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Nord Pas de Calais

Nord-Pas-de-Calais

Drapeau France





À propos du Nord-Pas-de-Calais grouillent des images rouillées de ruines industrielles autour de cheminées qui ne crachent que du vide, de ports battus par des vents trop forts et de villes noyées dans les brumes. Ces images sont réductrices parce que le Nord-Pas-de-Calais, ce sont aussi et surtout les moulins qui accueillent des quatre bras, les beffrois du Moyen Âge qui carillonnent les heures, les bocages de l'Artois, les cathédrales immobiles de vie portant la foi des bourgeois et des charbonniers. Et c'est le sable le plus fin qui soit le long des grèves et des dunes de Malo et de la Côte d'Opale, c'est l'émeraude des champs de houblons et l'or des blés qui ondulent. C'est Lille et ses rues plus âgées qu'elle, les falaises du cap Gris-Nez et du cap Blanc-Nez, l'Avesnois qui sent la Normandie et la Fagne qui sent la Suisse, Arras et son beffroi, Saint-Omer et ses marais, Calais et ses bourgeois. Quant à la chaleur humaine, les gens du Nord brûlent.

Carte d'identité

Nord

- Superficie : 5 742km².
- Population : 2 555 000 habitants (4 % de la population française).
- Préfecture : Lille (220 000 habitants).
- Sous-préfectures : Valenciennes, Dunkerque, Douai, Avesnes-sur-Helpe et Cambrai.
- Economie : trafic portuaire, sidérurgie et aluminium à Dunkerque, automobile à Douai, Maubeuge et Valenciennes, secteur tertiaire, vente par correspondance, grande distribution, nouvelles technologies, troisième pôle bancaire à Lille et sa métropole.

Pas-de-Calais

- Superficie : 6 751km².
- Population : 1 451 600 habitants.
- Préfecture : Arras (43 600 hab.).
- Sous-préfectures : Béthune, Boulogne-sur-Mer, Calais, Lens, Montreuil-sur-Mer, Saint-Omer.
- Villes principales : préfecture, Arras ; sous-préfectures, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Calais, Lens, Montreuil-sur-Mer, Saint-Omer.
- Economie :agriculture (betterave, céréales, endive, chou-fleur, cresson),agroalimentaire, pêche, logistique, industries mécanique et automobile, textile (dentelle de Calais).
- Transit maritime (ferries et tunnel sous la manche) : plus de 30 millions de passages par an.
- Tourisme : environ 9 millions de touristes chaque année.

Infos pratiques

Adresses utiles

- Comité régional de tourisme du Nord-Pas-de-Calais : 6, place Mendès-France, BP 99, 59028 Lille. Tél. : 03-20-14-57-57. Fax : 03-20-14-57-58. E-mail : contact@crt-nordpasdecalais.fr. Internet : www.crt-nordpasdecalais.fr. Pour toute demande de documentation gratuite.
- Comité départemental du tourisme du Nord : 6, rue Gauthier-de-Châtillon, BP 1232, 59013 Lille Cedex. Tél. : 03-20-57-59-59. Fax : 03-20-57-52-70. Internet : www.cdt-nord.fr. Documentation très complète et accueil pro.
- Comité départemental du tourisme du Pas-de-Calais : route de La Trésorerie, 62126 Wimille. Tél. : 03-21-10-34-60. E-mail : cdt.doc@pas-de-calais.com. Internet : www.pas-de-calais.com.

Gîtes de France

- Gîtes de France : pour tout renseignement ou toute réservation, s'adresser au 359, boulevard du Président-Hoover, BP 1210, 59013 Lille Cedex. Tél. : 03-20-14-93-93. Fax : 03-20-14-93-99. E-mail : gites.de.france.nord@wanadoo.fr.
- Relais départemental des Gîtes de France du Nord : , 89, boulevard de la Liberté, 59013 Lille. Tél. : 03-20-14-90-00. Internet : www.gites-de-france-nord.com.
- Relais départemental des Gîtes de France du Pas-de-Calais : route de La Trésorerie, 62126 Wimille. Tél. : 03-21-10-34-80 ou 40 pour les réservations). Fax : 03-21-30-04-81. E-mail : gitesdefrance@pas-de-calais.com. Internet : www.gites-de-france.fr.

Carte internationale des auberges de jeunesse (FUAJ)

Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.

Carte internationale d'étudiant (ISIC)

Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport …), l'hébergement, la culture, les loisirs ...
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.

Activités

Jeux traditionnels

Les jeux où l'on fait donner les animaux

- Les combats de coqs : devenus une tradition ancrée dans les Flandres sous Napoléon III. Une première loi les interdit tout à fait en 1963. Mais la fédération des coqueleux se battit bec et ongles et obtint, par une loi de 1964, des dérogations pour les localités où cette pratique était coutumière. Aussi, on peut encore voir l'organisateur d'un combat de coqs monter un ring aux proportions des guerriers emplumés. Les ergots sont remplacés par des dards d'acier. L'affaire commence. Et se termine par la mort d'un des coqs.
- Les pigeons voyageurs : tradition moins violente donc. Les coulonneux (éleveurs de coulons - « pigeon » en ch'ti) sont le plus souvent des mineurs à la retraite, les derniers ouvriers du textile, des dockers ou des petits fonctionnaires. C'est un jeu traditionnel des petites classes laborieuses. On lâche les oiseaux depuis loin, jusqu'à huit cents ou mille kilomètres. Et le premier pigeon arrivé à la maison gagne le prix, parfois important.
- On citera en passant le concours de pinsons dans la catégorie des jeux d'animaux. C'est à celui qui alignera dans le moins de temps le plus de trilles.
- Les concours de chiens ratiers. Coeurs sensibles s'abstenir. On introduit dans une cage, où trottent éperdument trois rats, un chien. Le chien tue les rats. Chrono. Puis rebelote avec trois autres rats et un autre chien. Rechrono. Et ainsi de suite. Le gagnant est le tueur le plus rapide.

Les jeux de lancer

- Le jeu de bouchons : il s'agit d'abattre des bouchons (aujourd'hui en bois) avec des palets de métal. Grande adresse requise.
- Le jeu de javelot : c'est le jeu de fléchettes en plus grand. Les flèches font soixante centimètres et la cible est un mannequin de paille.
- Le jeu de billon : là, il s'agit de balancer un rond de bois de quatre kilos et d'un mètre de diamètre à neuf mètres, le plus près possible du but, en l'occurrence un poteau.
- Comme jeux de lancer, on citera encore la crosse (qui est l'ancêtre du golf) et les quilles (ancêtres du bowling).

Les jeux de tirs

- Le tir à l'arc : sauf pour le tir en salle, on tire à la verticale.
- Le tir à la perche : en haut de la perche se trouve le papegai. Un papegai gros comme un roitelet. On a vu abattre d'une première volée une prune à trente-trois mètres, par des porteurs de carquois flamands.
- Le tir à l'arbalète : à voir absolument, pour la beauté des instruments et l'adresse exceptionnelle des tireurs. Ils vous feraient bouler un lièvre à la course.
- Le dimanche matin, on entend les « han » des joueurs de bourles qui lancent là-bas, près du café, à l'ombre du bourloise.

Cuisine et boissons

Certes, il n'y a pas de spécificité fort marquée dans la cuisine du Nord ni du Pas-de-Calais. Mais il n'en reste pas moins qu'il y a quand même ici une cuisine dessinée par deux grandes influences. L'influence flamande au nord-est, et l'influence picarde, elle-même sous influence normande, à l'ouest et au sud.
Une cuisine de la mer et une cuisine des champs, avec quatre bases incontournables : le hareng, le lapin, les pommes de terre et la bière.
Les guerres et les immigrations ont ici laissé quelque influence. De l'occupation espagnole, on a hérité de la cannelle ; les Anglais ontl aissé aux bourgeois le Welsh Rarebit, et la classe ouvrière maghrébine du Nord a fait accepter ici comme ailleurs les merguez et les tajines.
Mais cessons de tourner autour de la gamelle, et allons voir de quoi celle-ci est faite.

Les spécialités

- La carbonnade flamande: des morceaux de boeuf braisés avec des oignons, puis cuits lentement dans de la bière de garde à laquelle on ajoute des petits « plus » : une tranche de pain beurrée de moutarde, de la cassonade, du pain d'épice, un régal salé-sucré
- Le chicon: c'est l'endive dans le Nord. En hiver, on le mange en gratin, au jambon (avec béchamel et gruyère râpé), on le farcit, on le déguste en soupe (délicieux avec une pointe de poivre) ou en velouté (avec un peu de mimolette). On peut aussi le servir en salade.
- La couque : petit pain. C'est comme cela qu'on l'appelle à Lille...
- Le craquelin: pain sucré, plein de pépites de sucre. C'est un pain du dimanche, un pain de fête à déguster avec du beurre et du chocolat chaud.
- La faluche : il y a quelques décennies (mais cela revient !), c'était le béret plat des étudiants lillois. C'est aussi un pain rond, tendre, plat et blanc, presque cuit, qu'on fourre avec tout ce que l'on veut ... et spécialement avec le fameux « filet américain », spécialité faite avec de la viande de boeuf hachée et crue à laquelle on ajoute du ketchup, de la mayonnaise, de la sauce anglaise et parfois des câpres. Un régal.
- La gaufre: celles de la pâtisserie Meert fourrées à la vanille de Madagascar ... sont un régal ! De Gaulle en raffolait. Mais il en existe quantités d'autres : la gaufre fourrée (au beurre et à la cassonade) ou gaufre « à gros trous ». On met ce que l'on veut dans les trous : cassonade, beurre, confiture, gelée de groseille ...
- La gougère: petit chou salé au bon goût de gruyère et de muscade que l'on sert avec l'apéritif ou avec une salade verte.
- La goyère: à l'origine, c'est une tarte briochée, très moelleuse, à base de fromage blanc et d'oeufs, sucrée à la cassonade ou au miel. À présent elle se mange plutôt salée comme celle au maroilles.
- Le hochepot: c'est le « pot-au-feu » traditionnel. Chacun a sa recette avec ses viandes et ses légumes : porc (oreille, pied, queue ...), boeuf (poitrine), mouton (poitrine et épaule), oignons, choux, carottes, poireaux, pommes de terre, bouquet garni ... Il est servi très chaud, viandes à part, tout fumant et dégageant des odeurs merveilleuses.
- Les moules-frites : à Lille elles se conjuguent à toutes les sauces : marinière, au vin blanc, à la crème, au curry, à la moutarde, à l'escargot, au basilic, au safran, au cidre, à l'oseille ... et bien sûr, à la bière ! On ne peut y échapper le premier week-end de septembre, lors de la Braderie de Lille, la plus importante d'Europe, les restos font des concours de tas de moules dans la rue !
- Le potjevlesch: 3 ou 4 viandes froides et blanches (lapin, porc, veau, poulet) cuites et servies froides en gelée. Chacun a sa recette : avec citron, baies de genièvre, carottes, thym, laurier, vin blanc, persil... Toujours excellent et frais... et à accompagner de frites pour que la gelée puisse y fondre lentement (toujours de la finesse !)...
- Le waterzoi: à décliner de deux façons ; poulet ou poisson. Mais toujours très « nature » ... Mijoté lentement avec des petits légumes bien frais, sans matière grasse : poireaux, céleri, carottes, pommes de terre.
- Le welsh :une tartine, une tranche de jambon, du cheddar que l'on fait gratiner,et de la bière blanche. Quelquefois, on ajoute un oeuf par-dessus. À servir évidemment avec des frites !

Les fromages

- La boulette d'Avesnes: pâte de maroilles émiettée à l'estragon.
- Le carré du Vinage de Roncq: pâte molle à croûte lavée. Il « pue », mais est si bon ... à découvrir !
- Le ch'ti roux : fromage à la bière de Ch'ti, bière brune du Nord. La couleur orange provient du roucou, épice brésilienne issue d'une écorce d'arbre.
- Le fromage de Belval : un fromage d'abbaye. Ce sont les soeurs qui soignent avec amour ce fromage à déguster toute l'année.
- Le maroilles (AOC) : fromage à pâte molle et croûte lavée dont la technique de fabrication s'apparente à celles du munster et du pont-l'évêque. Fromage qui a du caractère et une pâte à la couleur crème, onctueuse et pleine de saveurs.
- Le vieux-hollande : la «boule de Lille» est une mimolette. La meilleure des mimolettes : «jeune», «vieille extra» avec un si bon goût de noisette, «vieille et cassante» qu'on appelle alors «tête de mort». Affiné à Roubaix.
- Le vieux lille : fromage à pâte molle à croûte lavée, à l'odeur très caractéristique et au goût très ... corsé.

Les bières et autres boissons

- La bière est au Nordiste ce que le vin est aux papes. Sacrée. Il y a cent ans, il restait encore une brasserie par village ou une brasserie par quartier. Aujourd'hui, il y a une brasserie pas même par canton mais par arrondissement. Dieu merci, il reste encore ici et là quelques artisans brasseurs ayant chacun sa méthode, son mélange, son secret, et qui sortent des bières singulières et encore inimitables.
Dans les Nords, depuis les premiers brasseurs qui tournaient le fourquet dans la cervoise jusqu'aux derniers artisans maîtres brasseurs d'aujourd'hui, en passant par les moines brasseurs du haut Moyen Age et par Jean sans Terre, le bourguignon flamand, grand défenseur du houblon, les hommes de l'art ont toujours défendu ceci qu'il fallait cinq choses pour qu'une bière du Nord soit réussie. De la bonne orge (l'utilisation d'autres céréales frôle, selon les puristes, l'hérésie), des cônes de houblon choisis et dosés à la pincée près, pour que l'amertume soit sans tristesse, de l'eau qui n'a connu ni les poissons ni le robinet, et une levure sélectionnée, génération après génération, comme un jardinier sélectionne une rose. Et on a encore tout ça dans le Nord.
Et ça donne des bières sublimes qui ont des idées et qui les gardent. Des catholiques comme l' Angélus ou la Saint-Landelin, des laïques comme la Sans-Culotte ou la bière du Démon (12o). Là, c'est la brume assurée même les jours de grand vent. Ou des plus joueuses ou des plus ludiques comme la Choulette (du nom d'un jeu de crosse) ou la Triboulette (du nom d'un jeu de quilles).
- Le genièvre : c'est la goutte d'ici. À boire avec modération. Alcool de céréales (orge, blé, seigle, avoine) fermenté puis distillé dans un alambic garni de graines de genévrier. Les plus connus sont faits à Loos et à Wambrechies.
- On dira aussi ici un mot du chuchemourette : c'est une boisson à base de cassis et de genièvre. À offrir à votre partenaire, homme ou femme, à la sortie du bal. Érotisme assuré jusqu'au matin.

Culture et traditions

Fêtes traditionnelles

Carnavals et géants

Le Nord-Pas-de-Calais (le département du Nord surtout) a toujours été une région d'excès : excès dans la guerre, excès dans le travail, excès dans les luttes sociales, excès dans l'amitié, alors bien sûr excès dans la fête.
Ainsi, il y a des siècles, avaient lieu dans le Nord-Pas-de-Calais des sortes de fêtes des fous, au mois de la Trinité, qui duraient deux jours. Un défoulement qui convoyait les processions religieuses, un défoulement excessif mais canalisé par le clergé, qui finissait par s'y mêler. La cavalcade était menée par le fou officiel de la ville, encadré par des chanoines qui braillaient en imitant l'âne. Les édiles bourgeois jetaient au peuple des dragées et autres coupe-faim. On perçait gratuitement des tonneaux de vin. Le soir, on repeuplait joyeusement hors mariage dans les bosquets. Deux jours. Et basta !
On pense que ces fêtes médiévales sont à l'origine des carnavals du Nord d'aujourd'hui. Quelques indices : on jette toujours quelque chose à la foule, à la foule déguisée ; on porte toujours quelque chose en procession. Et aujourd'hui, dans les villes du Nord, le carnaval est devenu incontournable.
Ca se passe là-bas dans les temps d'avant Carême, au temps où les terres et le mardi sont gras, au temps du droit à la viande, de l'aval à la carne (d'où « carnaval »). Imaginez cent, mille ... une foule de masques. Travestis en charbonnés, enfarinés, multicolores. Et voilà que depuis le balcon de l'hôtel de ville le bourgmestre - pardon, le maire - lance ses gendarmes sur la foule (rassurez-vous, aucune répression ; là le gendarme n'est ici qu'un autre nom encore du hareng saur).
Et quand le soir les carnavaleux entonnent l'hymne à Jean Bart, on a la chair de poule. C'est les fédérés chantant La Marseillaise. Et quand arrivent ces paroles à la cantate à Jean Bart « Et la cité qui te donnera la vie érigera ta statue en autel ... », le profane devient sacré

Et partout dans le Nord, par ces temps de fête, sortent les géants. Ce sont des personnages de carton pâte, peints dans des couleurs vives où dominent le plus souvent le rouge feu et les jaunes allumés, et armés d'une structure d'osier. La plupart du temps, ils portent des noms liés par un bout de sentiment à la ville.
A quelques exceptions près, les géants sont toujours la représentation des héros profanes de leur cité, ou des laborieux mais positifs moyens de la ville.

Ducasses

La ducasse, c'est la fête patronale du bourg ou du quartier dans le Nord-Pas-de-Calais. « Ducasse » est la contraction du mot « dédicace»(on décidace ce jour au saint de la paroisse). La ducasse du Nord,c'est la kermesse flamande, c'est le pardon breton. C'est un air d'accordéon entre les baraques foraines. C'est le bal populaire, le tour de carrousel, et la cuite des célibataires. Et autrefois, tout le bourg y était, et dansait et trinquait jusqu'à la lueur du matin. Sauf quand même le commis de ferme qui devait quitter à l'heure des bêtes.

Langues, dialectes et accents régionaux

Le picard, de Paris au sud de Bruxelles

La langue picarde est très ancienne. Tout débute par le latin parlé par les envahisseurs romains de Jules César, qui connaîtra ses lettres de noblesse au Moyen Age. Malgré de nombreux combats pour l'anéantir, le vieux langage a toujours été écrit par de grands auteurs.

Du picard au ch'ti : un parler bien vivant

Le mot ch'timi apparaît pendant la Première Guerre mondiale. Les Poilus du Nord furent appelés ch'timis à cause de leur manière de dire toi et moi avec une profusion de CH. Ce ch'ti, en quelque sorte version « nordiste » du picard, s'est transmis jusqu'à nos jours et n'a jamais été tant parlé, chanté et écrit dans toutes les variantes linguistiques. Cette langue traditionnelle compte actuellement 2 millions de locuteurs.

Petit lexique du ch'ti

- Bourle : jeu qu'on pratiquait dans l'arrière-salle des estaminets et qui consistait à lancer des plateaux de bois sur la terre battue.
- Boves : souterrains ou caves taillés dans la roche calcaire.
- Carbonade : boeuf aux oignons mijotant dans la bière.
- Chicon : légume du Nord, qui, quand il émigre, s'appelle l'endive.
- Ch'timis : les gens du Nord et du Pas-de-Calais. Diminutif d'origine picarde. Ce mot est né dans les tranchées de 14-18.
- Courée : ruelle en cul-de-sac où s'alignent ou s'alignaient les maisons de brique à l'identique des ouvrières et des ouvriers du textile.
- Estaminet : le mot le plus convivial du Nord. Bistrot de là-bas (voir la rubrique ci-dessous).
- Faluche : pain tendre, plat et blanc, presque cuit.
- Moeres : terrains gagnés sur les marais par tout un système de moulins et de canaux et le tout endigué
- Pannes : tuiles rouges flamandes.
- Terril : en pays minier, montagne de scories après triage du charbon.
- Wassingue (quelquefois loque) : serpillière.
- Waterzoi : bouillabaisse qui parle flamand avec des poissons de mer et picard avec les poissons d'eau douce.

Estaminets

S'il est un mot qui chante délicieusement aux oreilles des vieux Nordistes, c'est bien le mot estaminet. C'était là qu'on trouvait le boire et la fille. Un espace de libre péché à l'abri du regard, ou avec l'accord « casuistiquement » tacite d'une Église fort morale. Imaginez. Une salle au plancher couvert de sciure, un comptoir en acajou chantourné, couvert de zinc. Des vitres aux verres teintés. Le tout donnant sur une cour longue où traînent encore les palets de métal du jeu de bouchon et quelques plumes du perdant du combat de coqs de la veille. Sous l'auvent, car faute d'arrière-salle, c'est ici que la veille, on a monté le gallodrome improvisé (et on croit entendre les encouragements cruels des coqueleux et des parieurs). Et derrière l'urinoir en épaisse ardoise noire, il y a le pigeonnier car le patron est coulonneux. Estaminet, lieu de mémoire. Les combats de coqs sont presque interdits et la fumée du tabac n'est plus écologiquement correcte. Mais si vous cherchez bien quelque part le long de la frontière, ou le long d'un canal, vous découvrirez peut-être l'un des derniers. Et vous comprendrez alors les lieux de la convivialité vraie. De la convivialité de classe. Car l'estaminet était (est encore, chut...) ce que le pub est à l'Irlande. Un espace de liberté et d'espoir qui accepte toutes les contradictions.

Charitables de Béthune

Un jour de l'an de grâce 1188, deux maréchaux-ferrants, paraît-il à jeun, croient voir le bon saint Éloi, patron des forgerons, qui leur demande d'enterrer dorénavant de manière moins expéditive. Ils fondèrent alors la Confrérie des charitables de Saint-Éloi, chargée d'enfouir dignement tous les défunts.
Et depuis lors et jusqu'à aujourd'hui, et ce même aux temps des épidémies, des guerres et des révolutions, on voit les charitables mener à l'église (quand même) et à la sépulture tout ce qui est humain et qui rend l'âme à Béthune et à trois lieues alentour. C'est un spectacle à voir.
Depuis 1188, riches et pauvres de toutes confessions sont mis en terre en grandes pompes. Chaussés pour l'éternité

Figures

Il faudrait quelque chose d'épais comme une bible ou un bottin pour imprimer tous les personnages illustres sinon célèbres qui ont eu pour berceau le Nord et le Pas-de-Calais ou qui ont œuvré pour les Flandres, Artois et autres Hainaut.

Entre autres : Charles de Gaulle (1890-1970) ; Jean Bart (1650-1702), le plus grand des corsaires français ; Louis Blériot (1872-1936), le premier aviateur à avoir traversé la Manche ; l 'abbé Prévost (1697-1763), auteur du célèbre Manon Lescaut ; Charles Sainte-Beuve (1804-1869), le plus grand des critiques littéraires ; Charles de l'Écluse : c'est lui qui a introduit la pomme de terre en France à la fin du XVIe siècle ; Henri Matisse (1869-1954) : le plus grand fauve de la peinture mondiale ; Maximilien de Robespierre, excessif dans la volonté de salut public, avec une trajectoire républicaine quand même aux affres de Thermidor ; Saint Patrick (vers 389-461), patron de l'Irlande et des gens intelligents ; Antoine Watteau (1676-1721), peintre fameux.

Un peu d'histoire

Quelques dates

- 58 ans avant J.-C. : le Romain César soumet les Belges.
- IIIe siècle : invasion des Francs, des Germains et des Allamans. Gros mélange avec les Gallo-Romains, d'où naîtront les Flamands et les Picards.
- IXe et Xe siècles : invasion des Normands (pas ceux de Camembert, ceux du Danemark). Formation du comté de Flandre.
- XIe et XIIe siècles : débuts du textile. Draperies de Lille, d'Arras et de Douai. Premier signe de liberté avec les premiers beffrois.
- XVe siècle : les Nords retournent à la Bourgogne. Philippe le Bon construit le palais Rihour à Lille. Les meilleurs artistes sont à l'œuvre. Ça fourmille de génies. Van der Weyden, Memling, Van Heyck ne lâchent plus leurs pinceaux, Froissard, Commynes leurs porte-plumes. On peint les plus magnifiques retables, les plus éblouissants triptyques. On enlumine les livres mieux qu'à Bagdad.
- XVIIe siècle : âge d'or des villes. On édifie une Bourse à Lille et sur la grand-place d'Arras. On donne à tout ça un petit coup de peinture avec Rubens et Van Dyck.
- 1659 : traité des Pyrénées. On rend l'Artois à la France.
- XVIIIe siècle : fort essor des industries textiles. Coton et laine et apparition du grand capitalisme bourgeois avec les Tiberghein et des Desurmont.
- 1720 : une date importante. Découverte du premier gisement de houille à Fresnes-sur-Escaut. Premier mineurs, premiers corons.
- 1743 : une autre date importante. Première loge maçonnique à Douai. Les laiques prennent pied.
- 1792 : guerre de la Révolution. Les Autrichiens mettent le siège à Lille.
- 1870 : guerre franco-allemande.
- 1877 : création de l'université catholique à Lille. Tous les éléments de la lutte des classes sont enfin réunis. Mineurs, ouvriers du textile, paysans et francs-maçons d'un côté. Grande famille et intellectuels catholiques ultra-montains de l'autre...
- 1918 : Foch prend le commandement à Cassel. Bon endroit et bonne idée, il gagne enfin la guerre. En attendant, Arras, Cambrai, Lens, Armentières et Bailleul sont aux trois quarts rayés de la carte.
- 1940 : bataille de Dunkerque. Embarquement anglais. Dunkerque, ville martyre, ressemble à un champ labourré
- 1941 : première parution du journal clandestin La Voix du Nord.
- 1963 : dernière grande grève des mineurs.
- 1990 : fermeture du dernier puits de mine.
- 1994 : inauguration du tunnel sous la Manche.
- 2005 : inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco des beffrois du Nord et du Pas-de-Calais.

Politique dans l'histoire

Quoiqu'elle ait créé comme avatar, la lutte des classes a marqué à jamais la conscience et l'âme ici, dans le Nord-Pas-de-Calais. Les classes moyennes semblent avoir presque gagné la partie et la classe laborieuse se dissout dans la bistouille mal arrosée de la pensée unique.
Les classes sociales, ça vient de loin. Car tout a commencé aux heures où les Flamands étaient bourguignons. Notre bonne vieille Gaule d'alors s'était divisée en deux parties.
Un : les progressistes, défenseurs des libertés et des franchises urbaines, girondins avant la lettre, qui étaient derrière les ducs de Bourgogne et les comtes de Flandre, bien soutenus par la Sorbonne et les pré-intellos, plus deux ou trois Anglais ; bref, les défenseurs des Droits de l'homme. Deux : les conservateurs jacobins avant le terme et qui étaient derrière le dauphin Charles et ses affidés, en l'occurrence la très nationaliste pucelle d'Orléans et le peu fréquentable Gilles de Rais ; bref, les défenseurs du droit divin.
La bourgeoisie des Nords était un vrai tiers état. Le beffroi tenait à distance de respiration la cathédrale et l'intendance royale. Alors la révolution bourgeoise de 1789 abattit ici, aussi vite sinon plus vite qu'ailleurs, les privilèges du chanoine et du ci-devant.
Autant l'Ancien Régime s'était servi de l'argent pour imposer Dieu, autant la grande bourgeoisie se servirait de Dieu pour imposer l'argent. Et cette rupture de classes a été encore plus sèche et plus violente dans les pays d'industrie et de labeur comme le Nord et le Pas-de-Calais. D'autant que le petit patron et le moyen fermier, qui travaillaient autant que l'ouvrier ou que le commis, imitent les grandes familles.
Et avec l'essor de la révolution industrielle de la région, le fossé entre la classe laborieuse et la classe possédante ne fera que s'agrandir. À grandir jusqu'à l'excès, jusqu'au crime total d'injustice. Car avec l'essor du textile, du charbon et de l'acier, c'est une « orgie productive ». Une infime minorité (les susdites grandes familles) s'enrichit, une autre minorité est à l'aise, et la grande majorité (le peuple) vit dans des conditions juste en dessous du pitoyable.
Vient le temps du « despotisme patriarcal », selon le mot célèbre de Pierre Pierrard. C'est le temps du paternalisme rentable. Et tout appartient au patron. Sauf le droit d'ouvrir un estaminet. Lieu de la genèse syndicale, l'estaminet. La conscience de classe est née dans ce prolétariat qui nourrit le quart de la France, en habille le tiers, et en chauffe la moitié
Il reste aujourd'hui de tout ça une implantation communiste dans le Pas-de-Calais et dans le Valenciennois et surtout une forte implantation socialiste dans le reste des pays du Nord. Avec, ici et là, de grandes traces de la mémoire gaulliste.

La terre et les hommes

S'il est une région de l'Hexagone où le lien entre l'homme et le paysage est serré, c'est bien le Nord - Pas-de-Calais.
Au départ, trois collines, deux rivières lentes, grosses comme le bras, des marécages avec, pour égayer le tout, du vent, de l'eau et de la brume. Quelques jolis coins de nature ici et là, et un peu de bois quand même dans le Hootland.
Mais voilà, les héritiers étaient des Ch'timis. Et le ch'ti est au travail ce que le Peau-Rouge est à la ruse. Imbattable. Travailleur. Ils manquaient de terre. Alors, ils asséchèrent les marécages, et aussi (et c'est énorme), la mer en créant les moeres et les polders.
Ils manquaient de houille blanche. Ils creusèrent jusque dans les caves du diable pour lui voler la houille noire. Ils manquaient de montagnes, ils plantèrent des violettes et des trèfles sur les terrils noirs pour en faire des monts de poètes.
Ils auraient pu pester contre le vent, ils érigèrent des moulins. Ils auraient pu pester contre le froid, ils poussèrent les métiers à tisser. Ils avaient peu de pierres, ils ont moulé des briques.

Géographie

Plateaux de l'Artois, polders flamands, bocages vallonnés de l'Avesnois, tout se succède en contrastes. Région charnière entre le Bassin parisien et l'Europe du Nord, elle représente 2,3 % du territoire français.
Au nord-est, le Bas-Pays s'étend des polders à l'Escaut, région de plaines et de collines dominée par les monts des Flandres.
Au sud, le Haut-Pays part de la crête de l'Artois jusqu'aux Ardennes, en passant par l'Avesnois et la Thiérache. Plateaux boisés et vallons se succèdent jusqu'à la vallée de la Sambre.
Enfin le littoral. C'est entre le cap Gris-Nez et le cap Blanc-Nez que se rejoignent la mer du Nord et la Manche. Au nord-est de ce site des deux caps s'étend la plaine maritime, la plus plate et la plus basse d'Europe. Au sud-ouest, les grandes falaises de craie dominent les bas champs.

Moulins

Il y a dans le Nord - Pas-de-Calais deux détails importants dans la nature des choses. Un : les rivières coulent lentement. Deux : le vent a du souffle. Et voilà les deux conditions réunies pour avoir des moulins, une variété de moulins.

- Les moulins à eau : du côté de l'Audomarois, sur l'Aa et l'Authie, et plus loin sur la Sambre, on trouve encore des dizaines de moulins à eau, parfois près de leur bief. Il y en a, il y en avait principalement de deux espèces. Les sereins (roue en dessus), qui laissaient gentiment le courant tourner leur roue à aubes, et les têtus (roue en dessous), pour qui il fallait installer des systèmes de bacs ou autres pour que l'eau leur tombe dessus pour qu'ils daignent moudre. Il y en avait même quelques dissidents, de ce manichéisme meunier, et qui ont la roue sur le côté
- Les moulins à vent : alors là, ça restaure. Et là aussi, il en reste une bonne trentaine. Des moulins à tour, du côté de Lille et des frontières de l'Artois, et des moulins à pivot dans les monts et les plaines flamandes. Pour le moulin à tour, les ailes sont sur le toit et c'est le toit qui tourne. À l'intérieur, c'est beau comme dans une horloge de géant. Quant aux moulins à pivot, c'est tout le moulin qui tourne ou qui tournait.

Pêche

Il fut un temps dans le Nord et dans le Pas-de-Calais où la pêche, comme la mine ou la filature, était porteuse de toute une mythologie de la condition laborieuse.
Et le mythe disparaît. Boulogne, qui il y a peu encore, était le plus grand port de pêche d'Europe, Boulogne qui pêche soixante-dix mille tonnes de poisson chaque année, et qui en voit transiter 300 000, a peur. Boulogne a peur des règlements, des délocalisations, des conserveries d'ailleurs et de nulle part qui emboîtent n'importe quoi, n'importe où.
C'est aux gouvernements qu'il appartient d'agir pour défendre tout un avenir si lié à la mémoire. Et qui sait, au pape de refaire du vendredi un jour maigre pour que les derniers pêcheurs boulonnais, demain, puissent fêter encore un peu Mardi gras.

Architecture

Architecture des villes

La première impression qu'on a de l'architecture des Nords, c'est la brique, elle décline toutes les couleurs d'un demi-spectre qui va du jaune serin aux limites de l'infrarouge et du rubis. Puis on voit la pierre, burinée, ciselée, sculptée, travaillée. Et soudain, on sait que la ville du Nord est un joyau.
Et comme on n'aime pas beaucoup la façade ici, on a pignon sur rue. Et quels pignons ! Petits chefs-d'oeuvre en Wambergue, en volutes à la hollandaise ou incrustés d'étranges hiéroglyphes polychromes.

Et puis, c'est une architecture à double culture. On sent que le beffroi a été construit contre la cathédrale, dans les deux sens du mot « contre ». Le beffroi carillonne laïque quand la cathédrale sonne la messe. La maison de Dieu et la maison du peuple.
Enfin, c'est une architecture entêtée, construite et reconstruite à l'identique après les guerres.
La ville a débordé sur les banlieues qui ont hérité de l'unitié originale de la ville. Moins de pierre et plus de brique. C'est l'humilité colorée et joyeuse

Architecture rurale

Et les maisons sont là, blotties pignon contre pignon (quelques-uns se tiennent à l'écart mais on sent bien que c'est pour la façade), propres, rideaux immaculés et brique peinte dans tous les tons de la palette d'un grand fauve qui aurait connu Rousseau.
Et au bout de la place, et qui fait le coin avec une rue pimpante très classe moyenne dublinoise, il y a un estaminet avec un pignon aux incrustations cabalistiques et aux rinceaux fort bien tournés, et au toit rouge pointu comme un dessin d'enfant.
Et puis, il y a l'église là-bas avec son klokhuis (maison des cloches) en bois et ses trois nefs à l'identique, vestige architectural des hallekerques du haut Moyen Âge flamand.

Et on quitte le village et depuis une demi-hauteur, on aperçoit là-bas, entre le mont et l'horizon, les hofstedes (fermes flamandes), avec leurs cours ouvertes, leurs bâtiments en L aux pannes orangées et le ruban noir de leur soubassement de goudron. Voilà une première impression de la Flandre rurale. Un regard rapide, limité par l'horizon. Un des paysages ruraux du Nord - Pas-de-Calais.

Car le Nord rural ne se limite ni à la brique ni à l'espace flamand. On les aime bien ces briques, mais il y a aussi les pierres. La pierre et les autres Nords. Et le pays d'Ardres avec ses maisons de plain-pied en craie blanche et en pannes rouges si bien chapeautées d'épis de faîtage. Et les pierres des châteaux de l'Artois. Et les moulins à eau entre les forêts et les étangs de l'Avesnois et qui dorment près de leur bief dans les pierres bleues de la Fagne.

Les corons et les cité s

Ils apparurent d'abord les corons-rues, longs, uniformes, aux maisons basses en brique brute à peine égayés d'un badigeon. Avec, sur l'arrière, un jardinet séparé du logis par un chemin de Lilliput appelé voyette.
Deux décennies plus tard, après les cellules sont apparus les barreaux (logique). Toujours les mêmes maisons de brique, mais adossées les unes aux autres, deux par deux, et le jardinet en façade.
Puis bonne amélioration au temps des grandes compagnies houillères. Voilà la cité pavillonnaire. Avec quand même plus d'espace pour circuler, et un bout de jardin plus conséquent pour cultiver.
Arrivent le XXe siècle et enfin les cités-jardins. Rues larges, sinon avenues, bordées d'essences variées. Kiosques à musique à la Peynet, dans la verdure. Aérées, les façades prennent des couleurs ; moins pressées par l'urgence, les rues courbent leurs tracés. On cultive des grands jardins et on achète sur place et à moindre prix à la coopé. Et on respire d'autant mieux qu'on a construit tout ça un peu loin du terril.
Aujourd'hui, la plupart des corons et des cités ont été réhabilités ; les fils des mineurs y vivent.

Autour des corons, on tâche d'entretenir la mémoire , on entretient les dernières galeries, les dernières passerelles. Les terrils noirs sont en train d'être repeints en vert par la nature. Et on passe de la mine à la filature.

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Dernière mise à jour : le 03/11/2008 à 18h37

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