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Bretagne
Ouvrez grand vos yeux et laissez-vous surprendre par cette Bretagne légendaire qui a vaillamment lutté pour conserver intactes la pureté et la force de ses paysages. Avec sa campagne séduisante et ses kilomètres de côtes, tantôt déchiquetées, tantôt souriantes et mélancoliques, ses îles aguicheuses, ses richesses archéologiques, le Sud offre la vision d'une Bretagne à l'état brut. Sauvage, violente et belle, il enthousiasmera indéniablement tous les amoureux de la nature. Le Nord, quant à lui, se découvre sur la pointe des pieds. En Ille-et-Vilaine, point d'enclos paroissiaux ni de calvaires, il faut d'abord admirer les villas de Dinard, l'extraordinaire architecture de Saint-Malo, puis faire une balade sur les côtes armoricaines, goûter à la beauté des plages et des landes sauvages.
Carte d'identité
- Superficie : 27 208 km2
- Densité : 110 hab./km2
- Départements : Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
- Population : 3 millions d'habitants (estimation 2006)
Côtes-d'Armor
- Superficie : 6 878 km²
- Population : 542 373 hab.
- Préfecture : Saint-Brieuc
- Sous-préfectures : Dinan, Guingamp, Lannion
Finistère
- Superficie : 6 733 km²
- Population : 852 400 hab.
- Préfecture : Quimper
- Sous-préfectures : Brest, Châteaulin, Morlaix
Ille-et-Vilaine
- Superficie : 6 823 km²
- Population : 866 848 hab.
- Préfecture : Rennes
- Sous-préfectures : Lorient et Pontivy
Morbihan
- Superficie : 6 823 km²
- Population : 643 900 hab.
- Préfecture : Vannes
- Sous-préfectures : Lorient et Pontivy
Infos pratiques
Adresses utiles
À Paris
- Maison de la Bretagne : 203, bd Saint-Germain, 75007. Tél : 01-53-63-11-50 Internet : www.tourismebretagne.com. M. : Rue du Bac. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h 30 à 19 h et le samedi jusqu'à 18 h. Pour les informations touristiques et l'excellente librairie sur la Bretagne.
- Ti Ar Vretoned (Mission bretonne) : 22, rue Delambre, 75014 Tél. 01 43-21-99-86. Fax : 01-43-35-26-41. Internet : www.tav.trad.org. M. : Vavin ou Edgar-Quinet. L'association la plus active à Paris.
- Librairie Breizh : 10, rue du Maine, 75014. Tél : 01-43-20-84-60. M. : Montparnasse-Bienvenue ou Edgar-Quinet. Fermée le dimanche. Très riche fonds de livres, de disques, journaux et périodiques bretons, souvenirs, jolies cartes postales, etc. Accueil hyper-sympa, ça va de soi !
En Bretagne
- Institut culturel de Bretagne : 6, rue de la Porte-Poterne, 56000 Vannes. Tél : 02-97-68-31-10. Fax : 02-97-68-31-18. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h. Multiples renseignements sur la culture bretonne.
- Comité régional de tourisme : 1, rue Raoul-Ponchon, 35069 Rennes Cedex. Tél : 02-99-28-44-30. Fax : 02-99-28-44-40. Internet : www.tourismebretagne.com.
- Comité départemental du tourisme des Côtes-d'Armor (CDT) : 7, rue Saint-Benoît, BP 4620, 22046 Saint-Brieuc Cedex 2. Tél. : 02-96-62-72-01. Internet : www.cotesdarmor.com. Centrale de réservation : 02-96-62-72-15.
- Comité départemental du tourisme Haute-Bretagne : 4, rue Jean-Jaurès, BP 60149, 35101 Rennes Cedex 03. Tél : 02-99-78-47-47. Fax : 02-99-78-33-24. Internet : www.bretagne35.com.
- Comité départemental du tourisme du Finistère : 11, rue Théodore-Le-Hars, BP 1419, 29104 Quimper Cedex. Tél. : 02-98-76-20-70. Fax : 02-98-52-19-19 Internet : www.finisteretourisme.com.
- Comité départemental du tourisme du Morbihan : PIBS Kerino, allée Nicolas-Leblanc, BP 408, 56010 Vannes Cedex. Tel : 02-97-54-06-56. Fax : 02-97-42-71-02. Internet : www.morbihan.com. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h 15 et de 14 h à 18 h.
Hébergement
Carte internationale d'étudiant
Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport …).
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.
Carte (FUAJ) internationale des auberges de jeunesse
Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ.
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.
Activités
Fêtes et manifestations
- Nuits celtes : le week-end suivant le 15 août. Nuit « musiques actuelles », nuit world et 12 heures de fest-noz ! Renseignements à l'office du tourisme du pays de Muzillac au tél. : 02-97-41-53-04.
- Les Nocturiales : festival de musique médiévale, baroque et celtique, de début juillet à fin août. Renseignements à l'office du tourisme du pays de Redon au tel : 02-99-71-06-04.
- Festival interceltique de Lorient : 2, rue Paul-Bert. Renseignements et programme : tél. : 02-97-21-24-29. Cette étonnante manifestation se déroule fin juillet-début août. Elle réunit les peuples d'Irlande, d'Écosse, de Cournailles, du pays de Galles, de Bretagne, de Galice, des Asturies et de l'île de Man. Plus de 4 500 artistes animent les rues de la ville. Musique, danse, spectacles folkloriques, fest-noz chaque soir. Cornemuses, binious et autres bombardes s'en donnent à coeur joie, et l'on découvre chaque année des nouveautés. Un haut lieu de la fête, un must de la celtitude et le point culminant de la vie lorientaise.
Les randonnées en Bretagne
La Bretagne dispose de 5 000 km de sentiers à parcourir à pied. Il faut distinguer différents types d'itinéraires : GR 34, sentiers du littoral, côtier ou des douaniers ; sentiers de grande randonnée ou GR, tours de pays ou GRP, promenades et randonnées (ou PR) d'une journée. Certains de ces chemins en boucle longent les canaux en empruntant les anciens chemins de halage, dans le pays des Trois Rivières ou au pays de Redon.
- Le sentier du littoral ou des douaniers (GR 34) fait l'objet d'une protection particulière de la part du Conservatoire du littoral sur certains secteurs. Il est soumis à des règlements de fréquentation lors des traversées de réserves ornithologiques comme au cap Fréhel ou au cap Sizun.
- Les sentiers de grande randonnée bretons (GR 3, 34, 341, 342, 37, 38, 39) sont balisés de blanc et rouge. Ils vont d'un point à un autre, mais le retour sur le même sentier permet d'apprécier la différence de paysage, notamment sur le littoral.
- Le sentier européen E 5 traverse le sud de l'Europe, de la pointe du Raz à Venise.
- Les sentiers de pays (GRP) sont balisés en jaune et rouge. Ils sont en boucle et permettent une connaissance plus culturelle du pays sur un trajet d'une semaine environ.
- Les sentiers de promenades et randonnées (PR) sont balisés de jaune ou parfois d'autres couleurs à thème. Ils proposent des circuits au départ des points touristiques ou des gîtes d'étape. Leur durée va d'une heure environ à la journée au maximum.
Pour tous ces sentiers, la durée de l'itinéraire est estimée selon une marche de 4 km à l'heure sans les arrêts.
Adresses utiles
- Comité régional du tourisme de Bretagne : 1, rue Raoul-Ponchon, 35069 Rennes Cedex. Tél : 02-99-28-44-30. Fax : 02-99-28-44-40.
- Fédération française de la randonnée (FFR) : Centre d'information : 14, rue Riquet, 75019 Paris. Tél : 01-44-89-93-93. Fax : 01-40-35-85-67. Internet : www.ffrandonnee.fr. M. : Riquet. Édite de nombreux topoguides avec l'aide du comité FFR de Bretagne.
- Association bretonne des relais et itinéraires (ABRI) : 4, rue Ronsard, 35000 Rennes. Tél. : 02-99-26-13-50. Fax : 02-99-26-13-54. Coordonne près de 130 gîtes d'étape le long de ces sentiers avec diverses activités « non-motorisées ». Elle édite également de nombreux topoguides..
- France Randonnée : 9 rue des Portes Mordelaises, 35000 Rennes. Tél : 02-99-67-42-21. Fax : 02-99-67-42-23. Organise des circuits clé en main avec ou sans accompagnateur.
- Le parc naturel régional d'Armorique : 15, place aux Foires, BP 27, 29590 Le Faou. Tél : 02-98-81-90-08. Fax : 02-98-81-90-09. Propose des circuits paysagers et forestiers.
Sports
Le cheval
Il n'est pas interdit - ni impossible en général - d'aller à cheval là où l'on passe à pied. Pour tout ce qui concerne l'équitation, voici quelques adresses :
- Comité régional d'équitation de Bretagne : 5 bis, rue Waldeck-Rousseau, BP 307, 56103 Lorient Cedex. Tél : 02-97-84-44-00.
- Association du tourisme équestre de Bretagne : 27, rue Laennec, 29710 Ploneis. Tél : 02-98-91-02-02.
- Comité départemental du tourisme équestre de Loire-Atlantique : 3, rue Bossuet, 44000 Nantes. Tél. : 02-40-48-12-27.
Le vélo
La Bretagne est très agréable à parcourir à bicyclette, que ce soit sur la route ou en tout-terrain. Les personnes chargées des comités départementaux de cyclotourisme étant bénévoles, vous pouvez vous adresser aux comités départementaux de tourisme pour plus d'informations.
Sur les canaux
La Bretagne, avec ses 500 km de canaux et rivières navigables, possède un réseau fluvial exceptionnel, qui sillonne la région d'est en ouest et du nord au sud.
- Paris Canal-Quiztour : bassin de La Villette, 19-21, quai de la Loire, 75019 Paris. Tél : 01-42-40-81-60. Fax : 01-42-40-77-30. M. : Jaurès. Pour découvrir une Bretagne insolite, Paris Canal-Quiztour vous invite à louer un bateau (de 2 à 12 personnes) à la base de Messac, sur la Vilaine.
La pêche en rivière
Malgré la pollution catastrophique des cours d'eau, il est encore possible, grâce au travail d'associations comme « Eaux et Rivières », basée à Lorient, de pêcher saumons et truites.
Pour le saumon : l'Ellé et le Blavet (Morbihan), le Steir, l'Odet et l'Elorn (Finistère). Pour la truite, en plus des rivières précitées, citons le Scorff (Morbihan) et la Penzé (Finistère).
Les sports de glisse
Les grandes étendues de grève découvertes à marée basse, ces anses où le vent n'a pas le temps de soulever les vagues, ni même de former la houle, sont propices à l'exercice de sports nouveaux. On pratique le char à voile, la planche à voile sur roulettes pneumatiques, le surf, le fun-board, etc.
On pratique le char à voile à Saint-Pierre-Quiberon et la planche à voile sur roulettes pneumatiques au Fort-Bloqué de Ploemeur.
La plongée sous-marine
L'océan Atlantique offre aux côtes bretonnes les fabuleuses richesses de sa vie sous-marine. En contrepartie, l'humilité est de rigueur pour aborder les innombrables spots de la région, car tempêtes, marées et courants ne pardonnent ni l'inconscience, ni même la négligence. Plonger en Bretagne nécessite ainsi – y compris pour les « hommes-grenouilles » confirmés - un apprentissage technique très sérieux.
- La météo : le beau temps s'impose pour plonger (lapalissade ! ?). Période idéale : entre juin et septembre, avec température de 17° C environ au nord de la Bretagne, 20 à 21° C au sud, en surface (au fond, l'eau est plus froide). Certaines régions ont des spots abrités en fonction de chaque régime météo. Attention à la forte houle d'ouest. Répondeur Météo France : 0892-68-08 suivi du no du département (0,34/mn).
- La profondeur : la moyenne est de 15 à 20 m. Les plongées dépassent rarement 30 m, ce qui les risques d'accidents de décompression. Ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi !
- La visibilité : en moyenne 5 à 6 m. Elle peut être réduite aux abords des côtes (brassage du sédiment), mais comparable à la Méditerranée (20 m) quand on plonge sur des roches au grand large. De même, l'eau est plus claire autour des îles (Ouessant, Sept-Iles, Glénan, Groix, Belle-Île) que sur le littoral. Visibilité limitée sur les épaves.
- Les marées : facteur essentiel avec lequel il faut jongler. En général, on plonge à l'étale (moment où la mer ne monte ni ne descend) pour éviter les violents courants de marées. À l'étale de haute mer, visibilité meilleure (eaux claires venues du large), et poissons plus nombreux. L'étale de basse mer permet de gagner au moins 5 m de profondeur sur un spot (paliers de décompression réduits).
- Les courants : violents dans la région et engendrés par les marées, ils sont amplifiés par la géographie du site (Ouessant, Brest, golfe du Morbihan). Danger !
- La vie sous-marine :riche et très variée. Votre moniteur vous familiarisera avec les beautés et pièges des fonds bretons, tout en dégotant les choses intéressantes à voir. Certaines espèces affichent une présence systématique sur les spots : laminaires, alcyons, anémones, éponges, tacauds, congres, bars, lieus, vieilles, tourteaux, galathées, oursins... Règle d'or : respectez cet environnement fragile. Ne prélevez rien, et attention où vous mettez vos palmes !
- Derniers conseils : en plongée, restez absolument en contact physique avec vos équipiers. Attention aux filets abandonnés sur les roches ou les épaves. Sachez enfin qu'en cas de pépin, votre bateau de plongée dispose d'oxygène (c'est obligatoire).
Visites
Musées
- Brest : Océanopolis, aquarium et centre scientifique et technique de la mer.
- Dinan : le donjon du château. Le site, le mobilier et les souvenirs d'Anne de Bretagne valent une visite.
- Landévennec : musée d'une architecture ultra-moderne, dans un site superbe, qui présente l'histoire du peuplement celtique.
- Montfort-sur-Meu : écomusée très éclectique, de la minéralogie à l'architecture, touche à tout avec génie.
- Pleumeur-Bodou : tourisme technique de haut niveau. Station de télécommunications où l'on peut, sous un radôme, revivre leur histoire.
- Rennes-Sud : écomusée La Bintinais, route de Châtillon-sur-Seiche. Dix hectares où l'agriculture du passé et d'aujourd'hui est mise en scène.
Culture et traditions
Coiffes et costumes
Ne remontant qu'au XVIe siècle, les origines du costume breton sont relativement récentes. On recense actuellement 66 modes bretonnes, ce qui signifie 66 costumes et coiffes, qui représentaient des communautés aux personnalités différentes (à l'échelle d'un pays ou d'une paroisse). Chaque costume montrait un signe extérieur de richesse. On ne sortait son costume et on ne revêtait la coiffe qu'aux grandes occasions professionnelles ou solennelles.
Les modes vestimentaires paysannes ont ici disparu en 1914, au profit des habits citadins modernes. Les cercles celtiques les ressortent à l'occasion des fêtes bretonnes. C'est à cette occasion que vous pourrez admirer coiffes et costumes. Et si l'image de la bigouden est très répandue, c'est que, outre l'aspect spectaculaire de la coiffe, cette mode a perduré dans le pays bigouden plus longtemps qu'ailleurs. En tout cas, ne vous attendez pas à croiser des Bretons en costume à tous les coins de rue, loin de là. Vous aurez peut-être la chance d'en voir dans les festoù-noz, mais c'est rare.
Les contes et légendes
Légendes locales ou grands thèmes communs à tous les pays bretons, tous nourrissent profondément l'imaginaire des peuples. Quelques grands écrivains bretons se sont attelés à la collecte de ces contes et légendes ; citons Anatole Le Braz (1859-1926) et François-Marie Luzel (1821-1895) par exemple.
L' Ankou
Voilà quelqu'un qu'on vous souhaite de ne pas rencontrer au détour d'un chemin, ce serait là votre dernière balade. Ce charmant squelette armé d'une faux est la représentation de la mort dans la tradition armoricaine. Il circule la nuit sur son karrig an Ankou, le char de l' Ankou, et y embarque les morts vers l'au-delà. Celui qui entend le grincement des roues de ce « convoi de malheur » doit s'attendre à la mort prochaine d'un proche, et jamais personne n'a réchappé d'une rencontre avec lui.
Les korrigans
Ces « petits » nains ( korr signifie « nain », et le suffixe - ig « petit »), très présents dans les contes traditionnels, vivent dans la nature et installent généralement leurs repaires dans des grottes ou des dolmens. Ils y amasseraient d'immenses richesses dont ils feraient profiter les humains les jours de bonté. En revanche, ils seraient aussi capables de sévères punitions pour ceux qui les mépriseraient.
Les légendes arthuriennes
Dans la littérature du Moyen Âge, l'origine des romans bretons constituait la « matière de Bretagne ». Parmi ces récits, les légendes du cycle arthurien (ou de la Table Ronde) ont été localisées en forêt de Brocéliande à partir du XIe siècle, même s'il semble que ces aventures se soient déroulées en Grande-Bretagne et en Bretagne continentale. Les chevaliers de la Table Ronde (dont les plus célèbres, Arthur, Lancelot et Perceval), Merlin l'Enchanteur, Viviane, la fée Morgane..., tous ces « esprits » hantent aujourd'hui Brocéliande.
Les druides
Les druides étaient placés au sommet de la hiérarchie sociale, avant le roi celte. Ils étaient tout à la fois prêtres, juges et professeurs. Interprètes de la volonté divine, ils étaient chargés des sacrifices. Ils avaient sacralisé la nature, les arbres et les plantes. C'est ainsi que le chêne, arbre supérieur, était vénéré des druides comme représentation celtique de Jupiter. Vêtu d'une robe blanche, le druide grimpe à l'arbre et, armé d'une faucille d'or, recueille le gui dans un linge blanc.
Les emblèmes et symboles bretons
- Le drapeau : le fameux gwenn ha du (« blanc et noir »). Créé en 1923 par Morvan Marchal, fondateur et militant du mouvement nationaliste Breizh Atao, il fut déclaré drapeau national breton en 1927. Ses cinq bandes noires représentent les évêchés de haute Bretagne et ses quatre bandes blanches les évêchés de basse Bretagne. Le quart gauche est occupé par onze mouchetures d'hermines. Différentes interprétations accompagnent ce nombre onze : il rappellerait les onze ducs ou duchesses qui furent à la tête de la Bretagne ou au nombre de lettres du « slogan » Breizh Dieub (« Bretagne Libre »). En réalité, le nombre de mouchetures d'hermine n'aurait pas de signification. La tradition veut que l'on porte ce drapeau droit au-dessus de la tête.
- L'hermine : l'hermine est devenue emblème de la Bretagne au début du XIIe siècle par le mariage d'Alix, héritière du duché de Bretagne, avec Pierre de Dreux, dit Mauclerc, un duc capétien. En plus de ses armes, Mauclerc portait en brisure une hermine pour se distinguer des autres membres de sa famille. Bizarrement, Alix adopta les armes de son mari et non celles de sa propre famille.
- La triskèle ou le triskell : outre le drapeau, il est avec l'hermine le symbole le plus répandu en Bretagne. C'est une sorte de croix formée de trois spirales ou ailes. Ces spirales représentent les trois éléments, l'eau, l'air et le feu. D'abord utilisé comme motif décoratif par les Celtes, la triskèle fut reprise à partir de la fin du Moyen Âge dans l'art religieux et dans l'ornement du mobilier rustique.
- La croix celtique : symbole essentiel du christianisme, la croix est, en pays celte, inscrite dans un cercle. On peut assimiler ce dernier au « cercle druidique » (où se tiennent les rites), mais également au symbolisme de la roue, très présent dans la tradition celtique. La roue illustre notamment la notion de temps (pour les Bretons, le temps tourne mais ne passe pas, et beaucoup d'expressions évoquent cette idée).
Les langues bretonnes
Il y a le breton à l'ouest, le gallo à l'est. Aux origines de la Bretagne, on trouve des colonies d'émigrants bretons, venus de Grande-Bretagne au Ve siècle. Comme le gallois et le cornique, le breton est issu du brittonique, lui-même rameau historique du celtique. C'est du Ve au IXe siècle, époque du vieux breton, que datent la toponymie et les patronymes d'aujourd'hui.
On pouvait aussi s'exprimer en gallo ( gallec : l'étranger = le Français en breton) qui, comme le francien, le picard ou le normand, est une langue romane dérivant du latin populaire, un riche rameau de l'ancien parler d'oil. Le breton serait ainsi une langue d'importation par rapport au gallo.
Depuis la IIIe République, les instituteurs imposant le français partout, le breton et le gallo reculent simultanément en effectif et en aires d'influence. Il existe maintenant un breton académique enseigné à Rennes et à Brest : sur environ 900 000 enfants scolarisés en Bretagne, environ 8 900 d'entre eux bénéficient d'un enseignement bilingue (français-breton).
Globalement, même si la signalisation routière bilingue est accueillie favorablement, tout ne tourne pas si rond pour les écoles privées qui ne sont pas encore intégrées à l'Éducation nationale. Par ailleurs, plus de 550 entreprises se sont engagées à développer une signalétique interne en breton.
La musique bretonne
Histoire condensé
La musique bretonne est intimement liée à l'histoire de la Bretagne et de son peuple. Elle a su garder une culture vivace et sa musique se porte bien. Mais attention, il est difficile de parler d'une seule « musique bretonne ». On réalise rapidement combien elle est variée. Selon les circonstances déjà ; on chantait différemment à une noce, à une veillée ou à un fest-noz. La gwerz, par exemple, est une complainte que l'on chantait le plus souvent a cappella les soirs de veillée. Didactiques à l'époque, les gwerziou sont pour nous aujourd'hui d'extraordinaires témoignages de la vie quotidienne et du légendaire.
Mais la force de la musique bretonne, c'est d'avoir su évoluer dans le temps. La musique comme l'ensemble de la culture bretonne est un immense métissage, fait d'apports extérieurs et d'intégration, d'assimilation.
Où écouter de la musique et découvrir le vrai folklore ?
Au milieu des années 1970, les bistrofolk font leur apparition en Bretagne. La musique bretonne y côtoie celle des autres pays celtiques frères, comme au festival interceltique de Lorient, qui se déroule durant la première quinzaine d'août.
Un autre festival, pas spécifiquement breton mais qui mérite le détour : la fête du Chant marin à Paimpol (début août, tous les deux ans). Durant 3 jours et 3 nuits, des groupes musicaux, avant tout bretons et britanniques mais également de toutes les mers du monde, se succèdent sur différents podiums et « bateaux scènes » ancrés dans un port. À cette occasion, nombreuses expositions et démonstrations thématiques. Renseignements : tél. : 02-96-55-12-77.
Les instruments et les musiciens
- La veuze : cornemuse bretonne à un bourdon du pays nantais, proche de la cornemuse médiévale.
- Le fiddle : violon utilisé de façon traditionnelle en Irlande et en Écosse.
- Le biniou-koz : cousin breton de la cornemuse écossaise, mais plus petit, plus aigu.
- Le biniou-braz :il correspond à la cornemuse écossaise telle qu'on la connaît (grande poche, trois bourdons, grand levriad).
- La bombarde : instrument très ancien, venu tout droit du Moyen-Orient, ancêtre du hautbois. Elle comporte six trous et une ou plusieurs clés. Il faut pincer l'anche avec les lèvres et souffler simultanément.
- Les tambours et grosses caisses sont généralement utilisés dans les bagadou (voir la définition ci-dessous).
- La vielle à roue est identique à celle du Berry.
- La harpe celtique connaît un retour de faveur avec Alan Stivell.
- La clarinette (ou treujenn-gaol en breton) est pratiquée depuis la fin du XVIIIe siècle en Bretagne.
- Un couple de sonneurs est généralement constitué d'un joueur de biniou-koz et d'un tabalarder (joueur de bombarde), ou alors de deux tabalarders.
- Un bagad (pluriel : bagadou) : ensemble de joueurs de bombarde, de biniou-braz et de percussions.
- Un cercle celtique se compose de musiciens, danseurs et chanteurs.
- Le kan ha diskan : chant à refrain pour danser.
- L'orgue est également pratiqué en Bretagne, souvent avec une bombarde.
Danse et fest-noz
Les grands classiques sont la gavotte, le plinn et la fisel du pays des montagnes, l'an dro, l'hanter dro et les laridé du pays vannetais, sans oublier le kost er c'hoad, la danse Léon, le rond de Saint-Vincent, de Loudéac, la dérobée de Guingamp et les innombrables variantes. Arrivées en Bretagne au XIXe siècle pour la plupart, quelques danses de couple, bien loin de la tradition bretonne, sont néanmoins pratiquées : scottish, valses, valses écossaises, polkas, champenoises …
La grande révolution s'opère dans les années 60, avec le regain d'intérêt pour la musique et les instruments traditionnels. L'autre phénomène fondamental est l'urbanisation du fest-noz.
Ce qui frappe, la première fois que l'on se rend à un fest-noz, c'est tout d'abord son côté collectif et multigénérationnel. C'est ensuite son caractère gai et vivant. On danse en chaîne, ouverte ou fermée, soudés les uns aux autres pour que l'énergie de chacun se transmette au voisin.
Religion
Les pardons
Aucune terre d'Europe ne possède autant de monuments religieux que la Bretagne. On édifia des églises, on sculpta des calvaires et des croix. C'est de ce fonds religieux, transmis depuis des siècles, que les pardons découlent naturellement. Leur but : rendre hommage annuellement et collectivement au saint local. Chaque paroisse a le sanctuaire de son éponyme, parfois plusieurs, disséminés dans la campagne, au hasard des chapelles. Aussi les pardons sont-ils nombreux et variés.
Le Tro Breizh
Ce « tour de Bretagne » est en fait un pèlerinage passant par les sept villes fondées par les saints fondateurs de la chrétienté en Bretagne : Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol-de-Bretagne, Vannes, Quimper, Saint-Pol-de-Léon et Tréguier. Datant du haut Moyen Age (IXe siècle), il permet à ces pèlerins, selon la tradition, de gagner le paradis à coup sûr, tandis que les autres, après leur mort, doivent effectuer cette distance au purgatoire, avançant de la longueur de leur cercueil tous les 7 ans ! Très suivi aux XIIe et XIIIe siècles, il disparut plus ou moins à la fin du Moyen Age, avant d'être réhabilité depuis 1994 par deux associations.
- La Route Historique du Tro Breizh : association basée 5, rue du Gué-Mary, 35760 Saint-Grégoire. Tél. : 02-23-25-29-98. Son but est surtout de réhabiliter tous les sites liés au Tro Breizh, notamment les chapelles.
- Les Chemins du Tro Breizh : 1, place de l'Évêché, 29250 Saint-Pol-de-Léon. Tél. : 02-98-69-11-80. Internet : www.tro-breiz.com. Une autre association qui organise chaque année un pèlerinage entre deux villes étapes du Tro Breizh.
Les sports traditionnels bretons
- Le gouren : la lutte bretonne.
- L'essieu de charrette : il s'agit d'un essieu de charrette légère ou de char à bancs, d'arbre carré de section et d'un poids d'environ 47 kg. Il est présenté sur deux rondins ou deux pierres de même épaisseur, entre lesquels se tient l'athlète. Le jeu consiste à lever l'essieu à bout de bras au-dessus de la tête, le plus grand nombre de fois possible en 2 mn. Entre chaque lever, l'athlète doit obligatoirement reposer l'essieu sur les rondins sans le lâcher des mains.
- Le lancer de la pierre lourde : c'est en réalité un poids de meunier de 20 kg. Le lanceur dispose d'un élan de 2,13 m et il peut lancer à une ou deux mains, mais sans se servir de l'anneau. Chaque concurrent a droit à trois essais mais ne doit pas mordre sur la marque qui lui est imposée.
- Le bâton de bouillie : le jeu se pratique entre deux adversaires qui s'affrontent selon un tirage au sort préalable. Le bâton est une pièce de bois de 50 à 60 cm de longueur, de section cylindrique. La planche est fixée de chant sur le sol, elle a 2 m de longueur, 20 cm de hauteur. Les joueurs sont assis par terre, face à face, de part et d'autre de la planche, les pieds à plat contre elle. Une partie se fait en deux manches, plus éventuellement la belle. Le vainqueur est celui qui fait passer la planche à son adversaire ou qui lui fait lâcher le bâton. Rien ne vaut la pratique pour une meilleure compréhension.
- Le lever de la perche : elle est d'acier éprouvé, cylindrique et d'une longueur de 6 m, munie d'un curseur de 23 cm. Le jeu consiste à lever la perche à la verticale et à la maintenir dans cette position pendant au moins 3 secondes afin que le bas bout pénètre légèrement dans le sol. Une fois ce bas bout au sol, l'essai est terminé, le joueur se saisit de la perche et la pose à terre. Chaque concurrent a droit à trois essais par point fixe du curseur. Ce curseur est déplacé d'une distance appréciée par l'arbitre après chaque essai réussi.
- Le tir à la corde : d'une longueur de 25 à 32 m, d'un diamètre de 45 mm. Un témoin central : un ruban jaune de 30 cm et deux témoins latéraux situés chacun à 3,50 m de part et d'autre du témoin central. Il y a deux équipes de 6 tireurs chacune plus un hisseur et un remplaçant. Le hisseur ne peut jamais toucher la corde pendant le jeu ni servir de remplaçant. Le remplacement d'un tireur se fait au cours d'un match mais jamais pendant un tiré. Les tireurs sont pieds nus, il leur est interdit de tirer couché ou assis ; si quelqu'un tombe, il doit lâcher la corde et se relever avant de la reprendre. Le fait de creuser des trous dans le sol ou de marquer celui-ci à coups de talon disqualifie. Par ailleurs, le dernier tireur n'est pas autorisé à s'enrouler la corde autour du corps.
- Le relais avec charge de 50 kg : chaque équipe comprend 6 hommes sans remplaçant et chaque concurrent parcourt 120 m avant de transmettre le sac de 50 kg à son équipier. La charge doit être remise derrière le piquet de départ, et tout sac tombé à terre doit être relevé par le coureur sans aucune aide. Les concurrents franchissent leur obstacle dans leur couloir, et le fait de jeter la charge n'importe où et n'importe comment disqualifie. Elle doit être posée debout, au lieu indiqué
Gastronomie
Armor et Argoat ont de tout temps fourni quantité de produits permettant une alimentation extrêmement variée et équilibrée. Mieux que ça, les recettes collectées ont montré l'influence de saveurs exotiques, épices et aromates que les marins rapportaient : safran, vanille, rhum, pruneaux.
Merveilles de gueule
- Les crêpes et galettes : crêpe ou galette ? Tout dépend dans quel coin de la Bretagne vous vous posez cette question. Pour certains, la galette est à base de blé noir et la crêpe à base de froment. Vous trouvez en haute Bretagne des galettes à pâte épaisse et en basse Bretagne des crêpes très fines.
- Les fars et bouillies : en basse Bretagne, le far est la façon la plus traditionnelle de préparer farines de sarrasin et de froment. On trouve des versions sucrées comme le célèbre far aux pruneaux, ou le pouloudig, du pays Léon (blé noir, lait et rhum), et des versions salées comme le farz gwad d'Ouessant (au sang de porc). Nature ou saupoudré de sucre, émietté ou en tranches, on le mangeait en accompagnement de viandes. Le plat le plus célèbre est le kig ha farz, typique du pays Léon : grosse potée paysanne dans laquelle on trouve des légumes (chou, carotte, rutabaga...), de la viande de porc (essentiellement du lard et de la saucisse fumée, mais aussi des morceaux plus nobles, selon les circonstances) et bien sûr le far, qui cuit dans le bouillon, dans un sac de toile.
- Les fruits de mer : crabes, tourteaux, araignées, étrilles, cigales de mer, galatées, crevettes et, bien sûr, le homard… Roi des crustacés et crustacé des rois, il n'a pas fini de faire couler de l'encre, ni de faire parler de lui. Le meilleur vient de Bretagne, tout le monde est bien d'accord. Quant à la recette, les tenants du homard « à l'armoricaine » et ceux du homard « à l'américaine » n'ont pas fini de se chamailler.
- Les moules et coquillages : les moules et les huîtres sont deux coquillages rois en Bretagne. Les moules, en marinière, au lard ou en mouclade, se trouvent sur toutes les cartes de restos en été. Les huîtres se dégustent toute l'année. Les huîtres plates sont beaucoup moins grasses que les creuses. On ne peut évidemment pas faire l'impasse sur les coquilles Saint-Jacques, dont les plus fameuses proviennent d'Erquy. Une belle assiette se doit de comporter également bulots, bigorneaux, clams, palourdes, praires, rigadeaux (coques), pétoncles, amandes de mer.
- Les poissons : sardine, maquereau, thon, roussette, daurade, lotte, turbot, hareng... la liste des poissons de mer est infinie. Les rivières et marais fournissent aussi en bonne quantité saumon, anguille, grenouilles, truite, sandre et brochet (volontiers servis avec un beurre blanc nantais). La soupe de poisson, elle, est rarement merveilleuse, mais la cotriade, en revanche, n'a rien à envier à la bouillabaisse. Le principe en est le même, les poissons du jour, cuits dans un court-bouillon au vin, bien assaisonné.
- Les sardines à l'huile : on doit à un confiseur nantais la première conserve au XIXe siècle. Aujourd'hui, Connétable, Capitaine Cook, La Belle Iloise, La Croisicaise... travaillent encore à l'ancienne des produits de qualité.
- L'andouille : un des grands classiques de l'Argoat. La plus célèbre, l'andouille de Guéméné, doit être fumée, moelleuse mais pas trop grasse. Tout aussi exceptionnelle, l'andouille de Baye, ou andouille au lard : un vrai régal. Plus claire que la précédente, dans son coeur se cache ... un morceau de lard. Mais partout en Bretagne, les petits charcutiers de village vous proposeront leur andouille maison, dite de campagne. Très proche de l'andouille de Vire, c'est un pur délice au petit déjeuner sur une bonne tartine de beurre salé.
- Les viandes, volailles et autres charcuteries : autrefois, peu de boeuf sur les tables bretonnes. Le porc, tué une fois l'an, le remplaçait avantageusement, le plus souvent sous la forme de pâtés, rillettes, saucisses, boudins ou tripes. On mangeait aussi beaucoup de viandes blanches et les volailles faisaient la fierté de la Bretagne (qui en « exportait » la plus grosse partie aux Parisiens) : chapon et poulet de Janzé, poule coucou de Rennes, canard et foie gras des plaines de Lanvaux …
- Les fruits et légumes : l'Argoat est aujourd'hui une des premières régions agricoles françaises. On pense par exemple Prince de Bretagne, coopérative d'exploitants qui ne se cantonne plus depuis longtemps à l'artichaut et au chou-fleur, à l'oignon de Roscoff et aux lentins de Saint-Pol. Mais les richesses du sol breton ne se limitent pas à ça. Pommes de terre primeurs de l'île de Batz, fraises de Plougastel, melon petit-gris de Rennes, châtaigne ( teillouse) de Redon sont d'une grande qualité gustative.
- Le beurre : symbole fort et produit phare en Bretagne, il était autrefois offert en guise de bienvenue avec le pain et le couteau qui « allaient avec ». Le sel permettait simplement de le conserver.
- Le sel : on ne présente plus le sel de Guérande, l'un des premiers produits du terroir à devenir à la mode.
- Les gâteaux et pâtisseries : non, le kouign amann (originaire de Douarnenez mais que l'on trouve aujourd'hui dans toute le Bretagne) n'est ni trop gras, ni trop sucré. Il s'agit en fait d'une pâte à pain améliorée de beurre et de sucre, que l'on replie plusieurs fois sur elle-même. Légèrement réchauffé, quand le beurre salé fond dans la bouche, c'est une pure merveille ! Tout aussi incontournables, les Traou-Mad et les galettes de Pont-Aven, les galettes de Pleyben, de Saint-Michel, les craquelins de Plumaudan, les crêpes dentelle de Quimper, le gâteau breton avec ou sans pruneaux, le gotchtial de Saint-Armel, la fouace et le gâteau du pays nantais, et bien sûr le quatre-quarts …
Merveilles de gosier
- Le cidre : fermier, artisanal, bouché, traditionnel, pasteurisé... il y a bien de quoi se perdre au pays du cidre. À chaque terroir correspond une variété de cidre, à chaque producteur correspond un assemblage. Le cidre se décline en eau-de-vie et en alcool, en lambig et en pommeau, et la cuisine au cidre, en vogue, marie bien le goût de la pomme aux viandes et aux poissons.
- Les bières et cervoises : aujourd'hui, on ne compte pas moins de 15 brasseries en Bretagne. Amateurs de Pils, passez votre chemin, ici on brasse de la bière artisanale bretonne, pas filtrée, pas pasteurisée et plutôt alcoolisée. La plus célèbre, la Coreff de Morlaix, ambrée et fortement houblonnée, reste bien traditionnelle. Bernard Lancelot, l'autre poids lourd, a pris, quant à lui, le parti des bières spéciales. Outre sa Cervoise légèrement miellée, il propose une bière au sarrasin (la Telenn Du), une bière blanche (la Blanche Hermine).
- Le chouchen : nom breton pour l'hydromel ( chamillard en gallo). C'était la boisson des dieux, des druides et des jeunes mariés. Sa mauvaise réputation dans le pays vient de ce que les vieux Bretons ont tous un mauvais souvenir de cuite au chouchen à raconter. Il a été remis au goût du jour par quelques apiculteurs passionnés. De la bonne eau, du bon miel et des levures naturelles sont les seuls ingrédients à entrer dans la composition d'un chouchen digne de ce nom. Traditionnellement doux et tirant à plus de 14o, les amateurs se tournent aujourd'hui plus volontiers vers des chouchens plus secs, plus délicats.
Un peu d'histoire
Pour maintenir le flambeau religieux, on fit venir l Au VIIIe siècle av. J.-C., originaires d'Europe centrale (de Bohême), les Celtes se dispersent en Europe et commence à s'établir en Armorique. On ne parle pas encore de Bretagne. Après Alésia (en 52 av. J.-C.), l'Armorique ne se soumet que difficilement aux lois romaines et reste un secteur géographique isolé, une « colonie » très éloignée du pouvoir central.
Les Bretons de l'île de Bretagne, que l'on appelle aujourd'hui Grande Bretagne, migrent vers l'Armorique, de l'autre côté de la Manche Beaucoup quittent le pays de Galles et la Cornouaille pour cette petite Bretagne, où ils fondent des ermitages, des monastères. De là vient la similitude frappante entre les actuels noms de lieux bretons et gallois.
Quelques dates importantes
- Vers 400 apr. J.-C. : pourchassés par les Angles et les Saxons, les Bretons de l'île de Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne) traversent la Manche et s'établissent en Armorique qu'ils baptisent « Petite Bretagne » et où ils fondent des ermitages, ébauches des futures paroisses.
- 939 : arrêt des invasions normandes par Alain Barbe-Torte. On parle le breton dans toute l'Armorique.
- 1399-1442 : règne du duc Jean V, le père du siècle d'or breton ; la marine bretonne est la plus puissante du monde ! Couronné à Rennes, il règne à Nantes dans son magnifique château. Il bat monnaie, nomme des ambassadeurs auprès du pape, lève sa propre armée, donne à son pays un essor formidable.
- 1406 : naissance de Gilles de Rais, à Machecoul, le « Barbe-bleue » réputé pour des crimes atroces, qu'en fait il n'aurait pas commis.
- 1488 : défaite de l'armée bretonne à Saint-Aubin-du-Cormier, en Ille-et-Vilaine, et signature du regrettable traité du Verger qui place la Bretagne sous la houlette d'une France pourtant saignée par la guerre de Cent Ans.
- 1491 : Anne de Bretagne devient reine de France en épousant Charles VIII.
- 1675 : révolte des Bonnets rouges à la suite de l'impôt sur le papier timbré. Répression brutale par le duc de Chaulnes, gouverneur de la province.
- XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles : apogée de l'art religieux et populaire en Bretagne. On construit d'innombrables églises, chapelles, calvaires, croix, fontaines en granit.
- 1789 : révolution en Bretagne. Les représentants de la province fondent le Club breton qui deviendra le club des Jacobins.
- 1793-1799 : la chouannerie se développe autour de ses chefs historiques : Cadoudal, La Rouerie, du Boisguy. La dramatique virée de galerne des Vendéens s'achève par le massacre de Savenay, près de Pontchâteau.
- 1919-1939 : renaissance du mouvement nationaliste breton : création du journal Breiz Atao, du parti autonomiste breton (1927) et du parti nationaliste breton (1932). Premiers attentats autonomistes (1932).
- 1972 : rattachement discutable de la Loire-Atlantique à la région des Pays de la Loire.
- 12 décembre 1999 : naufrage du pétrolier l' Erika, affrété par la compagnie Totalfina-Elf, au large du Finistère. La marée noire qui en découle s'étend des côtes bretonnes à la Vendée.
Le nationalisme breton
Militants autonomistes qui bataillent pour l'indépendance de la Bretagne, défenseurs de la langue et de la culture bretonnes, les nationalistes bretons n'ont qu'un symbole de ralliement : le gwenn ha du ! En français : le « blanc et noir », c'est-à-dire le drapeau breton.
Éclaté et multiforme, le militantisme breton est insaisissable car c'est une nébuleuse effervescente constituée ou reconstruite de groupuscules parfois rivaux et dont l'existence est souvent éphémère. Les légalistes sont essentiellement représentés par l'Union démocratique bretonne (UDB), qui a beaucoup flirté avec le parti socialiste. L'Armée révolutionnaire bretonne (ARB, officiellement dissoute) reste le bastion de la lutte armée. Entre eux, on trouve : Diwan, animateur de l'école en breton ; Stourm-ar-Brezhoneg, qui prône le bilinguisme officiel ; Emgann,qui rassemble des rénovateurs ; Kendalc'h, qui enseigne la musique et la danse bretonnes, etc.
La télévision et les radios diffusent des émissions en langue bretonne. Dans le Finistère et les Côtes-d'Armor, les panneaux routiers sont bilingues, le drapeau breton flotte sur quelques bâtiments officiels, et bon nombre de voitures portent la plaque BZH pour Breizh (« Bretagne »).
La terre et les hommes
Géographie
Poing du continent européen tendu vers l'Atlantique, la Bretagne apparaît sur le globe terrestre comme une péninsule, grande comme la Belgique (27 2082) et pas très haute : 384 m au Tuchen Gador. Parallèles à la côte sud, la Montagne noire vont de Locronan à Malestroit en s'aplatissant. Entre les deux, une succession de cuvettes : Châteaulin, Loudéac, Rennes.
La côte, battue par les marées, supporte un marnage de 10 à 12 m en Manche et de 5 à 6 m en Atlantique. Le littoral a connu des variations du niveau de la mer à plusieurs reprises au cours des âges géologiques. Les estuaires des fleuves, désormais envahis par la mer, pénètrent loin dans la terre. Caps et plages alternent sur une côte en festons qui fait tout le charme du littoral breton.
Le climat breton
Nulle part ailleurs le ciel ne change aussi rapidement, et nulle part ailleurs le ciel n'a d'aussi belles couleurs. Car ici, le temps marche avec les marées et suit les cycles de la lune.
Entourée par deux mers, la Manche et l'Atlantique, la péninsule armoricaine jouit d'un vrai climat océanique, doux et tonique. Il ne fait jamais très froid, ni trop chaud. L'air du littoral est si riche en iode que le seul fait de le respirer est déjà une cure de bien-être. Allez-y en arrière-saison, si vous le pouvez. Vous aurez un temps souvent exceptionnel. C'est en hiver que la Bretagne subit ses plus fortes tempêtes.
La côte nord connaît moins de 15 jours de gelée par an. Les vents dominants viennent du nord-ouest sur la côte du Finistère, avec des secteurs abrités comme l'île de Bréhat où passe le Gulf Stream, un courant chaud favorable à la création de microclimats.
La côte sud possède un climat plus ensoleillé, plus chaud et plus sec que la côte nord. À Carnac (Morbihan), il y a seulement 128 jours de pluie en moyenne par an et 2 055 h de soleil. Par comparaison, Biarritz compte 177 jours de pluie par an. La côte sud du Finistère jouit aussi de ces avantages avec des microclimats.
- Répondeurs météo : les prévisions de chaque centre départemental. Tél. : 0892-68-02-suivi du numéro du département. Météo marine : Tél. : 0892-68-08-08 ; prévisions jusqu'à 20 milles des côtes.
Économie
L'agriculture
La Bretagne est la première région agricole de France avec, cependant, guère plus de 5 % d'actifs dans le secteur. Les élevages de porcs, veaux, boeufs et poulets représentent les trois quarts de la production agricole. Le Morbihan est leader des départements producteurs de volailles : poulets, dindes, dindons, pintades et oeufs. Dans le Finistère, les élevages de porc et de gros bovins sont dominants mais ont été touchés par la crise de la vache folle et par celle du porc. Dans le Morbihan et le Finistère sud, on cultive haricots verts, épinards, petits pois, carottes et flageolets directement pour les conserveries. Le long de la façade atlantique de la Bretagne Nord s'étendent les cultures légumières avec une première place nationale pour la production de choux-fleurs, artichauts, pommes de terre, tomates et haricots verts.
L'industrie
Les industries agroalimentaires sont omniprésentes - abattage d'animaux, charcuteries et salaisons, produits laitiers, aliments pour animaux, conserveries de légumes, de poissons et de plats cuisinés - découlent naturellement de l'agriculture. La Bretagne Sud est également marquée par la construction navale. Les chantiers de l'Atlantique Saint-Nazaire, troisièmes chantiers mondiaux de construction navale, ont enfanté de fabuleux paquebots comme le Normandie ou le France, et récemment le Souverain des mers ou le Renaissance. Le secteur de l'électronique et des télécommunications est dopé ici par une forte capacité de recherche. Le site Rennes-Atalante est une technopole où sont nés, entre autres, le réseau Transpac et les services Numéris. Les Côtes-d'Armor détiennent aussi leur espace d'innovations avec Anticipa, le pôle électronique Télécommunication de Lannion-Trégor.
La lutte contre la pollution et la « malbouffe »
Dès les années 1980, des spécialistes de l'environnement ont mis en évidence les effets nocifs de l'agriculture intensive, notamment sur les eaux et les sols.
La lutte contre la « malbouffe » semble être un cheval de bataille breton et des associations locales ont réussi à faire bannir la nourriture contenant des OGM dans les crèches, écoles et restaurants municipaux de plusieurs villes.
Le secteur tertiaire
C'est incontestablement le tertiaire (administrations, armée, commerce, transports, services, tourisme) qui génère le plus d'emplois en Bretagne : 60 % des actifs. C'est d'ailleurs ce secteur qui permet au plus grand nombre de sortir du chômage grâce au commerce et aux cafés-hôtels-restaurants.
Le tourisme est dynamique en Bretagne. On ne s'étonnera pas que la région soit devenue la deuxième destination de vacances estivales, avec une forte fréquentation d'Européens (Anglais, Italiens et Allemands).
La mer... et les Bretons
Bizarrement, dans beaucoup de régions côtières de Bretagne, les autochtones furent longtemps étrangers à l'univers maritime. Très peu d'îles bretonnes se consacrèrent à la pêche. Pour beaucoup de Bretons, la mer ne peut être que source de malheur et, pour vivre en paix, il est préférable de lui tourner le dos. Mais en 1964, un jeune homme (officier de marine) a l'idée saugrenue d'aller battre les Anglais dans une course anglaise, la fameuse « Transat ». Éric Tabarly, jeune Breton, devient non seulement une gloire nationale mais, vis-à-vis des médias, le symbole d'une certaine identité bretonne, glorieuse et modeste. Voilà le déclic. Tous les Bretons dans leurs chaumières se sentent concernés et sont pris en flagrant délit de regarder l'océan. Et d'autres gloires bretonnes suivent, prises dans le mouvement : les Kersauzon, Poupon, Riguidel, Caradec, Morvan ou Peyron peuplent les années 1970 et 1980 de beaux rêves pour les petits Bretons.
Les Bretons et la mer, c'est aussi la pêche à pied. Autrefois un des moyens de subsistance pour des populations pauvres, cette activité est devenue un loisir pour autochtones et touristes. Mais attention, cette pêche requiert de l'expérience. Chaque port ou village abrite ainsi son « champion », qui connaît chaque rocher de son estran, qui joue avec les horaires de marée, pour être au bon endroit au bon moment.
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Dernière mise à jour : le 12/08/2008 à 14h11
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