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Marseille
Petits bistrots sur le Vieux-Port, restos à prix sages servant l'aïoli et la bouillabaisse, cafés branchés du soir, ruelles animées où se mêlent tous les parfums épicés et les senteurs du Grand Sud... Depuis 26 siècles, la vocation de la plus ancienne ville de France n'a pas changé : l'ouverture sur le monde. Entre le mistral, l'accent et l'OM, on se sent vite dépaysé dans cette cité non-conformiste qui traîne injustement une mauvaise réputation. Il faut dire que les clichés sur la cité phocéenne vont bon train : comment ne pas rêver de Marseille sans revoir les images de Marcel Pagnol, avec ses poissonnières, ses joueurs de pétanque et de belote, ses buveurs de pastis, son farniente généralisé ? Comment ne pas non plus se souvenir des malfrats qui dirigèrent la ville, cette « french connection » qui offrit durablement à Marseille son image d'insécurité ? Comment ne pas être rebuté par ces immenses immeubles de bétons gris qui ont envahi une partie de la ville ? Longtemps, les touristes inquiets ont boudé la cité méditerranéenne. Et pourtant, Marseille mérite qu'on s'y arrête car aucune grande ville n'offre autant de contrastes. Il suffit d'une petite promenade pour faire comprendre à tous ceux qui disent du mal de Marseille qu'elle est l'une des plus belles cités de France et du Bassin méditerranéen. Poussez jusqu'à Callelongue, aux allures de bout du monde, faites un tour sur la corniche dominant la mer et les îles, ou promenez-vous dans le jardin du Pharo pour regarder le soleil se coucher sur le Vieux-Port : sans doute comprendrez-vous mieux pourquoi les Marseillais, premièrement, aiment leur ville, deuxièmement, répugnent à livrer ses secrets aux « estrangers » qui y viennent pour conforter leurs préjugés.
Carte d'identité
- Capitale régionale de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur et chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône. Seconde ville de France pour la population.
- Superficie de la commune : 241 km².
- Population : environ 810 000 habitants
- Densité : 3 350 habitants par km².
- Nombre d'arrondissements : 16
- Anciens noms : Massalia, Massilia, « sans nom » (en 1794)
- Maire : Jean-Claude Gaudin (UMP) depuis juin 1995.
Infos pratiques
Renseignements touristiques
- Office de tourisme de Marseille : 4, La Canebière, 13001. Tél : 04-91-13-89-00. Fax : 04-91-13-89-20. Internet : www.marseille-tourisme.com. Ouvert du lundi au samedi de 9 h à 19 h et les dimanche et jours fériés de 10 h à 17 h. Excellent accueil, bonne documentation sur la ville et toutes ses possibilités, réservation d'hôtels (sur place et sans commission), organisation d'intéressantes visites commentées (comme celle du quartier du Panier). Annexe à la gare Saint-Charles (tél : 04-91-50-59-18).
- Comité départemental du tourisme : Le Montesquieu, 13, rue Roux-de-Brignoles, 13006. Tél : 04-91-13-84-13. Fax : 04-91-33-01-82. Internet : www.visitprovence.com. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 40 à 17 h 30. Excellente documentation thématique (sites, loisirs, manifestations, hébergements...) sur Marseille et les Bouches-du-Rhône.
Pass délivrés par l'office du tourisme
- Guid'Arts : guide de l'art contemporain en Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui recense tous les musées, galeries et espaces d'art.
- Le « City Pass » : il permet de visiter Marseille grâce à une formule tout compris. Valable 1 ou 2 jours (20 ou 27 euros), ce pass donne accès à de nombreuses prestations touristiques et culturelles : libre accès sur tout le réseau métro, bus, tramway de Marseille ; accès aux musées municipaux (expositions permanentes) et nombreuses réductions. Renseignements auprès du Service Culturel de l'Office du Tourisme.
Hébergement
L'hôtellerie fut longtemps le point faible de la ville peu tournée vers le tourisme. Les petits budgets iront en auberge de jeunesse ou dans les petits hôtels (parfois un peu décrépis) du centre. Même s'il n'y a pas à Marseille beaucoup d'hôtels de charme, on peut, sous certaines conditions et sans être forcément exigeant sur le confort ni le calme, trouver à se loger de façon agréable, notamment en ayant vue sur la mer, le Vieux-Port ou la Corniche (là, c'est quand même un peu plus cher). Et ça, c'est formidable.
Bon à savoir : l'office du tourisme propose le forfait "L'échappée belle" du vendredi au dimanche : 3 jours, 2 nuits et City Pass à partir de 75 . Renseignements et liste des hôtels participants sur www.marseille-tourisme.com.
Auberges de jeunesse
Marseille compte deux auberges de jeunesse, la carte FUAJ est obligatoire.
La carte FUAJ, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 6 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, Canada, Moyen-Orient et en Extrême-Orient (Japon...).
Rappel : il n'y a pas de limite d'âge pour séjourner en AJ.
Plus d'infos dur le site : www.fuaj.org.
Culture
- Le Centre des Monuments nationaux propose un laissez-passer nominatif, valable 1 an, pour plus de 100 monuments publics répartis dans toute la France. À Marseille, cela concerne le château d'If et plus largement en Provence, l'hôtel de Sade et le site archéologique de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence, l'abbaye de Montmajour, le château de Tarascon et l'abbaye de Silvacane. Avantages : pas de file d'attente et gratuité des expos dans les monuments répertoriés. Coût : environ 43 euros. L'achat s'effectue dans les lieux culturels concernés ou par correspondance au Centre des Monuments nationaux : centre d'information, 62, rue Saint-Antoine, 75186 Paris Cedex 04. Tél : 01-44-61-21-50. Plus d'infos dur le site : www.monum.fr.
- Espace Culture : 42, la Canebière, 13001. Tél : 04-96-11-04-60. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 18 h 45 (en août, ouvert seulement l'après-midi, de 14 h à 18 h 45). Internet : www.espaceculture.net. Association qui informe sur toutes les activités culturelles de la ville, notamment en éditant un joli petit agenda mensuel gratuit, In Situ. On peut, sur place, comme à l'office d'ailleurs, réserver pour certains spectacles.
Activités
Les plages
Pas la peine d'aller à Cassis ou à La Ciotat pour se baigner. De l'Estaque (au nord) aux calanques (au sud), Marseille déroule près de 57 km de littoral et une vingtaine de plages ponctuent son rivage. Longtemps décriées à cause de la pollution et de la saleté, les plages de Marseille sortent aujourd'hui de l'ombre et de l'oubli. De sable ou de galets, familiales ou branchées, envahies par la foule ou réservées à quelques-uns, les plages de Marseille sont aux portes de la ville. On peut dire qu'elles sont dans la ville sans trahir la vérité, car on y accède à pied ou en bus, si facilement. Sous les pavés, la plage !
Le bus no 83, à prendre au Vieux-Port, longe toutes les plages situées au sud de la ville, jusqu'au rond-point du « David ». Arrêts « Catalans », « Fausse Monnaie », « Prophète », « Plage-Roucas-Blanc », « Plage-Gaston-Defferre » (plus connue sous le nom de plage du Prado), « La Plage ». Prendre ensuite le bus n°19. Arrêts « Escale Borély » et « Pointe Rouge ». En suivant le bord de la côte jusqu'aux Goudes (bus n ° 20), vous découvrirez quelques petites plages nichées dans des anses comme celle de Bonne Brise ou des Phocéens. Ensuite débutent les calanques...
Plongée sous-marine
Bercée par son climat velouté, la Méditerranée représente une véritable « mer de prédilection » pour la plongée. Ce n'est donc pas un hasard si ses eaux chaudes et limpides furent « l'atelier-laboratoire » privilégié des grands pionniers de l'aventure sous-marine... La Mare Nostrum livre des épaves mythiques aux plongeurs et concentre - en certains points - les fabuleuses richesses de sa vie sous-marine. Et parmi tous les lieux français de plongée en méditerranée, Marseille reste le plus attractif. Il faut savoir qu'avant même de savoir shooter dans un ballon, la cité phocéenne était une plongeuse émérite. Ses premières bulles remontent aux années 1930, quand le commandant Le Prieur invente l'ancêtre de nos actuels appareils respiratoires... Après la Seconde Guerre mondiale, la cité phocéenne se passionne pour les travaux d'une palanquée de pionniers farfelus : Philippe Taillez, Frédéric Dumas et Jacques-Yves Cousteau... Ces « Mousquemers » utilisent le fameux scaphandre autonome Cousteau-Gagnan, et réalisent les premiers films sous-marins en enfermant leurs caméras dans des pots à confiture ! Bientôt, ils fouillent les épaves antiques dont les fonds marseillais sont truffés, et définissent, à grand renfort d'expériences, les bases de la plongée sous-marine actuelle. Depuis ces temps héroïques, « Marseille la Bleue » s'impose comme la grande Mecque de la plongée sous-marine française.
- La météo : le beau temps améliore la qualité de la plongée. Période idéale : entre juin et novembre, avec température très confortable de 18 à 25 ° C, en surface (au fond, l'eau est plus froide). Attention aux rafales cinglantes du mistral et du vent d'est.
- La profondeur : un handicap, car très rapidement importante. Si plonger sur une roche permet, en général, de se maintenir à des petites profondeurs (ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi !), l'exploration des épaves - entre 40 et 60 m de profondeur - n'est réservée qu'aux seuls plongeurs aguerris.
- La visibilité : excellente ! 20 m en moyenne. Sachez que l'eau est cristalline autour des îles et souvent trouble sur les épaves.
- Les courants : ils sont bien localisés, mais peuvent être violents et conduire à l'annulation de la plongée. Donc méfiance !
- Matériel recommandé : une combinaison de 5 mm d'épaisseur, avec cagoule, s'impose. Des gants pour protéger vos « patounes » sur les épaves (tôles coupantes). La lampe-torche est indispensable pour voir les couleurs, fouiller dans les trous et être remarqué de vos équipiers. Les plongeurs confirmés prévoiront également un parachute de palier, si le bateau de plongée ne peut pas s'ancrer.
- Vie sous-marine : concentrée à certains endroits où elle est très riche. Votre moniteur vous familiarisera avec les beautés et pièges des fonds méditerranéens, tout en dégotant les choses intéressantes à voir. Certaines espèces affichent une présence systématique sur les spots : posidonies, gorgones, anémones, éponges, girelles, congres, murènes, sars, castagnoles, saupes, loups, rascasses... Actuellement, le mérou - poisson débonnaire et curieux - revient en force sur tous les spots de Méditerranée.
Spots
Voici quelques spots pour plonger dans la légende !
- Autour de l'île Riou : Les Impériaux, La Grotte à Corail, Le Liban et les Farillons, Les Moyades, La Pointe.
- Autour de l'île de Planier : le cargo Chaouen, le cargo Dalton , L'avion Messerschmitt 109
- En rade de Marseille :le voilier trois mâts Le Saint-Dominique et le transporteur La Drome.
Fêtes et manifestations
- En mars : le Carnaval. À cette occasion, les chariots thématiques et leurs personnages bigarrés déambulent jusque sur la Canebière.
- En juin : le Cinestival. Une semaine de promotion du cinéma, de nombreuses avant-premières sont accessibles, dans toutes les salles, pour le prix d'un billet Scoop. Le 21 juin, place à la Fête de la Musique, où les groupes investissent trottoirs, places et devantures de cafés (Castellane, cours d'Estienne-d'Orves, Vieux-Port...). La Massalia : grand spectacle de rue gratuit qui retrace l'histoire de Marseille. A lieu tous les deux ans (années paires).
- En juillet : au début du mois, la cité rime avec liberté d'aimer. La Lesbian & Gay Pride s'y décline en effet en une longue marche à travers les rues et une soirée de clôture au Dock des Suds.
- En septembre : pour la Fête du Vent, les Marseillais ont rendez-vous sur les plages du Prado pour célébrer le vent et ses ambassadeurs, les cerfs-volants.
- En octobre : de son côté, la Fiesta des Suds ouvre ses portes au coeur des anciens docks de la ville. Ses soirées thématiques, développées autour des musiques et cultures latines, rencontrent un large succès populaire.
- En décembre : sur la Canebière et les Allées de Meilhan, c'est le temps de la foire aux santons, ces petites figurines d'argile qui décorent la crèche de Noel. Illuminations et spectacles agrémentent ce marché qui est le plus vieux de Provence (un peu plus de 200 ans).
Festivals
- Festival de Musique à Saint-Victor : de septembre à décembre. Cher aux mélomanes, il programme, en son abbaye, des concerts de qualité
- Le Festival de Musique sacrée : de fin avril à fin mai. Il offre au public un répertoire d'oeuvres majeures interprétées en l'église Saint-Michel.
- Le Festival international des Musiques d'aujourd'hui : de mai à juin, il investit plusieurs lieux culturels de Marseille (TNM La Criée, église Saint-Laurent...) pour rendre hommage à la création contemporaine.
- Le Festival de Marseille : en juillet. Dédié aux arts vivants, à la danse, à la musique et au théâtre, il propose un programme éclectique en des lieux magiques (Vieille-Charité, Théâtre de la Sucrière...).
- Et en été, place à l'éclectisme des goûts, par le biais de Musiques à Bagatelle (fin juin-début juillet) et ses concertos classiques à savourer sous les étoiles (prévoir plaid et siège pliant), du Festival de Jazz des 5 Continents (juillet), organisé dans le cadre enchanteur des jardins du Palais Longchamp, et du Festival Marsatac (septembre), donné à l'Espace Saint-Jean, qui présente l'essentiel des tendances actuelles ( électro, house, hip hop...).
- le Festival Ciné Plein Air : de juin à août, et ses projections au clair de lune.
- Le Festival international du film documentaire : fin juin-début juillet ; dédié à la promotion de ce genre de plus en plus prisé, il présente aussi bien fictions que reportages télévisuels.
- Le Festival international de folklore : en juillet, à Château -Gombert, un festival qui n'a pas pris une ride malgré le temps et les années.
- Les Nuits Caroline : en juillet, musique, danses et contes à l'hôpital Caroline sur l'île du Frioul. Un cadre superbe.
Les musées
Marseille est devenue la plus importante ville de France, après Paris, bien sûr, en ce qui concerne les musées. Collections antiques, collections ethnographiques, arts classique, moderne et contemporain, mode, traditions, tout est représenté à Marseille. Le City Pass donne accès aux 14 musées municipaux (expositions permanentes) et nombreuses réductions (entrée à demi-tarif dans les cryptes de saint Victor, dégustation de navettes au four des Navettes, tarif réduit pour les spectacles proposés par le Festival de Marseille en juillet...). Renseignements auprès du Service Culturel de l'Office du Tourisme.
- Le jardin des Vestiges et le musée d'Histoire de Marseille : en 1967, lors de travaux d'aménagement du quartier de la Bourse, on fit une découverte extraordinaire : l'ancien port, rien de moins. Jusque-là, les historiens ne disposaient pratiquement d'aucun vestige, indice ou trace de Massalia. Aujourd'hui, on peut admirer la belle ordonnance du quai en pierre de taille, réédifié par les Romains à partir de matériaux pris aux monuments grecs locaux, ainsi qu'un rempart, une voie dallée, une nécropole, etc. En prime, on découvrit même en 1974 un magnifique bateau du IIIe siècle apr. J.-C. Ainsi, pendant tant de siècles, les Marseillais marchèrent sans le savoir sur leur propre histoire...
En complément de ces vestiges, le musée d'Histoire de Marseille, juste à côté, apparaît comme leur prolongement naturel. Expositions temporaires et présentation didactique de l'histoire de Marseille dans un cadre moderne, aéré, extrêmement agréable. Évocation des origines grecques de la cité : maquette de Massalia réalisée grâce aux écrits d'Aristote et des fouilles. Nombreux témoignages de l'époque romaine, bornes, cippes, mosaïques, etc. Reconstitution d'un four de potier, amphores, lingots de cuivre et étain. Exposition de l'épave lyophilisée du navire du IIIe siècle trouvé dans le port et d'une barque de pêche datant du VIe siècle av. J.-C.
- Le centre de la Vieille-Charité (incluant le musée d'Archéologie, le MAAOA, musée d'Arts africains, océaniens et amérindiens, la chapelle et les salles du rez-de-chaussée) : la Vieille-Charité, l'une des plus belles œuvres de Pierre Puget, est l'une des rares qui lui aient survécu. Superbe témoignage de l'architecture civile du XVIIe siècle, réalisée initialement pour l'enfermement des vagabonds. La chapelle centrale se révèle comme l'un des plus beaux édifices baroques français. La Vieille-Charité fut utilisée comme caserne au XIXe siècle, puis abandonnée à son triste sort. Elle menaçait de tomber en ruine quand Le Corbusier attira l'attention des autorités sur ce chef-d'oeuvre. Elle fut classée Monument historique, et les travaux de rénovation durèrent plus de quinze ans. Aujourd'hui, tout le monde peut admirer sa lumineuse pierre rose et ses harmonieuses proportions à l'occasion des expositions qui s'y tiennent.
- Le musée des Beaux-Arts : situé dans l'aile gauche de l'imposant palais Longchamp. Un édifice original et étonnant (certains diraient de style grandiloquent), inauguré en 1869. La composition centrale symbolise la Durance et ses affluents, entourés de la vigne et du blé. Le musée mérite une visite. L'escalier monumental est décoré de grandes huiles sur toile de Puvis de Chavannes : Marseille colonie grecque et Marseille porte de l'Orient (1862). On peut admirer des peintures de l'école flamande, italienne et française des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Belles oeuvres de Rubens. Nombreuses peintures de l'école provençale du XIXe siècle, que les Marseillais considèrent comme leurs impressionnistes : Guigou, Loubon, Ziem, Monticelli. Intéressante petite collection de bronzes de Daumier (36 bustes de parlementaires sous Louis-Philippe). De Pierre Puget, de jolis marbres : Louis XIV à cheval.
- Le musée de la Faience : château Pastré, à l'écart du centre-ville (8e arrondissement). Entre l'entrée principale (route) et le château, il y a un chemin long d'un kilomètre à parcourir à pied ou à bord d'un petit train. Installé dans une vaste et élégante bastide, au coeur d'un parc de 120 ha, appelé la campagne Pastré, où furent données quelques-unes des fêtes les plus folles du Second Empire. Pendant l'Occupation (1940-1944), la comtesse Pastré, la propriétaire (une héritière de l'entreprise Vermouth), y organisa des concerts et des spectacles pour protester contre l'occupant. Ses héritiers ont vendu la propriété en 1974. Le château a retrouvé sa splendeur grâce à quelques passionnés et à la mairie de Marseille. Plus de 1 500 céramiques y sont exposées, du Néolithique à nos jours, rappelant que Marseille a longtemps été l'un des plus prestigieux centres faienciers de France.
Shopping
Savon de Marseille
Il tient une place importante dans le top 50 des spécialités de Marseille. Production artisanale avant de devenir industrielle, il a contribué à la gloire de la cité. Bien que Colbert ait institutionnalisé son appellation dès 1688, l'apogée de sa production se situe au XIXe siècle, éparpillée en petites entreprises souvent familiales. Aujourd'hui, le savon est encore fabriqué de manière artisanale à la savonnerie du Sérail et empaqueté de bien jolie manière chez la Compagnie de Provence. Sachez que l'authentique savon de Marseille est 100 % naturel, fait exclusivement à partir d'huile végétale de coprah, de palme et d'olive, sans aucun colorant ni adjuvant de synthèse. Il doit impérativement contenir 72 % d'huile, pourcentage estampillé sur chaque cube de savon.
Boules de pétanque
Objets incontournables, les fameuses boules de pétanque. Ce sport est né à La Ciotat où l'on imagina, dès les années 1900, de jouer les pieds « tanqués », c'est-à-dire joints. « Tu pointes ou tu tires ? ». Cette phrase, maintes fois répétée, est connue aujourd'hui de tous les boulistes. La Boule Bleue aussi, dernière fabrique artisanale de Marseille, qui tire son nom de la boule en acier bleuté créée en 1947. Des premières boules en bois cloutées de 1904 aux modèles de compétition actuels, cette entreprise familiale fait du sur-mesure et de la personnalisation en les gravant à votre nom.
Tarot de Marseille
Au rayon insolite, n'oubliez pas le tarot de Marseille (si cher à André Breton et aux surréalistes), à découvrir à plus d'un titre : pour le jeu de cartes en lui-même, ses illustrations et son utilisation dans l'art divinatoire par le biais de 78 cartes divisées en arcanes majeurs et mineurs (bateleur, papesse, chariot, épées...).
Santons
Le santon traditionnel de Provence est fait en argile cuite, dans un style naif et rustique. Les amateurs de querelles de clochers noteront qu'Aubagne et Marseille se disputent le titre de capitale du santon. On vous dira ici que c'est Lagnel, un Marseillais, qui inventa le santon au XVIIIe siècle. Les premiers santons, produits à Marseille, le furent dans les ateliers du quartier du Panier. Compter de 10 à 150 , pour un santon, selon la taille et la beauté du motif.
Gastronomie
Produits locaux
Confiseries, friandises, biscuits
Au rayon des spécialités « souvenirs » - hélas périssables -, citons les traditionnels croquants marseillais (friandises aux amandes), les navettes,e siècle, le secret de la fabrication des navettes est jalousement gardé. Quant à leur aspect, en forme de barquettes, il évoque la légende des « Saintes Maries » (Marie-Madeleine, Marie-Salomé, Marthe et Saint-Lazare) qui arrivèrent, dit-on, en bateau depuis la Terre Sainte, sur les côtes phocéennes. Les marins marseillais en emportaient en mer car les navettes se conservent bien. Citons aussi les macarons, les marrons glacé et les colombiers (biscuits ovales aux amandes et fruits confits dissimulant une colombe à l'intérieur). Enfin, dernières nées des confiseries marseillaises, les marseillottes allient cœur de miel et d'amandes, écorces d'orange confites et délicate saveur d'anis, le tout enrobé de fin chocolat. des biscuits fleurant bon la fleur d'oranger. Depuis le début du XIX
Huile d'olive, miel
Fille de Provence, l'huile d'olive se conserve beaucoup mieux et plus longtemps que les autres. Rangée à l'abri de la lumière, elle garde ses qualités pendant au moins deux ans. En Provence, elle bénéficie actuellement de quatre AOC, celle du Pays d'Aix donnant une huile de grand caractère. Tout aussi réputés, les miels de Provence, fleurons du patrimoine gastronomique régional, sont particulièrement appréciés des connaisseurs pour leurs saveurs fortement aromatiques et leurs odeurs exhalant toutes les senteurs de la garrigue (miel mille fleurs, de lavande ou de romarin).
Pastis
Autre souvenir à rapporter du Midi. Cet apéritif saura mettre le feu aux poudres à l'occasion d'un repas entre amis. Le « pastaga » est né de l'imagination de Paul Ricard qui élabora cette mixture dans l'arrière-boutique de son père. Aujourd'hui, cette boisson à base d'anis vert, vanille, cannelle et alcool à 90o, se prête à de nombreux mélanges : perroquet (sirop de menthe), tomate (grenadine) et mauresque (sirop d'orgeat).
Merveilles de bouche
Depuis quelques années, certains journalistes écrivent que « les cuisines régionales redeviennent à la mode ». Ici, cela n'a jamais cessé d'être. Simples et généreuses, les recettes marseillaises figurent parmi les plus variées et les plus parfumées de France. Elles aiment les produits frais et les herbes de Provence, leurs meilleurs complices en terme de saveur.
La bouillabaisse
A Marseille, on a coutume de dire que les poissons vivent dans l'eau et meurent dans l'huile d'olive. Une règle appliquée à la lettre pour la fameuse bouillabaisse. Le mot vient du provençal « boui-abaisso » : ça bout et on abaisse le feu. Quand on songe que ce plat était à l'origine celui des pêcheurs, fait à partir de poissons trop petits ou abîmés pour être vendus, et qu'il fait l'objet aujourd'hui d'une charte de qualité... Sachez que, comme le dit la chanson : « Pour faire une bonne bouillabaisse, il faut se lever de bon matin. » Et, si possible, commander à l'avance les poissons de roche qui entreront dans sa composition. Plusieurs variétés sont en effet nécessaires qui, une fois bouillis et roussis à l'huile d'olive, seront servis entiers avec une rouille, des pommes de terre et des tranches de pain grillé. Et si cette recette connaît, le long du littoral, de très nombreuses variantes (avec des seiches à Martigues), la plus renommée reste celle de Marseille.
Les pieds et paquets
Ou pieds-paquets comme on dit dans le vocabulaire populaire. Autre plat typiquement marseillais. Il s'agit de petits carrés de panse de mouton (ou d'agneau) minutieusement roulés en paquets et farcis de petit salé, ail et persil. Accompagnés de pieds de mouton (ou d'agneau), ils mijotent très longuement avec du vin blanc et plus ou moins de tomates, selon les recettes familiales. La tradition dit que plus les paquets sont petits, meilleure est la cuisinière, tant ce travail est délicat. Pour la petite histoire, sachez que c'est un cuisinier du quartier de la Pomme, Ginouvès, qui élabora cette recette au XIXe siècle : s'inspirant de la panse de mouton farcie que l'on préparait en Écosse et des fameuses tripes à la mode de Caen faites à partir de boeuf, il s'aperçut que les abats d'agneau étaient beaucoup plus fins et décida de les accompagner de pieds de mouton. Une association, La Charte des pieds et paquets marseillais, a même été créée, en 1993, par des restaurateurs et personnalités de cette ville, comme un gage très sérieux de qualité
L'aioli
Toujours et encore une affaire de Marseillais. C'est une sorte de mayonnaise à l'ail finement pilé avec de l'huile d'olive, accompagnée de morue et de légumes de saison bouillis (carottes, pommes de terre...). L'aioli se déguste, en été, dans les fêtes de villages (où il fait l'objet de vrais concours), mais aussi pour certaines fêtes religieuses (le Vendredi saint à Marseille, le Mardi gras à Grans). Plus simplement, il s'apprécie dans les cabanons marseillais et bastidons aixois. Une seule règle d'or, pour éviter certains désagréments : de la mesure, une gousse par personne suffisant amplement (dans le cas contraire, sucer un grain de café pour se débarrasser d'un goût trop prononcé...).
L'anchoiade
Réalisée à partir d'anchois écrasés que l'on fait fondre dans l'huile d'olive, plus légère que l'aioli, elle accompagne toutes sortes de crudités.
La soupe au pistou
Pour les longues soirées d'été, rien de tel qu'une bonne soupe au pistou, faite de légumes et agrémentée d'une pommade à base de basilic et d'ail pilés, ainsi que d'huile d'olive.
Les pizzas de Marseille
Enfin, témoignant de la diversité de ses cultures, la cuisine marseillaise s'enrichit, au fil des ans, de recettes hétéroclites et succulentes. C'est ici que vous dégusterez la meilleure pizze (le « a » ne se prononce pas) de votre vie, dotée, si elle est cuite au feu de bois, d'une saveur incomparable.
Des saveurs venues d'Orient
Marseille, c'est aussi la capitale française des chiches-kebabs, keuftés, couscous, tajines et autres pâtisseries orientales. Sans oublier la fameuse kémia, servie à l'heure de l'apéro, qui connaît une variante hispanisante sous la forme des tapas, assortiments de petites entrées (pois-chiches, anchois, olives pimentées, poivrons marinés...) servies sur un plateau.
Transports
Transports en commun
Une fois arrivé dans Marseille, laissez votre voiture et partez à la découverte des quartiers de la ville à pied et en transports en commun. De toute façon, circuler dans le centre-ville est vraiment difficile pour un non-Marseillais... Grand chambardement à Marseille : le nouveau tramway est entré en fonction à l'automne 2007, entre Euroméditerranée et les Caillols. Il devrait être prolongé en 2008. Infos : www.le-tram.fr
- Métro : très pratique. Deux lignes en service, ainsi qu'une ligne de tramway. Les métros circulent de 5 h à 21 h (0 h 30 les vendredi et samedi). Ligne 1 : De « La Rose » à « La Timone ». Ligne 2 : De « Bougainville » à « Sainte-Marguerite Dromel ». La gare Saint-Charles et la place Castellane sont desservies par les deux métros.
- Bus : 81 lignes.
- La nuit, un réseau Fluobus circule jusqu'à 0 h 45 (11 lignes).
- Tickets : possibilité d'acheter une carte Journée, 3 jours ou la carte Liberté valables sur tout le réseau (métro, bus et tramway). On se les procure dans les stations de métro équipées de distributeurs ou chez les commerçants agréés RTM. Sinon, les billets se vendent 1,70 à l'unité. Correspondance bus-métro et ticket valable 1 h.
Taxis
Faites-vous préciser la course avant de vous embarquer. Attention, les plaintes concernant des arnaques au kilomètre ou des refus de course se multiplient, soyez vigilant et patient. Compter 40 de l'aéroport vers le centre.
Aéroport et gares
- SNCF Gare Saint-Charles : au coeur de la ville, au-dessus du Vieux-Port.
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- Aéroport Marseille-Provence : à Marignane, à 25 km vers l'ouest. Accès par l'autoroute A55. Aéroport international, qui dessert toutes les grandes villes françaises et un certain nombre de destinations en Europe et dans le monde.
- Navette pour l'aéroport : départ de l'esplanade devant la gare Saint-Charles pour l'aéroport de Marseille-Provence. Toutes les 20 mn de 5 h 30 à 21 h 50. Dans le sens aéroport-Marseille, de 6 h 10 à 22 h 50, toutes les 20 mn. Billet : 9 euros.
- Gare routière : 3, rue Honnorat, 13003. À côté de la gare SNCF Saint-Charles. Pour Aix-en-Provence : bus toutes les 10 mn de 5 h 50 à 23 h 50. Pour Cassis et Aubagne et La Ciotat: départs de Castellane, à l'angle de l'avenue Cantini et de la rue du Rouet.
- Gare Maritime de la Joliette : Parvis de la Joliette.
Un peu d'histoire
La fille de Phocée
Mythe ou réalité, Massalia semble avoir été fondée vers 600 av. J.-C., à la suite du mariage de Protis le Phocéen (Grec d'Asie Mineure) avec Gyptis la Ségobrige (un peuple celto-ligure). Comment rêver d'un mythe fondateur mieux adapté à ce qui sera pendant vingt-six siècles la vocation même de Marseille : l'ouverture au monde ? En trois siècles, la ville se met à exercer un véritable rayonnement sur la région, avec une forte vitalité navale, commerciale, culturelle et scientifique. Alliée des Romains, Massalia refuse de choisir César contre Pompée. Au terme d'un siège, les habitants doivent pourtant capituler devant César en 49 av. J.-C., lequel établit sa domination sur la ville, rebaptisée Massilia. Au Ve siècle, la cité connaît une embellie spirituelle avec l'arrivée de Jean Cassien, un moine voyageur qui installe deux communautés monastiques. Désormais en charge des lettres grecques et latines, l'Église va préserver tant bien que mal des bribes de culture classique jusqu'au redressement matériel et intellectuel des XIe et XIIe siècles.
Du pouvoir communal au rattachement national
À partir du XIIIe siècle, la commune s'affirme quelque temps selon le modèle italien sous l'impulsion des négociants et grâce à l'accroissement du trafic portuaire. La ville se montre fidèle à son principal représentant, le roi René. Entre-temps, Marseille a édifié un important chantier de constructions navales et renforcé ses liens maritimes avec le Levant. Au XVe siècle, la rivalité maritime qui l'oppose aux Catalans mène à la catastrophe de 1423. L'escadre du roi d'Aragon débarque en plusieurs points, s'empare de la ville et la livre au pillage pendant quatre jours. Un moment abandonnée par nombre de ses habitants, la ville se rétablit assez vite. Elle reprend ses activités maritimes, bénéficiant de l'installation des foires de Lyon qui lui offrent de nouveaux débouchés. Jacques Coeur, argentier de Charles VII et armateur d'une importante flotte, vient s'y établir pour commercer avec le Levant. S'ouvrent alors trente-cinq années d'expansion commerciale et économique qui préludent au rattachement de Marseille et de la Provence au royaume de France. C'est aussi le moment où Massilia prend son nom moderne de Marseille.
Soumise ou insoumise
Aux XVIe et XVIIe siècles, Marseille entretient des rapports ambigus avec le pouvoir royal. Elle se montre fidèle à François Ier, qui la dote des fortifications de Notre-Dame-de-la-Garde et du château d'If. La cité tire profit des échanges commerciaux fructueux entre le monde méditerranéen et l'Europe continentale. Les relations privilégiées que la France initie avec l'Empire ottoman vont assurer la fortune de la ville jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. En janvier 1596, Marseille se place sous la protection de Philippe II d'Espagne et se prépare à soutenir un siège face aux troupes du duc de Guise, comte de Provence. Mais un complot intérieur aboutit à la soumission des Marseillais à Henri IV, qui se serait alors écrié : « C'est maintenant que je suis roi de France ! » Rentrée dans le rang, Marseille connaît une nouvelle prospérité grâce à l'édit de Colbert (1669) qui lui accorde le monopole du commerce du Levant. La ville sort enfin de ses anciens remparts pour tripler de superficie. Elle se dote de nouvelles promenades et d'ensembles monumentaux, brille dans les sciences de la vie et de la nature, dans l'architecture, l'astronomie, la faience, l'opéra …
La Grande Peste de 1720
En juin 1720, cet élan marseillais est brusquement brisé par la Grande Peste. La ville paye un lourd tribut au fléau venu du Levant, qui tue en quelques mois 40 000 Marseillais, soit la moitié de la population. Heureusement, en quelques années, la cité portuaire opère un redressement démographique spectaculaire qui, grâce à l'accueil de nombreux immigrés de l'intérieur ou étrangers, renforce son cosmopolitisme. Ses navires retrouvent le chemin du large, pour achever d'en faire le premier port méditerranéen. L'embellie architecturale témoigne de l'enrichissement d'une ville vouée au grand commerce maritime et international. La création de diverses Académies affirme aussi cet élan culturel qui s'inscrit dans le mouvement général des Lumières.
Troubles et difficultés : la période révolutionnaire
Tôt entrés en Révolution, les Marseillais lèvent en juin 1792 un bataillon de volontaires pour défendre Paris face aux Autrichiens. Au terme d'une marche d'un mois, au cours de laquelle ils font entendre la Marseillaise, les volontaires arrivent triomphalement à Paris et deviennent, le 10 août, les héros de la prise des Tuileries et de l'effondrement de la monarchie. Mais un an et demi plus tard, compromise dans le mouvement fédéraliste, la ville est mise au ban de la Nation par les Jacobins : pendant un mois, début 1794, Marseille devient officiellement la « Ville sans nom » ! Et la période qui suit reste fertile en événements douloureux : répressions, démolitions de bâtiments, pénurie, chute démographique... Un fort courant libéral et une large tolérance vis-à-vis des minorités religieuses soufflent durant tout le siècle sur la ville. Marseille se met à rêver de République : elle s'insurge contre la Monarchie de Juillet puis s'oppose à Napoléon III. Sous la République modérée, elle sera l'une des premières villes en France à voter pour une municipalité socialiste.
Rêves et triomphes : le Second Empire
De 1830 à 1880, Marseille connaît pourtant un essor remarquable qui lui fait sérieusement envisager de devenir l'une des capitales économiques du monde, à l'égal de Londres ou de New York. Sous la Monarchie de Juillet, la ville a entrepris de profondes mutations. Ses industries traditionnelles se modernisent et se développent, ainsi que sa chimie, ses constructions mécaniques et navales, entraînant l'essor rapide de sa navigation à vapeur et de ses grandes compagnies qui poussent leurs relations sur toutes les mers du monde. Sous le Second Empire, la ville se dote de grands édifices publics. De multiples et luxueux lieux de spectacles s'installent autour de sa Canebière. Le mythe d'un farniente généralisé se développe et ternira bientôt l'image des Marseillais, injustement accusés d'inculture et de dépravation, sans compter leur égocentrisme provincial.
La ville 1900 et les immigrés
Au coeur d'un siècle qui voit sa population quintupler pour atteindre 500 000 habitants autour de 1900, Marseille reçoit des flots continus de nouveaux arrivants attirés par son intense activité. Parmi eux, les plus nombreux sont italiens (près de 20 % des habitants en 1900). Venus offrir leurs bras aux grands travaux, ils vivent dans des conditions précaires, en butte à la misère, aux tentations de regroupement et d'enfermement intra-communautaire, au rejet parfois brutal d'une population qui redoute leur concurrence sur le marché du travail. Cette incompréhension n'empêchera pas, en définitive, les Italiens de Marseille de devenir peu à peu les plus fervents des Marseillais.
À l'épreuve du XX e siècle
Le dernier siècle a laissé des traces profondes dans la mémoire des Marseillais. Des réalisations spectaculaires ont marqué l'imaginaire : fêtes du XXVe centenaire et fondation de l'Olympique de Marseille en 1899 ; érection du pont Transbordeur en 1904 ; organisation des deux premières Expositions coloniales de France… Cité refuge, Marseille reçoit dans les années 1920, par dizaines de milliers, des Arméniens, des Grecs, des Italiens, et, plus tard, des juifs d'Europe centrale échappés du nazisme. La ville fait aussi rire et chanter la France entière sur les airs d'opérette d'Alibert et Scotto célébrant la galéjade, le pastis, les boules et l'aioli. Mais c'est une ville perdue de réputation par son cosmopolitisme jugé négatif, par la mainmise de la pègre , par la frivolité de son farniente et l'incurie supposée de ses édiles qui aboutit à la mise en tutelle de sa municipalité en mars 1939 et jusqu'en 1946. Une mauvaise réputation très chèrement payée en 1943 par la destruction « exemplaire » des vieux quartiers de la bordure du Vieux-Port, désignés comme des nids de clandestinité en tout genre. Elle marque la prise en main de la zone sud par les autorités allemandes appuyées sur la collaboration française et la fin des années où le port avait servi de repli aux intellectuels et artistes pour leur fuite vers l'Amérique.
Marseille aujourd'hui
Pendant la seconde moitié du siècle, la ville subit de plein fouet les mutations du port et des techniques, ainsi que le développement pétrolier et sidérurgique de Fos (à 50km à l'ouest, sur l'Etang de Berre). S'ensuit dès lors une grave crise d'adaptation économique et humaine avec la disparition des industries traditionnelles, la perte de colonies et la nécessité d'absorber dans l'été 1962 plus de 100 000 pieds-noirs, tandis que les Maghrébins, venus eux aussi en grand nombre, subissent les rejets xénophobes. L'apparition des cités transforme le cadre de vie : le coeur de la ville se déprécie, tandis que les cafés, les théâtres puis les cinémas ferment en raison de la crise économique des années 1970-1980. La ville de Gaston Defferre, qui en sera maire de 1953 à 1986, n'en marque pas moins quelques points : Cité radieuse du Corbusier, hôpital Nord, premier CHU de France, équipements du métro, installation des technopoles de Luminy et Château-Gombert... Mais elle rate sa communauté urbaine et s'affaiblit économiquement, démographiquement et médiatiquement.
Une fois encore, pourtant, le sursaut n'est pas loin. L'embellie est d'abord culturelle avec les ballets Roland Petit et l'ouverture du théâtre de la Criée. Depuis peu, Marseille retrouve son ancienne passion pour le spectacle : les théâtres se multiplient, les créateurs reviennent à la une, souvent avec une nouvelle verve populaire (IAM, Massilia Sound System)... parfois avec l'humanité de clichés revisités et surpassés (Izzo, Guédiguian...). La réussite des grandes fêtes populaires et multi-ethniques de la Coupe du monde de football en 1998, du 26e centenaire en 1999 et du troisième millénaire confirme l'attrait qu'exerce désormais la ville sur les jeunes générations. Marseille, qui s'est découvert un nouveau passé de 260 siècles avec la grotte Cosquer (1991), peut désormais rêver d'un autre futur avec Euromed qui, depuis son lancement en 1995, promet de brûler les étapes d'une relance urbaine et économique à l'échelle du IIIe millénaire.
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