les XXes Jeux olympiques d'hiver.
Sécession
« SE » : cette curieuse plaque ornant le derrière des autos immatriculées 73 et 74 indique la Savoie, non la Serbie. Elle sert d'emblème aux quelque 3 000 adhérents du Parti Savoisien - ou Ligue Savoisienne -, créé en 1994 pour restaurer l'indépendance de l'État de Savoie.
Gag ? Pas tout à fait. On se souvient comment le duché de Savoie, borné à l'ouest par un puissant royaume, avait tourné ses ambitions vers l'Italie, et mis la main sur le Piémont. Mais lorsque Turin devint sa capitale, les Savoyards s'émurent d'en être désormais réduits à jouer les supplétifs.
Quand vint l'heure de l'indépendance italienne, le Savoyard Cavour, président du conseil de Victor-Emmanuel, troqua l'aide militaire de Napoléon III contre la cession de la Savoie et du Pays niçois. Sous réserve d'un référendum qui, en 1860, est approuvé à 99,8 % (un score qui laisse aujourd'hui rêveur...). Les régions du Nord, géographiquement tentées par le rattachement à Genève, se prononçant pour le « Oui et zone », c'est-à-dire l'établissement d'une zone franche, qui sera très vite supprimée...
C'est ce référendum que conteste aujourd'hui le Parti savoisien. Son programme flou a réuni, aux dernières élections, entre 5 et 6 % des suffrages dans les « deux Savoies », un vote qualifié par lui-même de « protestataire ».
En dépit d'un passéisme revendiqué - le retour aux racines -, les Savoisiens se veulent plus proches de la Ligue lombarde que du FN et, tout en lorgnant sur un rattachement à la Suisse romande, bornent leurs revendications au cadre local : rapatriement des sièges sociaux du tunnel du Mont-Blanc et des Compagnies des Alpes, détentrices du pactole des stations de ski...
La terre et les hommes
Les pays et les hommes
Les Alpes du Nord tiennent sur quatre départements. Autant dire une simple boule de papier froissé, mais qui, une fois dépliée, pourrait aisément doubler sa surface et former une région à elle seule, sans plus être cannibalisée par Lyon.
En attendant, personne n'a envie d'obéir au capitaine Haddock, qui suggérait d'aplatir les montagnes : les Alpes françaises possèdent le toit de l'Europe - le mythique Mont-Blanc -, et quelques autres massifs de première force (les Écrins...) ou de grande beauté (les Aravis, la Vanoise...). De quoi les consoler de n'avoir pu, au contraire de la Suisse ou de l'Autriche, développer - par l'art, l'architecture ou les coutumes - une vraie civilisation montagnarde.
La faute en incombe, sans doute, à la perméabilité de cette forteresse (même les éléphants d'Hannibal ont passé le col du Grand-Saint-Bernard), à la proximité de régions fortes (Lyon, Genève, la vallée du Rhône...), aux excès du ski à tout prix ainsi qu'à sa position - un angle mort - dans l'Hexagone centralisateur. Les Alpes françaises avaient beau former un monolithe cohérent, les chirurgiens de la régionalisation les ont sectionnées sans état d'âme, attribuant chaque tronçon - en guise de combles - à une région différente.
Il est vrai que cette chaîne, qui sépare l'Europe du Nord de celle du Sud, est d'histoire récente. Il a fallu 72 millions d'années pour séparer l'Europe de l'Afrique en ouvrant la Méditerranée. Il y a 110 millions d'années, pourtant, l'Afrique revient pousser le sud de l'Europe : un arc de montagnes bourrelle bientôt le Vieux Continent.
Axé nord-sud près de son point d'impact (Alpes du Sud), puis est-ouest dans sa longueur (Europe centrale), cet arc, ici saisi dans son coude, adopte l'orientation sud-ouest/nord-est. Dans ce mur, les glaciers du quaternaire ont pris plaisir à creuser de larges gouttières (vallées de l'Arve, de l'Isère, de l'Arc...) et des lacs (Léman, le Bourget, Annecy...), pour l'épanouissement de l' homo sapiens.
L'union de deux provinces trop longtemps rivales, la Savoie de Chambéry et le Dauphiné de Grenoble, a rendu sa cohérence à l'arc alpin, qui se donne à lire verticalement autant qu'horizontalement. De 800 à 1 000 m, ce sont les vallées et les plateaux couverts de prés et de vergers. Jusqu'à 1 800 m, les prés alternent avec les forêts. Les arbres rabougrissent dans les 200 m suivants (rhododendrons, bruyères...), où débutent les pelouses des alpages.
Plus haut commence la haute montagne, avec son cortège d'éboulis, de chaos, de neiges et de glaciers. Aux amples vallées des massifs cristallins (Mont-Blanc, Belledonne...) s'opposent les précipices et les falaises inaccessibles des massifs calcaires (Chablais, Chartreuse, Vercors...), qui culminent péniblement à 3 000 m. Malgré leur allure sauvage et leur altitude, les Aravis ne sont ainsi que des Préalpes, de même que la Chartreuse forestière, ou les Bauges, perchés par-dessus les lacs d'Annecy et du Bourget. Au sud, la Vanoise des glaciers et des dents rocheuses - encadrée par deux vallées majeures, la Maurienne et la Tarentaise - donne la réplique aux Écrins, dont le charivari affûté offre sans doute l'un des plus beaux spectacles de la chaîne.
Reliées par le sillon alpin, des microrégions - chacune jalouse de ses particularismes - s'étagent du nord au sud. Les collines du Genevois, au bord du Léman, s'adossent aux aimables montagnettes du Chablais - région d'Avoriaz, de Morzine et du Val d'Abondance. Plus au sud, de petites industries, telle l'horlogerie à Cluses, se sont développées dans la grandiose vallée de l'Arve, qui conduit le Faucigny jusqu'au Mont-Blanc.
Au sud-ouest, la Savoie proprement dite agence de grands massifs (Belledonne, les Bauges...) autour de la cluse de Savoie, ce couloir plat qui relie Genève à Grenoble en égrenant les principales villes régionales : Annemasse, dont les frontaliers travaillent souvent à Genève ; Annecy la bourgeoise, dont les ouvriers fabriquent des machines à tisser et des briquets Dupont ; Chambéry l'aristocrate, mémoire des montagnes, ville universitaire dynamisée par ses PME, et qui commande l'accès à la cluse d'Albertville. À l'est, bornés par la vallée de Tarentaise et celle, plus industrielle (centrales hydroélectriques, aluminium...), de Maurienne, les massifs de la Vanoise et du Beaufortain déroulent de hauts pâturages d'où l'exquis beaufort est issu.
Ces hauteurs persistent mal plus à l'ouest, malgré les 3 227 m des Grandes Rousses : le département de l'Isère - qui n'est autre que l'ancien Dauphiné - est le royaume des Préalpes, aussi pures et dures que modestes dans leur altitude (Chartreuse, Vercors...). Elles dominent ce qui n'a cessé d'être la capitale industrielle de la région, Grenoble, ville ouvrière (gants, chimie, métallurgie...) qui, via la recherche scientifique et les industries de pointe, peut sans doute affronter l'avenir.
La végétation
Elle dépend de plusieurs facteurs : l'altitude, l'exposition, le climat et la nature du sol. Généralement les cultures grimpent jusqu'à 1 500 m. Au-dessus, les conifères sont rois. Les alpages prennent ensuite le relais de 1 800 à 2 500 m. À partir de 2 800 m les rochers sont dénudés, laissant juste quelques lichens s'accrocher.
Les arbres
- Le sapin : il est très présent jusqu'à 1 500 m, puis se fait plus rare.
- L'épicéa : on le trouve jusqu'à 2 200 m. Il aime être exposé au froid.
- Le pin sylvestre : on le trouve plutôt dans les Alpes du Sud et pas au-delà de 2 000 m. Il s'implante surtout sur les « adrets » et affectionne les cônes de déjection.
- Le mélèze : il est apprécié et protégé car la chute de ses aiguilles en hiver permet à la lumière de passer et favorise ainsi la pousse des pâturages.
- Dans les Alpes du Nord, c'est le royaume du hêtre ; dans les Alpes du Sud, celui du chêne pubescent, des landes de genêts et de buis.
La flore
La flore de haute montagne constitue un jardin unique en France par sa variété : 52 espèces d'orchidées en Chartreuse, 1 750 plantes dans les Écrins, soit le tiers de la flore hexagonale...
L' edelweiss représente le symbole de la flore alpine. Il ressemble à une étoile très blanche au milieu de laquelle de petites fleurs sont blotties. Il apprécie le gazon ensoleillé, les failles des rochers et l'altitude (jusqu'à 3 400 m).
Vous trouverez au cours de vos pérégrinations la gentiane printanière, la soldanelle des Alpes, la lavande-vraie, l' arnica, le lis martagon, le rhododendron ferrugineux et bien d'autres encore.
La faune
Sur les pistes, pas beaucoup de chance de rencontrer un chamois. Le randonneur ou le skieur de fond aura certainement plus de chance d'en croiser un. Il y a quelques années, la faune alpine semblait en perdition. Depuis la création des réserves et des parcs, la menace semble s'enrayer. Mais hors des parcs naturels où elle est véritablement protégée, elle voit régulièrement son espace vital réduit et son espace sonore perturbé. Le passage d'avions à basse altitude et le transport de skieurs en hélicoptère ne sont pas très appréciés par nos amis à plumes et à poils.
- Le chamois : ses petites cornes recourbées le rendent facilement reconnaissable. Très agile et rapide, il est à l'aise dans les passages difficiles et sur les rochers peu accessibles. Il se déplace souvent en harde, se nourrit d'herbage l'été et d'écorces d'arbre l'hiver.
- Le bouquetin : le bouquetin était menacé de disparition. Le roi Victor-Emmanuel, en créant la réserve du Grand Paradis, sauva l'espèce. Les actions de protection qui suivirent ont éloigné le danger.
Et aussi : le lynx, le lièvre variable, la marmotte, l' aigle royal.
Les parcs
Les Parcs nationaux
Ils ont été créés pour protéger de vastes espaces naturels particulièrement riches sur le plan de la géologie, de la flore et de la faune. À cet impératif s'ajoute un autre objectif : le développement d'un tourisme lié à la connaissance de la nature. Ils se composent d'un grand territoire inhabité, réserve naturelle où il est strictement interdit de perturber faune et flore, et de zones habitées par l'homme, qui font l'objet d'une surveillance très stricte en matière d'environnement et d'une mise en relief culturelle toute particulière.
Le territoire alpin englobe 2 des 6 parcs nationaux.
- La Vanoise, en Savoie : premier parc national français, avec 53 000 ha, jouxtant le parc italien du Grand Paradis, et s'étageant de 1 200 à 3 855 m.
- Les Écrins : le plus grand parc français, avec 98 000 ha dont un tiers en Isère et le reste dans les Hautes-Alpes et de nombreux sommets dépassant les 3 000 et 4 000 m.
Les Parcs naturels régionaux
Ce sont de vastes zones habitées par l'homme. Les parcs régionaux ont été créés pour protéger un environnement, mais aussi pour développer les activités locales et initier les touristes à la nature.
On compte trois parcs régionaux dans les Alpes :
- Le parc naturel régional du Vercors : il regroupe sur l'Isère et la Drôme 62 communes, environ 150 000 ha dont 16 000 en réserve naturelle.
- Le parc naturel régional du Queyras : il s'étend sur 65 000 ha et une dizaine de communes des Hautes-Alpes ; réserve naturelle du Val d'Escreins, et prolongement sur l'Italie.
- Le parc naturel régional de la Chartreuse : il regroupe, sur l'Isère et la Savoie, 63 communes sur 86 000 ha.
- Le parc naturel régional des Bauges : le petit dernier. Sur une superficie de 80 000 ha, il regroupe 58 communes, entre la Savoie et la Haute-Savoie, et abrite une réserve nationale de chasse de 5 400 ha.
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