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Andalousie

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Drapeau Espagne





Comment expliquer l'exode de tant d'Européens, à chaque renaissance printanière, vers cette contrée gâtée du continent ? Avouez-le, vous avez vous aussi rêvé de la Costa del Sol et de ses villages blancs, de sa terre rouge et de ses cieux désespérément bleus. Malheureusement, l'Andalousie a saboté une grande partie de sa côte, et l'on ne peut que conseiller de fuir au plus vite vers l'intérieur, où subsistent les images de toujours. L'Espagne se mue ici en une terre nonchalante et hospitalière, qui a donné son lait à un peuple homogène malgré ses origines multiples (Maures, juifs, catholiques, gitans). Mais où se cache cette mystérieuse âme andalouse ? À vous de la trouver, entre les croûtons d'un divin gazpacho, dans les claquements de talons d'un flamenco, dans l'attitude virile d'un torero ou, tout simplement, dans le pot de fleurs d'un patio. L'Andalousie c'est tout cela à la fois et bien d'autres détails subtils : l'ombre des rues et l'ardeur des regards, la quiétude de la siesta et le déchaînement des fiestas, la ferveur des processions et le goût acidulé des olives.

Carte d'identité

- Situation : l'Andalousie occupe toute la partie sud de l'Espagne, ainsi que deux enclaves en terre marocaine, celles de Ceuta et de Melilla. La région de Murcie s'étage sur la côte est, le long de la Méditerranée.
- Géographie : de vastes plaines, des côtes bordées de plages et une haute chaîne de montagnes, la sierra Nevada, qui culmine au mont Mulhacén (3 481 m), le plus haut d'Espagne.
- Climat : les températures les plus élevées d'Europe, oscillant entre 14 oC en janvier et 26 oC en août, avec des pointes à près de 40 oC.
- Principales villes : Séville (704 000 hab.), Málaga (524 400 hab.), Cordoue (314 800 hab.), Grenade (240 000 hab.), Jaén (115 000 hab.), Almería (181 700 hab.), Cadix (133 360 hab.) et Huelva (142 300 hab.).
- Population : 8 982 200 hab. (estimation).
- Ressources : tourisme, agriculture et élevage.

Avant le départ

Adresses utiles

En France

- Office espagnol du tourisme : 43, rue Decamps, 75016 Paris. Tél. : 01-45-03-82-50. Internet : www.spain.info/fr. M. : Rue-de-la-Pompe. Ouvert du lundi au jeudi de 11 h à 17 h, le vendredi de 11 h à 14 h. Nombreuses brochures très bien faites, téléchargeables sur le site.
- Consulat d'Espagne : 165, boulevard Malesherbes,75017 Paris. Tél. : 01-44-29-40-00. Fax : 01-40-54-04-74. Internet : www.cgesparis.org. M. : Wagram ou Malesherbes. Ouvert du lundi au jeudi de 8 h 30 à 14 h 30, le vendredi de 8 h 30 à 14 h et le premier samedi du mois (sauf jours fériés) de 8 h 30 à 12 h. Autres consulats à Bayonne, Bordeaux, Lyon-Villeurbanne, Marseille, Montpellier, Pau, Perpignan, Strasbourg et Toulouse.
- Ambassade d'Espagne : 22, avenue Marceau, 75008 Paris. Tél. : 01-44-43-18-00. Fax : 01-47-23-59-55. Internet : www.amb-espagne.fr. M. : Alma-Marceau. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 13 h et de 15 h à 18 h.

En Belgique

- Office du tourisme d'Espagne : rue Royale, 97, Bruxelles 1000. Tél. : 02-280-19-26 ou 29. Internet : www.tourspain.be. Ouvert du public du lundi au vendredi de 9 h à 14 h. Accueil téléphonique du lundi au jeudi de 9 h à 17 h et le vendredi de 9 h à 15 h.
- Consulat général d'Espagne : boulevard du Régent, 52, Bruxelles 1000. Tél. : 02-509-87-70. Fax : 02-509-87-84. E-mail : consespbru@mail.mae.es.
- Ambassade d'Espagne : rue de la Science, 19, Bruxelles 1040. Tél. : 02-230-03-40. Fax : 02-230-93-80. E-mail : ambespbe@mail.mae.es.

En Suisse

- Office du tourisme d'Espagne : 15, rue Ami-Lévrier, 2e étage, 1201 Genève. Tél. : 022-731-11-33. Fax : 022-731-13-66. Internet : www.spain.info.
- Consulat général d'Espagne : 12, Marienstrasse, 3005 Berne. Tél. : 031-356-22-20. Fax : 031-356-22-21. E-mail : cog.berna@mail.mae.es.
- Consulat général d'Espagne : 7, rue Pestalozzi, 1202 Genève. Tél. : 022-749-14-60. Fax : 022-749-14-63. E-mail : cgespginebra@mail.mae.es.
- Ambassade d'Espagne : Kalcheggweg 24, 3000 Bern 15. Tél. : 031-350-52-52. Fax : 031-350-52-55.

Au Canada

- Bureau du tourisme d'Espagne : 2, Bloor Street West, 34th floor, Suite 3402, Toronto M4W-3E2 (Ontario). Tél. : (416) 961-3131. Internet : www.tourspain.toronto.on.ca. M. : Yonge-Bloor. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 15 h.
- Consulat général d'Espagne à Toronto : 2, Bloor Street East, Suite 1201, Toronto M4W-1A8 (Ontario). Tél. : (416) 977-1661. Fax : (416) 593-4949. E-mail : mae.es/consulados/Toronto/es/home.
- Consulat général d'Espagne à Montréal : 1 Westmount Square, Suite 1456, Montréal H3Z-2P9 (Québec). Tél. : (514) 935-5235. Fax : (514) 935-4655. E-mail : mae.es/consulados/montreal/es/home.
- Ambassade d'Espagne : 74, Stanley Avenue, Ottawa K1M-1P4 (Ontario). Tél. : (613) 747-2252. Fax : (613) 744-1224. E-mail : mae.es/Embajadas/Ottawa/es/home.

Formalité

Pour les ressortissants français, belges et suisses, la carte d'identité en cours de validité ou le passeport, même périmé depuis moins de 5 ans, suffit pour entrer sur le territoire espagnol. Les ressortissants canadiens se verront demander leur passeport en cours de validité (pour les séjours touristiques de moins de 90 jours).

Carte internationale d'étudiant (ISIC)

Elle prouve le statut d'étudiant et permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion spéciaux, assurances de voyage, cartes de téléphone internationales, locations de voiture, navettes d'aéroport…), l'hébergement, la culture, les loisirs...
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.

Carte internationale des auberges de jeunesse (FUAJ)

Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.

Argent

Monnaie, banques, change

- Change : 1 € = 1,66 Fs = 1,43 $Ca.
- Les banques sont généralement ouvertes du lundi au vendredi de 10 h à 14 h. Pour ceux qui sont concernés, les commissions sont sensiblement variables d'une banque à l'autre. D'une manière générale, s'abstenir de changer dans les banques situées en face des monuments et des sites touristiques.
- Dans la quasi-totalité des villes et des villages, on peut retirer de l'argent dans les distributeurs automatiques (cajero automático)Telebanco (panonceau jaune et bleu), Servi Red (noir avec des flèches de couleur), Argentaria, Caja España, Cajamar... avec les cartes Maestro, MasterCard et Visa.

Budget

Les prix ont considérablement augmenté en Espagne. L'Andalousie a suivi, voire précédé le mouvement, et les bonnes affaires ne sont plus légion. Pour le logement, la notion de haute, moyenne et basse saisons est importante en Andalousie, et il faudra en tenir compte. Elle est particulièrement marquée dans les villes et sur la Costa del Sol. Seules les régions isolées des sierras et les villes moins touristiques échappent à peu près à cette notion.
En général, la haute saison se déroule en 2 temps : la période de la Semaine sainte et l'été, généralement de mi-juillet à fin août, parfois seulement en août, voire jusqu'en septembre … Tout dépend du lieu, de sa fréquentation et de l'humeur du tôlier ! S'ajoutent à cela quelques cas particuliers, comme la feria à Séville. Durant ces périodes, les prix sont majorés de 50 à 100 % comparés à ceux pratiqués en hiver … Le printemps (hors Semaine sainte) et l'automne sont normalement des saisons moyennes. Dans les grandes villes (Séville, Cordoue ou Grenade), le coeur de l'été est parfois considéré comme basse saison car il y fait très chaud.

Hébergement

Voici grosso modo l'échelle des prix dans chaque catégorie, sur la base d'une chambre double. On indique aussi dans le texte des fourchettes de prix pour chaque catégorie. On indique le prix avec TVA (IVA, à hauteur de 7 %, rarement comptée dans les prix affichés).

- Bon marché : de 15 à 20 € euros par personne (en AJ) ou de 30 à 45 €euros pour une chambre double.
- Prix moyens : de 45 à 60 €euros
- Un peu plus chic : de 60 à 70 €euros
- Plus chic : de 70 à 100 €euros
- Très chic : plus de 100 €euros

Restaurants

On peut évidemment manger à tous les prix un peu partout. Cela dit, on ne mange plus correctement pour moins de 6 €. Les restos coûtent aussi cher qu'en France. Avec les tapas, on peut s'en sortir plus honorablement. Comme pour les hôtels, il faut parfois ajouter à la note une taxe (IVA) qui est en général de 7 %. De plus, le pain est généralement facturé, parfois aussi la carafe d'eau. Les fourchettes de prix indiquées ci-dessous sont calculées sur la base d'un repas complet pour une personne.

- Très bon marché : moins de 7 €euros
- Bon marché : de 7 à 12,50 €euros
- Prix moyens : de 12 à 25 €euros
- Plus chic : autour de 30 €euros
- Très chic : plus de 30 €euros

Le midi, la plupart des restos proposent des petits menus, surtout dans les grandes villes touristiques. Leur avantage : le prix (7 à 10 € en général). Avec entrée, plat et dessert, ils sont souvent reconstituants. Cependant, ne pas s'attendre à du haut de gamme.

Achats

Bon à savoir, les magasins ferment pour la pause du milieu de la journée, vers 14 h, pour rouvrir à 17 h.
L'époque n'est plus où l'on pouvait acheter des tas de choses pour une bouchée de pain... O tempora, O mores... Il reste cependant des articles à des prix intéressants. Les chaussures, les articles en peau, les tissus de soie offrent un bon rapport qualité-prix.
Enfin, les productions régionales méritent plus qu'un simple coup d'oeil.

Cuisine et boissons

Cuisine

Attention : les horaires des repas sont différents de ceux pratiqués en France. Le petit déjeuner se prend de 8 h à 11 h, le déjeuner de 13 h 30 à 16 h et le dîner de 21 h à 23 h (il fait moins chaud).

Spécialités culinaires nationales

- La paella : fond de riz cuit dans l'huile en même temps que le poulet, porc maigre avec jambon, langoustines, petits pois, ail, oignons, épices et safran. Quand elle n'est pas chère et rapidement servie, c'est en fait un « riz accommodé »(arroz) qui n'a que peu de choses à voir avec la vraie « paella » qu'il vaut mieux commander.
- La tortilla : omelette servie froide ou chaude, le plus souvent avec pommes de terre (patatas), voire aux fines herbes, aux queues d'écrevisses, au chorizo ou encore avec tomates, lardons, petits pois, etc.
- Le cocido (pot-au-feu) : plat de résistance servi partout avec des variantes.
- Côté douceurs, les churros, ces bâtons de pâte à crêpes frits, et les buñuelos (gros churros) sont probablement la meilleure pâtisserie de la péninsule. Autres délices, le plus souvent à base de lait et d'oeufs, la leche frita , sorte de béchamel sucrée et épaisse, refroidie puis coupée en gros carrés frits dans l'huile, puis saupoudrés de sucre, le tocino del cielo (gâteau aux cheveux d'ange), les natillas , crème anglaise épaisse et parfumée à la cannelle ou au citron, l' arroz con leche (riz au lait), les torrijas , l'équivalent de notre pain perdu...

Spécialités andalouses

La cuisine andalouse, longtemps réputée riche et grasse, s'est élevée au rang d'art culinaire. Dans les bars à tapas, il vous suffira d'observer le nombre de plats pour vous rendre compte de la diversité de cette cuisine qui, si elle est toujours préparée avec de l'huile d'olive, a perdu une partie de sa lourdeur.

Entrées

- Gazpacho : la spécialité des spécialités andalouses. Il s'agit d'une soupe froide de légumes crus. On sert le plus souvent le gazpacho accompagné de petits bouts de tomates, concombres, oignons et croûtons. On trouve plusieurs variantes de gazpachos comme le salmorejo (plus épais, moins froid, souvent avec de l'œuf dur) ou l'ajo blanco (dominante d'ail, d'amandes pilées, de citron et pain dur).
- Les jambons : une des grandes spécialités d'Andalousie. Des jambons de montagne qui ont transpiré en été et séché à l'air libre en hiver. Il en existe deux principales sortes : le jamon Serrano , délicieux et bon marché, mais qui ne peut rivaliser avec le jamon Iberico. Autre vedette : le Jabugo. On atteint ici le sublime !
- Chorizo : il y a de tout. On est parfois déçu. Goûter avant car le vrai et bon est finalement assez rare.
- Tortilla del Sacromonte : une omelette faite d'abats de mouton et/ou de veau.
- Espinacas (épinards) : servis en cassolette, très cuisinés, c'est une merveille.
- Habas : ce sont de grosses fèves souvent servies avec du jambon à Grenade.
- Ensaladas : salades variées.
- Sardines à l'huile : fraîches et servies sous forme de tapas.
- Anchois marinés

Poissons

- Calamar a la plancha (grillé : pas spécifique à la région mais c'est ici qu'il est le meilleur.
- Poisson au vin : assez proche de ce que l'on fait en France. Vin blanc, épices, tomates, oignons.
- Fritures : là, on met un peu de tout. On coupe le poisson en dés et on le fait frire. Pas cher.

Viandes

- Rabo de toro : queue de taureau en sauce.
- Rinones al jerez : rognons au jerez. Simple et excellent.
- Morcilla : boudin.
- Cordero lechal : c'est de l'agneau de lait.

Fromages

On en mange plutôt en dehors des repas, sous forme de tapas. Certains vieux fromages, vieilles tommes surtout, sont divins. À goûter absolument. On trouve de bons fromages de chèvre et de brebis.

Desserts

L'Andalousie se révèle très riche en pâtisseries. Le turron, des gâteaux au saindoux et aux cheveux d'ange, des pains d'épice, des tourtes aux oeufs durs et, bien sûr, des beignets de toutes sortes.

Où manger ?

Parmi les restaurants, on distingue :
- Meson : restaurant fonctionnant sous la même enseigne qu'un bar mitoyen, normalement assez bon marché et préparant une cuisine typique.
- Comedor : salle à manger dans un établissement hôtelier ou dans un bar. Un peu le même principe que le meson.
- Marisqueria : restaurant de poissons et fruits de mer.
- Restaurante : on trouve de tout sous cette dénomination, du plus simple au plus chic et gastronomique. Plus c'est cher, moins il y a de chance d'y trouver un comptoir à tapas.
- Les restaurants des paradores : considérés à juste titre comme des établissements de luxe pour l'hôtellerie, ils s'avèrent parfois étonnamment abordables en ce qui concerne la table.

Tapas

Si c'est la première fois que vous débarquez en Espagne, vous vous demanderez probablement pourquoi le soir, quel que soit le jour, les bars sont bondés. Tout simplement parce que les Espagnols ont l'habitude de téléphoner à leurs potes pour « aller de tapas en tapas »(ir de tapeo). On mange debout en s'essuyant le coin du bec avec les serviettes en papier cigarette, c'est souvent plus économique et moins formel qu'un restaurant.

Boissons

La boisson la plus répandue est la bière (cerveza ; se prononce cerbessa), toujours servie très fraîche (une bénédiction en été). Le panaché se dit una clara. Si on demande une cerveza, on aura une bouteille. Une bière pression se dit una caña. Quelques précisions : un quinto = 20 cl. Un tercio = 33 cl, tout cela en bouteille. A la pression, une cana = 25 cl. Une tubo : 33 cl. Une tanque ou jarra = 50 cl. Autre boisson très appréciée en Espagne, non alcoolisée celle-là, la horchata, que tout le monde traduit par orgeat . Boisson non alcoolisée. Bon et rafraîchissant avec une texture qui rappelle celle du lait en un peu plus farineux.

Enfin, on trouve un peu partout dans le pays du granizado de limon (jus de citron, sucre et glace pilée) ou de café (le citron est alors remplacé par du café). Rafraîchissant et requinquant par ces chaleurs.

Les vins andalous

N'oubliez pas que l'Andalousie est une grande productrice de vins, que vous pourrez goûter dans tous les bars à tapas. Le plus fameux est le vin de Jerez, popularisé par les Anglais, qui en ont fait leur fameux cherry. Le vin de Malaga est également parvenu à se tailler une certaine notoriété. Moins connu, le vignoble de Montilla-Moriles, situé aux alentours de Lucena, au sud de Cordoue, produit également des blancs intéressants.
Autres curiosités : le vin rosé mélangé à la limonade (casera), autrement nommé el tinto de verano. Mais aussi el calimocho, vin rouge mélangé à du Coca-Cola, très apprécié des jeunes Espagnols. Enfin, le vermouth al grifo (littéralement : « vermouth au robinet »), servi dans les bars traditionnels : vin cuit macéré avec des herbes et livré dans des petits fûts avec de l'eau gazeuse. À consommer de préférence avec des tapas car ce vin monte vite à la tête.

Culture

Le flamenco

Le flamenco est la musique traditionnelle des gitans andalous. Riches de leurs pérégrinations en Asie et en Europe, ils créèrent le Cante jondo, c'est-à-dire la forme la plus puissante du flamenco. Un cri, une déchirure. Lentement, il gagna ses lettres de noblesse et imposa sa violence triste et son ardente mélancolie, notamment auprès des romantiques qui trouvèrent dans ce chant une résonance à leur spleen.

Depuis ce temps, le flamenco a emprunté mille chemins. Du style le plus épuré aux arrangements symphoniques des chansons de Camaron, le flamenco se décline sur toutes les gammes de la sensibilité gitane.

Les artistes

Si le flamenco se distingue par la diversité de ses styles, il n'en demeure pas moins remarquable par le choix et la qualité de ses interprètes. S'il faut parler de grandes voix, nous en citerons deux: Enrique Morente et Camaron de la Isla. Enrique Morente, né en 1942, est connu pour ses adaptations de Garcia Lorca, de saint Jean de la Croix et de poésies diverses. Doué à l'extrême, il est considéré comme le plus grand cantaor de flamenco vivant. Le second est sans doute le plus étonnant. Camaron de la Isla bouleversa l'éthique même du flamenco. Il introduisit des arrangements « pop »,greffa des batteries, des basses, des guitares électriques. Admiré par Mick Jagger, Miles Davis ou Peter Gabriel, Camarón restera l'ultime prince gitan, le fils très inspiré d'un art qu'il voulut à la fois évolutif et sans trahison.

Figures ibériques

Cinéma

- Antonio Banderas (1960) : originaire de Malaga, ce sex-symbol fut l'un des acteurs fétiches d'Almodovar avec lequel il a tourné Labyrinthe des passions, Matador, Femmes au bord de la crise de nerfs, Attache-moi... Mais depuis son mariage avec Melanie Griffith, il a délaissé les films d'auteur pour embrasser une carrière américaine: PhiladelpAhia, Evita, Zorro,….
- Luis Bunuel (1900-1983) : cinéaste espagnol naturalisé mexicain. En 1925, il fuit la dictature de Primo de Rivera pour la France. Avec quelques copains, dont Dali qu'il fréquentait déjà sur les bancs de la fac de Madrid, il réalise en 1928 Un Chien andalou, manifeste surréaliste qui fait scandale. Après un exil aux États-Unis, il tourne au Mexique quelques productions commerciales et l'un de ses plus beaux films (Los Olvidados), puis retourne à ses premières amours, la France, où il réalise quelques-uns de ses chefs-d'oeuvre : Belle de Jour (1966) et Tristana (1970) avec Catherine Deneuve, Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) et Cet obscur objet du désir (1977), avec la belle Carole Bouquet qui fait alors ses débuts au cinéma.

Flamenco

- Camaron de la Isla (1950-1992) : un véritable phénomène du flamenco chanté
- Lola Flores (1923-1995) : Lola Flores est la Dalida du flamenco pop.
- Paco de Lucia (1947) : avec Camaron de la Isla, il a débarrassé le flamenco de son folklore régional en l'associant à des notes jazzy.

Arts et lettres

Séville voit naître deux des plus grands peintres du siècle d'Or espagnol : Diego Rodrigues de Silva y Velazquez (1599-1660) et Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682). Málaga n'est pas en reste, qui donne naissance en 1881 au fils d'un prof de dessin promis à un grand avenir : un certain Pablo Blasco... connu sous le nom de Pablo Picasso !

Côté musique, on retiendra surtout Manuel de Falla, né à Cadix en 1876, l'auteur des fameuses Nuits dans les jardins d'Espagne et de L'Amour sorcier.

La littérature est représentée par Federico Garcia Lorca (1899-1936), l'auteur du Romancero gitano dont la vie est détaillée dans l'introduction à la ville de Grenade, et par deux auteurs contemporains à découvrir, Agustín Gomez-Arcos, né à Almería en 1939, émigré en France en 1966 et auteur de 8 romans écrits en français parmi lesquels Ana non qui obtient le prix du livre Inter en 1977 et le prix Roland-Dorgelès en 1978, et Antonio Munoz Molina, né à Ubeda dans la province de Jaén en 1956, dont 8 romans ont été traduits dans notre langue.

Diego de Siloé (1495-1563) est l'un des plus talentueux architecte et sculpteur de son époque. Passant du gothique castillan à la maîtrise de l'art italien de la Renaissance, il poursuit sa formation en Italie, où il collabore aux sculptures de l'église San Giovanni à Carbonara, puis retourne en 1519 à Burgos, dont il est originaire. Il y réalise le Christ à la colonne dans la sacristie de la cathédrale Santa Maria et participe au décor de la monumentale chapelle du Connétable, avant de poursuivre la construction du fastueux monastère de San Jeronimo. Son ambition de bâtir comme les Romains trouve matière à s'exercer dans la conception originale de la cathédrale de Grenade. L'influence de son style marque également les cathédrales de Malaga, de Séville (1536) et de Guadix (1549).

Géographie et climat

Géographie

Sur une carte de l'Europe, la péninsule Ibérique est comme une figure de proue qui s'avance loin vers l'ouest et le sud, la prédisposant ainsi à nouer des relations avec l'Afrique et, au-delà de l'Atlantique, avec les Amériques.
L'Andalousie est la région d'Espagne qui a été la plus marquée par cette ouverture sur le reste du monde ; le détroit de Gibraltar ne fait que 14 km de large et la façade atlantique a constitué une parfaite base de lancement des navires en partance pour les « Indes occidentales », le port fluvial de Séville puis le port maritime de Cadix monopolisant pendant longtemps les contacts avec les colonies d'outre-mer. Très présente aussi, l'Afrique, dans les paysages, particulièrement au sud-est où, d'Alicante à Almeria, règnent un climat subdésertique et de vastes étendues steppiques piquetées de palmiers. Et que dire des Alpujarras, sur le versant sud de la sierra Nevada, où des villages blancs aux toits plats couverts de sable gris, séparés par de profonds ravins et entourés de champs en terrasse, rappellent furieusement l'Atlas marocain ? Mais la géographie de l'Andalousie ne peut se réduire à ces images « africanisantes » car, à l'instar du pays, elle demeure une région diverse, où déserts et vertes prairies, montagnes et plaines se côtoient.
L'organisation générale est assez simple. Il s'agit d'un vaste amphithéâtre orienté vers le sud-ouest et dont les gradins seraient constitués :
- au nord, par la sierra Morena, montagne peu élevée et dépeuplée que l'on franchit, venant de Madrid, au col de Despenaperros (mot à mot, « précipite-chiens », allusion à une bataille meurtrière que se livrèrent là chrétiens et musulmans au XIIIe siècle) ;
- au sud, par les chaînes Bétiques qui s'étendent sur 800 km du détroit de Gibraltar au cap de la Nao, en passant par la serranía de Ronda, très verte et couverte de chênes-lièges, et la sierra Nevada, qui abrite le point culminant de l'Espagne continentale au Mulhacen (3 481 m, à 20 km de la mer !) ;
- à l'ouest, par les sierras de Ségura et de Cazorla, très sauvages.
Et la scène de l'amphithéâtre ? C'est la vallée du Guadalquivir, qui s'élargit au fur et à mesure que l'on se dirige vers l'ouest et l'océan, à proximité duquel s'étendent de vastes zones marécageuses, les marismas. C'est aussi là que se situe l'axe majeur de communication du Sud de l'Espagne.

Climat

En Andalousie, le climat se caractérise par des hivers doux sur la côte mais plutôt froids dans les terres, des étés secs, prolongés (de mai à octobre) et très ensoleillés. Dans le Sud-Est, les pluies sont rares.
Les époques de voyage les plus favorables pour l'Andalousie sont le printemps ou l'automne. On y bénéficie de températures agréables, sans la foule. Au printemps, il peut encore faire frais en soirée et la baignade s'apparente au bain glacé

Environnement

Il faut bien en parler du problème de la côte, défigurée par une urbanisation à outrance, peu soucieuse de préserver l'équilibre naturel et les paysages. Cependant, la région développe à présent un tourisme haut de gamme et privilégie les petits bâtiments collectifs et l'habitat individuel au sein de lotissements plus ou moins luxueux. Et puis il reste aussi des portions de côtes préservées, comme le cabo de Gata, à l'est d'Almeria.

Hébergement

Les auberges de jeunesse

La Red de albergues juveniles de Andalucia compte une vingtaine d'auberges de jeunesse et de campings « juvéniles » ouverts toute l'année en Andalousie (à Séville, Cordoue, Grenade, Huelva, Cadix, Málaga, Almería et Jaén). Les auberges sont généralement bien tenues. La carte de la FUAJ est obligatoire (mais on peut l'acheter sur place). Les prix diffèrent selon l'âge : 5 € jusqu'à 29 ans, 12 € à partir de 30 ans. Sans la carte, compter un supplément de 3,50 € par nuit.
Les tarifs sont alignés d'une aubertfe à l'autre, mais diffèrent selon l'âge et la saison : de 9,80 à 15 € jusqu'à 26 ans, de 13,50 à 20,50 € pour les autres. Dans les campings « juvéniles », il faut compter 6,80 € par personne, tente comprise. Le petit déjeuner est inclus.
L'année est saucissonnée en 3 saisons. Une basse, une moyenne et une haute. Dans les grandes villes (Cordoue, Grenade, Séville), les AJ pratiquent un tarif de moyenne à haute saison toute l'année. Du coup, à deux, cela revient aussi cher qu'une petite pension dans le centre-ville. De plus, il y a quelques inconvénients : situation excentrée dans les villes et heures de couvre-feu assez réglementées.
La plupart des AJ proposent également des repas : demi-pension ou pension complète.
Attention, on ne saurait trop vous recommander de réserver à l'avance. Dès avril, certaines AJ sont bloquées par des groupes. Bon à savoir, les possesseurs de la carte Jeune se verront offrir 10 % de réduction sur le couchage.

- Inturjoven : réservations pour l'Andalousie. Tél. : 955-03-58-00 (Séville). Internet : www.inturjoven.com. Ou auprès de chaque auberge directement. Jusqu'à 6 mois à l'avance via Internet. Pour des infos directes sur l'ensemble des AJ d'Espagne : www.reaj.com.

Les campings

Le camping sauvage sur les plages est en principe toléré car il n'y a pas de plages privées en Espagne. Néanmoins, si vous vous installez devant un hôtel, vous serez invité à déguerpir. Attention, dans la région de Tarifa où la guarda civil effectue des rondes afin de repérer d'éventuelles barques d'immigrés clandestins qui débarquent sur les plages de la région…
Quant aux campings officiels, ils offrent le double avantage de prix relativement acceptables (comme en France) et d'absence de règlement draconien, contrairement aux AJ. Les tarifs, qui doivent figurer bien en évidence à l'entrée, varient très largement selon la saison et la durée du séjour.
Les campings espagnols sont souvent bien équipés mais leur implantation est souvent décevante et ils sont souvent très bruyants la nuit.
Pensez à vous équiper de sardines très robustes (certains conseillent carrément les pointes en béton) car le terrain est très sec et parfois d'une dureté incroyable, à Séville notamment.
De plus en plus de campings disposent de bungalows préfabriqués.

Les hôtels

Les moins chers sont les fondas (avec restaurant). Puis viennent les casas de huéspedes, les hospedajes et les pensiones . Également bon marché, les hostales et les residencias. Tous ces vocables regroupent un peu la même chose, c'est-à-dire une sorte de pension de famille. Si vous le pouvez, réservez l'établissement avant de réserver.
Quoi qu'il en soit, tous ces établissements conviendront aux routards de la première heure, peu regardants sur le confort mais exigeants sur les prix. Vous pouvez tenter de négocier un peu.
Enfin, les hôtels, classés de 1 à 5 étoiles. Essayez d'arriver assez tôt pour être sûr d'avoir une chambre, et demandez à la visiter avant. Les prix affichés à la réception et dans les chambres peuvent varier selon les divisions de l'année touristique : haute, moyenne et basse saisons.

Pour les affamés du matin : dans les pensions espagnoles, c'est « bed » mais rarement « breakfast »... On vous conseille donc de repérer un bar ou un café proposant des petits déjeuners. Sinon, les patrons de votre pension vous conseilleront peut-être un endroit.

Les paradors

C'est un réseau important d'établissements hôteliers exceptionnels. Leur principale originalité réside dans le cadre qu'ils proposent : châteaux forts, manoirs, anciens palais, couvents, monastères superbement restaurés et aménagés. Service impeccable et personnel très qualifié. Certains d'entre eux sont de construction récente, mais ils sont toujours implantés dans des sites uniques.
Les prix varient, bien sûr, suivant cinq catégories, mais ils sont de toute façon relativement élevés. En moyenne, de 90 à 175 €euros la chambre double (sans le petit déjeuner). Pour ceux qui ont les moyens, c'est toujours moins cher que les Relais & Châteaux auxquels on pourrait les comparer.
Presque tous pratiquent des prix basse saison intéressants ou des prix week-end. De nombreuses autres réductions sont possibles pour les plus de 60 ans, les séjours d'au moins 2 nuits en demi-pension, ou dans le cadre des « livrets de 5 nuits », etc.
À défaut d'y dormir, on peut toujours s'y restaurer ou y prendre un verre et profiter du cadre. En été et le week-end, il est impératif de réserver. Idem pour les plus courus comme à Grenade pour lesquels il faut parfois s'y prendre six mois à l'avance.

- Site officiel des paradores : www.parador.es.
- Iberrail France : 57, rue de la Chaussée-d'Antin, 75009 Paris. M. : Trinité. Tél. : 01-42-81-27-27. Numéro Indigo pour la province : 0825-079-200. E-mail : service.paradores@iberrail.fr. M. : Trinité ou Chaussée-d'Antin. Représentant officiel des paradores en France.
- Caractère : Gentsestraat 20, 9420 Erpe- Mere. Tél. : 05-363-00-77. E-mail : info@caractere.be. Représentant officiel des paradors pour la Belgique et le Luxembourg.
- Sierramar : 240, Freischutzgasse, 3, Postfach, CH-8021 Zurich. Tél. : (1) 295-91-77. Internet : www.travelhouse.ch/SierraMar. Représentant officiel des paradors en Suisse.

Santé et sécurité

Santé

Carte européenne d'assurance maladie

Pour un séjour temporaire en Espagne, pensez à vous procurer la carte européenne d'assurance maladie. Il vous suffit d'appeler votre centre de Sécurité sociale ou de vous connecter à son site Internet. Votre centre vous l'enverra sous une quinzaine de jours. Cette carte fonctionne avec tous les pays membres de l'UE. Elle est valable pendant un an, gratuite et personnelle (les enfants doivent avoir la leur). Attention, la carte n'est pas valable pour les soins délivrés dans les établissements privés.

Les moustiques

En Andalousie, pas de réel problème sanitaire, mais les moustiques sont bel et bien là.
La quasi-totalité des répulsifs anti-moustiques vendus en grandes surfaces ou en pharmacie sont insuffisamment efficaces.
- Un laboratoire a mis sur le marché une gamme très efficace, conforme aux recommandations du ministère français de la Santé : Repel Insect Adulte en spray ; Repel Insect Trempage pour imprégnation des tissus (moustiquaires en particulier) permettant une protection de 6 mois ; Repel Insect Vêtements pour les vêtements ne supportant pas le trempage, permettant une protection résistant à 6 lavages. Attention, ces produits sont déconseillés aux enfants et aux femmes enceintes. Le paludisme ne sévissant pas en Espagne, essayez de vous en passer, ce sera encore mieux...

Dangers et enquiquinements

Comme toutes les régions très touristiques, l'Andalousie n'échappe pas à l'invasion de racketteurs en tout genre : pickpockets, voleurs de voitures ...

Vols dans les voitures

Ils sont fréquents, surtout à Séville et à Cordoue. Choisissez de préférence des parkings gardés et, surtout, ne laissez rien traîner sur les sièges ou la plage arrière. Les bris de glace sont fréquents sur les voitures immatriculées à l'étranger.
Plusieurs solutions : laisser ostensiblement un journal espagnol ou, encore mieux, régional, ou laissez traîner toutes sortes de vieux emballages déchirés et des canettes vides à l'arrière.
Dans certaines villes, les voitures-sitters font partie d'un programme d'insertion. Le prix est modique, souvent moins de 1 €

« Racolage » immobilier

Sur la Costa del Sol, de Marbella à Malaga, de nombreux jeunes au look sympa, à pied, à scooter ou en voiture, racolent les touristes afin de les rabattre vers des promoteurs immobiliers (surtout de type time-share). Leurs techniques sont variées et plus ou moins agressives, mais ce sont souvent des jeux truqués où les touristes « gagnent » à tous les coups. Le meilleur moyen de s'en débarrasser est de jouer la carte de l'indifférence et de ne surtout pas s'arrêter.

Sports et loisirs

Sports

L'Andalousie, avec ses reliefs variés, propose un éventail très large de paysages et donc tout autant de choix pour les activités sportives.
- Pour les randonneurs et VTTistes de tout poil qui souhaitent un contact privilégié avec Dame Nature, de nombreux chemins sillonnent ces paysages de rêve.
- Les zones en altitude sont aussi propices à de nombreuses activités plus spécifiques comme l' escalade , le parapente ou le canyoning (descente à pied du cours d'une rivière avec des passages en rappel : à faire !).
- L'Andalousie est par ailleurs un haut lieu de la culture hippique comme de la tauromachie. Et si l'on n'a pas encore vu de taureaux faire des tours de manège, il serait cependant dommage de se priver de randonnées équestres . Il y a peu de chances pour que vous montiez des pur-sang andalous, réservés pour les grandes occasions (et les riches propriétaires).
- Enfin, les amoureux de la Grande Bleue trouveront aisément de nombreux spots pour pratiquer surf , windsurf (la reine du genre restant Tarifa), plongée sous-marine ou voile .

Le futbol

Incontournable, le futbol. Introduit par les Anglais à la fin du XIXe siècle, c'est vite devenu une 2e religion en Espagne. Il faut voir avec quelle ferveur les socios supportent leur club, qu'il joue en liga (l'équivalent de notre Ligue 1) ou en Ligue 4. Cette démesure s'explique notamment par le fort sentiment d'attachement régional des Espagnols. Le FC Barcelone pour la Catalogne ou l'Athletic Bilbao pour le Pays basque possèdent, par exemple, des publics parmi les plus « chauds » de la péninsule Ibérique, et le 2e nommé ne fait jouer que des Basques depuis plus d'un siècle. Ceux-ci ont longtemps incarné l'opposition à l'hégémonisme centralisateur dont le symbole était le Real Madrid, utilisé comme un instrument de propagande par la dictature franquiste.
Et si aujourd'hui l'Espagne est l'un des pays les plus modernes, ouverts et innovants de l'UE, le football ibérique domine aussi la scène continentale. C'est ce que confirment notamment les dernières victoires du Real Madrid et du FC Barcelone en Ligue des Champions ou la présence des plus grands joueurs du monde dans la liga. Pourtant, ce sentiment d'attachement aux clubs et donc aux régions a jusqu'ici toujours nuit aux résultats de la seleccion, l'équipe nationale. Contrairement à la France, où le sentiment d'attachement national est beaucoup plus fort, elle souffre depuis toujours des luttes intestines entre les joueurs qui la composent. Résultat, l'Espagne n'a gagné qu'une seule grande compétition : l'Euro de 1964.
Dans ce contexte particulier, les clubs d'Andalousie n'ont pas toujours été les mieux lotis. Certes, le Betis Séville est un grand club, mais son palmarès est bien maigre à côté du Real Madrid ou du FC Barcelone : seulement 1 championnat remporté pour le premier nommé contre 19 et 17 pour les 2 monstres sacrés ! On peut aussi citer le FC Séville et Malaga qui jouent régulièrement en liga.

Musées et sites

De façon générale, l'Espagne a le mérite de pratiquer des prix plutôt raisonnables en ce qui concerne l'accès aux nourritures culturelles.

Les sites majeurs sont tous payants et chers (entre 6 et 10 €). Certains d'entre eux proposent l'entrée gratuite un jour par semaine. Ce jour-là, on conseille vivement d'arriver dès l'ouverture. Les musées plus mineurs sont parfois payants mais abordables (entre 1 et 4 €). Nombreux sont ceux qui proposent la gratuité aux ressortissants de l'Union européenne. Les étudiants peuvent bénéficier de réductions, mais doivent présenter leur carte. En résumé, prix comparables aux prix français avec plus de musées gratuits. En revanche, les églises renommées sont payantes, ce qui est un comble !

IMPORTANT : pour les horaires, on entre là dans un domaine particulièrement délicat. Toutes les indications sont contradictoires : il y a les horaires officiels de l'office du tourisme, les horaires indiqués sur les sites eux-mêmes, les prospectus... et la réalité. Prudence, donc !
Les jours fériés (les fêtes de fin d'année et la Semaine sainte en particulier), les horaires sont restreints et encore plus incertains.

Traditions

Fêtes et jours férié

Ici, on ne dort pas ! Pour ceux qui sont venus chercher le soleil en Espagne, une surprise les attend : ils y bronzeront aussi aux lumières de la nuit. On finit même par dormir éveillé. La vie nocturne espagnole est certainement l'une des plus développées d'Europe. La nuit, la rue appartient aux noctambules qui fourmillent dans les quartiers les plus animés.
Toutes les excuses sont bonnes en Espagne pour organiser une fête. Bien sûr, tous les saints y passent mais aussi les escargots, les ânes, les récoltes, les taureaux ! Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les folies.
Si vous êtes là au bon moment, ne manquez pas la feria de Séville, la fête des Patios de Cordoue, la Semaine sainte à Almonte ou ailleurs (mais très people à Marbella), le pèlerinage de la Vierge du Rocio...

Pour éviter les gros désappointements, voici les principaux jours fériés de l'année en Andalousie et à Murcie :
- 1er janvier : Nouvel An.
- 6 janvier : Épiphanie.
- 28 février : journée de l'Andalousie.
- 19 mars : Saint-Joseph (férié en Murcie).
- Jeudi Saint : en 2007, le 5 avril ; férié en Andalousie et en Murcie.
- Vendredi Saint : en 2007, le 6 avril.
- 1er mai : fête du travail (férié en Andalousie et Murcie).
- 9 juin : journée de la région de Murcie.
- 15 août : Assomption de la Vierge.
- 12 octobre : Fête nationale d'Espagne.
- 1er novembre : Toussaint.
- 6 décembre : journée de la Constitution.
- 8 décembre : Immaculée Conception.
- 25 décembre : Noel.

La Semaine sainte

Pendant la Semaine sainte, qui s'étale du dimanche des Rameaux à Pâques, les grandes villes andalouses sont envahies par les touristes, eux-mêmes noyés dans la foule espagnole. La tradition veut que les grands moments de la Passion du Christ y soient donnés en spectacle, dans une ambiance où pénitence et dévotion se le disputent au plaisir de la mise en scène. On ne sait plus très bien si l'on est venu pour se repentir ou si seul le plaisir de voir défiler les pasos surchargés et d'admirer les costumes insolites nous a attirés là. La Semaine sainte est-elle une fête de la piété ou permet-elle seulement aux Espagnols d'honorer leur foi en la fête ? Les mécréants y verront une parade digne d'un carnaval, occasion rêvée de jouer les reporters, tandis que ceux qui sont pénétrés de sentiments religieux ou mystiques seront d'abord sensibles à ce qui semble être une communion fervente et qui l'est peut-être bien.
Voyager d'une ville à l'autre tout au long de cette Semaine sainte est la meilleure façon de profiter de l'événement. L'ambiance est en effet très différente, surtout entre petites bourgades et grandes villes. Dans les premières, la procession n'a lieu que les jeudi et vendredi, alors que chaque jour connaît son lot de cortèges dans les secondes : Séville, Grenade (où musiques et costumes sont de très grande qualité), Malaga (qui donne volontiers dans le gigantisme) ou Cordoue (où l'on observe peut-être plus de gravité qu'ailleurs). Si vous préférez une ville moyenne, nous vous suggérons plus particulièrement Jaén ou Lorca (avec leur folklore spécifique), Ronda ou Úbeda. N'attendez surtout pas le dimanche de Pâques, car les célébrations y sont en général mineures.

La corrida

Rite barbare pour les uns, art sublime pour les autres… Le débat perdure ! À noter tout de même que Barcelone s'est illustrée en 2004 en tentant de devenir la première ville d'Espagne à interdire la corrida. Les temps changent!

Ce qu'il faut savoir

Les courses (corridas de toros) ont lieu pendant les jours de feria et lors d'autres fêtes, ainsi que tous les dimanches en saison dans les grandes villes. La plupart sont des novilladas où les taureaux (novillos) ont moins de 4 ans, où les novilleros n'ont pas reçu la consécration de l'alternative, où il n'y a pas souvent de picadors.

Les différentes phases de la corrida

- Le premier tercio : au cours de cette période, le matador torée avec la cape en de nombreuses figures (pases). Tout le travail que réalisera le matador n'aura un véritable sens que si le taureau s'est réellement révélé sous les piques. Un taureau ne pourra obtenir la grâce que s'il a pris les trois piques réglementaires. Le coup de pique doit être donné en haut du garrot, dans le morillo. Les matadores sont chargés de faire le quite, qui a pour but de laisser un peu de répit au taureau après la phase des piques.

- Le deuxième tercio : les banderilles : Ici, le matador (ou, le plus souvent, ses subalternes) va affronter la bête à corps découvert, avec dans les mains 2 bâtons, les 2 banderilles ornées de papier aux couleurs vives et au bout desquelles il y a un crochet. Il existe de nombreuses manières d'exécuter cette phase, tout étant fonction du taureau et de la position dans laquelle il se trouve.

- Le troisième tercio : la faena (le travail) : il s'agit de soumettre le taureau, tout en mettant en évidence son courage et sa force. C'est le moment le plus difficile à vivre pour l'ami des bêtes. Pendant le toreo de muleta, la muleta (une étoffe rouge repliée sur un bâton) doit aider le torero à tuer le taureau. Vient ensuite la mise à mort. Selon la façon dont l'épée est enfoncée dans le taureau, l'estocade porte un nom différent : il y a l'estocade profonde, courte, contraire (l'épée reste sur le côté gauche du taureau), etc.

- El arrastre : c'est la fin de la corrida. Des chevaux de trait traînent le cadavre du taureau hors de l'arène. Si le public est satisfait du travail du matador, il le manifeste à l'aide d'un mouchoir blanc. Si au contraire, il est mécontent, il y aura la bronca (chahut, cris, etc.).

Patios

Les maisons andalouses sont souvent construites autour d'une petite cour centrale non couverte, héritée des Romains. Les patios de Cordoue sont sans doute les plus beaux d'Andalousie : petits pavés mal ajustés au sol, beaux panneaux d'azulejos sur la partie basse des murs, grille en fer forgé élégamment travaillée à l'entrée.

Ventas

Immortalisé par les épopées de Don Quichotte, la venta est une maison située en pleine campagne au bord du camino real (équivalent des voies romaines en France) où les voyageurs de passage s'arrêtaient pour déjeuner ou dormir. Le coucher allait obligatoirement avec le couvert ou inversement. Les ventas sont encore présentes dans toute l'Andalousie et font partie d'une tradition oubliée. Elles ont souvent servi de repaires de bandits. On en trouve encore dans des endroits reculés, loin de toute station balnéaire. On y mange avec des couverts de cantine sur de vulgaires tables. Evitez d'y chercher du charme à tout prix. Mais quand tombe le soir et que les bougies jouent de leurs ombres dansantes sur les visages burinés, il y a toujours une guitare pour venir chanter le sort des venteros et de leurs clients.

Transports

L'avion

Iberia et Spanair sont les deux compagnies intérieures présentes en Espagne. Il existe de nombreuses liaisons entre les villes principales. En Andalousie, les aéroports principaux sont : Séville, Malaga et Grenade. Également des vols sur Valence.

Le train

Il n'y a pas de train direct depuis la France pour les villes d'Andalousie, mais la correspondance depuis Barcelone ou Madrid est facile et rapide.
Deux « trains-hôtels » franco-espagnols (Elipsos TrainHôtel), uniquement composés de voitures-lits, relient quotidiennement depuis Paris-Gare d'Austerlitz les gares de Madrid-Chamartin (Trainhôtel Francisco de Goya) et Barcelone-Sants (Trainhôtel Joan Miro). Ce sont les seuls trains directs depuis la France et ils changent l'écartement de leurs roues en deux temps trois mouvements.
Réservation obligatoire. La carte Inter-Rail est valable, mais il faut payer un supplément, en classe touriste. On ne peut quand même pas tout avoir, le grand luxe, le charme incommensurable des voyages en trains spéciaux et le prix abordable !
La carte Inter Rail est valable sur l'AVE (le TGV), et globalement acceptée partout sur le réseau des trains de banlieue. Sur le réseau des trains trains grandes lignes, elle est également valable (parfois avec un supplément). La réservation est obligatoire. Cependant, étant donné les réductions qu'accordent la RENFE et la FEVE, la formule n'est pas très intéressante pour l'Espagne.
Madrid, Cordoue et Séville sont accessibles pat TGV mais, comme en France, le tronçon de haute vitesse se limite à une partie du parcours. Sur place, tous les trains (banlieues comprises) sont climatisés.

- RENFE (Red Nacional de los Ferrocarriles de España) : dans la plupart des gares, en plus des guichets de vente normaux, on trouve un guichet de « Atencion al cliente ». C'est le service commercial de la compagnie auprès duquel vous pourrez obtenir toutes les informations utiles (avec ou sans couchettes, prix, départ, fréquences...).
Ils sont généralement très pros et peuvent même vous sortir un listing, histoire de comparer à tête reposée. Tél. : 902-24-02-02. Internet : www.renfe.es.
Bon à savoir, on a également la possibilité d'utiliser le Bono 10, une carte de 10 trajets valables sur tous les trains régionaux.
- FEVE (Ferrocarriles Espanoles de Vias Estrechas) : société à classe unique, elle est gérée par les provinces, et son réseau complète celui de la RENFE. Internet : www.feve.es.
Pour retirer ses billets en France : Iberia France : 57, rue de la chaussée d'Antin, 75009. Tél. : 01-40-82-63-64. N° Indigo pour la province : 0825-079-200. Fax : 01-40-82-95-00. M. : Chaussée-d'Antin. Représentant de la RENFE en France.

L'autobus

Un grand nombre de petites compagnies dessert les routes secondaires. Les bus coûtent à peu près aussi cher que les trains mais sont bien plus rapides et plus fréquents. C'est loin d'être la meilleure formule de transport.
En général, chaque compagnie dessert plus spécifiquement une province, mais les plus importantes, telle Alsa (Internet : www.alsa.es) ou Alsina Graells , desservent toute l'Andalousie, voire d'autres régions espagnoles.

La voiture

Pour la plupart, les stations-service acceptent les cartes de paiement traditionnelles, mais ce n'est pas systématique.
La limitation de vitesse sur autoroute est de 120 km/h. Les stops ne sont pas toujours matérialisés par une bande blanche au sol.
Dans l'ensemble, circulation difficile dans les villes (surtout à Grenade) : manque d'indications, sens uniques, secteurs piétons, et logique bizarre (pour nous) des Ponts et Chaussées locaux.

État des routes

Le réseau est bon, voire bien souvent excellent, d'innombrables autoroutes ayant été construites ces dernières années grâce aux subventions européennes. Les jours de pluie , il convient de redoubler de prudence, l'écoulement des eaux s'effectuant parfois assez mal. Conséquence : de gros risques d'aquaplaning.
Pour le Sud et l'Andalousie, il n'y a aucun secteur payant (excepté les tronçons Cadix-Séville et Malaga-Marbella) et les routes sont impeccables.

L'auto-stop

Pas facile de faire du stop en Espagne. En Andalousie, sur le littoral, la présence des touristes rend l'exercice moins ardu.

Vie pratique

Téléphone

Appels internationaux

- De l' Espagne vers la France : 00 + 33 puis le numéro de votre correspondant à 9 chiffres (c'est-à-dire le numéro à 10 chiffres sans le 0).
- De la France vers l' Espagne : 00 + 34 + numéro du correspondant à 9 chiffres.
- De l'Espagne vers la Belgique : 00 + 32 + numéro du correspondant à 8 chiffres.
- De la Belgique vers l'Espagne : 00 + 34 + numéro du correspondant à 9 chiffres.
- De la Belgique vers la Suisse : 00 + 41 + numéro du correspondant à 8 ou 9 chiffres.
- De la Suisse vers l' Espagne : 00 + 41 + numéro du correspondant à 9 chiffres.
- Appels intérieurs : on compose le numéro complet à 9 chiffres. Renseignements : 11-888.

Télécartes

On trouve partout des cabines téléphoniques à carte (tarjeta). On peut acheter les télécartes dans tous les kiosques à journaux. Deux tarifs : 6 et 12 €. À ce propos, Correos et Telefonica sont 2 entités bien distinctes. Inutile, donc, de chercher un téléphone public à la poste !

PCV

- Composer le 1008 (pour l'Europe et l'Afrique du Nord) ou le 1005 (pour d'autres pays).
- Vous pouvez composer le numéro direct pour la France : si vous appelez depuis un appareil Telefonica, tél. : 900-99-00-33 ; si c'est un Uni2, tél. : 900-990-24-42. On tombe alors sur France Télécom.
- En Belgique, la compagnie de téléphone Belgacom propose le service Belgique Direct. En composant le no Vert d'Espagne (tél. : 900-99-00-32), un opérateur belge vous répond et vous permet de demander une communication en PCV.

Internet

Dans les grandes villes andalouses, aucun problème pour se connecter, les centres Internet se multiplient, y compris sous forme de cybercafé. Les prix sont très raisonnables : entre 1 et 4 € euros de l'heure (plus généralement 2 €), voire plutôt 0,80 euros €dans les villes étudiantes comme Séville ou Grenade.
En revanche, dans les villages, les connexions sont plus problématiques. Même si, pour la plupart, les hôtels de luxe en disposent, la connexion est souvent à usage exclusif de leur clientèle.

Andalousie, les incontournables

Trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, l’Andalousie est une terre de brassage des hommes et des cultures. La fin de l’hiver est une période propice pour goûter en toute sérénité aux charmes de cette région chaleureuse et nonchalante. Vous en reviendrez ébloui !

Riche de son héritage culturel, Séville est une ville animée et agréable et vaut autant pour ses monuments que pour l’ambiance qui y règne. Vous ressentirez son atmosphère unique en flânant dans le Barrio de Santa Cruz. L’ancien quartier juif charme par son dédale de rues pittoresques, de patios fleuris et de places cachées.

La cathédrale, plus large édifice gothique jamais construit, vous réserve le premier choc architectural de votre voyage. Admirable par son gigantisme, elle l’est aussi par les œuvres d’art qu’elle abrite. Elle fut bâtie à l'emplacement d’une ancienne mosquée dont la Giralda témoigne encore fièrement. Ne manquez pas de monter en haut de ce minaret superbement sculpté et parmi les plus haut du monde (97,50 mètres), le panorama sur la ville est superbe !

Votre intérêt pour Séville ne fera que grandir lorsque vous irez visiter le Reales Alcázares, chef d’œuvre de l’architecture mudéjar. Lieu splendide et fascinant associé à la vie de plusieurs souverains, l’Alcazar est composé d’un ensemble de palais, patios et jardins luxuriants où se mêlent influence arabe, empreinte mauresque et style gothique.

Ville de tolérance, Cordoue conserve de son glorieux passé de capitale de l’Andalousie Omeyyade une atmosphère raffinée mêlée d’islam et de chrétienté.

La visite de la Mezquita restera sans doute l’un des grands moments de votre voyage. Ce joyau de l’art religieux d’une incroyable pureté est le monument islamique le plus grandiose d’Occident avec ses somptueuses rangées d'arcades rouge et blanche. Attendez-vous à être saisi lorsque vous pénétrerez la forêt de colonnes qui soutient le toit, l’effet visuel est époustouflant !

Cordoue est également réputée pour ses magnifiques patios débordants de fleurs. Pour les découvrir, il suffit de se perdre dans les ruelles étroites de la Juderia, l'ancien ghetto juif qui respire l’Orient avec ses maisons blanches et ses gracieuses places.

Construite au pied de la Sierra Nevada, la délicieuse Grenade vous plongera dans l’émerveillement avec la citadelle de l’Alhambra. Bâtie sur un promontoire rocheux, cette « ville dans la ville » abrite de vrais trésors comme le Palais Nasride au décor d’un indicible raffinement ou encore le Généralife, résidence d’été des souverains, et ses jardins où se conjuguent, de manière féerique, l’architecture et l’eau.

Enfin partez explorer le fascinant Albaicín où le temps n’a pas de prise. Le vieux quartier musulman a conservé son aspect de médina avec ses vieilles ruelles étroites et raides.

Le soir venu, montez jusqu’au mirador de San Nicolas qui offre un magnifique point de vue sur l’Alhambra rougeoyant au soleil couchant.

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