- A La Une
- Idées Vacances
- Idées Week-End
- Balades en France
- Sorties en France
- Préparez votre voyage
- Outils pratiques

- Accueil >
- Voyazine >
- Guide Voyages >
- Voyage France >
- Voyage Poitou-Charentes >
- Fiche destination
Poitou-Charentes
Cette région a sa propre jungle bocagère, le Marais poitevin, ce « pays du grand silence vert » que chantait le roi Henri IV à la belle Corisande. Elle est aussi le creuset de l'art roman sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle dans les Deux-Sèvres. Elle porte l'imaginaire au creux de la main en faisant l'audacieux pari d'un Futuroscope au beau milieu des labours de la Vienne, région rurale, discrète et secrète.La Charente est un patchwork de micros-régions au goût prononcé pour le cognac et les escargots, tandis que la Charente-Maritime déploie sa façade océanique et son superbe archipel. Cette région est capable de vous charmer au-delà de toute attente.
Carte d'identité
- Superficie : 25 810 km².
- Préfectures : Poitiers (préfecture régionale, Vienne), Nort (Deux-Sèvres), Angoulême (Charente), La Rochelle (Charente-Maritime).
- Population : 1 710 000 habitants.
- Densité : 66 hab./ km².
- Taux de chômage : 9 %.
- Principaux secteurs d'activité : industrie du bois, agroalimentaire, cuir, agriculture (bovins, lait et céréales).
Infos pratiques
Renseignements touristiques
- Comité régional du tourisme de Poitou-Charentes : 8, rue Riffault, BP 56, 86002 Poitiers Cedex. Tél. : 05-49-50-10-50.
- Comité départemental du tourisme des Deux-Sèvres : 15, rue Thiers, BP 8510, 79025 Niort Cedex 9. Tél. : 05-49-77-87-79. Internet : www.tourisme-deux-sevres.com. À disposition, de bonnes cartes thématiques auprès des offices du département : les chemins du Poitou secret, la route du chabichou, celle des rois d'Angleterre, la vallée du Thouet… ainsi que des guides pratiques sur la pêche, l'équitation, ou des idées de rando à VTT.
- Comité départemental du tourisme de la Vienne : 33, place Charles-De-Gaulle, BP 287, 86007 Poitiers Cedex. Tél. : 05-49-37-48-48.
- Comité départemental du tourisme de Charente-Maritime : 85, boulevard de la République, 17076 La Rochelle Cedex 09. Tél. : 05-46-31-71-71. Internet : www.en-charente-maritime.com.
- Comité départemental du tourisme de Charente : 27, place Bouillaud, 16021 Angoulême. Tél. : 05-45-69-79-09. Internet : www.lacharente.com. Toutes les infos imaginables sur le tourisme dans le département (les adeptes du VTT y trouveront par exemple plus de 1 000 km de circuits balisés, organisés en fonction de la longueur et de la difficulté).
Hébergement
- Gîtes de France : pour commander les brochures, s'adresser au 59, rue Saint-Lazare, 75009 Paris. Tél. : 01-49-70-75-75. Internet : www.gites-de-france.com. Les réservations sont à faire auprès des gîtes de chaque département.
- Relais départemental des gîtes de France des Deux-Sèvres : mêmes coordonnées que le CDT. E-mail : gites-de-france-deux-sevres@wanadoo.fr.
- Relais départemental des gîtes de France de la Vienne : même adresse que le CDT. Tél. : 05-49-37-19-77.
- Relais départemental des gîtes de France de la Charente-Maritime : 18, rue Émile-Picard, Immeuble de l'Amirauté, BP 32, 17000 La Rochelle. Tél. : 05-46-50-63-63. Internet : www.gites-de-france-atlantique.com.
Carte internationale d'étudiant (ISIC)
Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport …), l'hébergement, la culture, les loisirs...
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.
Carte internationale des auberges de jeunesse (FUAJ)
Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.
Activités
Promenades en barque dans le Marais poitevin
- La Roselière : quai Louis-Tardy. Tél. : 05-49-35-14-14 (DLMS Tourisme). Au coeur de la ville, sur le chemin de halage, où l'on peut combiner promenade en barque et repas régional. Très agréable également pour prendre un verre le soir.
- Embarcadère Cardinaud : av. de la Repentie (route de Magné). Tél. : 05-49-35-90-47. Internet : marais-poitevin.com. À l'entrée de la ville. Très organisé et professionnel. Location de bateau libre ou avec guide. Promenade d'environ 1 h (7 par personne) et 2 h (13 par personne) ; tarifs enfants.
Fêtes et festivals
Dans le Marais poitevin
- Fête de la meunerie : à Nieul-sur-l'Autise, tous les deux ans (années impaires), les dimanche et lundi de la Pentecôte, à la maison de la Meunerie. Cette fête réunit de nombreux bénévoles en costumes traditionnels. On y voit fonctionner le moulin, et l'on peut y découvrir beaucoup de vieux métiers.
- Festival des abbayes : à Nieul-sur-l'Autise. Tél. : 02-51-50-43-10. En mai-juin, l'abbaye royale de Nieul accueille (avec celles de Maillezais et de Grammont) de bons concerts de musique baroque et classique dans le cadre de ce festival annuel.
- Rallye canoe-kayak : à Coulon, le dernier week-end de juin. Le plus grand rassemblement nocturne de canoes en France, où chaque participant est déguisé.
- Fête à Henri IV : à Magné, en juillet. Environ 3 euros. Habitants et comédiens se costument pour célébrer l'arriver en ville du roi : spectacles, animations nocturnes, marché d'artisanat d'art.
- La Vanneau : fête unique et annuelle chaque dernier samedi de juillet, avec un « marché sur l'eau » sur la Sèvre niortaise.
Dans les Deux-Sèvres
- Foire de Niort : 10 jours début mai, au parc des Expositions. Produits régionaux, artisanat local, conférences. En 2004, la foire de Niort a eu l'honneur d'accueillir le dalai-lama.
- Les Jeudis de Niort : tous les jeudis de l'été. Spectacles musicaux gratuits. Infos à l'office de tourisme (tél. : 05-49-24-18-79).
- Fête des bateaux fleuris : à Niort, le dernier dimanche de juillet. À Saint-Maxire, à 9 km au nord de Niort. Tél. : 05-49-35-50-29 (mairie). Sur la Sèvre, depuis 1942, défilés à thème de bateaux décorés de fleurs en papier.
- Festival de Melle : tous les ans, 2de quinzaine de mai-début juin. Tél. : 05-49-29-08-23. Concerts classiques de formations internationales en l'église Saint-Savinien.
- Romanes : à Melle, en juillet-août, tous les 2 ans (années impaires). Tél. : 05-49-29-15-10 (office du tourisme) ou 05-49-27-00-23 (mairie). Expositions et intéressantes créations d'artistes contemporains dans les églises Saint-Pierre et Saint-Savinien, et à l'hôtel de Ménoc.
- Fête des Rosières : à la Mothe-Saint-Héray, le 1er week-end de septembre. Une très curieuse fête locale créée en 1821 par un avocat philanthrope du nom de Benjamin Chameau, soucieux de « participer au redressement des moeurs ». La Rosière, en costume et coiffe, est présentée par le maire au balcon de l'hôtel de ville baptisé « maison des Rosières » et la cérémonie donne lieu à trois jours de fête avec parade, banquet et bal populaire à la clef. C'est la dernière commune en France à perpétuer ce type de tradition dans son intégralité (dotation, mariage et festivités).
- Festival NPAI : à Parthenay, en juillet. Tél. : 05-49-64-18-11. Internet : www.festival-npai.com. Jazz à l'honneur avec de grands noms, mais également de belles créations musicales chorégraphiques et théâtrales. Concerts dans de beaux sites touristiques à travers tout le département. Stages d'instrumentistes.
- Le Flip, Festival des jeux : à Parthenay, 10 jours en juillet. Tél. : 05-49-94-24-20. Internet : www.jeux-festival.com. Jeux vidéo, de société, de rôle, de l'esprit ou de hasard, de construction ou d'adresse... plus de 2 000 jeux d'accès libre et gratuit. Des compétitions de haut niveau (échecs, awalé, Monopoly...) aux nouveautés, tous les âges sont concernés.
- De Bouche à Oreille : à Parthenay, en août. Tél. : 05-49-94-90-70. Internet : www.deboucheaoreille.org. Festival de musiques « traditionnelles et métissées ». En provenance du monde entier, des groupes de world music se mettent en scène pendant une semaine à travers la Gâtine : bals, spectacles, stages musicaux.
Dans la Vienne
- Il été une fois : à Poitiers, pendant toute la saison estivale. Infos à l'office de tourisme. Une cinquantaine de spectacles de théâtre, de danse, de folklore, des concerts, du cinéma en plein air, etc., animent les différents quartiers de la ville. Il y en a pour tous les goûts et, chouette, tout est gratuit !
- Festival concerts allumés : à Poitiers, le dernier week-end de septembre. Tél. : 05-49-39-44-69. Internet : www.concerts-allumes.org. Ce festival allie installations lumineuses et musique. Une vingtaine de concerts de musique classique, avec aussi des parcours « allumés » en ville et des déambulations en compagnie de guides-conférenciers.
- Rencontres internationales Henri Langlois : à Poitiers, pendant 1 semaine en décembre. Tél. : 05-49-03-18-90. Internet : www.rihl.org. Festival international de courts métrages de fin d'études des écoles de cinéma. Les maîtres mots de cette semaine d'images : découverte, échanges et convivialité !
- Fête de l'âne : à Mirebeau, chaque année, l'avant-dernier samedi d'août. Entrée gratuite toute la journée. Tél. :05-49-50-56-72. Cette fête rassemble à Mirebeau plus d'une centaine d'ânes dont les célèbres baudets du Poitou. Le matin, il y a un concours régional ; l'après-midi est consacré aux baudets et aux animations.
En Charente-Maritime
- Francofolies de la Rochelle : ce festival est devenu, avec le Printemps de Bourges, LA référence, LE pouls de la chanson francophone. Intuitif et éclectique dans ses goûts, le festival fonctionne au coup de coeur. Sur l'esplanade Saint-Jean-d'Acre. Tél. : 05-46-50-55-77 ou Internet : www.francofolies.fr.
- Festival international du film de La Rochelle : à la Coursive. Fin juin-début juillet. Tél. : 05-46-51-54-25, ou à la Coursive. Loin du strass et des stars de Cannes, un festival monté par des amoureux du cinéma pour des amoureux du cinéma, de tous les cinémas. Ambiance particulièrement conviviale, rétrospectives en présence des réalisateurs, hommages et une sélection toujours pertinente de films du monde entier.
En Charente
- Fête du livre : au Bois-Plage-en-Ré, tous les ans, en août. Un salon du livre formidable qui se déroule dans la salle des fêtes de Bois-Plage. Grand succès dès la première édition en 2007. Nombreuses personnalités au rendez-vous, éditeurs comme écrivains. Signatures et rencontres, débats passionnants. Tél. : 06-88-07-81-38 (association L'Encre et la Pierre) ou 05-46-09-21-09 (hebdomadaire local Le Phare de Ré). Internet : www.pharedere.com.
- Les Noctambulations : à Rochefort-sur-Mer, en été, visites nocturnes et insolites du centre-ville, en compagnie d'un musicien et d'un guide conférencier. Tous les mardis (22 h en juillet et 21 h 30 en août). Infos et résa (obligatoire) auprès de l'office du patrimoine ou du service du patrimoine (tél. : 05-46-82-91-74).
- Résonances : à Rochefort-sur-Mer, fin juillet Festival qui propose un voyage musical en trois nuits et au rythme des musiques du monde. Pour rappeler que la ville a toujours une proue de bateau tournée vers l'ailleurs. Concerts gratuits dans le prestigieux site de la Corderie royale.
- Rochefort en accord : à Rochefort-sur-Mer, le 3e week-end d'août. Infos à l'office de tourisme de Rochefort : tél. : 05-46-99-08-60. Festival rock, folk et acoustique avec de nombreux musiciens anglo-saxons et quelques artistes français. Concerts bien sympas organisés dans plusieurs lieux intimistes, cours et jardins en ville.
- Fête du vent : à Saint-Denis-d'Oléron, le 1er samedi du mois d'août. Organisée pour rendre hommage à Éole (fabrication de cerfs-volants, restauration de vieux gréements, etc.), sans oublier un clin d'oeil aux énergies renouvelables et un envol nocturne de cerfs-volants.
- Rêve d'Icare : à Royan, tous les 2 ans, un week-end entre fin mai et début juin. Comme son nom l'indique, animation et démonstrations sur le thème des objets volants (montgolfières, deltaplanes, cerfs-volants...).
- Festival international de la bande dessinée : à Angoulême, le dernier week-end de janvier, du jeudi au dimanche. Dans toute la ville : musées, écoles, mairie, CNBDI, et sous de grands chapiteaux (pl. du Champ-de-Mars et Montaurier), etc. Tél. : 05-45-97-86-50. Internet : www.bdangouleme.com. Angoulême est bien LA ville de la bande dessinée, et son salon de la bande dessinée est bien au 9e Art ce que Cannes est au 7e. Rendez-vous un peu underground d'une « sous-culture » à sa création en 1973, le festival est devenu une institution, l'immanquable rendez-vous des stars du genre.
- Festival du film policier de Cognac : au printemps. Tél. : 05-45-35-60-00. Internet : www.festival.cognac.fr. Célèbre festival international présidé par Claude Chabrol (qui en est le parrain à perpétuité !), et parmi les plus importants en France, après Cannes, Deauville et Gérardmer. Une flopée de films en avant-première et pas mal de stars au programme.
- Fête du cognac : pendant 4 jours mi-juillet. Tél. : 05-45-81-21-05. Internet : www.lafeteducognac.com. Sur les quais de la Charente, dégustation de nombreux cognacs, des vins de pays, de pineau et de plats du terroir... Concerts gratuits et nombreuses animations.
- Fête des cornuelles : à Villebois-Lavalette, le dimanche des Rameaux. Villebois met à l'honneur ses cornuelles, biscuits presque exclusivement locaux, en pâte sablée et de forme triangulaire, percés d'un trou en leur centre. Et pourquoi ont-elles un trou nous direz-vous ? Les interprétations divergent : pour certains, les mitrons d'autrefois les enfilaient sur de longs bâtons pour les porter jusqu'au marché ; pour d'autres, le trou servait à accrocher les cornuelles aux branches de buis (puisque la tradition veut qu'on ne les fabrique que pour les Rameaux)...
Culture et traditions
Langue régionale
« Biau » pour beau, « pus » pour plus, « rein » pour rien. Et, là-dessus, roulez les « r »... Même s'ils n'ont pas la rudesse charnue de l'idiome berrichon, les patois du pays d'Ouest gardent un bon fumet de terroir. Bien que parlés au sud de la Loire, ils découlent des dialectes du Nord, dont le Poitou fut la voie de pénétration.
Un peu de vocabulaire
Après-midi : tantô
Aujourd'hui : aneut
Au revoir : à la revouèyure
Balivernes : rigourdaines
Bouche : goule
Ca s'arrange : o s'aminoche
C'est vraiment bien : ol é bé bè
Dos : échine
Embrasser : bijher
Vêtements : jhardes
Enfant : drôle
Estomac : jhabot
Fatigué : las
Heureux : benèse
Ivre : brindzé
Maintenant : avoure
Rentrer : se rendre
Sieste : marienne
Bastions et forteresses
De Ré à Oléron en passant par l'île d'Aix et sur toute la côte de Chapus à Fouras, des places fortes furent édifiées du Moyen Age au XIXe siècle.
Il y eut d'abord le château fort de Fouras, bâti au XIe siècle par les ducs d'Aquitaine pour contrer les Normands et défendre l'entrée de la Charente. Puis, au XIIe siècle, la haute tour de Broue, perdue dans les marais à quelques kilomètres de Brouage et aujourd'hui en ruine.
C'est sous Louis XIV et ses maîtres d'oeuvre, Vauban et Montalembert, que les forts se multiplièrent. Il s'agissait de parer aux assauts des Anglais, Espagnols et autres Hollandais qui avaient alors la maîtrise des mers - sans oublier les pirates. Les arsenaux de Brouage puis Rochefort devaient impérativement être protégés. C'est principalement à Vauban que l'on doit le système de fortification en étoile, défense exemplaire dont seront pourvus Ré, Oléron, l'île d'Aix et l'île Madame, quelques points côtiers (fort Lupin, fort Chapus), ainsi que l'îlot d'Enet. Cette protection imparable reste un modèle d'architecture militaire. N'oublions pas le célèbre fort Boyard, au large d'Oléron - dont la construction périlleuse fut confiée aux bagnards.
L'habitation charentaise
Pierre Loti s'émerveillait de ces « villages blancs de chaux comme des villages arabes, nets et propres à ravir avec des giroflées, des roses, des fleurettes poussant parmi les pavés blancs ». Sur les îles, mais aussi dans toute la Saintonge, on succombe au charme de ces maisons « longues, dorées, coiffées de tuiles rondes délavées qui accusent leurs proportions de femme couchée dans la prairie... ». Lorsqu'il s'en retourne des champs, incertains mélanges de terre et d'eau, le Saintongeais retrouve la solide chaleur d'une maison qu'il n'a cessé de bichonner : les fenêtres et les volets sont peints de couleurs vives, les façades longues et minces défient le vent du large et laissent échapper, par le mur du jardin, un brouillard d'azalées et de myosotis. Un trésor de charme, simple, mais authentique.
Figures
- Aliénor d'Aquitaine : née en 1122, la fille du comte de Poitou fait encore parler d'elle... On lui doit d'être à l'origine, entre autres, de la guerre de Cent Ans. Si seulement Aliénor s'était contentée, après sa répudiation, de quitter le roi de France (Louis VII) pour le roi d'Angleterre (Henri II Plantagenêt), on en aurait fait une banale histoire de couple. Mais elle apportait ses territoires dans la corbeille de mariage : l'Aquitaine et le Poitou !
- Agrippa d'Aubigné : né près de Pons en 1552, il parlait déjà couramment le grec et le latin à l'âge de 9 ans. Voilà ce qui forma le poète. Mais traumatisé par la vision de têtes coupées à la suite d'une insurrection, il se fit homme de guerre pour combattre les catholiques, avec un tel acharnement qu'il fut condamné à mort quatre fois de suite ! Sa bravoure lui permit de devenir le compagnon d'armes d'Henri IV, auquel il ne pardonna jamais d'avoir changé de foi pour devenir roi.
- Françoise d'Aubigné : née en 1635 à Niort, petite-fille d'Agrippa, la gentille Françoise fut chargée de l'éducation des enfants de Louis XIV et Madame de Montespan. Bientôt elle ne s'occupa plus uniquement des enfants... mais du roi en personne. Ce dernier fit d'elle la marquise de Maintenon, supplantant ainsi sa rivale.
- Pierre Loti : aussi célèbre pour ses romans d'aventure que pour ses excentricités, dont sa maison (que vous ne manquerez pas de visiter à Rochefort) n'est pas la moindre, Julien Viaud (de son vrai nom) a passé sa vie à fuir sa Charente-Maritime natale pour mieux y retourner.
- François Mitterrand : né et enterré à Jarnac, Tonton, homme patient selon la tradition charentaise, était un authentique enfant du pays. C'était aussi le digne héritier des personnalités régionales : philosophe inspiré tel La Rochefoucauld, intrigant à la manière de Madame de Maintenon, lettré à l'égal de Guez de Balzac, laic comme Combes, orientaliste à la façon de Fromentin, et autant partisan de l'Europe que Monnet... Mais il régna deux fois moins longtemps que François Ier.
- Alfred de Vigny : un bien curieux garçon, militaire mais poète, ancien « mousquetaire rouge » à l'aspect souffreteux, météore littéraire lancé par Victor Hugo, qui se retira sur ses terres, dégoûté du show-biz de l'époque.
Cognac, Jarnac, Jonzac, Blanzac, Chirac...
On remarque vite, sur n'importe quelle carte des Charentes, que la plupart des noms de villages sonnent en « ac »... Une sacrée brochette : Segonzac, Conzac, Cressac, Rouillac, Montignac et autres Fleurac. À tel point qu'on finit par ne plus s'y retrouver ! En cherchant bien, on trouvera même, au sud de Confolens, un village du nom de Chirac. Paradoxalement, pas de « Mitterrandac ».
Une explication toute simple à cette floraison de consonances « ac-ceuses » : le suffixe « ac » se traduit grosso modo par « chez », un peu comme le « ker » des Bretons. En Saintonge et dans l'Angoumois, les appellations de ces communes remontent souvent aux Gallo-Romains. Ainsi, Cognac, à l'époque, signifiait : domaine de Comnius...
Mélusine, fée bâtisseuse du Poitou
Au Moyen Age, dans un petit bois non loin de Lusignan, Raymondin rencontre Mélusine qui, sur le bord d'une fontaine, peigne sa longue chevelure. C'est le coup de foudre. Superbe créature, Mélusine est la fille du roi de Calédonie (autre nom de l'Écosse) et de la fée Pressine. Plus gênant : elle fut maudite par sa mère pour avoir maltraité son père.
N'en sachant rien, le jeune comte épouse sa conquête mais celle-ci pose une condition : tous les samedis, il devra renoncer à la voir et la laisser s'enfermer dans la plus haute tour du château. Raymondin accepte et le couple coule alors des jours heureux, bien que chacun des dix garçons qu'ils ont ensemble soit affublé d'un handicap (oeil unique, grande dent, oreille dissymétrique...).
Puis le démon de la jalousie s'immisce dans le ménage. Mélusine ne recevrait-elle pas un amant chaque vendredi, au nez et à la barbe de son nigaud d'époux ? Raymondin n'y tient plus, et, un soir, il défonce la porte interdite.
Horreur et stupéfaction : il découvre sa bien-aimée dans son bain, femme jusqu'à la taille et serpent jusqu'au bout de la queue... La douce Mélusine était donc une femme-serpent ! Surprise, elle s'envole en faisant trois fois le tour de Lusignan, pousse trois cris qui déchirent le crépuscule et disparaît à tout jamais pour rejoindre la famille de monstres dont elle était issue.
On dit aussi que c'est une fée bâtisseuse, qui construirait, la nuit tombée, de merveilleuses cités et de radieux châteaux dans la région du Poitou. Retenons de cette histoire qu'il ne faut pas contrarier les femmes...
Gastronomie
Les spécialités
Les fruits de mer
- Les huîtres : en Charente-Maritime, elles font vivre 15 000 personnes sur des petites exploitations familiales, peu mécanisées.
- Les moules : moins connue que l'huître, la moule du bassin de l'Aiguillon, favorisée par un mélange d'eau douce et d'eau de mer, fait elle aussi figure de grand cru. En plus de la classique marinière, les Saintongeais la préparent à la mode de chez eux, c'est-à-dire en mouclade - une sauce au pineau blanc, avec oeufs et crème fraîche. Autre recette dont l'île d'Oléron revendique la paternité, plus rustique encore : l'éclade (ou églade).
- Les coques (ou sourdons) réclament, quant à elles, une sauce à la crème et au pineau, fort calorique.
- Et bien sûr : les pétoncles, pêchés à la drague en haute mer (en hiver uniquement), que l'on peut faire sur le gril ; les clams, importés des États-Unis, qui ont trouvé les eaux de la Seudre à leur goût, et que l'on mange frais ou farcis ; les couteaux, à la longue coquille tranchante ; les lutraires, dont la forme rappelle une grosse amande grise, etc.
Les poissons et crustacés
Malgré le « ramassage » intensif, les trous d'eau laissés par la marée sur les côtes des îles regorgent encore de crevettes et d'étrilles. Mais aussi de tourteaux et de crabes verts, qu'on attrape au harpon.
Quant aux poissons, ils aiment fréquenter les vases ou les rochers d'une côte échancrée d'estuaires riches en nourriture. Les Rhétais font moisson de casserons (seiches), les habitants d'Oléron attrapent les céteaux (petites soles souvent préparées en friture). Et la plupart des pêcheurs charentais taquinent le bar à la ligne, les petits rougets ( barbarins), la lamproie, le maigre, l'alose - une anguille fort renommée, préparée en matelote - sans oublier la fameuse sardine de Royan.
Les poissons nobles trop menus pour être cuisinés tels quels vont plonger dans la chaudré (ou migouré), avatar charentais ou vendéen de la cotriade bretonne, qui n'est rien d'autre qu'un court-bouillon de vin blanc mêlant toutes les espèces marines.
Le beurre
S'ils ont toujours existé, la véritable naissance de ces laitages remonte aux années 1880, quand les agriculteurs mirent en herbages leurs arpents de vigne ruinés par le phylloxéra. Au début du siècle, le fameux gastronome Curnonsky recommandait les beurres des Deux-Sèvres, tout comme ceux de La Rochelle.
Aujourd'hui, on pointe plutôt le beurre de Surgères... Comme tous les grands beurres, ils ont leur place à table (non en cuisine) et sont meilleurs en été, saison des beaux herbages.
Centrée autour de la commune du même nom, l'appellation « Échiré » s'est taillé une belle réputation avec un délicieux beurre jaune pâle, facile à tartiner.
Les escargots
Ce diablotin cornu est le héros des Charentes. Qu'il s'appelle luma (en Aunis) ou cagouille (notamment en Saintonge, dont les habitants sont surnommés cagouillards), il s'agit du même petit-gris, tendre et parfumé. On le chasse l'été, le long des « palisses » ou dans les vignes, après un gros orage. On le débusque l'hiver, dans les vieilles souches des marécages, où il hiberne par tribus entières. Engraissé (au thym, c'est meilleur ; à la farine, c'est plus gras), il est mis à jeûner quinze jours. Après quoi, on le nettoie longuement...
Les viandes
- À bon beurre, belle viande ! L'herbe du Poitou et des Charentes engraisse l' agneau diamandin, aux chairs délicatement persillées, légères, à marier aux inévitables mojettes ou aux morilles. S'il est de pré-salé (des prairies côtières, battues par les embruns), il n'en sera que plus fondant.
- On aime aussi le boeuf parthenaise, rouge et bien « viandeux », héros idéal des innombrables daubes poitevines, et bien meilleur encore en veau, élevé sous la mère.
- Sans oublier le lapin, orgueil de ces contrées, qui le consomment farci (tout comme le lièvre, dont la recette « à la royale » viendrait du Poitou...), ou bien accompagné d'une sauce piquante.
- Le cochon n'est pas en reste. Il prête ses abats au gigorit, ragoût au vin rouge accompagné de couennes, et produit d'excellents rillons (ici, on dit grillons), ainsi que les andouilles fameuses - au moins dans la région - des Deux-Sèvres et de Vouillé, prétextes à de fameux gâteaux. Quant à la fressure (dite aussi tantouillet), il faut l'avoir goûtée au moins une fois. Imaginez un boudin sans sa peau, enrichi d'abats et de lard.
Le potager
- Les mojettes : retenez bien ce nom... Il désigne des petits haricots de marais aux couleurs diverses, que l'on cuisine à toutes les sauces, notamment à la saintongeaise (couennes et huile de noix), aux tomates, en vinaigrette ou en potée (palette, saucisson, pommes de terre, choux divers).
- Les choux : les Poitevins font leurs choux gras des variétés « Pont l'Abbé » et « Rognon de l'Oise ». En matière de chou farci (le fameux farci poitevin), en revanche, l'Auvergne peut être jalouse.
- Les oignons (sous la cendre) : beurk, direz-vous... Pas s'il s'agit des bons gros oignons rouges des campagnes ou des Vertus (ils sont jaune paille). Après une heure et demie de cuisson, ces pauvres choses acquièrent un délicieux moelleux et un fameux goût de fumé. Servez-les avec distinction : sur une tranche de pain de miche, avec du gros sel.
- La pomme de terre de l'île de Ré : premier légume français à bénéficier d'une AOC. Il faut dire qu'elle le mérite. Goûteuse comme pas deux, elle est servie tout simplement avec du beurre et du sel.
Les soupes
Le miget (ou migeot) mêle le pain et le vin. Le pain est coupé fin, le vin est celui de la ferme, et le tout s'additionne d'eau et de sucre pour être servi frais lors des chaleurs d'été. On y ajoute parfois des haricots blancs (mojettes), comme dans la soupe chinoise du Nouvel An. De plus traditionnelles, chaudes celles-là, font appel à l'oignon, au lard, au potiron...
La plus grandiose est la soupe de vie : thym, laurier, romarin, oignon, huile, et toute une guirlande d'ail... Ses vertus sont, paraît-il, éblouissantes...
Les fromages
Ici, pas de fromage superstar. En revanche, la région se targue de produire la moitié des fromages de chèvre consommés en France. Cette région produit aussi un rustique fromage de vache, la pigouille - du nom de la perche dont s'aidaient les maraîchins pour diriger leurs barques. La fameuse caillebotte, elle, n'est qu'un caillé de lait de vache (ou bien, désormais, de brebis) à manger frais avec du sucre ou du miel et de l'essence de café ou encore avec un petit verre de pineau. Tout comme sa cousine, la jonché saintongeaise, enveloppée de paille de joncs (d'où son nom), est servie au dessert, parfumée à l'amande.
Les desserts et gourmandises
Céleste par le nom, l' angélique est présumée diabolique quant à ses effets. Elle soignait la peste au XVIe siècle. Les religieuses de Niort en ont fait une friandise réputée. Ces bâtonnets verts translucides ornent aujourd'hui les cakes et les gâteaux.
Pour le reste, la région n'est pas très « desserts ». Citons quand même, en Poitou, le broyé (grosse galette friable et dure), le plisson (une crème délicieuse) et le macaroné aux amandes (de Sanxay).
Côté Charente, notons la galette charentaise (qui se mange aussi bien à l'apéro avec un pineau, qu'au dessert ou au goûter), la pichotte de La Rochefoucauld (sorte de bonbon), ainsi que certaines spécialités angoumoisines, comme celles de la chocolaterie Letuffe.
Les vins et alcools
Les vins
Quelques crus jouissent d'une réputation honorable : les vins de pays charentais, les vins du Thouarsais (qui ressemblent aux vins d'Anjou), les vins du haut Poitou (gamay pour les rouges, sauvignon pour les blancs), et les blancs de l'île de Ré, au goût desquels les vacanciers s'efforcent de s'accoutumer.
Le pineau
Au XVIe siècle, un vigneron versa par hasard du moût de raisin dans un tonneau de cognac. Pensant avoir perdu toute la précieuse eau-de-vie, il laissa le tonneau dormir dans un coin. Ayant besoin quelques années plus tard du contenant, il goûta quand même le contenu avant de le jeter... Et, ô miracle, il gagna le gros lot : le pineau des Charentes ! Voilà pour la petite histoire.
Le pineau se révèle à la fois fort et sucré, doux et capiteux. Il existe deux sortes de Pineau : un blanc et un rosé
Le cognac
Les Anglo-Saxons l'ont adopté sous le nom de brandy. Les Chinois ne jurent que par lui. Les Japonais (qui en boivent tout au long des repas) ont racheté un de ses producteurs. Exporté plus de 94 %, copié et recopié, le cognac est-il encore une eau-de-vie française ? Cette question se pose depuis qu'il est né
Règle de base : tout cognac vendu doit, au minimum, accuser deux ans d'âge. Mais, précision importante, cet âge est celui du plus jeune des composants et non de l'ensemble de l'assemblage ! L'âge du cognac se doit de figurer sur l'étiquette. Comme rien n'est franchement réglementé dans ce domaine, il y règne une certaine anarchie. On vous propose donc un petit décryptage.
- Trois étoiles ou VS indiquent un cognac d'au moins deux ans d'âge.
- VSOP ou Réserve, c'est un cognac d'au moins quatre ans, mais en général vieux de dix à douze ans.
- Vieille Réserve, Grande Réserve, Royal, Vieux, X.O., Napoléon, Extra qualifient des cognacs de six ans d'âge au minimum dont certains affichent vingt à quarante ans.
- Quant aux provenances, citées sur l'étiquette, elles sont tout aussi mystérieuses. La Grande Champagne constitue le saint des saints du vignoble. La Petite Champagne et les Borderies sont un poil au-dessous. Viennent ensuite, en ordre décroissant : les fins bois, les bons bois et les bois ordinaires. Fine Champagne désigne un cognac issu de la Petite et de la Grande Champagne. Ce qui constitue plutôt une bonne recommandation...
Un peu d'histoire
Quelques dates
- 5000-3000 av. J.-C. : prolifération des dolmens en Poitou.
- 52 av. J.-C. : révolte de Vercingétorix et châtiment des Santons et des Pictons.
- Ier siècle : urbanisation, formation des grands domaines ( villae).
- IIIe siècle : débuts de la christianisation.
- 350 : saint Hilaire, premier « docteur » ès foi, devient évêque de Poitiers.
- 360 : saint Martin fonde le monastère de Ligugé
- Ve siècle : les Wisigoths s'emparent de la région.
- 476 : fin de l'Empire romain.
- 507 : Clovis bat les Wisigoths près de Poitiers. La région devient franque.
- 732 : Charles Martel arrête les Arabes près de Poitiers.
- 781 : Charlemagne crée le royaume d'Aquitaine pour son fils Louis.
- 799 : première incursion viking.
- 845 : les Vikings prennent Saintes.
- Xe-XIe siècles : les comtes-ducs d'Aquitaine régissent l'actuelle région Poitou-Charentes.
- 1152 : en plus de l'Aquitaine, Aliénor apporte le Poitou-Charentes à son nouvel époux, Henri II Plantagenêt, comte d'Anjou. Quand celui-ci devient, en outre, roi d'Angleterre, ses domaines français sont alors aussi étendus que ceux du roi lui-même. Toute la guerre de Cent Ans découle de cette situation.
- 1204 : première prise de Poitiers par Philippe Auguste. La seconde, en 1224, sera définitive.
- 1224 : rattachement de la Saintonge et de l'Aunis au domaine royal.
- 1308 : rattachement de l'Angoumois au domaine royal.
- 1356 : défaite de Jean le Bon à Poitiers.
- 1534-1535 : Calvin prêche à Saintes, Poitiers, Angoulême.
- 1562 : début des guerres de Religion.
- 1569 : l'armée du protestant Coligny assiège Poitiers.
- 1577 : signature de l'édit de Poitiers, qui accorde certaines garanties aux protestants.
- 1603-1604 : premier voyage d'exploration de Samuel de Champlain au Canada.
- 1627-1628 : siège et prise de La Rochelle.
- 1664 : Colbert fonde Rochefort.
- 1773 : une partie des Acadiens regagne le Poitou.
- 1790 : le Poitou-Charentes est dépecé en quatre départements. La Charente (ex-Angoumois), la Charente-Inférieure (ex-Aunis et Saintonge), les Deux-Sèvres et la Vienne (ex-haut Poitou, le bas Poitou constituant le département de Vendée).
- 1815 : après sa déchéance, Napoléon Ier s'embarque à l'île d'Aix.
- 1822 : « complot » des quatre sergents de La Rochelle.
- 1945 : Royan est anéanti par les bombardements alliés.
- 1966 : un pont relie l'île d'Oléron au continent.
- 1984 : inauguration du Futuroscope.
- 1988 : un pont relie l'île de Ré au continent.
- 1996 : enterrement de François Mitterrand à Jarnac.
- 1998 : ouverture de la vallée des Singes à Romagne, dans le sud de la Vienne.
- 2002 : nomination de Jean-Pierre Raffarin au poste de Premier Ministre.
- 2004 : Ségolène Royal devient présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes ; seule femme à la tête d'une région française.
La terre et les hommes
La Charente, fleuve nonchalant
Henri IV l'avait, paraît-il, baptisée « le plus beau fossé du royaume ». Comme la Loire, et bien avant la Seine, la Charente, fleuve mythique méconnu, a participé, à sa façon, à tout un pan de l'histoire de France.
La Charente est une « artère royale », mais aussi le berceau d'une civilisation fluviale (celle des gabariers), ainsi que le plus beau des fils conducteurs pour découvrir un terroir. Des villes glorieuses la bordent, d'Angoulême à Cognac et de Saintes à Rochefort.
Pourtant, comme les habitants du département qui porte son nom, la Charente sait se faire discrète. Elle sait qu'elle charrie des trésors, mais ne les dévoile pas au premier visiteur venu. Ses habitants l'ont bordée de croquignolettes chapelles et l'ont embellie de ponts de pierre, de chemins de halage et de dizaines d'écluses, que franchissent ces « croiseurs » venus spécialement pour elle, séduits par la vogue du tourisme fluvial.
Ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir une croisière se contenteront de longer ses rives ombragées à vélo ou à pied. Ils trouveront même des plages de galets pour s'y baigner en été !
La lumière des Charentes
Très blanche et très pure, jamais éblouissante, la lumière des Charentes est un phénomène sans équivalent en France, né de l'alchimie du soleil, de l'océan, des marais et d'un relief sans aspérités. Pas étonnant qu'elle ait inspiré tant de peintres, parmi lesquels Picasso.
Les marais
Les côtes planes cultivent le vague. Terre et eau s'y brassent et s'y mêlent. Sur tous les modes : estran, îlots, vasières, marais, bassins... En Aunis, en Saintonge, l'homme a su en tirer parti. Au Moyen Âge, ses sauniers cultivaient le précieux sel, qu'on expédiait jusqu'au cercle arctique. Peu à peu, le paysan a été privé de ces revenus d'appoint par l'industrie salinicole. Tout comme les vasières de la côte, les marais salants ont été asséchés pour engendrer, par poldérisation, de nouvelles campagnes.
Dans l'île de Ré, née de la réunion de trois îlots, une petite cinquantaine de sauniers s'accrochent encore à cette activité peu rentable. Un soleil très constant y assèche l'eau de mer, piégée dans un réseau complexe de bassins, bordés de levées et alimentés par des russons. Il en résulte un sel très fin, de couleur grise (enrichi en oligo-éléments et en sels minéraux) ou blanche (la fleur de sel).
Dans le bassin de Marennes-Oléron, en revanche, les anciens marais salants ont été recyclés en « claires », ces bassins où l'on élève l'huître verte.
À deux pas de là, pourtant, ceux de Brouage sont aujourd'hui un no man's land. D'autres marais, pas forcément salinicoles, ont conservé leur allure sauvage de mini-Everglades.
Le Marais poitevin (érigé en Parc naturel régional) occupe un ancien golfe, en partie comblé par une foison de petites rivières, menées par la Sèvre Niortaise. Creusant des canaux, levant des digues, les moines, puis les ouvriers royaux, se sont donné la main pour assécher sa partie extérieure.
Le « Marais mouillé », ou marais proprement dit, s'étend sur quelque 15 000 ha aux portes de Niort. Tout mouillé qu'il soit, il porte aussi des îles à pâturages (on y amène les vaches en barque) et à cultures (les fameuses mojettes), que délimitent les canaux bordés de frênes, d'aulnes, de saules et de peupliers. Si la « Venise verte » reste très sauvage, le plus gros de son labyrinthe est aujourd'hui parcouru par les yoles, ces grandes barques où les maraîchins promènent les touristes sous le ciel immense.
Nos meilleures offres
Loisirs Poitou-CharentesProfitez d'offres exclusives internet !
Train Poitou-CharentesProfitez d'offres exclusives internet !
101€* Vol Strasbourg
* Prix trouvé par un internaute le 02/11/2008 à 18h42
Dernière mise à jour : le 03/11/2008 à 18h42
Recevez nos bons plans avant tout le monde
publicité


