Voyazine, le magazine de voyages-sncf.com
Lorraine

Lorraine

Drapeau France





En passant par la Lorraine... La région, à la croisée des chemins européens, est sillonnée de voies de communication en tous genres (canaux, routes, voies ferrées ou aéroports). Et pourtant, la Lorraine n'est pas qu'un lieu de passage sur la grand-route qui mène à l'Alsace. L'ancien duché, que la France lorgna pendant des années avant de l'annexer, recèle de trésors naturels et monumentaux qui la hissent au rang des grandes régions touristiques françaises.

Riche d'un passé historique et artistique prestigieux (ne serait-ce que grâce à l'action du mécène et bienfaiteur Stanislas, au XVIIIe siècle), elle offre au regard du visiteur de grands ouvrages érigés au cours des siècles : de l'amphithéâtre romain de Grand à la belle place Stanislas de style néoclassique, en passant par l'imposante cathédrale gothique de Metz, chaque époque est présente... Les amis de la nature se tourneront peut-être plus spontanément vers les espaces préservés qu'offrent les montagnes vosgiennes. Invitation à la glisse en hiver, elles réservent de belles balades pendant les beaux jours, au milieu de lacs et de forêts encore sauvages. Sans parler des eaux bienfaisantes qui attirèrent quelques grands hommes dans ses stations thermales. Sur cette terre de traditions perpétuées jusqu'à nos jours, si les " gueules noires " qui hantaient les mines de houille au siècle dernier ont aujourd'hui posé leur casque, des artisans habiles continuent à travailler de leurs mains le verre et le bois et ouvrent leurs ateliers pour faire partager leur savoir-faire. Passons outre les clichés de la quiche et des sabots, et malgré la chanson, prenons la peine, non pas de passer, mais de nous attarder en Lorraine pour découvrir un patrimoine généreux...

Carte d'identité

- Superficie : 23 547 km2
- Population : 2 310 376 hab.
- Densité : 98 hab/km2
- Départements : Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55), Moselle (57), Vosges (88).- Préfecture régionale : Metz.- Principaux secteurs d'activités : sidérurgie, construction automobile, travail des métaux, industrie agroalimentaire.

Meurthe-et-Moselle

- Superficie : 5 246 km2
- Population : 713 779 hab.
- Préfecture : Nancy
- Sous-préfectures : Briey, Lunéville, Toul
- Nombre de communes : 594
- Signe particulier : sa configuration est plutôt originale ; le département s'étend sur 130 km du nord au sud, mais est large de 7 à 103 km d'est en ouest !

Meuse

- Superficie : 6 200 km2
- Population : 192 221 hab.
- Préfecture : Bar-le-Duc
- Sous-préfectures : Commercy, Verdun
- Nombre de communes : 498
- Altitude : une moyenne de 300 m ; le Buisson d'Amanty culmine à 423 m.

Moselle

- Superficie : 6 216 km2
- Population : 1 025 000 hab.
- Préfecture : Metz
- Sous-préfectures : Boulay-Moselle, Château-Salins, Forbach, Sarrebourg, Sarreguemines, Thionville
- Nombre de communes : 730

Vosges

- Superficie : 5 874 km2
- Population : 380 952 hab.
- Préfecture : Épinal
- Sous-préfectures : Neufchâteau, Saint-Dié-des-Vosges
- Nombre de communes : 515
- Point culminant : Le Hohneck (1 362 m)

Infos pratiques

Adresses utiles

En Lorraine

- Comité régional du Tourisme de Lorraine : abbaye des Prémontrés, BP 97, 54704 Pont-à-Mousson Cedex. Tél. : 03-83-80-01-80. Fax : 03-83-80-01-88. Internet : www.crt-lorraine.fr
- Comité départemental du Tourisme de la Meurthe-et-Moselle : 48, rue du Sergent Blandan, BP 10065, 54062 Nancy Cedex. Tél. : 03-83-94-57-90. Internet : www.cdt-meurthe-et-moselle.fr
- Comité départemental du Tourisme de la Meuse : hôtel du département, 33, rue des Grangettes, 55000 Bar-le-Duc Cedex. Tél. : 03-29-45-78-40. Fax : 03-29-45-78-45. Internet : www.tourisme-meuse.com
- Comité départemental du Tourisme de la Moselle : 2-4 Rue du Pont Moreau, BP 80 002, 57 003 Metz Cedex 1. Tél. : 03-87-37-57-80. Fax : 03-87-37-58-84. Internet : www.moselle-tourisme.com
- Comité départemental du Tourisme des Vosges : avenue du Général-de-Gaulle, BP 80018, 88001 Épinal Cedex. Tél. : 03-29-82-49-93. Fax : 03-29-64-09-82. E-mail : tourismevosges@cg88.fr. Internet : www.tourismevosges.fr.

Hébergement

Gîtes de France

- Gîtes de France : 59, rue Saint-Lazare, 75439 Paris Cedex 09. M. : Trinité. Tél. : 01-49-70-75-75. Fax :01-42-81-28-53. Internet : www.gites-de-France.fr
- Relais départemental des Gîtes de France et du Tourisme vert de Meurthe-et-Moselle : square Herzog, ZAC Ban-la-Dame, 54390 Frouard. Tél. : 03-83-23-49-50. Internet : www.gites54.com. Réservations et catalogue.
- Relais départemental des Gîtes de Moselle : 6, rue de l'abattoir, 57630 Vic-sur-Seille. Tél. : 03-87-01-18-50. Fax : 03-87-01-17-09.
- Relais départemental des Gîtes des Vosges : 31, rue François-de-Neufchâteau, BP236, 88006 Épinal Cedex. Tél. : 03-29-35-50-34. Fax : 03-29-35-68-11. Internet : www.vosges-gites.com

Auberges de jeunesse

Les auberges de jeunesse de Lorraine se trouvent à Metz, Nancy, Phalsbourg, Saint-Mihiel, Thionville, Ventron et Verdun.
Il n'y a pas de limite d'âge pour séjourner en AJ ; il faut simplement être adhérent.

- Pour obtenir la carte d'adhérent en France : s'adresser au centre national à Paris ou dans toutes les auberges de jeunesse, points d'information et de réservation FUAJ en France. Internet : www.fuaj.org. Sur place, présenter une pièce d'identité avec 10,70 euros pour la carte moins de 26 ans et 15,30 euros pour les plus de 26 ans. La FUAJ propose aussi une carte d'adhésion "Famille" valable pour les familles de deux adultes ayant un ou plusieurs enfants âgés de moins de 14 ans. Coût : 22,90 euros€. Fournir une fiche familiale d'état civil ou une copie du livret de famille.
Fédération Unie des Auberges de Jeunesse (FUAJ) : centre national, 27, rue Pajol, 75018 Paris. Métro : La Chapelle, Max-Dormoy ou Gare-du-Nord. Tél. : 01-44-89-87-27. Fax : 01-44-89-87-10.

- Pour obtenir la carte d'adhérent en Belgique : son prix varie selon l'âge : 3,50 euros €entre 3 et 15 ans ; 9 euros entre 16 et 25 ans ; 13 euros après 25 ans.
Renseignements et inscriptions : LAJ, rue de la Sablonnière, 28, Bruxelles 1000. Tél. : 02-219-56-76. Fax : 02-219-14-51. Internet : www.laj.be. E-mail : info@laj.be. Ou Vlaamse Jeugdherbergcentrale (VJH) : Van Stralenstraat, 40, B 2060 Antwerpen. Tél. : 03-232-72-18. Fax : 03-231-81-26. Internet : www.vjh.be. E-mail : info@vjh.be

- Pour obtenir la carte d'adhérent en Suisse : son prix dépend de l'âge : 22 Fs (14,31 euros) pour les moins de 18 ans ; 33 Fs (21,46 euros) pour les adultes ; 44 Fs (28,62 euros) pour une famille avec des enfants de moins de 18 ans.
Renseignements et inscriptions : Schweizer Jugendherbergen (SJH, service des membres des auberges de jeunesse suisses), Schaffhauserstr. 14, Postfach 161, 8042 Zurich. Tél. : (1) 360-14-14. Fax : (1) 360-14-60. Internet : www.youthhostel.ch. E-mail : marketing@youthhostel.ch

- Pour obtenir la carte d'adhérent au Canada : elle coûte 35 $Ca (24,76 euros€) pour un an et 175 $Ca (141,50 euros€) à vie. Pour les juniors, compter 12 $Ca (8,49 euros€). Ajouter systématiquement les taxes.
Renseignements et inscriptions : Canadian Hostelling Association, 205, Catherine Street, Bureau 400, Ottawa, Ontario, Canada K2P 1C3. Tél. : (613) 237-78-84. Fax : (613) 237-78-68. Internet : www.hihostels.ca. E-mail : info@hihostels.ca. Ou Tourisme Jeunesse, 205 avenue du Mont-Royal est, Montréal (Québec) H2T 1P4. Tel : (514) 844-0287. E-mail : boutiquemtl@tourismejeunesse.org

Activités

Le ski

Les montagnes vosgiennes n'atteignent pas les hauteurs alpines (altitude maximum de 1 360 m), mais elles font le bonheur des skieurs avec leur enneigement régulier. Les stations sont peut-être moins célèbres que leurs cousines méridionales, mais elles sont aussi moins chères, c'est l'avantage ...
Le domaine de La Bresse est le plus important du nord-est de la France, avec une quarantaine de pistes, mais il y a aussi Gérardmer (qui abrite la plus longue piste alpine des Vosges, sur 3 900 m) ou encore Ventron la familiale, etc.
Côté ski alpin, 90 remontées mécaniques desservent 120 pistes qui se répartissent entre les différentes stations. Une armada de canons à neige vient compléter le dispositif pour assurer la qualité de la glisse.
Le ski de fond est à l'honneur, avec près de 300 km de pistes balisées qui traversent les paysages préservés des Vosges, entre sous-bois et lacs. On y va à son rythme : tranquille ou sportif, il y en a pour tous les goûts ; La Bresse a notamment aménagé des pistes pour les compétitions internationales. Les Vosges ont formé des champions comme Véronique Claudel, médaille d'or de biathlon aux JO d'Albertville...

Pour compléter ce tableau, on n'oubliera pas les nouvelles glisses ( snowparks à La Bresse et Gérardmer) ni les autres activités traditionnelles que sont la luge, les balades en raquettes ou le traîneau à chiens. Bref, les amateurs de neige en tout genre y trouveront leur bonheur !

Randonnées

Quelle meilleure façon de découvrir une région et ses paysages qu'en la sillonnant à pied ? Sac au dos et carte IGN à la main, élancez-vous sur les sentiers de randonnée de Lorraine.

- Neuf sentiers de Grande randonnée (GR) traversent la région, sur 1 100 km. Il sont balisés en blanc sur rouge, et représentent des parcours de plusieurs jours. Le fameux GR 5, qui relie la Hollande à la Méditerranée, passe par Nancy avant de longer une partie des Vosges en empruntant la ligne des crêtes. Le GR 14 traverse la Meuse en passant par Bar-le-Duc, puis il rejoint à l'ouest des Vosges le GR 714 qui longe Domrémy, Vittel et Contrexéville. Le GR 7, au sud du massif, débute au ballon d'Alsace puis se dirige à l'est vers Darney, Xertigny, Remiremont, etc. Le GR 533 traverse les Hautes Vosges du nord au sud : du Donon, il rejoint Senones, Saint-Dié-des-Vosges, Gérardmer et La Bresse pour terminer à Saint-Maurice-sur-Moselle.
- Trois GR de pays, balisés en jaune sur rouge, permettent de découvrir la région sur 219 km en deux à cinq jours.
- 550 itinéraires de Promenade et Randonnée (PR), balisés en jaune, complètent ce tableau. Plus courts (deux à six heures de marche), ils couvrent au total 9 700 km. On peut notamment découvrir le parc naturel régional de Lorraine de cette manière.

Thermalisme

Après l'effort, le réconfort...

Depuis l'Antiquité, les Vosges sont renommées pour un trésor naturel : leur eau pure. Les Romains, déjà, l'acheminaient jusqu'à leur capitale par convois d'amphores. Aujourd'hui, les eaux minérales de Vittel ou de Contrex sont distribuées dans le monde entier, grâce à leur conditionnement en bouteilles de plastique depuis les années 1970.
L'eau des Vosges a des vertus curatives. Les cités de Vittel, Contrexéville, Plombières-les-Bains, Amnéville-les-Thermes et Bains-les-Bains sont érigées en temples du thermalisme. Montaigne, Voltaire ou encore Napoléon III ont vanté les bienfaits de leurs séjours à Plombières. Au creux de petites villes nichées dans la forêt, on vient soigner ses troubles digestifs, rénaux ou rhumatismaux, et respirer le bon air de la montagne. Pourtant, les cures médicales n'ont plus tant la côte auprès des patients, et encore moins de la Sécurité Sociale. Les stations thermales ont dû se convertir aux besoins de notre temps. Les cures " anti-stress ", les forfaits remise en forme et autres " contrats minceur " pullulent, et l'on propose des séjours courts mieux adaptés à une clientèle souvent prise par le temps.
Les programmes de remise en forme à la semaine, organisés par de grands hôtels, ne sont pas forcément à la portée de tous. Mais on peut toujours goûter aux plaisirs des thermes au centre Calodaé de Plombières : forfaits à la journée, à partir de 13,50 pour l'accès à sept activités dont le bain d'hydromassage, l'étuve romaine ou l'aquagym. Soins supplémentaires en option. Ouvert toute l'année, sauf le jeudi. Place du Bain Romain, BP 30, 88370 Plombières-les-Bains. Tél. : 03-29-30-07-30.

Fêtes et festivals

- Festival du Film fantastique de Gérardmer : tous les ans, la dernière semaine de janvier. Ayant pris le relais d'Avoriaz depuis 1993, la ville de Gérardmer attire chaque année les amateurs de sensations fortes. Internet : www.gerardmer-fantasticart.com
- La Fête des Jonquilles à Gérardmer : elle a lieu pendant la floraison, le dimanche le plus proche du 20 avril, en fonction du calendrier scolaire. La fête la plus populaire des Vosges, créée en 1935. Le spectacle du corso fleuri qui embellit la ville sur trois kilomètres de long a quelque chose de fascinant. La jonquille, ou clochette d'or, est la reine de la vallée des lacs : chaque printemps, les coteaux se couvrent de taches jaunes par millions.
- La Fête de la Mirabelle à Metz : pendant plus d'une semaine à la fin du mois d'août, la capitale mosellane fête son fruit roi. Animations de rue, corsos fleuris, bals et élection de la reine de la Mirabelle sont au programme de ce festival des sens...
- La Fête du Potimarron de Lunéville : depuis dix ans, la ville devient un véritable conservatoire des légumes oubliés, le troisième week-end de septembre. Le prestigieux château de Lunéville accueille un marché d'une centaine de variétés de cucurbitacées méconnues, on y donne aussi quelques conseils de préparation. Près de dix mille visiteurs succombent chaque année au fumet qui s'en dégage...
- Le Festival international de Géographie de Saint-Dié: tous les ans, quatre jours début octobre. Son but (démythifier la géographie) semble atteint puisque, aux côtés des meilleurs spécialistes internationaux, plus de 30 000 personnes assistent chaque année aux conférences, expos, etc.
- La Fête de la Saint-Nicolas à Nancy : le 6 décembre, les petits Lorrains fêtent l'arrivée de Saint-Nicolas qui leur offrira des gourmandises. Mais il est suivi de près par le cruel Père Fouettard... Chaque commune célèbre l'événement, mais c'est à Nancy que la fête est la plus belle, le premier samedi de décembre : défilé de chars et feux d'artifices, voilà un avant-goût de la féerie de Noel !

Culture et traditions

La légende de Saint-Nicolas

Le saint homme était évêque de la ville de Myre en Asie mineure au VIe siècle. La légende raconte qu'il ressuscita trois jeunes garçons qui avaient été mis à saler par un cruel boucher. D'autres assurent qu'il sauva trois jeunes filles d'un mariage malheureux, en leur offrant la dot qui leur permit de profiter quelques années encore de la tranquillité du célibat.
Canonisé au Moyen Age, il est patron de la Russie des tsars, mais aussi des prisonniers, des petits enfants et de la vertu des jeunes filles. En 1093, un de ses doigts fut rapporté en Lorraine. On fit construire une basilique pour abriter la relique, puis une ville qui prit le nom de Saint-Nicolas-de-Port.
En 1477, reconnaissant de sa victoire sur Charles le Téméraire devant Nancy, le duc René II qui avait invoqué la protection du saint proclama celui-ci patron de la région. Depuis, les Lorrains entretiennent des relations privilégiées avec Saint-Nicolas, qui revient chaque année le jour anniversaire de sa mort présumée un 6 décembre. Chevauchant sa fidèle mule, il apporte des cadeaux aux enfants sages ; les Lorrains sont récompensés avant les autres petits Français, qui doivent attendre le passage du Père Noel !

Mais tout n'est pas si rose. Depuis le XVIe siècle, un sombre personnage se mêle à la fête. Le Père Fouettard, tout de noir vêtu et une trique à la main, se charge de punir ceux qui n'ont pas été gentils ... L'événement est célébré à grand renfort de défilés et feux d'artifices, et l'on fabrique pour l'occasion de délicieux pains d'épice en forme de Saint-Nicolas.

Les artistes lorrains

Le foyer artistique lorrain a souvent brillé au cours de l'histoire. Le sculpteur Ligier Richier s'est illustré dans l'art funéraire du XVIe siècle. Natif de Saint-Mihiel, il a sculpté pour l'église Saint-Étienne de sa paroisse, un Sépulcre dans lequel se manifeste l'influence italienne. Citons aussi le Tombeau de Philippe de Gueldre à l'église des Cordeliers de Nancy, ou le Transi de l'église Saint-Étienne de Bar-le-Duc, autant d'exemples de l'expressivité de son art.

Pendant la Renaissance, deux peintres lorrains ont porté leur renommée au-delà des frontières du duché. Georges de La Tour est né à Vic-sur-Seille en 1593. Influencé par l'art du Caravage, il est maître d'un clair-obscur dépouillé, mais marqué d'une forte touche personnelle. On connaît Job et sa femme et la Madeleine à la veilleuse du Louvre ; bien d'autres oeuvres trônent dans les musées du monde entier. Si Claude Gellée, dit Le Lorrain, est né à Chamagne dans les Vosges (1600-1682), c'est à Rome qu'il s'est forgé une clientèle internationale et une solide réputation. Parti comme apprenti pâtissier, il est au service du peintre de paysages Agostino Tassi auprès duquel il apprend les rudiments du genre. En quelques années, il devient le maître du paysage historique, qu'il baigne d'une lumière envoûtante : il exercera une influence capitale auprès des artistes contemporains et de ses successeurs.
À la fin du XIXe siècle, l'École de Nancy s'impose comme un courant incontournable de l'Art Nouveau. Propulsée par la renommée d'artistes aux multiples talents, comme Émile Gallé (céramiste, verrier et même botaniste), elle se distingue du courant Art Nouveau traditionnel par une volonté de mettre l'art à la portée du grand public ; pour atteindre ce but, elle utilise les procédés de la reproduction industrielle. Les œuvres de céramique, d'ébénisterie, de sculpture ou de peinture qui en résultent sont inspirées de la nature, de la forêt et des plantes.
Aujourd'hui, le musée de l'École de Nancy abrite dans l'ancienne demeure du mécène nancéen Eugène Corbin les exemples de cet art naturaliste et poétique. 36-38, rue du Sergent Blandan, 54000 Nancy. Tél. : 03-83-40-14-86. Ouvert du mercredi au dimanche.

Les métiers d'art

La dextérité des artisans lorrains a fait la renommée internationale de leurs foyers de fabrication.
Le travail ancestral du verre a connu un essor industriel à partir du XVIIIe siècle, quand les verreries lorraines ont commencé à exporter leur production raffinée dans toute l'Europe. La finesse du cristal sorti des manufactures de Baccarat ou de Saint-Louis est aujourd'hui mondialement réputée.
Faience et émaux sont produits par des fabriques lorraines depuis plus de deux siècles. L'activité des célèbres manufactures royales des faïenceries de Lunéville ou de Sarreguemines perdure aujourd'hui au sein du groupe Lunéville-Saint-Clément. A Longwy, les faïenciers adaptèrent en 1873 un brevet sur les émaux en relief, pour donner à leur production un caractère spécifique. Aujourd'hui, la Société historique des Faienceries de Longwy n'existe plus, mais on continue à produire dans la ville les fameux émaux de Longwy.
Les nombreuses forêts de la région permettent le travail du bois. Le mobilier local traditionnel, souvent en chêne ou en noyer, est rustique et massif. L'armoire lorraine est emblématique : de plan carré, elle est soutenue par des pieds cambrés ; ses portes doubles surmontent deux tiroirs, et l'austérité apparente de sa stature est compensée par la finesse de ses décorations sculptées. A Mirecourt, dans les Vosges, on perpétue depuis le XVIIe siècle un autre savoir-faire dérivé du bois : la lutherie.
L'expression consacrée des Images d'Epinal provient de l'industrie éponyme que Jean-Charles Pellerin créa dans la préfecture vosgienne en 1796. Les images populaires un peu naives qui sortent de ces imprimeries sont restées dans les mémoires : elles étaient pour le grand public un moyen d'information largement diffusé. Aujourd'hui, l'activité de l' Imagerie perdure, tandis qu'elle est ouverte au public à qui l'on propose aussi des visites guidées. Tél. : 03-29-31-28-88.

Personnalités du cru

- Jeanne d'Arc (1412-1431) : surgie de son village de Domrémy en 1429, la célèbre pucelle avait en tête de "bouter les Anglois hors de France". Mission accomplie, mais le tribunal d'Inquisition de Rouen, effarouché par une telle efficacité féminine, la fit brûler vive pour hérésie.
- Jacques Callot (1592-1635) : célèbre graveur nancéen, dont les eaux-fortes qui dépeignent la guerre et la misère ont influencé les successeurs.
- L'abbé Grégoire (1750-1831) : homme d'église, il s'illustre en politique après la Révolution française. Député à la Convention, il fit voter des lois décisives comme l'abolition de l'esclavage et s'impliqua dans la protection naissante du patrimoine français.
- Jules Ferry (1832-1893) : né à Saint-Dié dans les Vosges, il fut tour à tour député républicain, maire de Paris, ambassadeur à Athènes, ministre de l'Instruction publique, président du Conseil, etc. Sa politique coloniale (conquête du Tonkin, mainmise sur le Congo) fut catastrophique, mais ses actions en faveur de l'enseignement en ont fait l'un des pionniers de la démocratie. On lui doit, entre autres, la gratuité et la laicité de l'enseignement ainsi que l'accès des filles aux lycées.
- Les frères Goncourt : les deux écrivains faisaient la paire au XIXe siècle. Ils chroniquèrent dans leur Journal les évolutions littéraires et artistiques de leur temps. On leur doit aussi des carnets de voyage, mais surtout la création du Prix Goncourt, qui depuis maintenant cent ans récompense des livres dont il fait la renommée.
- Maurice Barrè (1862-1923) : écrivain le plus réactionnaire des intellectuels français. D'abord député de Nancy sur une liste d'extrême-gauche, il se lance ensuite dans l'antiparlementarisme et le boulangisme. Ses thèmes de prédilection ont largement inspiré l'extrême-droite de l'entre-deux-guerres : culte de la nature et de la personnalité, romantisme, héroisme, ascétisme, traditionalisme, mais aussi nationalisme farouche, militarisme, catholicisme et antisémitisme.
- Reiser (1941-1983) : le dessinateur provocateur et anarchisant était originaire de Meurthe-et-Moselle. Il a mis au service de revues comme Hara-Kiri ou Charlie Hebdo son humour décalé, tandis que son personnage distingué de Gros dégueulasse est resté dans les annales ...
- Michel Platini (1955) : né à Joeuf, le footballeur a fait partie de l'épopée des Verts, puis des Bleus dans les années quatre-vingt. Même s'il n'a jamais remporté la Coupe du Monde en compagnie de ces derniers, il reste aux yeux des Français un de leurs plus grands sportifs.
- Patricia Kaas (1966) : la demoiselle qui chante le blues est née à Forbach, en Moselle. Sa voix rauque et sensuelle, reconnaissable entre toutes, est aujourd'hui adulée dans le monde entier, jusqu'aux confins du Japon où elle est une vraie star !
- Charlélie Couture (1956) : artiste nancéen aux talents multiples (auteur, compositeur, romancier, dessinateur, sculpteur, photographe, etc.), le chanteur à la “carlingue froissée” nous enchante avec sa poésie décalée... Il faut croire que c'est de famille, la preuve, son frère Tom Novembre (1959) n'est pas non plus un inconnu !

Gastronomie

Merveilles de gueule

La mythique quiche a beau occuper les devants de la scène, le patrimoine culinaire lorrain n'en est pas moins riche. La gastronomie locale, ce sont plein de bonnes choses qui remplissent l'estomac après une rude journée passée à scier des bûches ...

La poté, par exemple : morceaux de viande de porc (saucisse, lard et palette) cuits avec haricots, patates, chou et carottes. Dans la région, la viande est reine ! L' Andouille du Val d'Ajol, du sud des Vosges, est la vedette chaque année de la Foire aux Andouilles qui se déroule dans ce village le troisième lundi de février. Le pâté lorrain est un mélange de veau et de porc aromatisé aux échalotes et au vin blanc, que l'on peut recouvrir de crème mêlée à des oeufs pour obtenir une tourte.
Les poissons ne sont pas en reste : la Lorraine est la troisième région de France pour la pisciculture d'étang. On y élève le brochet, le sandre, la perche, la carpe et l'anguille. Les rivières vosgiennes sont quant à elles riches en truites, que l'on prépare traditionnellement au court-bouillon ou dans du vin rouge.
Passons au fromage ! La Lorraine possède la version locale de noms célèbres. Le géromé, qui signifie " venant de Gérardmer ", n'est autre qu'un munster qui revendique le nom de sa ville d'origine, tout en bénéficiant de la même AOC. Il existe un brie reconnu au même titre que celui de la région éponyme, le brie de Meaux. Le brouère, enfin, est un fromage modelé par son moule en bois sculpté par un artisan.
La Lorraine propose aussi des mets délicats, en particulier des desserts. Impossible de passer à côté du fruit dont les arbres fleurissent la région, le printemps venu : la mirabelle est ici dans son royaume, on en produit la plus grande quantité au monde. Elle est parmi les rares fruits français à avoir obtenu une IGP (indication géographique protégée). Dans l'assiette, on la décline sous toutes les formes : nature, en pâtisseries (tartes), en conserverie (confiture, sorbets) et même pour accompagner les plats salés (foie gras, crevettes). A Metz, elle est fêtée chaque mois d'août pendant une semaine. Autres fruits appréciés : les myrtilles vosgiennes (dites "brimbelles", si vous ne voulez pas passer pour un amateur), ou le bluet. Les cuisiniers lorrains ont inventé de célèbres pâtisseries : la madeleine, le baba, introduit par Stanislas, les macarons, les dragées, les chardons à la liqueur, les bergamotes ... Et n'oublions pas le fameux miel des Vosges, ni les bonbons qui en sont dérivés !

Délices de gosier

La Lorraine était au début du XXe siècle la première région brassicole de France. On dit qu'en 641, Saint-Arnould multiplia les chopes de bière à Champigneulles, et qu'il devint par ce prodige le patron des brasseurs. Plus prosaiquement, c'est à Tantonville, à la brasserie Tourtel, que le bon pasteur redonna santé au peuple en inventant les procédés modernes de fabrication de la bière. De grands noms résonnent encore à nos oreilles, comme la Meuse ou Amos, mais la production lorraine ne survit plus aujourd'hui que dans quelques musées ou brasseries artisanales. À Champigneulles, on produit toujours de la bière pour Kronenbourg, et Stenay abrite le musée européen de la bière, qui s'enorgueillit d'être le plus grand au monde.
La Lorraine possède une route des Vins, bien que la production soit renaissante depuis l'épidémie de phylloxera qui a ravagé le vignoble mosellan à la fin du XIXe siècle. Celui-ci comptait alors près de 6 000 ha, contre 28 en 1999 ; la production y est ancestrale (les Romains plantaient déjà la vigne sur les bords de la Moselle), et elle est classée VDQS (Vin délimité de Qualité supérieure). Autre cru régional, les vins gris des Côtes de Toul (classés AOC) doivent leur nom à une couleur rosé pâle et sont le fruit du pressurage immédiat de la vendange : ils sont à boire jeunes. L'appellation "Vins des Côtes de Meuse" réunit les produits de cépages blancs, rouges ou gris. Quant aux Vosges, on y produit du vin sur une centaine d'hectares, mais il ne répond pas aux normes européennes et ne peut donc être commercialisé ...
Enfin, n'oublions pas que le fruit roi, la mirabelle, produit le digestif du terroir, une eau-de-vie de 45 à 50°C !

Un peu d'histoire

Les Celtes venus d'Europe centrale s'installent en Lorraine au premier millénaire avant notre ère : la colline de Sion, notamment, abrite leurs sépultures. Les Médiomatrices occupent le nord, dans la région de Metz, tandis que les Leuques dominent la région touloise, au sud. Ils travaillent les métaux, extraient le sel de la vallée de la Seille et cultivent les terres fertiles.
En 52 av. J.-C., les Romains vainqueurs de Vercingétorix prennent à leur tour possession du territoire lorrain, dont ils ne tardent pas à exploiter les richesses. Ils plantent des vignes, importent l'eau des sources vosgiennes, et pour faciliter les échanges, ils développent le réseau routier et naviguent sur la Moselle. Les villes de Divodorum (Metz) et Tullum (Toul) prennent leur essor, tandis que Grand abrite l'un des plus grands amphithéâtres de Gaule.

En 451, les Barbares germaniques traversent le Rhin et sèment le désordre sur les ruines de l'Empire romain. Le Franc Clovis occupe, au VIe siècle, les pays de la Meuse et de la Moselle. C'est de cette époque que subsiste la division entre deux langues traditionnellement parlées en Lorraine : le francique, dialecte alémanique hérité de ces invasions, et la langue latine qui deviendra le français. Aujourd'hui encore, quelques irréductibles tentent de préserver le patrimoine linguistique local ...
La région mosellane est particulièrement appréciée de la dynastie carolingienne, qui y implante ses domaines patrimoniaux et contribue à la mise en valeur du territoire. Lorsque, en 843, le traité de Verdun partage l'Empire entre les trois fils de Louis le Pieux, Lothaire hérite de la bande médiane qui s'étend de l'Adriatique à la mer du Nord. Son fils Lothaire II hérite à son tour, en 855, de la portion allant de la Saône à l'embouchure du Rhin, qui prend le nom de Lotharingie, l'ancêtre de la Lorraine actuelle.

Avec l'entrée dans le second millénaire, on passe à la confusion du système féodal. En 962, Othon Ier le Germanique sépare la Lotharingie en deux duchés : celui de Haute-Lorraine comprend les diocèses de Trèves, Metz, Toul et Verdun. Il prend le nom courant de Lorraine. S'ensuivent des luttes d'influence entre les seigneurs et les évêques des grandes cités, tandis que les rois de France aimeraient étendre leur pouvoir sur le duché. Entre-temps, le comté de Bar accède à la dignité ducale, en 1354. Les rivalités affaiblissent la Lorraine, son rayonnement économique s'effondre. C'est alors que, en pleine guerre de Cent Ans, surgit de son village de Domrémy une certaine Jeanne, dont on chante la vertu, et qui prouve son patriotisme en « boutant les Anglois hors de France » ...

La réconciliation s'amorce au XVe siècle, avec le mariage de René d'Anjou et d'Isabelle de Lorraine, qui réunit les duchés de Bar et de Lorraine. En 1552, la France occupe les évêchés de Metz, Toul et Verdun ; cela préfigure l'insertion du duché dans son système politique et militaire, après la guerre de Trente Ans qui laisse la région dans le chaos et la misère. En 1697, le traité de Ryswick lui reconnaît le statut de neutralité
C'est dans un contexte miséreux qu'est parachuté celui que les Lorrains considèrent toujours comme leur bienfaiteur, Stanislas Leszczynski. Ce roi de Pologne destitué, beau-père de Louis XV, hérite en 1738 du duché préalablement échangé … contre la Toscane ! Il contribue au renouveau de la Lorraine, grâce à sa politique de mécénat culturel et artistique. Avec l'architecte Emmanuel Héré, il édifie des monuments grandioses, comme la célèbre place Stanislas de Nancy, et donne ses lettres de noblesse au château de Commercy. Que de choses sont attribuées à Stanislas ! Du baba à l'académie de Nancy, on retrouve partout son empreinte. À sa mort en 1766, la France annexe définitivement une région prospère et rayonnante.
La Révolution de 1789 traumatise peu la population, fraîchement assujettie à la Couronne et qui accepte facilement les nouveaux régimes successifs. Au XIXe siècle, la Lorraine s'engage à plein régime dans une autre révolution, industrielle celle-là. Elle devient l'une des plus importantes régions minières de France, et les industries sidérurgiques et textiles triomphent.
La défaite française de 1871 et le traité de Francfort entraînent l'annexion de la plus grande partie de la Moselle, de Metz et des cantons de la Meurthe à l'Empire allemand. Malgré la politique d'assimilation à la culture allemande, les Lorrains restent attachés à la France. C'est après la Première Guerre mondiale qu'ils retournent dans le giron national, au prix de combats sanglants. À la fin de 1916, la tristement célèbre bataille de Verdun aura fait plus de 600 000 morts, après un an de sordides luttes de tranchées. Et la région, en première ligne, est de nouveau durement touchée par la guerre de 39-45, au cours de laquelle elle connaît encore deux changements de nationalité en quelques années d'occupation.

La Lorraine est aujourd'hui bien ancrée en France. Elle s'inscrit, plus largement, dans l'horizon européen, au sein duquel elle se développe grâce à sa position à la croisée des grands axes de communication.

La terre et les hommes

L'eau reine

La Lorraine regorge de cours et de plans d'eau qui ont façonné son paysage. Longue de 550 km, la Moselle relie les Vosges au Rhin ; elle est rejointe par son affluent la Meurthe au nord de Nancy. L'autre fleuve lorrain, la Meuse, naît dans la vallée de Bassigny en Haute-Marne pour rejoindre les Ardennes. La main humaine a complété ce réseau fluvial par des canaux comme celui de la Marne au Rhin, creusé en 1838 : il servait alors au transport de la houille entre la Sarre et la Lorraine. Aujourd'hui, 700 km de canaux navigables relient la région à la Belgique, à l'Allemagne et au sud de la France. Ils offrent un moyen de découverte privilégié, celui du tourisme fluvial, à bord d'un bateau sans permis ou au cours d'une croisière organisée. L'homme a aussi créé depuis le Moyen Age de nombreux étangs pour élever les poissons : le Lindre, qui s'étend sur plusieurs centaines d'hectares, est le plus grand étang piscicole de France. Au coeur des Vosges, les lacs de Gérardmer ou de Xonrupt-Longemer offrent baignades en été et parfois patinage en hiver. Autre merveille naturelle, plus étonnante : dans la vallée de la Seille, les sous-sols riches en sodium font jaillir des sources de saumure ; on y récolte le sel au milieu d'une végétation que l'on retrouve habituellement sur le littoral (salicornes, etc.).

Les Vosges

La Lorraine vallonnée s'élève avec le massif des Vosges. Formé il y a plus de cinquante millions d'années par un soulèvement tectonique, il ne faisait qu'un avec l'actuelle Forêt Noire en Allemagne. Un effondrement de la croûte terrestre a créé le fossé rhénan, qui les sépare aujourd'hui. Cela explique que du côté alsacien, le versant escarpé des Vosges tranche avec leur déclinaison douce vers les plaines de Lorraine. Des phases de refroidissement successives ont provoqué la formation de glaciers qui, à force d'érosion, sont devenus des lacs d'eaux froides (Gérardmer, Longemer).
Deux zones distinctes s'articulent de part et d'autre de la vallée de la Bruche. Les Vosges du Nord ont une altitude moindre, elles culminent entre 400 et 600 m. Les Hautes Vosges, au sud, sont plus élevées : le Grand Ballon d'Alsace atteint 1 424 m. Ces dernières sont parsemées de sommets arrondis, les ballons, et coiffées de landes, les hautes chaumes ; prairies naturelles (chaumes primaires) ou défrichées par l'homme pour le pâturage (chaumes secondaires), elles sont perchées au-dessus des forêts, à plus de 1 000 m d'altitude. Milieu fragile et unique, elles sont aujourd'hui préservées au sein du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.
La forêt boisée d'essences diverses (hêtres, pins, chênes, sycomores, bouleaux, etc.) est depuis toujours au coeur de l'économie locale : les scieries débitent le bois de chauffe (pour les industries traditionnelles du cristal ou du fer, par exemple), mais aussi celui qui sera transformé en meubles, en jouets, en violons (Mirecourt est célèbre pour ses luthiers) ou en cahiers Clairefontaine ... Parmi la faune sauvage qui hante les forêts vosgiennes, on trouve un gibier abondant (cerfs, chevreuils, sangliers), des renards et des espèces protégées (lynx, grands tétras).
Le massif recèle un autre milieu naturel exceptionnel et fragile, les tourbières. Ces îlots de végétation formés sur des sols de tourbe abritent des plantes rares et une faune spécifique. Curieusement, elles développent un microclimat ! On en trouve, entre autres, dans les environs de La Bresse, de Gérardmer et près du Donon. Surtout ne vous y aventurez pas : d'abord, c'est dangereux, mais surtout vous pourriez menacer leur équilibre. Le mieux, pour profiter des tourbières sans les abîmer, est de suivre les sentiers balisés, de préférence en compagnie d'un naturaliste.

Les parcs naturels

La Lorraine est la seule région de France à réunir trois parcs naturels.
- Le Parc naturel régional de Lorraine (www.pnr-lorraine.com) est le plus ancien : créé en 1974, il s'étend aujourd'hui sur 210 000 ha entre la Meurthe-et-Moselle, la Meuse et la Moselle, et il regroupe 200 communes. Il comporte deux espaces distincts, répartis de part et d'autre du sillon mosellan : à l'est, on retrouve les zones humides de la Woevre et du Pays des étangs, et les mares salées de la vallée de la Seille.
- Le Parc naturel régional des Vosges du Nord (www.parc-vosges-nord.fr) existe depuis 1975, il couvre 122 000 ha et englobe 102 communes d'Alsace et de Lorraine ; l'interaction qui y est cultivée entre le patrimoine historique et l'économie locale lui a valu sa classification en tant que Réserve de Biosphère par l'Unesco en 1989.
- Le petit dernier, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges (www.parc-ballons-vosges.fr), a été créé cette même année ; il rassemble 203 communes sur 300 000 ha et s'étend sur trois régions (Lorraine, Alsace et Franche-Comté).

Ces lieux préservés sont le cadre d'activités variées : observation avec un guide de la faune et de la flore, visite de monuments protégés, rencontre avec les artisans qui perpétuent les traditions locales, activités sportives sur terre, sur l'eau ou dans les airs (ULM, montgolfière), etc.

L'habitat traditionnel

Même s'il existe d'autres configurations, la structure type de l'habitat rural lorrain est celle dite du " village-rue ". Les maisons mitoyennes, de hauteur égale, s'alignent de part et d'autre d'une rue unique, rectiligne si le relief le permet. Cette rue servait autrefois à l'entrepôt du bois, du fumier et des charrues. De l'autre côté des maisons dont les pièces sont disposées en enfilade, jardins ou vergers de largeur égale occupent l'espace en s'allongeant. Avec le temps et la croissance démographique, d'autres maisons et de nouvelles rues sont venues se greffer à ce schéma de base, pour former des villages en X, en T ou encore en H. Il semble que ce modèle a été importé de Bohême et de Moravie en Lorraine à la suite des invasions germaniques, entre les VIe et IXe siècles. Les Lorrains contraints à l'exil au XVIIIe siècle l'ont à leur tour exporté, ce qui explique que l'on retrouve le modèle du village-rue en Pologne, en Autriche, en Hongrie, en Roumanie ou en Allemagne. Il est moins caractéristique des Vosges, où le relief montagneux est propice à un habitat de fermes autonomes dispersées.

La bête des Vosges

La bête des Vosges est l'un des sujets de discussion préféré des autochtones. Dans le massif, tout le monde se souvient de cet être étrange qui sévit de 1977 à 1988. Poulaillers attaqués, chevaux blessés, au moins 200 moutons égorgés ... On ne compte plus les victimes. Un loup ? Un renard ? Un chat sauvage ? Mystère jamais résolu, car personne n'a pu apercevoir la bête : ni les chasseurs, ni les gendarmes, ni les militaires ! Elle a fait couler du sang et de l'encre. En 1994, le loup des Vosges (ou plutôt la louve) a pris le relais, mais il était moins discret : il a été filmé par un amateur. Malgré les crimes sanguinaires dont furent victimes d'innocentes brebis et autres pouliches, l'animal est protégé par un arrêté du ministère de l'Environnement. Il était donc officiellement hors d'atteinte ... Mais qui a enterré la dépouille retrouvée début 1995 ?

Ajouter à mes favorisajouter à mes favoris

  • Aucun favori

Nos meilleures offres

Loisirs LorraineProfitez d'offres exclusives internet !

Train LorraineProfitez d'offres exclusives internet !

1318€* Vol Metz

* Prix trouvé par un internaute le 02/11/2008 à 18h35

Dernière mise à jour : le 03/11/2008 à 18h35

la lettre d'infos

Recevez nos bons plans avant tout le monde

publicité