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Pas facile d'exister dans l'ombre de l'une des principales destinations touristiques au monde : Paris, la ville lumière. La capitale a souvent éclipsé toute une région, l'Île-de-France, tant dans les domaines politique et économique que culturel. Pourtant, à y regarder de près, l'Île-de-France brille de mille trésors qui en font une destination de choix. Son éclat, elle le doit aux rayons du Roi Soleil qui lui a légué le somptueux château de Versailles, aux reflets chromés d'une grosse américaine, Disneyland, à des noms prestigieux d'anciennes résidences royales : Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, enfin aux touches lumineuses des tableaux des impressionnistes qui ont immortalisé les rives de la Seine. Loin de l'image d'Épinal des banlieues parisiennes bétonnées (où le routard un peu curieux aura la bonne surprise de tomber sur un troquet chaleureux, un coin de verdure planté d'arbres fruitiers ou le vestige émouvant d'un passé millénaire), l'Île-de-France est aussi un vaste terrain de jeu pour les amateurs de loisirs en plein air. À pied, à cheval, à deux ou quatre roues ; sur terre, dans l'eau ou dans les airs ; il y a de quoi faire, dans ses milliers d'hectares de forêts et de parcs naturels, comme dans ses nombreuses bases de loisirs. Que vous soyez parisien, lui accordant des week-ends sporadiques, ou que vous veniez de plus loin pour un séjour prolongé, l'Île-de-France, dans sa grande diversité, n'a pas fini de vous étonner.

Carte d'identité

Seine-Saint-Denis (93)

- Préfecture : Bobigny.
- Sous-préfectures : Saint-Denis et Le Raincy.
- Population : 1 383 000 habitants.
- Superficie : 236km².

Val-de-Marne (94)

- Année de naissance : 1964, lors de la partition du département de Seine-et-Oise.
- Préfecture : Créteil.
- Sous-préfectures : L'Hay-les-Roses, Nogent-sur-Marne.
- Population : 1 227 000 habitants.
- Superficie : 245km².

Hauts-de-Seine (92)

- Préfecture : Nanterre.
- Sous-préfectures : Antony, Boulogne-Billancourt.
- Population : 1 430 000 habitants.
- Superficie : 176km².
- Record : 1er département exportateur français.

Yvelines (78)

- Année de naissance : 1964, lors de la partition du département de Seine-et-Oise.
- Préfecture :Versailles.
- Sous-préfectures :Rambouillet, Mantes-la-Jolie, Saint-Germain-en-Laye.
- Superficie : 2 300km².
- Population : les 1 365 000 habitants du département vivent sur 1/4 du territoire (les 3/4 restants sont des espaces naturels).

Val-d'Oise (95)

- Année de naissance : 1964, lors de la partition du département de Seine-et-Oise.
- Préfecture : Cergy-Pontoise.
- Sous-préfectures : Montmorency, Argenteuil, Pontoise.
- Superficie : 1 246km².
- Population : 1 105 200 habitants.

Seine-et-Marne (77)

- Préfecture : Melun.
- Sous-préfectures : Meaux, Fontainebleau, Provins, Torcy.
- Superficie : 5 915km², soit 49 % de l'Ile-de-France.
- Population : 1 193 767 habitants.

Essonne (91)

- Préfecture : Evry.
- Sous-préfectures : Étampes, Palaiseau.
- Superficie : 1 804km².
- Population : 1 134 238 habitants.

Infos pratiques

Renseignements touristiques

-Comité départemental du tourisme de Seine-Saint-Denis : 140, avenue Jean-Lolive, 93695 Pantin Cedex. Tél. : 01-49-15-98-98. Internet : www.tourisme93.com. Une excellente doc sur les richesses, activités et balades du département. L'accueil du public, lui, se fait à l'espace tourisme-accueil du Stade de France, porte H. Tél. : 01-49-46-08-11. Tous les jours sauf le 1er janvier et le 25 décembre de 9 h à 18 h.
-Comité départemental du tourisme du Val-de-Marne : 38, quai Victor-Hugo, 94500 Champigny-sur-Marne. Tél. : 01-55-09-16-20. Internet : www.tourisme-valdemarne.com. Le CDT envoie de la documentation sur simple demande, notamment l'excellente brochure intitulée Boucles de la Marne, qui indique 8 itinéraires de promenade.
-Comité départemental du tourisme et des loisirs des Hauts-de-Seine : 8, place de la Défense, 92974 Paris La Défense Cedex. Tél. : 01-46-93-92-92. Internet : www.tourisme-hautsdeseine.com. M. ou RER : La-Défense-Grande-Arche. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h (17 h le vendredi).
-Comité départemental du tourisme des Yvelines : 1, rue de la Patte-d'Oie, 78000 Versailles. Tél. : 01-39-07-71-22. Internet : www.tourisme.yvelines.fr. Les offices du tourisme et le CDT proposent (sur demande) la brochure Route Nature, qui permet aux familles de se procurer gratuitement la carte PASS'MALIN, offrant des tarifs préférentiels sur 12 sites du département.
-Maison du tourisme du Val-d'Oise : château de la Motte, rue François-de-Ganay, BP 02, 95270 Luzarches. Tél. : 01-30-29-51-00. Internet : www.val-doise-tourisme.com.
- Comité départemental du tourisme de Seine-et-Marne : 11 rue Royale, 77300 Fontainebleau. Tél. : 01-60-39-60-39. Fax : 01-60-39-60-40. Internet : www.tourisme77.fr.
- Comité départemental du tourisme de l'Essonne : 19, rue des Mazières, 91000 Evry. Tél. : 01-64-97-35-13. Fax : 01-64-97-23-70. Internet : www.tourisme-essonne.com. E-mail : cdt@tourisme-essonne.com.

Carte internationale d'étudiant (ISIC)

Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport …), l'hébergement, la culture, les loisirs ...
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.

Carte internationale des auberges de jeunesse (FUAJ)

Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.

Activités

« Ah ! le petit vin blanc, qu'on boit sous les tonnelles ... »

Chez Gégène, Mimi-la-Sardine, La Goulue, Le Petit Robinson, L'IIe du Martin-Pêcheur : des noms parfois poétiques, souvent évocateurs, volontiers canailles. La guinguette a le vent en poupe depuis quelques années, et c'est tant mieux.
Le dictionnaire rappelle que c'est « un lieu de plaisir populaire situé généralement dans la banlieue d'une grande ville ». On y boit bien sûr (et pas seulement du vin blanc), mais on y danse aussi. Amusant d'ailleurs de s'apercevoir que les principales danses pratiquées dès le XIXe siècle dans les guinguettes sont importées par les différentes vagues d'immigration : valse, mazurka, quadrille et scottish. Le musette ne viendra que plus tard, brillamment relayé à l'accordéon par des phénomènes comme Jo Privat.

Aujourd'hui comme hier, la nourriture tourne autour du poisson. La friture est reine, la matelote est sa dauphine, l'anguille, la carpe ou le brochet sont parfois au programme, mais les moules-frites restent maîtresses de la carte.
C'est en bordure de Paris, dans les quartiers populaires, qu'éclosent tout d'abord ces débits de boissons. Mais lorsque la capitale, sous le Second Empire, annexe ces villages qui ont pour nom Belleville ou Montmartre, l'octroi (taxe sur les boissons et denrées qui pénètrent dans Paris) est déplacé. Ainsi les guinguettes désirant échapper à cet impôt sont-elles contraintes de déménager à l'extérieur des nouvelles frontières. Bords de Marne pour beaucoup d'entre elles, bords de Seine pour d'autres.
Tombées en désuétude à partir des années 1960, les guinguettes surfent aujourd'hui sur la vague nostalgico-rétro et ont retrouvé une nouvelle jeunesse, en même temps qu'un nouveau public. Alors cirez vos escarpins, fixez solidement votre canotier et « chauffe Marcel, chauffe ! »

Parcs d'attractions

- Disneyland Resort Paris : RER A, Marne-la-Vallée-Chessy. Tél. : 01-60-30-10-20. Les horaires varient selon la saison : ouverture à 9 ou 10 h en semaine, fermeture entre 20 h en semaine en hiver, et 23 h (18 h pour Walt Disney Studios) en juillet-août. Toujours se renseigner à l'avance, par téléphone (01-60-30-53-05) ou sur Internet : www.disneylandparis.com.
- Passeport 1 jour, valable pour le parc Disneyland ou le parc Walt Disney Studios. Tarifs : 44 euros€ pour les adultes ; 36 euros pour les 3-11 ans. Un peu moins cher en basse saison.
- Billet Passe-Partout pour 1 jour, permettant d'accéder à Disneyland et le parc Walt Disney Studios. Tarifs : 54 euros pour les adultes ; 46 euros pour les 3-11 ans.
- Billet Passe-Partout pour 2 jours : valable pour les 2 parcs à thème. Tarifs : 95 euros pour les adultes ; 78 euros pour les enfants.
- Billet Passe-Partout pour 3 jours : valable pour les 2 parcs à thème. Tarifs : 119 euros pour les adultes ; 98 euros pour les enfants.
Une visite à Disneyland ne s'improvise pas. L'Europe entière s'y donnant rendez-vous, mieux vaut éviter d'y aller durant les vacances scolaires et les longs week-ends, sous peine de se retrouver dans des files d'attente interminables.
Le parc est composé de 5 « quartiers » thématiques. Fantasyland, dominé par le château de la Belle au Bois dormant, est le royaume des petits et des amoureux de Disney, les attractions ayant pour thèmes les principaux dessins animés de Walt. Dépaysement et émotions garantis dans Frontierland, avec le train fou de la mine, la maison hantée et des paysages du Colorado et du Mississippi extraordinairement reconstitués. La végétation d'inspiration tropicale d' Adventureland accueille les aventures d'Indiana Jones et des pirates. A Discoveryland enfin, l'avenir est en marche avec des attractions futuristes comme Space Mountain. Sans oublier Main Street, bordée de restaurants et de boutiques, qui évoque une grande rue de ville américaine du début du XXe siècle.
Le second parc à thème, Walt Disney Studios, propose de découvrir les coulisses du cinéma, de l'animation et de la télévision, à travers quatre « zones de production ». Frontlot abrite notamment le Studio 1, reconstitution d'un Hollywood mythique. Animation Courtyard est consacré aux dessins animés. Production Courtyard, où se trouvent notamment les locaux de Disney Channel France, nous entraîne dans les coulisses du cinéma et de la télévision. Backlot, enfin, est spécialement consacré aux effets spéciaux et aux cascades.

- Parc Astérix : tél. : 0826-30-10-40 (0,15 euros/mn). Internet : www.parcasterix.fr. Ouvert d'avril à fin octobre (les dates précises changent chaque année). Horaires variables selon les saisons. Ouvert en général de 9 h 30 ou 10 h à 18 h ou 19 h. Toujours se renseigner à l'avance, par téléphone.Tarifs : 35 euros pour les adultes, 25 euros pour les 3-11 ans, gratuit pour les moins de 3 ans.
- Carte Saison, valable pour un nombre illimité de visites, rentable à partir de 3 visites. Tarifs : 66 euros pour les adultes, 46 euros pour les enfants, gratuit pour les moins de 3 ans.
Côté attractions, il y en a pour tous les âges : du manège de chevaux de bois au vertigineux Goudurix, le plus grand grand huit d'Europe, tout le monde s'y retrouvera. Le parc est divisé en 7 secteurs : la via Antiqua (qui évoque les différentes villes où se déroulent les aventures d'Astérix), le Gaule, l' Empire romain, la Grèce antique (géniale reconstitution d'un petit village sur les côtes de la mer Egée, avec ses tavernes et ses maisons blanc et bleu), le Moyen Age, le XVIIIe siècle et le XXe siècle.

Fermes pédagogiques

- Ferme de Paris (Georges-Ville), au bois de Vincennes : 1, route du Pesage, 94300 Vincennes. Tél. : 01-43-28-47-63. Ouvert seulement les week-end et jours fériés (sauf pendant les vacances scolaires de printemps et en juillet-août : ouvert tous les jours de 13 h 30 à 18 h). D'avril à septembre : ouvert de 13 h 30 à 18 h 30 ; en octobre et mars : de 13 h 30 à 17 h 30 ; de novembre à février : de 13 h 30 à 18 h. Entrée libre.
C'est une véritable exploitation agricole. Les petits rats des villes en mal de verdure y découvriront les occupations des petits rats des champs. 5 ha de cultures, des grosses vaches et des petites poulettes.

- Bergerie nationale : dans le parc du château de Rambouillet. Tél. : 01-61-08-68-00. De mars à octobre, ouvert du mercredi au dimanche et les jours fériés(tous les jours pendant les vacances scolaires) de 14 h à 17 h(dernière entrée) ; de novembre à février, ouvert seulement le week-end; fermé du 24 décembre au 15 janvier. Tarifs : 4,50 euros pour les adultes et 3 euros pour les enfants. Internet : www.bergerie-nationale.educagri.fr.
Évidemment, les moutons sont les plus nombreux, mais on y élève aussi des vaches, des poules, des chèvres, des cochons, des canards, etc. Des panneaux pédagogiques ponctuent la visite. Le musée présente l'élevage du mouton mérinos.
Faites un petit tour par la boutique gourmande, où vous trouverez les produits de la ferme : crémerie, oeufs, volailles ... Bref, c'est une belle visite, dans une vraie ferme, très instructive pour le citadin ignorant, et les enfants adorent !

Fêtes et festivals

Seine-Saint-Denis

- Africolor : en décembre, dans tout le département. Festival de musiques urbaines de l'Afrique et de l'océan Indien. Tél. : 01-47-97-69-99. Internet : www.africolor.com.
- Salon du Livre et de la Presse Jeunesse : à Montreuil, autour du 1er week-end de décembre, la grande fête du livre pour les mômes dans la halle d'expo Marcel-Dufriche (rue de Paris). Un grand moment de la vie culturelle montreuilloise et un impact qui dépasse largement les frontières du département. Renseignements, tél. : 01-55-86-86-55. Internet : www.salon-livre-presse-jeunesse.com.
- Banlieues bleues :dans tout le département, en mars et en avril, festival de jazz. On retrouve les grosses pointures à prix démocratiques. Renseignements :tél. : 01-49-22-10-10. Internet : www.banlieuesbleues.org.
- Fête de l'Huma : le 2e week-end de septembre, au parc paysager (ou parc départemental).

Val-de-Marne

- Festi'Val-de-Marne : en octobre, pendant une dizaine de jours dans tout le département. Tél. : 01-45-15-07-07. Internet : www.festivaldemarne.org.
- Festival de l'Oh ! : sous-titré « L'eau, la vie, l'étonnement en Val-de-Marne », ce festival qui se déroule chaque année en mai sur deux jours rassemble les communes situées au bord... de l'eau, bien sûr, la Marne et la Seine en l'occurrence. Bateaux-mouches, spectacles de rue, concerts, animations, carnaval flottant, concours de pêche, etc. ; et puis des débats-conférences sur la protection de ce bien précieux et vivant.

Hauts-de-Seine

- Chorus des Hauts-de-Seine : en mars-avril, sur 3 semaines. C'est la grande manifestation du département, dédiée à la chanson française et aux musiques actuelles. Nombreuses initiatives, comme le « Chorus des enfants », le « Tremplin de la Chanson », le « Starting rock », etc. Internet : www.hauts-de-seine.net/chorus.
- Rock en Seine : 2 jours fin août, dans le parc du Domaine national de Saint-Cloud. De nombreux artistes rock de grand cru se succèdent. Le plus grand festival rock de Paris. Internet : www.rockenseine.com.
- Festival des Globe-Trotters : à l'automne, pendant 3 jours, à Issy-les-Moulineaux. Le rendez-vous fraternel annuel des routards de 8 à 88 ans. Conférences sur des voyages et pays insolites, stands par destinations, bons plans, expos, films, etc. La fête du voyage ! Tél. : 01-45-45-29-29. Internet : www.abm.fr/fgt.html.

Yvelines

- Mois Molière : chaque année en juin, à Versailles. Hommage rendu à celui qui a animé les grandes fêtes du Roi Soleil. Il est placé sous le double signe de l'histoire de la ville et de l'ouverture à la jeunesse. De quartier en quartier, des représentations de comédies de Molière et toutes sortes d'animations sont données (certaines sont gratuites) dans la ville. Renseignements à la mairie : tél. : 01-30-97-80-00.
- Fête des Loges : en juillet-août, en forêt de Saint-Germain. Internet : www.fetedesloges.net. Méga fête foraine attirant chaque année près de 4 millions de visiteurs. Classiques grand huit, grande roue et train fantôme, et nouveautés ahurissantes, de plus en plus vite, de plus en plus haut, de plus en plus fort. Sans oublier, bien sûr, guimauves et barbes à papa.

Val-d'Oise

- Fête de la cocagne : en juin, à Auvers-sur-Oise. Tous les habitants et les touristes sont invités à s'habiller à la mode de la Belle Époque. Nombreux concerts de musique classique avec une programmation de haut niveau. Tél. : 01-30-36-77-77. Internet : www.festival-auvers.com.

Seine-et-Marne

- Fête médiévale : tous les ans en juin, à Provins. 2 000 participants et 100 cavaliers. Renseignements : tél. : 01-64-00-39-39. Internet : www.provins-medieval.com.

Essonne

- Foire au cresson : pendant le week-end de Pâques, à Méréville. Brocante, dégustations, animations dans la ville autoproclamée « capitale du cresson »
- Les Automnales : en novembre, à Étampes. Un dimanche de fête avec dégustation, vente de produits du terroir et animation des rues...

Culture

Musées

- Musée de l'Air et de l'Espace : au Bourget, sur la N2 en direction de Soissons. Tél. : 01-49-92-70-62 et 70-00. Internet : www.museedelair.org. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10 h à 17 h (18 h du 1er avril au 30 septembre). Fermé le 1er janvier et le 25 décembre. Entrée : 7 euros; forfait entrée + visites Concorde et Boeing : 9,50 euros; tarif réduit : 5 euros; gratuit pour les moins de 18 ans.
C'est l'ancienne aérogare de l'aéroport du Bourget : vue du ciel, elle figure un bimoteur au sol. Dans ce domaine, c'est le plus important musée du monde, avec une collection de plus de 150 avions originaux ! On peut y trouver les coucous de la guerre de 1914-1918, ainsi que l'histoire de l'aviation civile depuis 1919, depuis les avions de Costes et de Bellonte jusqu'au Boeing 747 et Concorde. Tout cela exposé en « décors réels », dans les hangars et sur le tarmac de l'aéroport. Ensuite, on passe à la conquête du cosmos. Il y a le premier Spoutnik, la cabine Soyouz T6 de Jean-Loup Chrétien, sans oublier Ariane ... ainsi qu'un planétarium.

- Musée national de Céramique : place de la Manufacture, à Sèvres. Tél. : 01-41-14-04-20. Internet : www.musee-ceramique-sevres.fr. M. : Pont-de-Sèvres. Tramway T2 : Val-de-Seine. Ouvert tous les jours sauf le mardi, le 1er janvier et le 25 décembre de 10 h à 17 h. Entrée : 4,50 euros; gratuit pour les moins de 18 ans et pour tous le premier dimanche de chaque mois. Augmentation de 1,20 euros lors des expositions temporaires. Possibilité de visites-conférences et d'activités en atelier, tél. : 01-41-14-04-23.
Initialement installée à Vincennes, la Manufacture royale de porcelaine a déménagé à Sèvres en 1756, sous l'influence de Mme de Pompadour. Elle prit un nouvel essor sous la direction d'Alexandre Brongniart, de 1800 à 1847, qui y créa notamment le musée de Céramique. Celui-ci rassemble aujourd'hui plus de 50 000 objets de toutes les époques et de tous les horizons, de la Rome antique aux faiences contemporaines japonaises, en passant par la poterie vernissée du Moyen Âge et les porcelaines hispano-mauresques. À la sortie, vous saurez tout sur les pâtes dures et tendres, les différences entre faïences, porcelaines, céramiques, poteries, majoliques ...

- Musée Rodin : 19, avenue Auguste-Rodin, à Meudon. Tél. : 01-41-14-35-00. Internet : www.musee-rodin.fr. Ouvert de début avril à fin septembre du vendredi au dimanche et certains jours fériés, de 13 h à 18 h (dernière entrée à 17 h 15). Tarif : 2 €. Gratuit le 1er dimanche de chaque mois.
Installé dans la villa des Brillants, que Rodin habita de 1894 jusqu'à sa mort, en 1917, le musée bénéficie de la même direction que le musée Rodin de l'hôtel Biron à Paris. Le sculpteur adjoignit un atelier au corps principal de la maison, puis il y fit reconstruire le pavillon de l'Exposition universelle de 1900 qui lui était consacré. On y trouve des études, des dessins, des plâtres et des maquettes de ses oeuvres, comme Les Bourgeois de Calais ou La Porte de l'Enfer.

- Musée d'Archéologie nationale : au château de Saint-Germain-en-Laye. RER A, Saint-Germain-en-Laye. Tél. : 01-39-10-13-00. Internet : www.musee-archeologienationale.fr. Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 h à 17 h 15 ; le week-end et les jours fériés de mai à septembre de 10 h à 18 h 15. Entrée : 4,50 euros en semaine ; gratuit pour les moins de 18 ans, et pour tous le 1er dimanche de chaque mois.
Le plus important fonds archéologique de France et, pour la section préhistorique, le plus important au monde. Du paléolithique à la Gaule mérovingienne, nombreuses raretés et splendeurs : la Dame de Brassempouy, plus ancienne représentation connue du visage humain (25 000 ans avant notre ère), les formidables collections de l'âge du bronze et du premier âge du fer, les bijoux et parures en or de la basilique Saint-Denis ... Dans la grande salle de bal, archéologie comparée, avec environ 6 000 pièces provenant des cinq continents.

- Musée Fragonard : École vétérinaire, 7, avenue du Général-de-Gaulle, bâtiment Blin, à Maisons-Alfort . Tél. : 01-43-96-71-72. M. : Alfort-École Vétérinaire-de-Maisons-Alfort. Ouvert le mardi et le mercredi de 14 h à 17 h, le samedi et le dimanche de 10 h à 17 h. Téléphoner pour les heures d'ouverture pendant les vacances scolaires. Fermé en août. Entrée : autour de 7 euros (audioguide compris) ; gratuit pour les moins de 18 ans. Attention, le musée est fermé pour rénovation jusqu'en février 2008.
Il s'agit ici de Honoré Fragonard, cousin du peintre, né comme lui en 1732. La visite s'articule autour de trois salles : la première montre comment les animaux sont à la fois ressemblants et différents (au travers de leurs systèmes respiratoire, digestif, nerveux, etc.). Ne pas manquer la petite « galerie des monstres », avec d'incroyables animaux à deux têtes ! La deuxième salle regroupe les squelettes ainsi qu'une impressionnante collection de mâchoires. La troisième offre un panorama étonnant des pathologies animales et humaines. Mais le « trésor » du musée est la vingtaine d'écorchés réalisés entre 1766 et 1771 par Fragonard.

- À voir également : le musée français de la Carte à jouer à Issy-les-Moulineaux, le musée Jean-Jacques Rousseau à Montmorency, etc.

Châteaux

Vaux-le-Vicomte

Tél. : 01-64-14-41-90. Internet : www.vaux-le-vicomte.com. Entrée : 12,50 euros; 9,90 euros pour les enfants de 6 à 16 ans, les étudiants et les personnes de plus de 60 ans.
L'un des plus beaux châteaux d'Ile-de-France, construit par le surintendant des Finances Nicolas Fouquet entre 1656 et 1661. Le 17 août 1661, Fouquet convie Louis XIV à la « pendaison de crémaillère » et organise en son honneur une fête d'une magnificence incroyable. L'effet obtenu n'est pas celui escompté : le roi prend ombrage d'un tel luxe et, quinze jours plus tard, Fouquet est arrêté à Nantes et ses biens confisqués. Il passera le reste de sa vie en prison. Comme quoi, il ne faut pas inviter n'importe qui à ses soirées.

Versailles

Tél. : 01-30-83-77-77 (serveur) ou 01-30-83-78-00 (hôtesse). Internet : www.chateauversailles.fr.
- Château : ouvert du mardi au dimanche de 9 h à 18 h30 (17 h 30 de novembre à mars), sauf certains jours fériés. Entrée : 13,50 euros (audioguide compris, sauf pour les enfants) ; tarif réduit (à partir de 15 h en basse saison, 16 h en haute saison, et pour les familles nombreuses) : 10 euros; gratuit pour les moins de 18 ans, et pour tous le 1er dimanche du mois de novembre à mars.
- Domaine de Marie-Antoinette : ouvert tous les jours de 12 h à 19 h 30 de 12 h à 18 h en basse saison). Accès aux espaces intérieurs jusqu'à 17 h de novembre à mars, 18 h le reste de l'année. Dernière admission 30 mn avant la fermeture. Entrée : 9 euros; gratuit pour les moins de 18 ans.
- Grand Trianon : ouvert d'avril à octobre de 12 h à 18 h 30 ; de novembre à mars de 12 h à 17 h 30. Billet vendu jusqu'à 17 h 45.
- Passeport Versailles : 20 euros en semaine, 25 euros les week-ends et jours fériés en haute saison, 16 euros en basse saison. Il permet de faire TOUTES les visites non-guidées.
- Parc et jardins : ouvert tous les jours de 7 h jusqu'au coucher du soleil (entre 17 h 30 et 21 h 30 selon la saison). Fermé en cas de fortes intempéries. Fermeture des bosquets à 18 h. Parc en accès libre pour les piétons et cyclistes. L'accès aux jardins et aux bosquets est gratuit hors jours des Grandes Eaux musicales : compter alors 6 euros.
C'est grâce à la passion royale pour la chasse que le site de Versailles, pays giboyeux de bois et de broussailles, marécageux par endroits, voit s'ériger cette oeuvre folle et grandiose qu'est le château. Louis XIII y fait bâtir en 1623 un premier pavillon, qu'il fait reconstruire de 1631 à 1634 par Philibert de Roy. Louis XIV se défend de l'abattre, et il reste imbriqué au cœur du palais lorsqu'il entreprend de le rénover dès son accession au pouvoir en 1661. Il embauche pour cela l'équipe qui avait conçu Vaux-le-Vicomte : l'architecte Le Vau, le jardinier Le Nôtre et le peintre Le Brun. À la mort de Le Vau, Hardouin-Mansart poursuit l'ouvrage (1670-1685), créant notamment la splendide galerie des Glaces, le Grand Trianon et la chapelle, que Robert de Cotte achèvera. Les seuls compléments ultérieurs importants seront l' opéra et le Petit Trianon sous Louis XV par Gabriel (1770-1772), et enfin le hameau de la Reine (1775), par Mique, pour Marie-Antoinette.

Fontainebleau

Tél. : 01-60-71-50-70. Ouvert tous les jours sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre, de 9 h 30 à 17 h d'octobre à mai, et de 9 h 30 à 18 h de juin à septembre. La vente des billets s'arrête une heure avant la fermeture. Internet : www.musee-chateau-fontainebleau.fr.
- Château : ouvert tous les jours sauf le mardi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre, de 9 h 30 à 17 h d'octobre à mai, et de 9 h 30 à 18 h de juin à septembre.
- Jardins : ouverts tous les jours de 9 h à 17 h de novembre à février, de 9 h à 18 h en mars, avril et octobre, et de 9 h à 19 h de mai à septembre. Le jardin anglais ferme une heure avant les autres jardins.
- Entrée (château, salles Renaissance, Grands Appartements des souverains et Appartement intérieur de l'Empereur) : 8 euros; tarif réduit : 6 euros; gratuit pour les moins de 18 ans et pour tous le 1er dimanche de chaque mois.
Trente-quatre souverains depuis le XIIe siècle sont venus séjourner ici en période de chasse, de Louis VI le Gros à Napoléon, en passant par Philippe Auguste ou Saint Louis. Une telle continuité est unique et en fait l'un des sites majeurs de notre patrimoine. C'est à François Ier que l'on doit le palais actuel, ainsi que le célèbre escalier dit du « fer à cheval », la plupart des édifices datant du XVIe siècle. Des constructions antérieures ne subsiste que le donjon. Les magnifiques parterres du parc furent redessinés par Le Nôtre au XVIIe siècle.

La Roche-Guyon

1, rue de l'Audience. Tél. : 01-34-79-74-42. Internet : www.chateaudelarocheguyon.fr. Ouvert, de mi-mars au 1er week-end de décembre, de 10 h à 17 h (18 h le week-end) ; de mars à fin octobre, ouvert jusqu'à 18 h en semaine, 19 h le week-end ; de fin janvier à fin février, ouvert seulement le week-end. Attention, fermeture des guichets une heure avant. Entrée : 7,50 euros; 4 euros pour les 6 à 25 ans.
Le château présente toute la gamme des styles du XIIe au XIXe siècle. La Rochefoucauld l'acheta et y rédigea une partie de ses Maximes à la fin du XVIIe siècle. Outre l'enfilade des grands salons du XVIIIe siècle, on ne manquera pas de visiter les écuries et les cours intérieures, le bâtiment médiéval, l'escalier souterrain, les chapelles et le donjon (qui culmine à 120 m de hauteur et date de la fin du XIIe siècle) et enfin, le circuit des casemates de la Seconde Guerre mondiale. Du point le plus haut, vue magnifique sur la Seine et la campagne.

- À visiter également : les châteaux de Rambouillet, de Maisons-Laffitte, d' Écouen , de Malmaison , de Champs-sur-Marne, de Ferrières , etc.

Monuments religieux

- Abbaye de Royaumont : à Asnières-sur-Oise. Tél. : 01-30-35-59-00. Internet : www.royaumont.com. Ouvert de 10 h à 18 h (17 h 30 de novembre à février). Interruption de la billetterie entre 12 h 45 et 13 h 45, sauf les week-ends et jours fériés. Visites guidées tous les samedis à 14 h 30, 15 h 30 et 16 h 30, les dimanches et jours fériés à 11 h 45, 14 h 30, 15 h 45 et 17 h (sauf de novembre à février : 11 h 45, 14 h 30, 15 h 30 et 16 h 30). Entrée : 5,50 euros; tarif réduit pour les enfants et les étudiants de moins de 26 ans : 4 euros ; gratuit pour les enfants de moins de 7 ans.
Peut-être la plus belle abbaye cistercienne d'Ile-de-France, fondée au XIIIe siècle par Saint Louis sous la conduite de sa mère Blanche de Castille. À la Révolution, l'abbaye fut transformée en manufacture de coton ; elle servit d'hôpital militaire durant la Grande Guerre. Aujourd'hui, Royaumont est une fondation qui accueille des séminaires de recherche. En été, durant la saison musicale, il n'est pas rare de croiser des musiciens en train de répéter le concert du soir, ce qui renforce le charme mystique des lieux.

- Basilique (et cathédrale) de Saint-Denis : M. : Basilique de Saint-Denis. Accès libre à la nef tous les jours à partir de 8 h. Pour le reste (choeur, transept, abside et crypte, c'est-à-dire tout l'espace où sont les gisants), ouvert tous les jours sauf le dimanche matin et pendant les offices religieux (se renseigner avant de venir), de 10 h à 18 h 15 d'avril à fin septembre, de 10 h à 17 h 15 d'octobre à fin mars. Entrée : 6,50 euros. Visites commentées sans supplément 1 ou 2 fois par jour : tél. : 01-48-09-83-54.
La prestigieuse basilique, élevée au rang de cathédrale en 1966, vaut autant pour ses hôtes que pour son architecture. Les extensions par Suger de l'église de Charlemagne (façade et chevet, édifiés de 1137 à 1144) en font le tout premier monument gothique. Quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois princes et princesses et dix serviteurs du royaume y reposent. Les gisants et tombeaux sont vides depuis 1793, lorsque les Révolutionnaires les ouvrirent et ensevelirent les corps dans deux fosses communes. Louis XVIII les fit exhumer pour les réunir dans la crypte : c'est l' ossuaire, où une plaque égrène la liste des monarques censés y être.

- A visiter également : l' abbaye Notre-Dame de Jouarre , l' abbaye de Maubuisson, l' ancienne abbaye de Port-Royal-des-Champs, etc.

Sur les traces de l'art pictural du XIXe siècle

Le charme et le pittoresque des paysages d'Ile-de-France ont inspiré de nombreux peintres au XIXe siècle. Grâce aux progrès des transports, mais également à l'apparition de peintures en tube suffisamment nuancées pour permettre de peindre sur le motif, ils sortirent de leurs ateliers parisiens et s'en donnèrent à coeur joie en plein air. Bien souvent, lorsque l'un trouvait un bon « spot » pour s'adonner à ses recherches sur la luminosité et à son goût pour la « tranche de vie », il rameutait tous ses amis : nombreux sont les villages d'Ile-de-France dont le nom reste ainsi associé à une école ou un courant de peinture.

- Le village de Barbizon, à 9 km de Fontainebleau, devint de 1825 à 1870 la Mecque des peintres paysagistes, à l'origine d'un style appelé école de Barbizon. Ses représentants les plus marquants furent Théodore Rousseau, Jean-François Millet (qui s'y installa en 1849 et rendit hommage au monde rural avec des tableaux comme Les Glaneuses) et Charles-François Daubigny. Leur goût pour le travail sur le motif, l'importance de l'atmosphère distillée par la lumière et la place prise par les paysages inspirèrent le mouvement impressionniste.
Aujourd'hui, on peut notamment visiter le musée municipal de l'Ecole de Barbizon et l'atelier de Millet.
- Office du tourisme de Barbizon : 41, Grande-Rue. Tél. : 01-60-66-41-87. Internet : www.barbizon-tourisme.com. Ouvert du mercredi au dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h.

- Les peintres impressionnistes installèrent à leur tour leurs pénates en Ile-de-France. Monet vécut à Argenteuiloù il ne peignit pas moins de 130 tableaux (les Ponts à Argenteuil, Les Coquelicots), suivi de Sisley ( La Passerelle), Renoir ( La Seine à Argenteuil), Manet ( Chez le Père Lathuille) ...
Bourron-Marlotte, en Seine-et-Marne, fut immortalisée par Renoir ( À l'auberge de la mère Anthony), tandis que Manet y aurait peint des fragments du Déjeuner sur l'herbe Pissarro posa longtemps son chevalet à Pontoise, où l'on trouve un musée à son nom (tél. : 01-30-32-06-75) bien que, ô surprise, ce ne soient pas ses toiles, mais ses gravures qui y soient exposées.
Dans les Yvelines enfin, des sites comme Port-Marly ( Inondation à Port-Marly, Sisley), Louveciennes( La Neige à Louveciennes, Sisley), Bougival ( Pont de Bougival, Monet), Chatou( Le Pont de chemin de fer à Chatou, Renoir) ou encore Carrières-sur-Seine ( Carrières-Saint-Denis, Monet) ont abondamment inspiré ces artistes.

- Le petit village d' Auvers-sur-Oise peut s'enorgueillir d'avoir accueilli de nombreux peintres (Daubigny, Corot, Pissarro, Cézanne ...), mais il doit surtout sa notoriété à Van Gogh, qui y passa les deux derniers mois de sa vie en 1889 et où il est enterré avec son frère Théo. Il a notamment immortalisé l'église du village.
Aujourd'hui, une visite à Auvers passe par un passionnant parcours-spectacle au château, « Voyage au temps des impressionnistes », la maison de Van Gogh à l'auberge Ravoux, où le peintre prit pension dans une minuscule chambre mansardée, l'atelier de Daubigny et le musée qui porte son nom, ainsi que la maison du fameux docteur Gachet, amateur d'art éclairé.
- Office du tourisme : manoir des Colombières, rue de la Sansonne. Tél. : 01-30-36-10-06. Internet : www.auvers-sur-oise.com. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h (18 h d'avril à fin septembre).

Monuments nationaux

- Centre des monuments nationaux : 62, rue Saint-Antoine, 75186 Paris Cedex 04. Tél. : 01-44-54-19-30. Internet : www.monuments-nationaux.fr.

Gastronomie

Plus que par des petits plats traditionnels, la gastronomie francilienne se caractérise par des produits issus d'un terroir riche et varié

Spécialités

Aromates et condiments

- Menthe de Milly : on cultive depuis le Moyen Age des plantes aromatiques, tinctoriales, médicinales et à parfum aux alentours de Milly-la-Forêt (Essonne). La plus célèbre est la menthe poivrée, dont on fait des bonbons, des sirops, des tisanes, des chocolats, etc.
- Moutarde de Meaux : condiment à base de grains de moutarde entiers, de grains broyés à la meule, de vinaigre, d'eau, de sel et d'aromates. Plus une touche caractéristique dont les moines de Meaux, qui la confectionnaient au Moyen Age, n'ont révélé le secret qu'à Pommery, qui commercialisa la marque à partir de 1760. D'où son appellation commune de « moutarde de Meaux Pommery », même si elle a depuis changé de producteur.
- Vinaigre de Lagny : confectionné en Seine-et-Marne depuis 1865. Il sert de base à la moutarde de Meaux.

Fruits et légumes

Jusqu'au XIXe siècle, les cultures maraîchères et fruitières étaient légion dans la périphérie de Paris : certaines ont acquis une renommée bien au-delà des frontières de l'Ile-de-France. Puis l'urbanisation est passée par là au XXe siècle, remplaçant les jardins et les champs par du béton. Beaucoup de ces produits ne sont plus que des souvenirs cultivés par quelques irréductibles nostalgiques.

- Cresson de Méréville : l'Essonne est le premier producteur français de cresson (production estimée à 7 millions de bottes par an) et Méréville, où il est cultivé depuis la fin du XIXe siècle, s'est auto proclamée « capitale du cresson ». On y célèbre la plante lors d'une foire au cresson, chaque week-end de Pâques. A Méréville, classée « site remarquable du goût », on peut également acheter le Cressonnier, un apéritif à base de vin et de cresson.
- Petits pois de Clamart : les cultures maraîchères se sont installées au XIXe siècle dans cette commune des Hauts-de-Seine, et le petit pois de Clamart a vite acquis une renommée internationale. On fait désormais revivre chaque année cette tradition pendant une semaine, en juin, lors de la Fête des petits pois.
- Asperge d'Argenteuil : cultivée à partir du XIXe siècle dans cette ville du Val d'Oise, elle a rapidement trusté les médailles au concours agricole. On peut observer quelques spécimens énormes conservés dans du formol au musée d'Argenteuil !
- Les champignons de Paris, qui poussent dans des caves calcaires, sont notamment cultivés dans les anciennes carrières de Châtillon et dans les champignonnières des Yvelines.
- Belle de Fontenay : c'est à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, que l'on a découvert cette variété de pomme de terre.
- Poire de Groslay : cultivée dès le XVIIe siècle dans les vergers du Parisis, dans le Val d'Oise, elle l'est encore de nos jours. Il ne s'agit pas d'une variété, mais d'une appellation.
- Cerise de Montmorency : petite et acidulée, elle fut largement cultivée dans le Val d'Oise à partir du XVIIe siècle. On la retrouve jusque dans les écrits de Madame de Sévigné, de Rousseau et de Voltaire, qui s'en faisait livrer. Mais à la fin du XIXe siècle, la production a disparu petit à petit, concurrencée par les cerises du Sud. Il ne reste d'ailleurs plus de cerisiers de cette époque.
- Pêche de Montreuil : sa culture remonte au XVIIe siècle et, jusqu'au milieu du XXe siècle, fut florissante. Les pêchers étaient plaqués contre des murs très épais, de 2,70 m de haut et recouverts de plâtre, ce qui permettait d'emmagasiner la chaleur dans la journée et de la restituer pendant la nuit. Il y eut jusqu'à 600 km de ces « murs à pêches », mais ils disparurent peu à peu au XXe siècle, vaincus par l'urbanisation. Aujourd'hui, il subsiste quelques kilomètres de murs dans le haut Montreuil, dont les propriétaires écoulent les fruits sur les marchés locaux.
- Chasselas de Thomery : on cultivait ce raisin de table, de 1730 au XIXe siècle, sur des murs qui se sont étendus sur plus de 350 km. La commercialisation a cessé complètement en 1980. Seuls quelques passionnés maintiennent la tradition.

Viandes

Les élevages bovins, ovins et avicoles des Yvelines, de l'Essonne et de la Seine-et-Marne sont certifiés par des labels, gages de qualité. Les marques « Bovin d'Ile-de-France » et « Agneau grand cru d'Ile-de-France » attestent un élevage traditionnel, des animaux nourris avec les produits de la ferme (qui peuvent être assortis de compléments alimentaires), et en aucun cas gavés aux hormones ou autres substances pas très catholiques. De quoi présenter une viande tendre et savoureuse.
Parmi les spécialités locales, on peut citer la volaille de Houdan (IGP ou Indication géographique protégée), dont on fait de délicieux pâtés, celle du Gâtinais ainsi que le lapin du même terroir.

Fromages

- Brie : confectionné en Brie française depuis plus de mille ans, c'est un fromage onctueux, à pâte molle et au lait cru de vache, dont le taux de matière grasse varie entre 35 et 45 %. Il n'existe pas, en réalité, un brie, mais une quarantaine de variétés, dont les caractéristiques diffèrent légèrement en fonction de leur lieu de production. Ils sont plus ou moins grands ou épais, moulés à la louche ou à la pelle... et toujours délicieux.
Les bries de Meaux et de Melun, tous les deux AOC (Appellation d'origine contrôlée), sont les plus célèbres, mais il existe également des bries de Nangis, de Monterau, etc. Le coulommiers, à pâte jaune paille et de taille plus petite que ses camarades, s'est fait un nom à lui tout seul. La ville de Coulommiers accueille d'ailleurs chaque année, pendant le week-end des rameaux, une Foire aux fromages et aux vins très courue des amateurs.
- Fontainebleau : encore une ville qui a donné son nom à un fromage, frais cette fois-ci, et légèrement plus gras : 75 % de matière grasse, un taux qui doit beaucoup aux louches de crème ajoutées au lait caillé !

Sucreries

- Miel du Gâtinais : les abeilles du Gâtinais ont butiné à partir du XVIIe siècle une plante fourragère cultivée en masse, le sainfoin. Le miel du Gâtinais est encore produit de nos jours.
- Confiture de rose : introduite à Provins en 1238 par Thibaut IV, comte de Champagne de retour de croisade, la rose est devenue l'un des symboles de la ville. On la trouve sous forme de confiture, appréciée pour sa finesse et son parfum, mais aussi de bonbons, liqueur, pâte de fruits...
- Niflettes : tartelettes de pâte feuilletée garnies de crème pâtissière. On les trouve depuis le Moyen Age à Provins, où on les mange à la Toussaint et pendant la fête médiévale, en juin.
- Sucres d'orge des religieuses de Moret-sur-Loing : cette spécialité artisanale a été concoctée pour la première fois en 1638 par les religieuses bénédictines de Moret. Prévu à l'origine pour soigner la laryngite, le petit bonbon devint rapidement la coqueluche des dames de la cour de Louis XIV. Le secret de sa fabrication, jalousement gardé pendant des siècles, n'a été transmis à la famille Rousseau qu'en 1972. Celle-ci perpétue désormais la tradition et fait visiter à Moret un musée du Sucre d'orge.
- Coquelicot de Nemours : cueilli à la main sur les terres en jachère du canton de Nemours, le coquelicot est transformé depuis 1850 en bonbons, mais aussi, de nos jours, en liqueur, en sirop, en confit, etc.
- Paris-Brest : c'est un pâtissier de la banlieue parisienne qui aurait créé, à la fin du XIXe siècle, cette couronne de pâte à chou fourrée de crème pralinée. Sa forme évoque une roue de vélo, son nom celui d'une célèbre course cycliste de l'époque, qui aurait inspiré le pâtissier.

Vins et alccols

- Grand Marnier : cette liqueur dont la renommée a franchi les frontières de l'Hexagone est distillée depuis le XIXe siècle à Neauphle-le-Château, dans les Yvelines. C'est un certain Louis-Alexandre Marnier qui en mit au point la « recette » : des zestes d'orange amère macérés dans du cognac.
- Noyau de Poissy : cette autre liqueur, confectionnée dans la ville des Yvelines depuis la fin du XVIIe siècle, est obtenue par macération d'amandes d'abricots dans du cognac.
- Clacquesin : cette « liqueur de goudron », à base de goudron de pin de Norvège à l'origine, puis allégée en sucre et en alcool et rehaussée de plantes aromatiques et d'épices, fut inventée par un pharmacien parisien du nom de Paul Clacquesin. Elle fut tout d'abord réputée pour soigner les affections pulmonaires, puis devint l'apéritif à la mode entre les deux guerres mondiales. En 1900, une distillerie fut ouverte à Malakoff. Elle est aujourd'hui inscrite à l'inventaire des monuments historiques : on peut la visiter, ainsi que l'usine d'embouteillage, tout en dégustant un verre.
- Bières : quelques exploitants agricoles de Seine-et-Marne et du Val d'Oise ont choisi de cultiver de l'orge pour en tirer leur propre bière, brassée sur place. Blondes ou ambrées, ces mousses du cru portent le nom de bière de Brie, Gâtine (bière du Gâtinais) ou encore bière du Vexin.
- Cidre : les nombreux vergers de pommiers de la Seine-et-Marne sont mis à profit depuis le début du siècle dernier par les producteurs locaux pour confectionner du cidre de la Brie.

Un peu d'histoire

Pourquoi diantre avoir choisi d'appeler le coeur du bassin parisien « Île-de-France » ? France, en référence au « pays de France » fondé par Clovis, c'est-à-dire la terre des Francs. Ile, probablement en raison des nombreux fleuves et rivières qui l'irriguent, dont la Seine, l'Oise, la Marne et le Loing, qui semblent l'encadrer.
Si l'Ile-de-France ne fut pas réellement considérée comme une province par le passé, son destin étant lié à celui de Paris ou du royaume de France dans son ensemble, les textes anciens révèlent qu'elle était considérée comme une région spécifique dès le XIIe siècle. Ses frontières étaient alors proches de celles de la région administrative actuelle. Mais commençons par le début.

Des sites comme Pincevent (en Seine-et-Marne) ou Étiolles (dans l'Essonne) attestent que l'Ile-de-France est sillonnée par des chasseurs nomades dès la fin du paléolithique, vers 13 000 avant J.-C. Ils se sédentarisent sur les bords de Seine au Ve millénaire, développent l'agriculture et érigent, allez savoir pourquoi, de mystérieux menhirs et dolmens en Brie.

Lorsque Jules César arrive en Ile-de-France, en 52 avant J.-C., il débarque dans un joyeux bazar. La région est occupée par différents peuples celtes qui cohabitent sans véritable union : les Silvanectes autour de Senlis, les Meldes de part et d'autre de la Marne, à hauteur de Meaux, les Véliocasses dans le Vexin français (à Brivisara, future Pontoise), les Carnutes de la Seine à la Juine, les Senons dans la Brie française, le Gâtinais et au nord de la Bourgogne, tandis que les Parisiens squattent une île de la Seine où ils fondent Lutèce.
Jules César a vite fait de soumettre tout ce beau monde, et l'occupation romaine marque le début de la prospérité pour la région. On construit des routes, pratique le commerce fluvial sur la Seine, dynamise la culture et l'élevage. Arrive là-dessus, vers 250 après J.-C., saint Denis, premier évêque de Paris, qui évangélise la région.

La domination romaine prend fin avec la victoire de Clovis à Soissons, en 486. Celui-ci étend alors son royaume au sud du bassin de la Seine et fait de Paris sa capitale. Forte de sa nouvelle position dominante, l'Ile-de-France se couvre d'importants complexes religieux : abbayes de Saint-Denis et de Sainte-Geneviève, monastère de Jouarre ... Une période lumineuse qui se ternit un peu sous le règne des Carolingiens, Charlemagne préférant son fief d'Aix-la-Chapelle à l'ancienne capitale du royaume des Francs.

L'Ile-de-France revient au centre du domaine royal sous les Capétiens, à la fin du millénaire. Mais les temps ne sont pas à la fête, les Vikings ayant entrepris leurs virées crapuleuses le long de la vallée de la Seine, et atteignant parfois Paris.
Le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) leur offre la Normandie, et crée par la même occasion une première frontière occidentale pour l'Ile-de-France. Elle se matérialise par les fortifications défensives qu'on érige à Étampes, Mantes ou encore La Roche-Guyon.

Les premiers siècles du second millénaire se caractérisent par une période assez prospère, en particulier sous les règnes de Philippe-Auguste (1180-1223) et de Saint-Louis (1226-1270). L'Ile-de-France est alors densément peuplée et pratique de riches cultures céréalières, tandis que les coteaux de la Marne et de la Seine sont plantés de vignobles.

En 1137, l'abbé Suger initie à Saint-Denis une véritable petite révolution. En agrandissant l'ancienne basilique mérovingienne, il pose les jalons de l'architecture gothique, bientôt reprise et affinée dans de somptueuses cathédrales en Île-de-France : Chartres, Meaux, Mantes, Poissy ... Tandis que les Cisterciens édifient d'importantes abbayes à Royaumont et Maubuisson.

A partir de 1337, la guerre de Cent Ans inaugure une longue période de troubles, de violences, de pillages et, comme si ça ne suffisait pas, d'épidémies (Grande peste de 1348). Paris est la cible de toutes les attaques, mais, forteresse imprenable, elle déverse ses ennemis frustrés sur les campagnes environnantes. La guerre de Cent ans oubliée, c'est au tour des guerres de Religion (1562-1598), puis de la Fronde (1648-1652) de mettre la région à feu et à sang.

Retour à quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes. Sous le règne de Louis XIV (1643-1715), Paris se voit voler la vedette. Le Roi Soleil ayant décidé d'ériger un somptueux château sur son terrain de chasse de Versailles, et de délaisser la résidence royale de Saint-Germain-en-Laye, il déménage du même coup toute sa cour et fait de Versailles, ancien terrain marécageux et inhospitalier, une ville vers laquelle se déplace le centre de gravité du royaume. Paris reste la capitale administrative, mais en réalité, c'est à Versailles que tout se passe. C'est d'ailleurs là que se tiennent les États généraux en 1789, ceux-là même qui déclenchent la Révolution française.

Le tournant du XIXe siècle annonce une ère de changements en profondeur pour l'Ile-de-France. La région est divisée en trois unités administratives : les départements de la Seine (correspondant à Paris et sa périphérie), de la Seine-et-Marne et de la Seine-et-Oise.
Mais les mutations les plus spectaculaires sont induites par la Révolution industrielle, qui change véritablement le visage de la région. L'installation d'usines en périphérie de Paris et le développement du chemin de fer, qui rapproche la capitale des villes voisines, entraînent la formation de banlieues ouvrières où convergent les Franciliens.
L'exode rural et la démographie galopante entretiennent ce phénomène de remplissage des banlieues, dont le bétonnage s'accélère encore au XXe siècle. Les communes excentrées conservent quant à elles un aspect rural, cependant menacé par l'extension de l'urbanisation de la périphérie de Paris. De cités ouvrières en cités-dortoirs, il n'y a que quelques dizaines de kilomètres. Des millions de Franciliens font désormais chaque jour le trajet, en train ou en voiture, entre leur domicile et leur travail à Paris, à La Défense ou dans d'autres communes limitrophes.

Depuis la loi de 1964, l'Ile-de-France est divisée en huit départements. La ville de Paris en est un à part entière, tandis que sa périphérie et le département de la Seine-et-Oise ont été scindés pour donner naissance à la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, l'Essonne, les Yvelines et le Val d'Oise. La Seine-et-Marne occupe la partie orientale de l'Ile-de-France, qui a elle-même obtenu le statut de région administrative en 1976.

La terre et les hommes

Géographie

On distingue usuellement la Petite Couronne, qui regroupe les départements limitrophes de Paris (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne), de la Grande Couronne, terme désignant les départements excentrés.
Entre les deux, la différence est frappante : banlieues urbaines ultrabétonnées d'un côté, paysages ruraux et vastes forêts (Fontainebleau, Rambouillet) de l'autre, aux confins de la région. Ce contraste se reflète dans la répartition géographique des Franciliens. L'Ile-de-France est la région la plus peuplée de France, mais grande majorité de ses habitants s'entassent dans l'agglomération parisienne (qui ne couvre qu'un cinquième du territoire), alors que l'on trouve des villages de 300 habitants au fin fond de la Brie ou du Vexin français.

L'Ile-de-France s'inscrit dans la vaste cuvette du Bassin parisien et est copieusement arrosée par un fleuve, la Seine, et par de nombreuses rivières comme la Marne, l'Oise, le Loing, l'Essonne. Le relief n'est pas très élevé (altitude ne dépassant pas 200 m), mais étonnamment varié : on court de vallées en vallons, de plateaux en plaines, de collines en coteaux... Une variété que l'on retrouve dans la douzaine de petits pays, aux noms doucement poétiques, qui subdivisent la région : Beauce, Hurepoix, Gâtinais, Brie, Vexin français, Valois, Goele, etc.
En contrepoids de la poussée industrielle et tertiaire qui s'est emparée des banlieues parisiennes, ces pays restent souvent des terres de cultures céréalières, maraîchères, betteravières et d'élevage.

Enfin, pour casser définitivement l'image bétonnée projetée par la surexposition médiatique de l'agglomération parisienne, rappelons que l'Île-de-France abrite quatre parcs naturels régionaux : ceux du Gâtinais français, de la Haute-Vallée de Chevreuse, du Vexin français et de l'Oise-Pays de France (ce dernier est à cheval sur la Picardie).

Habitat des banlieues

Les barres bétonnées lugubres n'ont pas poussé dans les banlieues parisiennes par hasard. Elles sont la conséquence malheureuse de l'explosion démographique notamment alimentée par un exode rural croissant depuis le début du XXe siècle. Il a bien fallu trouver à loger toutes ces petites gens qui s'entassaient dans des bidonvilles insalubres aux portes de Paris.

Dans les années 1920 : c'est l'ère du prêt-à-construire. Les pavillons de brique ou de meulière, modestes maisons hautes sur terrain étroit, se multiplient au milieu des masures des plus indigents. Ce sont ces pavillons que l'on voit aujourd'hui encore en grand nombre.
En 1957, l'État se décide à créer des zones urbaines prioritaires, les fameuses ZUP. Il faut construire, construire, construire ! Urbanisme, souci de cohésion, recherche esthétique sont autant de paramètres délibérément laissés de côté. Contraintes financières et techniques comme direction architecturale, productivisme pour tout mot d'ordre. C'est la naissance de ces longues et sordides barres.
Les années 1960 en sont l'âge d'or : on atteint la vitesse de croisière de 500 000 logements construits par an en France. On oublie totalement les équipements collectifs de base, on utilise des matériaux bon marché, les finitions sont pourries : en résultent un traumatisme esthétique et un bouleversement social sans précédent.
Ainsi, si les villes de banlieue qui échappent à la coulée de béton sont finalement assez nombreuses et plutôt tranquilles, celles qui subissent des coups de barre vivent-elles des moments difficiles. De l'ennui à la délinquance, il n'y a parfois qu'un pas.
On arrêtera les frais au milieu des années 1970. La cité nouvelle cherche enfin à prendre sa place dans un milieu existant, au lieu d'en faire table rase, et certaines municipalités ont même le courage de faire sauter du béton. On réhabilite le pavillon, on intègre des espaces verts, et le souci de cohérence s'impose doucement.

Les jardins ouvriers

L'idée des jardins ouvriers naît à la fin du XIXe siècle. C'est l'abbé Lemire qui formalise le mouvement en 1896, en créant la Ligue française du coin de terre et du foyer. Dans sa charte, quelques points sont tout à fait explicites sur les buts de la ligue.
« - Une occupation saine des loisirs que laisse la journée de 8 h (le jardin tue l'alcoolisme).
- Un moyen de combattre la vie chère : un jardin de 200 m2 peut rapporter en légumes frais le montant de son loyer.
- Une occupation : la possibilité de passer ses heures de repos en famille. Le jardin et son complément, la tonnelle, sont la maison de campagne de l'ouvrier. »

Bien sûr, chez Lemire et ses épigones, il y a aussi l'arrière-pensée qu'en plantant des salades, non seulement l'ouvrier ne fréquentera pas les bistrots, mais aussi les cercles et meetings politiques !

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, on évalue les jardins ouvriers à plus de 600 000 dans toute la France. Aujourd'hui, il n'en resterait que 150 000 à peine. Dommage, ces jardins au joyeux désordre libertaire, avec leurs cabanes de guingois et leurs sentiers tortueux et bucoliques, apportent une réelle humanité à des quartiers qui seraient sans eux bien sinistres.
Le rôle de ces jardins sur le moral et la santé n'est plus à démontrer. Ils permettent à nombre de retraités de rester actifs, d'échapper à leur milieu, au bruit, etc. De plus en plus de classes d'école les visitent aussi, pour découvrir les cycles de la nature et la valeur du travail de la terre.

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