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Pays de la Loire
Normandie, Bretagne, Aquitaine... La côte océane a ses divas au caractère affirmé, voire wagnérien. En Pays de la Loire, on fait plutôt dans le Debussy. Ici, la Bretagne donne la main aux Charentes, la Normandie épouse le Val de Loire, le Poitou lance ses racines en Île-de-France. Pas de réelle cohérence dans cette région de pays agglomérés. La Vendée oppose marais et bocages, plages de sable et côtes de granit. L'Anjou a son Val, ses montagnettes, ses châteaux lumineux et ses campagnes noires. Nantes, la capitale de la région, frise la schizophrénie, entre son passé breton et son statut de grand frère en Pays de la Loire... En somme, la région ligérienne est une réduction fidèle de la France, qui passe pour le pays le plus varié d'Europe. La Loire, colonne vertébrale du pays, conduit un cortège de riches terres vers cette porte du monde qu'est l'océan.
Carte d'identité
- Superficie : 32 082 km².
- Préfecture régionale : Nantes (Loire-Atlantique).
- Sous-préfectures : Angers (Maine-et-Loire), Laval (Mayenne), Le Mans (Sarthe), La Roche-sur-Yon (Vendée).
- Population : 3 385 000 hab.
- Densité : 100 hab./km².
- Population active : 1 763 000 habitants.
- Taux de chômage : 8,4 %.
- Principales industries : agroalimentaire, mécanique-matériaux, aéronautique, construction navale, pôles de recherche.
- Agriculture : lait, bovins, volailles et oeufs, porcins, céréales (2e région agricole française).
Infos pratiques
Adresses utiles
- La Scène régionale des Pays de la Loire : 2, rue de la Loire, BP 20411, 44204 Nantes Cedex 2. Tél. : 02-40-48-24-20. Internet : www.enpaysdelaloire.com.
- Comité départemental du tourisme de Loire-Atlantique : 11, rue du Chateau-de-l'Éraudière, CS 40698, 44306 Nantes Cedex 3. Tél. : 02-51-72-95-40. Internet : www.loire-atlantique-tourisme.com. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30 (16 h 30 le vendredi).
- Comité départemental du tourisme de la Mayenne : 84, av. Robert-Buron, BP 0325, 53003 Laval Cedex. Tél. : 02-43-53-18-18. Internet : www.lamayenne.fr.
- Comité départemental du tourisme de la Sarthe : 19 bis, rue de l'Étoile, 72000 Le Mans. Accueil du public : 17, av. Pierre-Mendès-France, 72000 Le Mans. Tél. : 02-43-40-22-50. Internet : www.tourisme.sarthe.com.
- Comité départemental du tourisme de l'Anjou : Maison du Tourisme, place Kennedy, BP 32147, 49021 Angers Cedex 02. Tél. : 02-41-23-51-51. Internet : www.anjou-tourisme.com.
- Comité départemental du tourisme de la Vendée : 8, place Napoléon, BP 233, 85006 La Roche-sur-Yon Cedex. Tél. : 02-51-47-88-20. Internet : www.vendee-tourisme.com.
Gîtes de France
- Gîtes de France : pour commander des brochures, s'adresser au 59, rue Saint-Lazare, 75009 Paris. Tél. : 01-49-70-75-75. Internet : www.gites-de-france.fr. Les réservations sont à faire auprès des relais départementaux des Gîtes de France.
- Relais départemental des Gîtes de France de Loire-Atlantique : 3-5, rue Félibien, BP 93218, 44032 Nantes Cedex 1. Tél. : 02-51-72-95-65. Internet : www.gites-bretagne-sud.fr.
- Gîtes de France de la Sarthe : 78, av. du Général-Leclerc, 72000 Le Mans. Tél. : 02-43-23-84-61.
- Gîtes de France de Vendée : 124, bd Aristide-Briand, BP 735, 85018 La Roche-sur-Yon Cedex. Tél. : 02-51-37-87-87. Internet : www.gites-de-france-vendee.com.
Carte (FUAJ) internationale des auberges de jeunesse
Cette carte, valable dans 60 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.
Carte internationale d'étudiant
Elle permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des réductions (transports, musées, logements...).
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.
Activités
Promenade et randonnée
- Comité départemental de randonnée pédestre de Vendée : Maison des Sports, 202, bd Aristide-Briand, 85000 La Roche-sur-Yon. Tél. : 02-51-44-27-38.
- Comoté départemental de randonnée pédestre de Loire-Atlantique : 19, av. du Clos-du-Cens, 44300 Nantes. Tél. : 02-51-83-17-86. E-mail : rando44@wanadoo.fr.
- Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine: 7, rue Jehanne-d'Arc, 49730 Montsoreau. Tél. : 02-41-53-66-00. Internet : www.parc-loire-anjou-touraine.fr. Organisme de valorisation du patrimoine naturel de la région.
- Parc naturel régional du Marais-Poitevin: 2, rue de l'Église, 79510 Coulon. Tél. : 05-49-35-15-20. Internet : www.parc-marais-poitevin.fr. Organisme de valorisation du patrimoine naturel de la région.
Fêtes et festivals à Nantes
- La Folle Journée : fin janvier, à la Cité des Congrès. 3 journées au cours desquelles de nombreux interprètes de grand renom viennent jouer un compositeur. Un succès fou depuis sa création. Renseignements : 02-51-88-20-00.
- Le Carnaval de Nantes : en avril. Le thème change chaque année. Grosses têtes, fanfares et défilés gratuits dans le centre-ville. Le plus spectaculaire est le défilé de chars, sans oublier sa version nocturne.
- Le Festival Juste pour rire Nantes Atlantique : début avril. Pendant les 7 jours de festival, une centaine de spectacle mettent à l'honneur des têtes d'affiche et des nouveaux talents régionaux. Renseignements : 02-51-88-20-00.
- La Fest Yves (Gouel Erwan) : le jour de la saint Yves ( Gouel Erwan), en mai. Musique celtique dans les rues et bars de Nantes. Un super festival qui a fait tache d'huile dans toute la Bretagne, et même dans toute la France. Renseignements : 02-51-84-16-07.
- Le Printemps des Arts : fin mai et début juin. Concerts de musique baroque, spectacles de chants et danses baroques, expositions-conférences et pièces de théâtre ponctuent ce Printemps qui se déroule en Loire-Atlantique et en Vendée. Renseignements : 02-40-20-03-00. Internet : www.printemps-des-arts.com.
- Les Sardinantes : quai Ernest-Renaud, en juin. Sur le port de Nantes, dégustation de sardines avec, bien sûr, cidre, muscadet et fest-noz. Simple et populaire. Renseignements auprès du comité des fêtes : 02-40-35-75-49.
- Estuaire 2007 - Nantes Saint-Nazaire : du 1er juin au 1er septembre 2007, entre Nantes et Saint-Nazaire, une trentaine d'oeuvres d'art aux dimensions monumentales exposées tout le long des 60 km de l'estuaire de la Loire. Internet : www.estuaire.info.
- Les Rencontres du Fleuve : fin juin et début juillet. Biennale artistique et culturelle (années paires) qui se tient sur les bords de la Loire. Au programme : événements et rencontres itinérantes le long du fleuve.
- Les Rendez-Vous de l'Erdre : le dernier week-end d'août. Festival autour de la navigation de rivière et le jazz, avec spectacles et concerts sur l'Erdre ; le public reste sur les quais. Très chouette. Les villes voisines du bord de l'Erdre sont associées. Renseignements : 02-51-82-37-70.
- Les Celtomania : en octobre. Un festival consacré à la culture celtique, avec concerts, expositions, conférences... Renseignements : 02-40-54-20-18 ou 02-51-84-16-07.
- Le Festival international de Science-Fiction : pendant les vacances de la Toussaint. Festival regroupant des oevres de science-fiction appartenant aux domaines du cinéma, de la littérature, de la bande dessinée. Renseignements : 02-51-88-20-00.
- Le festival des 3 Continents : fin novembre. Le festival du film de Nantes, créé par les frères Jalladeau, véritables globe-trotters, présente une riche cinématographie d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine et noire (uvres de fiction, hommages à des acteurs et réalisateurs, présentation historique d'un pays...). Renseignements : 02-40-69-74-14. Internet : www.3continents.com.
Les 24 Heures du Mans
Pourquoi 24 heures ? Parce que telle est la durée de cette course d'endurance, dont le départ et la clôture sont théoriquement sonnés à 16 h : le gagnant est celui qui totalise le plus de tours (environ 300 !). En 1906, l'Automobile Club de la Sarthe pouvait organiser un Grand Prix sur un circuit triangulaire long de 103 km. L'actuel mesure beaucoup moins, mais il est clos.
Le Puy-Du-Fou
- La Cinéscénie : une fois qu'on a vu le spectacle, on doit bien dire qu'on reste bluffé par ce grand film en plein air où plus de 1 000 acteurs bénévoles racontent l'histoire de la Vendée. Lumière, feu d'artifice, cascades, effets spéciaux. On ne fait ni dans le détail, ni dans la dentelle, mais ça ne laisse pas indifférent. Depuis 1978, plus de 7 millions de personnes ont vu le spectacle. Et il y a plus de 14 000 spectateurs chaque soir d'été. De juin à mi-septembre. Internet : www.puydufou.com. Tél. : 02-51-64-11-11.
Les Sables d'Olonne
- Vendée Globe : tous les 4 ans, les plus grands marins partent pour un tour du monde sans escale et sans assistance. Un défi technique et humain sans précédent et une occasion de voir de superbes bateaux et de véritables héros. Internet : www.vendeeglobe.org.
Île d'Yeu, le vélo : plus écolo
- Ne venez pas en voiture sur l'île : les distances sont courtes, les journées ensoleillées, les chemins étroits. Bref, c'est un endroit idéal pour le vélo. D'ailleurs, les loueurs sont nombreux. Ils pratiquent des tarifs raisonnables. En cas de crevaison, le dépannage est souvent rapide et gratuit où que vous soyez sur l'île. Laissez donc votre voiture dans l'un des garages ou parkings gratuits sur le continent.
Lors de vos promenades sur l'île, ne vous écartez pas des pistes, respectez la végétation. C'est tout bête, mais au rythme où vont les choses, la côte sauvage ressemblera bientôt à un vaste terrain de motocross ! Voilà, c'est dit.
Un dernier conseil : sur l'île d'Yeu, on est en haute mer... Le vent souffle souvent et le soleil est particulièrement coriace. Coupe-vent et crème solaire ne sont pas superflus.
Randonnée pédestre à Château-du Loir en Sarthe
- Les caves de Vouvray-sur-Loir et les rives du Loir. Circuit de 4,5 km. Comptez 1 h 30 aller-retour sans les arrêts. En boucle depuis Château-du-Loir. Balisage : jaune, blanc et rouge du GR 35. Par les caves creusées dans la craie de Vouvray et les panoramas depuis la rive droite du Loir.
Du camping de Château-du-Loir au hameau de Coëmont, le balisage blanc et rouge vous fait traverser la N 138 et la D 64. Le paysage de vignobles et de vergers est souvent très ensoleillé. Un court détour en poursuivant par le GR 35 (1 km environ aller-retour) permet d'atteindre les hauteurs de Vouvray et son très beau panorama. La falaise de craie surplombe la vallée du Loir et l'église romane de Vouvray. Sinon, continuez directement par le balisage jaune le long des vignes pour rejoindre la N 138 et le camping. Au retour, les caves touristiques de Vouvray et de Coëmont, creusées à même la craie de la falaise, vous tenteront sans modération.
Randonnées autour de Sainte-Suzanne
- Promenade-découverte des moulins : rendez-vous au musée le 1er dim de chaque mois de mars à novembre, à 14h45. Adultes : 4 euros. Durée : 2h30. Une promenade de 2,5 km à la découverte de la vie ouvrière et industrielle de Sainte-Suzanne, au travers de l'histoire de ses 17 moulins à grains, à papier, à foulon et à tan.
- Plusieurs randonnées pédestres au départ de Sainte-Suzanne : on sillonne l'un des plus beaux coins de la Mayenne en suivant les remparts moyenâgeux de la cité et les panoramas sur la vallée de l'Erveperdue dans les bocages.
Culture et traditions
Le culte de la culture
Si Nantes a perdu son charme portuaire, elle continue de fixer l'Océan. C'est ainsi que le Festival des 3 Continents affiche les horizons lointains dans les galeries et les cinémas nantais. Nantes, pour sa part, dynamisée par ses universités, se révèle une vraie pépinière d'artistes, au travers de solides institutions telles que le musée des Beaux-Arts ou des galeries.
Saint-Nazaire, de son côté, reçoit régulièrement en résidence des écrivains étrangers. Angers a inauguré en 2004 l'un des plus beaux musées des Beaux-Arts de France. Et que dire du Festival d'Anjou, deuxième événement de théâtre en France après Avignon.
Le mouchoir de Cholet
Libéré du rhume, le mouchoir en tissu s'est transformé en objet noble, précieux, évocateur de tant d'images disparues... Cinq siècles en ont fait leur basique : on l'agitait en guise d'adieu, on le nouait sur sa tête, on l'imbibait de larmes ou de parfum, avant de le laisser choir devant son soupirant...
Toute une saga dont Cholet fut l'héroine. C'est là que des tisseurs hollandais l'établirent, au début du XVIIe siècle. Le mouchoir y réussit tant et si bien qu'il fallut un sceau officiel pour le protéger des contrefacteurs : avant la Révolution, il faisait vivre plus de 30 000 personnes dans le Choletais.
Mélusine, fée bâtisseuse de la Vendée
Au Moyen Age, dans un petit bois non loin de Lusignan, Raymondin rencontre Mélusine qui, sur le bord d'une fontaine, peigne sa longue chevelure. C'est le coup de foudre. Superbe créature, Mélusine est la fille du roi de Calédonie (autre nom de l'Écosse) et de la fée Pressine. Plus gênant : elle fut maudite par sa mère pour avoir maltraité son père.
N'en sachant rien, le jeune comte épouse sa conquête mais celle-ci pose une condition : tous les samedis, il devra renoncer à la voir et la laisser s'enfermer dans la plus haute tour du château. Raymondin accepte et le couple coule alors des jours heureux, bien que chacun des dix garçons qu'ils ont ensemble soit affublé d'un handicap (oeil unique, grande dent, oreille dissymétrique...).
Puis le démon de la jalousie s'immisce dans le ménage. Mélusine ne recevrait-elle pas un amant chaque vendredi, au nez et à la barbe de son nigaud d'époux ? Raymondin n'y tient plus, et, un soir, il défoncela porte interdite.
Horreur et stupéfaction : il découvre sa bien-aimée dans son bain, femme jusqu'à la taille et serpent jusqu'au bout de la queue... La douce Mélusine était donc une femme-serpent ! Surprise, elle s'envole en faisant trois fois le tour de Lusignan, pousse trois cris qui déchirent le crépuscule et disparaît à tout jamais pour rejoindre la famille de monstres dont elle était issue.
On dit aussi que c'est une fée bâtisseuse, qui construirait, lanuit tombée, de merveilleuses cités et de radieux châteaux dans la région du Poitou (pour plus de détails, lire l'introduction du « Paysmélusin », dans le chapitre « La Vienne »). Retenons de cette histoire qu'il ne faut pas contrarier les femmes...
Les moulins vendéens
Comme partout ailleurs, les moulins des collines vendéennes servirent pendant des siècles à moudre le grain. On sait moins que les moulins avaient un langage propre : ils servaient en quelque sorte de télégraphe optique pour faire connaître des informations à la population avoisinante.
En plaçant les ailes d'une certaine manière, on annonçait, par exemple, la mort du meunier ou de quelqu'un de sa famille. Pendant la Révolution, forts de cette coutume et de la situation toujours élevée de leurs moulins, les Vendéens imaginèrent un code pour transmettre la position des troupes républicaines...
Pléiade : les rimes et la raison
Les Pléiades, dit Le Robert, sont les sept filles d'Atlas que Zeus changea en colombes avant de les envoyer briller dans le ciel. La Pléiade, elle, est une constellation de sept poètes que la Renaissance fit surgir dans l'orbite des Pays de la Loire. Joachim du Bellay à Liré, Rémi Belleau à Nogent-le-Rotrou, Jacques Pelletier au Mans, Antoine de Baif à La Flèche et Pierre de Ronsard, le chef d'école, dans le Vendômois, soit à proximité immédiate des cours royales. Tantôt élégiaques, tantôt satiriques et le plus souvent érudits, ils ont redécouvert la poésie à la lumière des Anciens : Pétrarque, Horace, Virgile...
C'est Ronsard qui a le moins vieilli. Amoureux sensuel, courtisan fidèle, il régale successivement de ses sonnets Henri II, François II, Charles IX et Henri III. Le « Prince des poètes » vaut surtout pour ses derniers vers, marqués par l'approche de la mort : « Vous estes déjà vieille, et je le suis aussi / Joignons notre vieillesse et l'accolons ensemble / Et faisons d'un hiver un printemps adouci. »
BN, LU et approuvé
Quand les héros de Jules Verne errent sur l'océan, on les voit souvent manger des biscuits de mer. Et ils n'ont pas l'air de trouver ça bon ! Mais l'indestructible munition des équipages a fait de grands progrès en se recyclant dans la consommation civile. Nantes en possédait les deux phares : LU et BN, désormais décentralisés à La Haie-Fouassière pour LU et Vertou pour BN.
Signalons à nos lecteurs que le sigle LU illustre l'union d'un monsieur Lefèvre et d'une demoiselle Utile (autant qu'agréable, on l'espère...), sous le signe de l'exploitation biscuitière de leurs initiales : lancé en 1887, le petit-beurre gravé aux festons arrondis sera la locomotive d'une gamme destinée à s'étoffer avec succès (le biscuit « thé » étant considéré par certains comme le roi du genre).
L'année 1896 voit un concurrent s'élancer en la personne du Nantais Pierre Cossé. Il ne gravera pas ses propres initiales (PC aurait fait prétentieux...), mais celles de son entreprise : BN, c'est-à-dire Biscuiteries Nantaises. La consécration attendra le lancement du Choco-BN, en 1922, casse-croûte rustique au cacao que les mères et épouses attentives glissent, depuis lors, dans les cartables et les salopettes.
Figures célèbres
- Hervé Bazin : toute la région de Segré (Anjou) dans son livre fétiche, Vipère au poing.
- Les Bollée : toute une famille de Géo Trouvetout manceaux, spécialisée dans l'automobile. Le plus connu est le papa, Amédée, qui, en 1873, équipe les véhicules de la traction à vapeur.
- Claire Brétécher : la maman d'Agrippine a taillé ses premiers crayons sur les bancs des écoles nantaises.
- Aristide Briand : né à Nantes, député en 1902, à plusieurs reprises ministre et Président du conseil. Défenseur de la paix après la Première Guerre Mondiale, il participe activement à la création de la SDN. Prix Nobel de la paix en 1926.
- Georges Clemenceau : né en 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), le « Tigre » restera un grand homme politique, président du Conseil qui mena la France à la victoire de 1918.
- Claude Crébillon : cet écrivain licencieux du Grand Siècle vécut longtemps à Nantes.
- Louis de Funès : le célèbre comique a longtemps vécu dans le château du Cellier, tout près de Nantes, dont il fut propriétaire.
- Jacques Demy : Jacot de Nantes - tel est le nom du film qu'Agnès Varda, sa femme, lui a consacré - eut beau naître à Pontchâteau, c'est Nantes qu'il choisit pour son premier long-métrage, Lola... avant d'écumer toute la côte océane - Les Demoiselles de Rochefort, Les Parapluies de Cherbourg... -, armé d'une solide bonne humeur et d'un sens de la fable élégante.
- René Descartes : fondateur de cet « esprit français », qu'on présume amateur d'ordre et de lumière, l'homme du Discours de la Méthode avait le bon profil pour être ligérien. Né en Touraine, Descartes tira grand profit de ses études à La Flèche, dans le Maine.
- Julien Gracq : interne au lycée Clemenceau de Nantes. Il publie sur Nantes un essai en 1985 : La Forme d'une ville. En 1951, il a refusé le prix Goncourt pour son Rivage des Syrtes.
- Quelques marins : non seulement Éric Tabarly était nantais, mais les frères Peyron, Marc Pajot et Laurent Bourgnon sont tous de Loire-Atlantique.
- Narcejac : de son vrai nom Pierre Ayraud, indissociable de Boileau, co-auteur de très célèbres romans policiers. Fut professeur de français au lycée Clemenceau de Nantes pendant 20 ans.
- Ambroise Paré : né à Laval, ce contemporain de Rabelais invente la chirurgie moderne en soulageant les souffrances des blessés sur les champs de bataille.
- Denys de la Patellière : le réalisateur de Un taxi pour Tobrouk et de Tonnerre de Dieu a été croqué par Hergé en « Jean-Lou de la Batellerie » dans Les Bijoux de la Castafiore.
- Armand du Plessis, duc de Richelieu : le célèbre cardinal est né à Luçon qui devient son évêché alors qu'il n'a que 22 ans. On raconte qu'Alexandre Dumas est venu dans la région pour retrouver l'ambiance et les traits de ce grand homme (qui créa la Sorbonne et l'Académie française).
- Gilles de Rais (ou Retz ou Rays) : né en 1404, il est à l'origine un très grand seigneur vendéen, très brave et très fortuné. L'alchimie et la magie l'attirent et il s'entoure de personnages plus que douteux. Partout, sur son passage, des enfants disparaissent ! Enfin, l'Église donne l'ordre de l'arrêter et Gilles confesse les plus monstrueux crimes : plus de 600 bambins ont été « dévorés » par l'ogre, dans d'indescriptibles scènes sadiques. Il fait alors preuve d'un tel repentir que les parents des victimes prient pour lui sur le chemin du supplice. Démesuré, le procès de « Barbe-Bleue » aura sans doute été le plus extrême des annales judiciaires.
- Jean Rouaud : le Goncourt 1997 des Champs d'honneur est un Nantais discret.
- Le Douanier Rousseau : le père de la peinture « naive » se prénommait Henri et naquit à Laval.
- Jacques Tati : né au Pecq, dans les Yvelines, mais a tourné en 1951 le film génial Les Vacances de M. Hulot à Saint-Marc-sur-Mer, près de Saint-Nazaire.
- Jules Verne : ce Nostradamus de la technologie projeta vers des mondes inconnus les inventions embryonnaires de l'ère industrielle. Un hélico pour Robur, un sous-marin pour Nemo, un hologramme au château des Carpathes, un obus vers la Lune, une voiture à gaz à Paris.
- Tri Yann : les « Trois Jean de Nantes » sont contre le nucléaire, le remembrement, les Boys Bands et la bouffe uniformisée. De plus, leur musique s'inspire de mélodies celtes, québécoises et irlandaises, le tout à la sauce ethno-rock-folk et à grand renfort de mandoloncelle, de cromorne, psaltérion et dulcimer.
Gastronomie
Spécialités gastronomiques
En Pays de la Loire
Certes, la région n'a pas inventé la chantilly et le foie gras. Elle n'en est pas moins le berceau d'un adjectif qui traverse toute la gastronomie française : rabelaisien … Ici, c'est la géographie qui dicte le menu. Une profusion de cours d'eau ? Ce sont des tanches, des brochets, du saumon... Mais aussi, tout au long des vallées, le gras limon qui plaît aux primeurs. Une côte maritime ? Voici le sel, les crustacés et les poissons de mer. De larges pâturages ? En avant le beurre et la triple crème. Un bocage pauvre, d'accès difficile ?
Pour commencer, la région jouit de quelques produits exceptionnels. Ainsi le pays Nantais est-il La Mecque des légumes. La Vendée est le pays des mojettes , ces petits haricots de marais aux couleurs diverses, que l'on cuisine à toutes les sauces (même en potée) et que l'on accompagne de jambon vendéen . Sur la côte, la fleur de sel de Guérande - non lavée ni broyée - est une friandise à déguster sans accompagnement, sur une tartine de beurre local. Les mêmes marais salants produisent aussi la salicorne, une petite algue qui, cuite à la vapeur, accompagne les poissons, et, préparée en saumure, remplace nos bons vieux cornichons avec les viandes froides et les terrines. Quant aux volailles, elles ont trouvé dans la région l'un de leurs plus beaux terroirs : tandis qu'à Loué les chapons, dindes, poulets et pintades de la Sarthe conjuguent l'abondance à la très haute qualité, les canards de Challans , en Vendée, font valoir la finesse de leur chair rouge.
Spécialités du terroir
On commencera sans doute par une soupe angevine - bijane ou rôtie, voire vendéenne.
Suivront les cochonnailles. Au Mans, ce sont des rillettes, mais aussi des boudins blancs. L'Anjou décline rillauds, andouillettes et gogues. La Vendée transforme le porc en andouilles, pâtés de foie au cognac, sans oublier la fameuse fressure , qui n'est guère autre chose qu'un boudin sans peau. Dans la même veine charcutière, la Vendée mange ses alouettes en tourtes et ses lapins de garenne en pâté , l'Anjou sert la langue de boeuf en gelé...
Dans le terroir d'Angers, il faut absolument goûter le cul de veau au vin blanc et aux morilles , l' oie farcie de Segré aux marrons, ou encore la rouelle de veau aux carottes. Plus rustique, la Vendée en tient pour le cochon, servi en tantouillet (daube d'abats au vin rouge) ou en tribalé (ragoût aux herbes).
Spécialités de poisson
Loin de se contenter de sardines grillées, la Vendée raffine ses préparations poissonnières avec la cotriade et la chaudré. Nantes, en revanche, dispute à l'Anjou la paternité du célèbre beurre blanc. Mais les Angevins ont bien d'autres recettes, comme le pâté de lamproie, la tanche à l'oseille, l' alose marinée, le boudin de brochet, et la fameuse bouilleture , sorte de matelote d'anguille au vin rouge et aux pruneaux, servie sur des tranches de pain. Sans oublier les merveilleuses fritures de Loire, anguilles, éperlans et même ablettes, servies dans les guinguettes et à arroser d'un petit rosé ou d'un blanc bien frais !
Fromages
Après un détour à Nantes pour goûter l'honorable carré nantais à croûte orange, les adeptes de la vache courront dans le Maine s'approvisionner en saint-paulin - une pâte pressée très douce, également connue sous le nom de port-salut -, ou, dans sa version plus typée, le fromage d'Entrammes.
Si la Vendée ne s'intéresse guère à la vache, c'est pour mieux produire - avec son cousin le Poitou - la moitié des fromages de chèvre consommés en France. On le déguste frais, en caillebotte, avec du miel ou du sucre (éventuellement, aussi, de l'essence de café), ou en tarte. La version sophistiquée de la caillebotte est le crémet d'Anjou, un fromage frais égoutté dans une faisselle et servi avec des oeufs en neige, de la crème fouettée, de la crème fraîche, du sucre et des fraises.
Desserts
L'Anjou joue les pousse-au-crime avec force macarons et fruits confits . Quant à la Vendée, elle a fait de la brioche son étendard. C'est dans le village de Turquant, près de Saumur, que l'on peut encore goûter aux pommes et poires tapées. Enfin, c'est à Sablé-sur-Sarthe, en 1923, qu'un pâtissier inventa la galette du même nom, ancêtre de la fameuse pâte sablée. Avec le café, si possible, finir par un petit quernon d'ardoise, spécialité d'un confiseur angevin en hommage aux générations de mineurs de Trélazé et d'ailleurs.
En Loire-Atlantique
Les poissons et crustacé
Citons l' alose et la lamproie (autrefois abondamment consommés mais qui tendent à disparaître des assiettes, pêchés en rivière et dans la Loire), l' anguille (rencontrée dans les estuaires de rivière), la civelle (alevin d'anguille, encore pêchée à Cormerais et le long de la Loire), l' écrevisse (crustacé d'eau douce), le brochetou « requin d'eau douce », le sandre, le bar et la sardine.
Les viandes
- Le canard challandais : on l'appelle aussi le canard nantais, à la viande rouge et grasse, qui provient d'un croisement de plusieurs races.
- La vache nantaise : cette petite vache rustique a bien failli disparaître au profit d'espèces offrant un meilleur rendement. Elle fournit un lait de grande qualité et une viandre fort goûteuse. Encore confidentiel, le cheptel se reconstruit peu à peu.
- Le châteaubriant : une excellente pièce de boeuf de 400 g environ, provenant du filet.
Les légumes, plantes, fruits et primeurs
La Loire-Atlantique est le pays du maraîchage : l'asperge, la carotte, la fraise et la framboise, la mâche, le poireau et la salicorne.
Un fromage
Le curé nantais : il a été créé à Saint-Julien-de-Concelles, près de Nantes, en 1880. Sa pâte est molle, au lait cru et entier. Le seul fabricant se trouve à Pornic.
Quelques douceurs
- Les berlingots : une des productions traditionnelles les plus célèbres de Nantes. Petits bonbons en sucre de canne, en forme de pyramide et aux couleurs acidulées.
- Les rigolettes : petites coques de sucre fourrées de marmelade de fruit.
- Le gâteau nantais :des amandes, du sucre de canne et beaucoup de rhum, le tout recouvert d'un glaçage.
- La fouace :les viticulteurs ont trouvé ce gâteau miracle pour atténuer les conséquences d'une consommation trop forte de muscadet. D'autres rapportent qu'on le consommait dès le Moyen Âge.
Autres spécialités
- Le beurre blanc : il vit le jour à Saint-Julien-de-Concelles au début du XXe siècle. Il s'agit à l'origine d'une sauce béarnaise manquée, à laquelle on a rajouté des échalotes et du poivre blanc.
- La godaille : un peu l'équivalent nantais de la bouillabaisse marseillaise ou de la cotriade bretonne : toutes sortes de poissons et crustacés sont cuits dans un bouillon avec pommes de terre et légumes.
Vins et alcools
Abstraction faite des fiefs vendéens , petits rouges légers du pays des Chouans, la région appuie son renom viticole sur deux aires distinctes : les coteaux de la Loire et le pays Nantais. Les premiers ont notre préférence. En Anjou, la vogue du gamay ou du fameux petit rosé cache des vins réellement intéressants. Ainsi, les connaisseurs tiennent en très grande estime le savennières , un blanc sec d'une extrême finesse, dont les deux grands crus se nomment savennières roche-aux-moines et savennières coulée-de-serrant.
Par ailleurs, dommage que les blancs liquoreux soient aujourd'hui passés de mode ! Exception faite du sauternes, les meilleurs se trouvent en Anjou : une gorgée de coteaux-du-layon , de quarts-de-chaume ou de bonnezeaux fait défiler dans votre palais un inépuisable cortège d'arômes. Côté rouges, l'Anjou se prévaut d'un champion du « léger-et-facile-à-boire », le saumur-champigny , qui rivalise avec son cousin le bourgueil sur les tables parisiennes. Et tant que vous êtes à Saumur , faites mousser votre séjour avec un de ses vins effervescents, élégants et corsés, que les connaisseurs rangent juste après le champagne.
À défaut de grands vins, le Pays nantais a le muscadet , ce qui suffit à sa prospérité : ami des fruits de mer et protecteur de la langouste, ce « petit-blanc-qui-va-avec-tout » a conquis tout l'Hexagone.
Côté liqueurs et tord-boyaux, c'est à Angers qu'Adolphe (apothicaire gourmand) et Édouard Cointreau mirent au point la recette du célèbre nectar à base d'écorces d'orange, et c'est encore à l'Anjou qu'on doit le guignolet , élaboré à partir de griottes macérées dans l'alcool, la menthe pastille Giffard et le triple-sec Combier.
Un peu d'histoire
Quelques dates
- Vers 400 : partout, les Gaulois succombent aux Germains. En Grande-Bretagne, ils s'esquivent à l'arrivée des Angles et des Saxons, venus de Hollande et du Danemark, et s'installent en Petite-Bretagne (la nôtre), en important un dialecte assez différent du celte local.
- Du XIe au XIIIe siècles : essor des grandes maisons ducales - Anjou, Maine, Poitou -, qui se bagarrent avec entrain pour un ruisseau ou trois villages. Une grande famille émerge, qui va les éclipser : héritiers des comtes d'Anjou et de Poitou, les Plantagenêts deviennent aussi ducs d'Aquitaine, de Normandie et... rois d'Angleterre. Toute la France de l'Ouest - hormis la Bretagne - est ainsi administrée par Londres. Paris pâlit. Le roi de France n'aura plus qu'un but : bloquer les Plantagenêts dans leur île. Nom de l'opération : la guerre de Cent Ans.
- 1532 : rattachement de la Bretagne à la France.
- XVIe siècle : loin de Paris l'imprévisible, les rois mettent à la mode l'Orléanais et la Touraine, mais aussi l'Anjou. À l'ombre de l'université d'Angers, on écrit (Rabelais), on versifie (Du Bellay), on guérit (Ambroise Paré). Des châteaux superbes sortent de terre. Suivent les guerres de Religion. Après une Saint-Barthélemy féroce à Orléans, Angers et Saumur se rallient à la Réforme. C'est à Nantes qu'Henri IV promulgue, en 1598, l'édit qui les stoppe : un royaume, deux religions.
- La Révolution française : elle est d'abord bien accueillie. Mais la répression contre l'Église, la conscription et les excès de la Terreur font bientôt fermenter les campagnes dans toute la région.
- Novembre 2003 : sortie des chantiers navals de Saint-Nazaire du plus gros paquebot du monde, le Queen Mary II. Ce lancement sera malheureusement entaché par un accident qui fera 15 victimes lors de l'effondrement d'une passerelle.
Les guerres de Vendée
Les provinces de l'ouest de la France accueillirent plutôt favorablement la prise de la Bastille et les principes fondamentaux de 1789. Toutefois, aucune solution ne fut apportée suffisamment rapidement à la grave crise économique qui régnait là-bas. Pire, la suppression des marchés bénéficiant de privilèges fiscaux importants fut reçue comme une brimade dans la région. La religion se retrouva également au centre des polémiques.
En 1792, les Vendéens vécurent comme une trahison l'exécution de Louis XVI. La guerre déclarée aux monarchies européennes, avec la décision de lever une armée de 300 000 hommes par la conscription, fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Même si seulement 3 % des Vendéens étaient concernés par cette mobilisation, le procédé avait des airs de déjà-vu sous l'Ancien Régime.
Dès lors, le fardeau des injustices et des incompréhensions fut trop lourd à porter pour la Vendée, département issu du décret de 1790. Par cette insurrection, elle acquit le statut de province, fédérant autour d'elle une partie de la Loire-Atlantique, des Deux-Sèvres et du Maine-et-Loire dans un rectangle allant de Paimboeuf au sud d'Angers en longeant la Loire, descendant jusqu'à Parthenay et revenant vers Les Sables-d'Olonne. Cette Vendée militaire devint l'emblème d'une révolte populaire, rurale et religieuse réunissant plus de 700 paroisses éparpillées dans ce vaste périmètre. L'émeute populaire se change en une guerre de principe. On se bat pour « Dieu et le Roi »
En octobre 1793, 80 000 « soldats » traversent la Loire avec femmes et enfants, et partent chercher des renforts en Bretagne auprès des chouans en révolte, en espérant également trouver le soutien des Anglais. Qui ne vinrent pas. Charette signa la paix le 17 février 1795 en obtenant des garanties concernant la liberté religieuse et l'exemption de conscription. Il aurait également négocié la restauration de la royauté. Réalité ou prétexte : s'estimant trahi, il reprend les combats quelques mois plus tard. Il continue la « guérilla » avec une poignée de fidèles, mais tombe bientôt sous le nombre des troupes lancées à ses trousses. Arrêté le 23 mars 1796 dans le bois de la Chabotterie, il est fusillé à Nantes une semaine plus tard.
La guerre de Vendée est finie... Pas les polémiques.
Chouans ou pas chouans ?
Dire des Vendéens qu'ils sont des chouans frise l'hérésie. D'ailleurs, on vous regardera avec un drôle d'oeil si, d'aventure, vous commettez ce crime de « lèse-Vendée ».
Autrefois, les faux-sauniers, spécialistes de la contrebande du sel, signalaient à leurs camarades l'approche des gabelous en imitant le cri de la chouette. L'animal ayant pour surnom le chat-huant, on les appela les « chouans ». Dès lors, pendant la Révolution, tous les insurgés de l'ouest de la France ont été dénommés du terme générique de chouans.
Mais la vraie chouannerie vient du Maine, de Bretagne, du Haut-Anjou et de Basse-Normandie. Rien à voir avec le Bas-Poitou. Le terme de chouan fut galvaudé au XIXe siècle par un amalgame facile dû à l'indifférence générale des historiens pour une guerre franco-française plutôt gênante.
La terre et les hommes
Si l'industrie fait vibrer quelques villes - Nantes, Angers, Le Mans... - les Pays de la Loire ressemblent à ce qu'en montre la carte : une vaste plaine, par endroits bosselée de bocages. À première vue morne, cette uniformité cache un maillage étroit de petits pays singularisés par l'histoire et les traditions. En les enrôlant aujourd'hui sous son nom jusqu'à la porte océane de son estuaire, la Loire a fait triompher la cohérence géographique sur les atavismes de l'histoire. Le plus long fleuve de France, en effet, fut longtemps la frontière mystique qui séparait ses deux moitiés - France du gothique contre France du soleil.
Le Maine, au nord : il y a là des bocages à fromages, des buttes forestières, des ruisseaux à truites, de nobles gentilhommières et toute une ruralité opulente que dément à peine le discret activisme des villes (assurances et industrie automobile au Mans, électronique et métallurgie à Laval).
De l'Anjou au pays Nantais, la Loire sinue dans une buée d'or, pendant que de gros bourgs hissent leurs toits d'ardoise entre le maillage des vignobles de légende. Après le Saumurois des ceps et des tournesols vient l'Anjou proprement dit, dont les paysages suaves sonnent comme une arrière-pensée de la Touraine. Bientôt, les plaines maraîchères succèdent aux vergers opulents, tandis que le souffle tiède de l'Océan remplit de fleurs les jardins. Les usines se multiplient pour former le poumon industriel de la région, dont le plus beau fleuron est le port de Nantes-Saint-Nazaire, 4e de France, et qui occupe 60 km de l'estuaire.
Ligérienne de fait, la Loire-Atlantique reste bretonne par tradition. Sans surprise, c'est la côte, notamment celle de Guérande, qui bretonne avec le plus d'entrain. L'influence se poursuit dans les îles - Aix et Yeu - de la Vendée voisine.
La Loire : une Gargamelle lunatique
La Loire est un fleuve encore partiellement sauvage et l'un des plus capricieux. Du Puy-en-Velay jusqu'à Nantes, ce sont mille kilomètres de course de fond. Avec un tel périple, la Loire ne pouvait être qu'un fleuve à métamorphoses, fait de bric et de broc. Avec l'Anjou, elle entre dans les grandes largeurs, roule des hanches et finit par occuper 5 kilomètres (voire 8) du Val, lorsqu'aucun goulet ne vient l'étrangler.
Jadis, il fallait lutter contre les vents d'ouest en remontant le fleuve, éviter les bancs de sable pendant la descente en draguant les hauts fonds au râteau. Assurés grâce aux péages imposés par les seigneurs riverains, l'entretien et le balisage du chenal furent bientôt à la charge des marchands qui fréquentaient la Loire, puis des Ponts et Chaussées. De petits bateaux ouvraient la route aux convois de chalands et les coches d'eau évitaient aux gens de condition l'inconfort des carrosses.
En 1856, les levées de terre se trouvèrent épaulées par quelque 85 retenues d'eau qui devaient remédier tant aux crues de printemps qu'à la sécheresse estivale. Mais le danger demeure, c'est pourquoi les élus locaux ont soumis au gouvernement un projet de régulation du fleuve au moyen de quatre nouveaux barrages.
Mais voilà : pendant que les riverains se réjouissent, les écolos de tous les pays s'unissent pour crier au scandale. Regroupés dans l'association Loire Vivante, ces croisés de la nature naturelle dénoncent le génocide d'une faune ultra riche (où le saumon a fait son grand retour parmi d'autres poissons migrateurs, comme les anguilles et les lamproies), l'outrage fait à la flore des berges, nourrie par un microclimat amazonien unique en Europe, les dommages indicibles infligés à la faune aquatique, hérons, sarcelles et poules d'eau...
Des petits trous
Le tuffeau de la Loire et de ses affluents est un calcaire bien pratique. On en fait des pierres à bâtir, toutes blanches. Et quand la carrière s'épuise, on vient y creuser son trou, le troglodyte. Humide et sombre, mais pas cher... Été comme hiver, il y fait 14 ° C, et s'il manque un meuble, on le taille dans le rocher. Jusqu'au XVIe siècle, on s'entasse dans la même paroi, toutes classes confondues, sur plusieurs niveaux reliés par des ruelles ou des escaliers. Ces villages abondent en Anjou (Dénezé-sous-Doué, Louresse-Rochemenier). Mais le XVIIe siècle a changé les normes du confort : on laisse ces « caves demeurantes » aux pauvres. Les villageois du XIXe siècle ne s'en serviront plus que comme atelier, chai ou appentis.
Les marais
Les côtes planes cultivent le vague. Terre et eau s'y brassent et s'y mêlent. Sur tous les modes : estran, îlots, vasières, marais, bassins... Au Moyen Âge, les sauniers cultivaient le précieux sel, qu'on expédiait jusqu'au cercle arctique. Tout comme les vasières de la côte, les marais salants ont été asséchés pour engendrer, par poldérisation, de nouvelles campagnes.
Sur l'île de Noirmoutier, quelques paludiers récoltent encore, au bout de leur longue échelle, un sel très fin, de couleur grise ou blanche. Les marais de Machecoul, de Monts et de Challans y sont séparés par de vastes étendues d'herbages et de potagers, drainées par des canaux où le maraîchin circulait en yole : on y élève aujourd'hui des anguilles et des mulets, à l'abri d'écluses. Bien plus vaste, le Marais poitevin (érigé en Parc naturel régional) occupe lui aussi un ancien golfe, en partie comblé par une foison de petites rivières, menées par la Sèvre niortaise.
Le « Marais mouillé », ou marais proprement dit, s'étend sur quelque 15 000 ha aux portes de Niort. Si la « Venise verte » reste très sauvage, le plus gros de son labyrinthe est aujourd'hui parcouru par les yoles, ces grandes barques où les maraîchins promènent les touristes sous le ciel immense.
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