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Espagne
Il n'existe pas une Espagne, mais des Espagne.Diversité des paysages, des cultures, des langues (castillan, catalan, basque), des terroirs et des villes. L'Espagne s'offre à tous les goûts : laissons de côté les plages envahies l'été et la Costa del Sol bétonnée par les complexes hôteliers. Aventurons nous plutôt dans cette Espagne de l'intérieur, superbe et naturelle, prodigue en paysages saisissants, en monuments splendides, en modes de vie passionnants...
Pour cela, il suffit parfois de s'éloigner d'une dizaine de kilomètres des foules. Découvrir Salamanque, la petite Rome espagnole, ou Tolède la belle médiévale perchée sur son promontoire. Parcourir le rude plateau de Castille, de Ségovie à Leon, à la découverte de magnifiques cathédrales et d'extraordinaires musées. Goûter à la spécificité de l'âme catalane et à ses trésors artistiques, de Dali à Gaudi en passant par Tapiès et Miro. Prendre le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle pour admirer les beautés de la rurale Galice, aussi verdoyante que la terre des Basques, à laquelle ils sont tant attachés. Ou, enfin, un soir de fête à Séville, Madrid ou Barcelone, succomber à cet éclatant bonheur de vivre qui est la marque du pays tout entier.
Car, en Espagne, les nuits sont souvent plus intenses que les jours. Vous l'aurez compris, il faut partir à la rencontre de ses habitants, fréquenter ses bodegas et se régaler de sa cuisine. L'Espagne n'est pas seulement diverse, elle est inépuisable !
Carte d'identité
- Capitale : Madrid (près de 5,8 millions d'habitants pour la Communauté de Madrid).
- Principales villes d'Espagne : Barcelone, Valence, Séville, Saragosse, Malaga, Murcie …
- Régions (ou communautés autonomes) : Andalousie, Aragon, Asturies, Baléares, Canaries, Cantabrie, Castille et Léon, Castille-La Manche, Catalogne, Estrémadure, Galice, La Rioja, Madrid, Murcie, Navarre, Pays basque, Valence.
- Superficie : 505 955 km2.
- Monnaie : l'euro.
- Langues officielles : 1 langue nationale : l'espagnol (castellano) et 4 langues régionales : basque, catalan, galicien, valencien.
- Population : 43 millions d'habitants.
- P.I.B. : 900 milliards d'euros.
- Taux de chômage : 8,7 % environ en 2005.
- Inflation : 3,7 %.
- Régime : monarchie parlementaire.
- Nature de l'État : royaume. L'Espagne est divisée en 17 communautés autonomes.
- Chef de l'État : le roi Juan Carlos Ier de Bourbon, depuis 1975.
- Chef du gouvernement : José Luis Rodriguez Zapatero, depuis mars 2004.
Avant le départ
Adresses utiles
En France
- Office national espagnol du tourisme : 43, rue Decamps, 75116 Paris. Tél. : 01-45-03-82-50 et 08-36-68-90-54 (0,34 /mn). Fax : 01-45-03-82-51. Internet : www.spain.info. M. : Rue-de-la-Pompe. Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 17 h.
- Consulat d'Espagne : 165, bd Malesherbes,75017 Paris. Tél. : 01-44-29-40-00. Fax : 01-40-54-04-74. Internet : www.cgesparis.org. M. : Wagram ou Malesherbes. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 14 h 30 ; le samedi, jusqu'à midi. Autres consulats à Bayonne, Bordeaux, Lyon, Marseille, Montpellier, Pau, Perpignan, Starsbourg et Toulouse.
- Ambassade d'Espagne : 22, av. Marceau, 75008 Paris. Tél. : 01-44-43-18-00. Fax : 01-47-23-59-55. Internet : www.amb-espagne.fr. M. : Alma (Marceau). Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 13 h 15 et de 15 h à 18 h 15.
En Belgique
- Office du tourisme d'Espagne : rue Royale, 97, Bruxelles 1000. Tél. : 02-280-19-26. Fax : 02-230-21-47. Internet : www.tourspain.be.
- Consulat général d'Espagne : bd du Régent, 52, Bruxelles 1000. Tél. : 02-509-87-70. Fax : 02-509-87-84.
- Ambassade d'Espagne : rue de la Science, 19, Bruxelles 1040. Tél. : 02-230-03-40. Fax : 02-230-93-80.
En Suisse
- Office du tourisme d'Espagne : rue Ami-Lévrier, 15, 2e étage, 1201 Genève. Tél. : (022) 731-11-33. Fax : (022) 731-13-66. Internet : www.spain.info.
- Consulat général d'Espagne : rue Pestalozzi, 7, 1202, Genève. Tél. : (022) 734-46-05. Fax : (022) 734-38-69.
- Ambassade d'Espagne : Kalcheggweg 24, 3000 Berne 16. Tél. : (031) 350-52-52. Fax : (031) 350-52-55.
Au Canada
- Bureau du tourisme d'Espagne : 2 Bloor Street West, 14th floor, suite 3402, Toronto M4W-3E2 (Ontario). Tél. : (416) 961-31-31. Fax : (416) 961-19-92. Internet : www.tourspain.toronto.on.ca. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.
- Ambassade d'Espagne : 74 Stanley Avenue, Ottawa K1M-1P4 (Ontario). Tél. : (613) 747-22-52. Fax : (613) 744-12-24.
Formalité
Pour les ressortissants français, belges et suisses, la carte d'identité en cours de validité ou le passeport, suffisent pour entrer sur le territoire espagnol. Les ressortissants canadiens se verront demander leur passeport en cours de validité (pour les séjours touristiques de moins de 90 jours).
Carte internationale d'étudiant
Elle permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des réductions (transports, musées, logements...).
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.carteisic.com.
Carte (FUAJ) internationale des auberges de jeunesse
Cette carte, valable dans 81 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (Japon...).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.
Carte européenne d'assurance maladie
Pourse la procurer, il suffit d'appeler votre centre de Sécurité socialequi vous l'enverra sous 15 jours (possibilité de la commander parInternet sur le site www.ameli.fr ).Cette carte fonctionne avec tous les pays membres de l'Union Européenne, ainsi qu'en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse. De même format que la carte Vitale (mais bleue), elle est valable un an, gratuite et personnelle. Elle permet la prise en charge des soins de santé dans tous les pays d'Europe dans les mêmes conditions que les assurés du pays de séjour, mais n'est pas valable pour les soins délivrés dans les établissements privés.
Argent
Monnaie, banques, change
- Change : à titre d'information, 1 euro = 1,54 Fs = 1,62 $Ca. En Espagne, l'euro se décline euros au pluriel, et se divise en centimos.
- Les banques sont généralement ouvertes du lundi au vendredi de 10 h à 14 h. Les commissions de change sont sensiblement variables d'une banque à l'autre. D'une manière générale, s'abstenir de changer dans les banques situées en face des monuments et des sites touristiques.
- Dans la quasi-totalité des villes et des villages, on peut retirer de l'argent dans les distributeurs automatiques Telebanco (panonceau jaune et bleu), Servi Red (noir avec des flèches de couleur), Argentaria, Caja España... avec les cartes MasterCard, Visa et Maestro.
Budget
Les prix ont bien augmenté en Espagne d'une manière générale. Mais qu'on se rassure, il est encore possible de trouver sur l'ensemble de la péninsule des logements aux alentours de 25 , notamment dans les grandes villes. Néanmoins, force est de constater qu'elles ne sont plus légion. En outre, les notions de haute et basse saison sont importantes et il vous faudra en tenir compte.
Concernant les hôtels et les restos, attention, bien demander si la taxe sur la valeur ajoutée (I.V.A.) est incluse ou non. C'est rarement le cas et il faut compter 7 % en sus. Dans une petite pension, si vous payez en espèces (en efectivo) et avec un minimum de « tchatche espagnole », vous pouvez prétendre à une ristourne.
Hébergement
Fourchette de prix pour une chambre double sans le petit déjeuner, à l'exception de la catégorie " Très bon marché ".
- Très bon marché : moins de 15 euros, souvent avec douche dans le couloir.
- Bon marché : de 15 à 30 euros (15 à 35 euros dans certaines villes).
- Prix moyens : de 30 à 60 euros (35 à 75 euros dans certaines villes).
- Chic : de 60 à 90 euros
- Plus chic : plus de 90 euros .
- Très chic : plus de 120 euros
Nourriture
On peut évidemment manger à tous les prix un peu partout. Cela dit, on ne mange plus correctement pour moins de 7 euros . Avec les tapas, on peut s'en sortir honorablement, si l'on est pas gourmand. Le pain est généralement facturé, de même pour la carafe d'eau.
- Très bon marché : moins de 7 euros
- Bon marché : de 7 à 15 euros
- Prix moyens : de 15 à 25 euros
- Plus chic : plus de 25 euros
Visites
Pour les visites, prévoir un budget à part dans les régions culturelles (comme la Castille) car les églises sont presque toujours payantes et les plus visitées sont relativement chères.
Achats
Les magasins ferment pour la pause du milieu de journée vers 13 h 30, pour rouvrir à 17 h.
L'époque est révolue où l'on pouvait acheter des tas de choses pour une bouchée de pain... O tempora, o mores... L'Espagne, grâce à son intégration dans l'UE, a connu un développement économique important, et son niveau de vie se rapproche de celui de la France ou de la Belgique. Il reste cependant des articles à des prix intéressants. Les chaussures, les articles en peau, les tissus de soie offrent un bon rapport qualité-prix. Les grandes marques de prêt à porter ont le vent en poupe, notamment Zara ou Mango : les prix sont moins élevés qu'en France (surtout en période de soldes - rebajas) et il y a du choix. Enfin, les productions régionales, les céramiques entre autres, méritent plus qu'un simple coup d'œil.
Il y a de belles antiquités à Madrid avec des marchés aux puces sympas. Ne pas manquer non plus les dentelles de Camarinas, le vin et le cidre pour les épicuriens. En Catalogne, les fameuses espadrilles lacées, les ustensiles nécessaires à la préparation de la crème catalane ou du turron sont des souvenirs sympas et originaux à rapporter.
Cuisine et boissons
Cuisine
Attention : à l'exception de certaines stations balnéaires, les horaires des repas sont différents de ceux pratiqués en France. Le petit déjeuner se prend de 8 h à 11 h ; le déjeuner, de 13 h 30 à 16 h ; et le dîner, de 21 h à 23 h (il fait moins chaud). Il faut toujours ajouter à la note une taxe (I.V.A.) qui va de 7 % (normale) à 12 % dans certains restos chic.
Histoire de s'y retrouver dans la riche variété es établissements espagnols, voici quelques bases.
Parmi les bars, plusieurs variétés :
- Tasca : bar dédié aux tapas ; on y mange accoudé au comptoir.
- Cerveceria : bar à bière.
- Bodega : cave à vin.
- Taberna : taverne.
Parmi les restaurants, on distingue également :
- Meson : resto fonctionnant sous la même enseigne qu'un bar mitoyen, normalement assez bon marché et préparant une cuisine typique.
- Comedor : salle à manger dans un établissement hôtelier ou dans un bar. Un peu le même principe que le meson.
- Marisqueria : restaurant de poisson.
- Restaurante : on trouve de tout dans cette dénomination, du plus simple au plus chic et gastronomique. Plus c'est cher, moins il y a de chances de trouver un comptoir à tapas.
- Les restaurants des paradores : considérés à juste titre comme des établissements de luxe pour l'hôtellerie, ils s'avèrent parfois abordables en ce qui concerne la table. Cuisine superbe la plupart du temps. On y propose toujours un menu comprenant une spécialité locale bien préparée.
Spécialités culinaires nationales
- La paella : fond de riz cuit dans l'huile en même temps que le poulet, porc maigre avec jambon, langoustines, petits pois, ail, oignons, épices et safran. Quand elle n'est pas chère et rapidement servie, c'est en fait un « riz accommodé »(arroz) qui n'a que peu de choses à voir avec la vraie « paella » qu'il vaut mieux commander.
- Le gaspacho : soupe froide de légumes crus (tomates, poivrons, oignons, concombres, ail, huile d'olive, vinaigre et pain dur).
- La tortilla : omelette servie froide ou chaude, le plus souvent avec pommes de terre (patatas), voire aux fines herbes, aux queues d'écrevisses, au chorizo ou encore avec tomates, lardons, petits pois, etc.
- Le cocido (pot-au-feu) : plat de résistance servi partout avec des variantes.
- Côté douceurs, les churros, ces bâtons de pâte à crêpes frits, et les bunuelos (gros churros) sont probablement les meilleures pâtisseries de la péninsule. Autres délices, le plus souvent à base de lait et d'oeufs, la leche frita , sorte de béchamel sucrée et épaisse, refroidie puis coupée en gros carrés frits dans l'huile, puis saupoudrés de sucre, le tocino del cielo (gâteau aux cheveux d'ange), les natillas , crème anglaise épaisse et parfumée à la cannelle ou au citron, l' arroz con leche (riz au lait), les torrijas , l'équivalent de notre pain perdu...
- Les tapas : si c'est la première fois que vous débarquez en Espagne, vous vous demanderez probablement pourquoi le soir, quel que soit le jour, les bars sont bondés. Tout simplement parce que les Espagnols ont l'habitude de téléphoner à leurs potes pour « aller de tapas en tapas »(ir de tapeo). On mange debout en s'essuyant le coin du bec avec les serviettes en papier cigarette, c'est souvent plus économique et moins formel qu'un restaurant. Rappelons que ces infernales gourmandises appelées tapas ont vite dépassé le stade des simples amuse-gueules pour devenir de véritables échantillons de dégustation. Les prix sont habituellement indiqués au-dessus du comptoir, ça permet de ne pas dépasser son budget.
Boissons
- La boisson la plus rafraîchissante qu'on trouve partout en été, c'est la horchata fabriquée avec le suc des racines et des tiges de la chufa.
- La bière (cerveza) : attention, dans un bar, demander una cerveza veut dire que l'on va vous servir une bière en bouteille. En revanche, beaucoup plus délectable est la bière à la pression, qui se dit una cana. Si vous avez très soif, demandez un tubo (pression aussi,mais version 50 cl). Un panaché se dit una clara.
- Le vin : chaque région produit de bons vins , connus ou moins connus. Parmi les plus réputés, ceux de la Rioja en Espagne du Centre ; le vin de Malaga en Andalousie ; le Rias Baixas en Galice…
- Le vermuth al grifo : il s'agit de vin cuit macéré avec des herbes et livré dans des petits fûts avec de l'eau gazeuse. On le tire un peu comme de la bière à la pression. C'est léger, rafraîchissant, mousseux et ça n'a rien à voir avec les vermouths en bouteille.
- Le Xérè , très courant, est servi dans tous les bars espagnols.
- Le cidre (sidra) : peu alcoolisé, il est servi de façon assez spectaculaire dans les Asturies, un peu comme le thé à la menthe.
- Granizado de limon : jus de citron, sucre et glace pilée. Rafraîchissant et requinquant par ces chaleurs.
Les bars
On y trouve de quoi boire et fréquemment aussi de quoi manger sur le pouce. On peut rarement s'y asseoir. Pour manger dans les bars, il faut savoir que bocadillo signifie sandwich, sandwitch (en espagnol) signifiant toast ou croque-monsieur, et que tostada signifie tartine grillée.
Dernier détail : si vous demandez un café(idem pour le déca), on vous le servira généralement avec du lait. Si vous n'en voulez pas, précisez avant : cafe solo ou sin leche.
Culture
Littérature
Les premières œuvres de la littérature espagnole sont écrites en dialecte mozarabe : ce sont des chansons lyriques intégrées à des poèmes en hébreu ou en arabe, composées au XIe siècle. La plupart des chansons lyriques et des ballades écrites entre le XIIe et le début du XVe siècle sont, quant à elles, rédigées en galico-portugais sur le modèle des poèmes de troubadours. La première œuvre marquante est le Poème du Cid , au XIIe siècle, qui met en scène Rodrigo Díaz de Vivar. Cette épopée relate l'exil injuste du Cid puis son retour triomphal en Castille.
La littérature en castillan
Le castillan devient une langue littéraire au XIIIe siècle avec la traduction de l'Ancien Testament et la rédaction du premier code juridique moderne (Siete Partidas). Le premier roman espagnol le Chevalier Cifar – œuvre anonyme de la première moitié du XIVe siècle–, constitue le premier roman de chevalerie et annonce le récit picaresque. L'influence de la poésie italienne commence se fait sentir dès le XVe siècle. Ce sont les serranillas d'Íñigo López de Mendoza, marquis de Santillana qui remportent le plus grand succès. Ces chansons simples, populaires et champêtres racontent les rencontres de chevaliers raffinés et d'humbles bergères.
La Renaissance espagnole
La Renaissance humaniste qui s'épanouit en France et en Italie ne connaît pas le même succès en Espagne, où l'Église et la tradition médiévale conservent leur puissance.
En 1499 paraît la Tragicomedia de Calisto y Melibea (1499), plus connue sous le nom de son personnage principal, la Célestine, une œuvre majeure de Fernando de Rojas qui mêle motifs médiévaux et éléments littéraires réalistes, propres à la Renaissance.
De son côté, le poète Garcilaso de la Vega s'inspire de la poésie italienne renaissante pour créer un univers imaginaire exaltant le pouvoir de l'amour et de la beauté, dans la lignée pétrarquiste. Au XVIe, la littérature mystique demeure très vivante en Espagne, avec des grands textes comme Le Château intérieur, ou Livre des demeures (1588), de Sainte Thérèse d'Ávila, qui décrit de façon familière mais passionnée ses expériences mystiques : des textes vibrants et émouvants qui ont su traverser les siècles.
Le roman picaresque et Don Quichotte
Au XVIe siècle apparaît un genre nouveau, le roman picaresque, qui exerce une influence immense sur la littérature européenne. Il suit les aventures du picaro (sorte de vagabond aventurier), qui servent de prétexte à un tableau réaliste et critique de la société. La Vie de Lazarillo de Tormes (1554), œuvre satirique parfois attribuée à Diego Hurtado de Mendoza, constitue le chef-d'œuvre du genre.
Le roman espagnol atteint toutefois son apogée au XVIIe siècle, avec l'œuvre de Miguel de Cervantès Don Quichotte de la Manche (1605-1615), que la critique contemporaine qualifie de premier roman moderne. Don Quichotte, « rendu fou » par la lecture d'innombrables romans de chevalerie, tente d'appliquer au monde réel ses croyances idéalistes et de les transmettre à son prosaïque compagnon Sancho Pança. Un subtil dosage de réalisme et d'idéalisme, d'art du conte et de critique sociale, fourmillant d'idées d'écriture.
Les grands dramaturges espagnols
Le XVIIe siècle est considéré comme l'âge d'or du théâtre espagnol : Lope de Vega, Tirso de Molina, Ruiz de Alarcón et Calderón de la Barca.
Lope de Vega, bouleverse les règles de la dramaturgie à travers les quelque 1 800 comedias, les 400 autos sacramentales. Il établit la forme de la « tragi-comédie » dans son Arte de hacer comedias, qui influencera Molière et Corneille : trois actes, unité de lieu et de temps, double interprétation, des mêmes événements. Dans le Trompeur de Séville (1630), Tirso de Molina introduit le personnage de Don Juan, un archétype qui aura une grande influence sur la culture européenne. Calderon, le grand dramaturge baroque, est célèbre pour La vie est un songe (1635), une méditation, au style rutilant, sur le libre arbitre et la destinée.
De l'âge baroque au XIXe siècle
Au XVIIe siècle, la littérature baroque se fonde sur l'abstraction et sur l'artifice dans le langage. Ses principaux représentants sont Luis de Góngora, qui donne son nom au baroque espagnol (« gongorisme »), Francisco Gómez de Quevedo, et Baltasar Gracián.
Au XIXe siècle, l'Espagne apporte sa contribution aux mouvements que l'on retrouve dans la poésie, le théâtre et le roman européens au cours du XIXe siècle : le romantisme avec Ángel de Saavedra, duc de Rivas, et José Zorilla ; le réalisme avec Pedro Antonio de Alarcón, Juan Valera ou Benito Pérez Galdós, sorte de Balzac ibère, qui a écrit près de quatre-vingts romans traitant de l'histoire et de la société espagnoles.
Le XXe siècle
Au début du XXe siècle, le courant moderniste, avec « la génération de 98 », se propose de rénover l'écriture, avec un esthétisme subtil et une glorification des valeurs nationales. Dans les Champs de Castille, en 1912, Antonio Machado chante les valeurs universelles liées à sa terre natale. Juan Ramón Jiménez, dans Platero et Moi (1914), signe une poésie panthéiste délicate et abstraite qui lui vaut le prix Nobel en 1956.
La « génération de 1927 » laisse son empreinte sur la littérature espagnole et universelle, avec notamment son chef de file Federico García Lorca, qui ouvre la poésie à de nouvelles influences, comme la culture populaire. Dans son exceptionnelle trilogie théâtrale (Noces de sang, 1933; Yerma, 1934; la Maison de Bernarda Alba, 1936), García Lorca traite de passions fondamentales pour la culture espagnole comme la virginité, la maternité ou la mort. Jacinto Benavente, autre grand dramaturge, libère le théâtre et se moque avec ironie et élégance de la société espagnole dans des pièces satiriques telles que les Intérêts d'autrui qu'il est bon de servir (1927). Il obtient le prix Nobel en 1922.
Le franquisme voit s'exiler de nombreux auteurs, notamment le dramaturge Fernando Arrabal, et les romanciers Ramón Sender, Ramón Pérez de Ayala ou Juan Goytisolo (Deuil au paradis ; Royaumes déchiré). Parmi les nombreux auteurs de la littérature espagnole contemporaine, en plein foisonnement, citons Camilo José Cela, prix Nobel de littérature en 1989 auteur de la Famille de Pascal Duarte (1942) et La Ruche (1951). Cela est le père du réalisme appelétremendismo, qui met en scène des antihéros plongés dans des univers sordides. Plus récemment, Manuel Vázquez Montalbán s'est imposé parmi les romanciers les plus populaires de l'Espagne post-franquiste, grâce à ses récits policiers, qui ont pour héros le détective privé « anar » Pepe Carvalho.
Cinéma
Si les premiers films espagnols sont pratiquement nés en même temps que le cinéma en 1895, c'est essentiellement à la fin des années 1920 que l'Espagne connaît une audience internationale avec deux films qui bouleversent le 7e Art : Un chien andalou et L'âge d'or de Luis Buñuel, chefs-d'œuvre du surréalisme. Buñuel, qui travaillera par la suite, au Mexique et en France, sera l'un des plus grands créateurs de cinéma du siècle, avec une œuvre tout entière sous le signe du surréalisme, de l'ironie et de la satire sociale.
La dictature franquiste, qui s'installe après la Guerre d'Espagne, met un frein à l'activité artistique de la péninsule ibérique. La censure contrôle de près les scénarios et l'Église encourage les films historiques animés de l'esprit de « croisade » idéologique, glorifiant la Castille éternelle et folklorique. Le meilleur exemple de ce cinéma est Marcelino, pain et vin (1955) de Ladislao Vajda, qui connaît un grand succès populaire.
Un auteur s'affirme pourtant dans les années 1960 et 1970 : Carlos Saura, dont l'œuvre développe une vision allégorique de la société espagnole. Sous couvert de fables, ses films, notamment Ana et les loups (1972), Cria Cuervos (1975), primé à Cannes et Elisa, mon amour (1977), sont des critiques très virulentes de l'Eglise, du machisme et de l'armée, piliers du régime franquiste.
A la mort de Franco, un vent de liberté souffle sur la société et la culture espagnole : c'est la « movida » (mouvance) madrilène des années 1980, dont Pedro Almodovar est le chef de file. Ce réalisateur iconoclaste met en scène tous les anciens tabous de l'Espagne franquiste: liberté de mœurs, homosexualité, drogue, portraits de femmes émancipées (la Loi du désir, 1986 ; Femmes au bord de la crise de nerfs, 1988 ; Attache-moi !, 1989 ; Talons aiguilles, 1991). Récompensé aux Oscars pour Tout sur ma mère et Parle avec elle, Almodovar compte aujourd'hui parmi les plus importants cinéastes du monde.
La période post-franquiste voit également apparaître d'autres auteurs importants, comme Víctor Erice (l'Esprit de la ruche), Bigas Luna (Jamon, Jamon) ou, plus récemment, Alejandro Amenabar (Ouvre les yeux, El mar adentro).
Le flamenco
Le flamenco est la musique traditionelle des gitans andalous. Riches de leurs pérégrinations en Asie et en Europe, ils créèrent le Cante jondo, c'est-à-dire la forme la plus puissante du flamenco. Un cri, une déchirure. Lentement, il gagna ses lettres de noblesse et imposa sa violence triste et son ardente mélancolie, notamment auprès des romantiques qui trouvèrent dans ce chant une résonance à leur spleen.
Depuis ce temps, le flamenco a emprunté mille chemins. Du style le plus épuré aux arrangements symphoniques des chansons d'El Camarón, le flamenco se décline sur toutes les gammes de la sensibilité gitane.
Médias
Presse
L'Espagnol lit peu mais lit proche. Les deux grands quotidiens nationaux El Mundo (380 000 exemplaires), de sensibilité libérale droitière, et El País (560 000 exemplaires), plus socialisant, n'atteignent ces chiffres de diffusion que grâce à leurs éditions régionales (15 pour le premier, 7 seulement pour le second). Dans les hôtels, les restaurants, les campings, les quotidiens régionaux se taillent la part du lion et, le plus souvent, on ne trouve qu'eux. Mais ils sont bien différents des grands titres de la presse régionale française. Les régionaux espagnols dépassent rarement les 200 000 exemplaires et ne s'intéressent guère qu'à l'actualité d'une ou deux provinces. D'où une foultitude de titres. Pour la plupart, ils traitent avec soin des nouvelles internationales (surtout européennes, en fait) et nationales, mais y ajoutent d'innombrables pages locales où fleurissent les faits divers. Pour le voyageur, ce peut être une aubaine : le moindre événement, le moindre concert, la moindre foire artisanale ou marché sympa sont signalés. Ajoutons les annonces publicitaires, les agendas culturels souvent très détaillés (ciné, théâtre, spectacles...), les pages télé, etc. Bref, une aubaine que cette presse locale, même si, il faut bien le dire, elle est encore plus conservatrice que la presse régionale française.
Côté magazines, la presse « people » caracole en tête derrière le vétéran ¡ Hola ! et ses 730 000 exemplaires. Les concurrents sont nombreux : Semana, Diez minutos et le petit dernier ¿ Que me dices ?
Télévision
Les Espagnols sont les champions cathodiques d'Europe. Dans les bars, les restos, les campings, il y a toujours une télé allumée, de préférence à fond. Mais la télé espagnole est simple : sports, séries, jeux, journaux télévisés, corridas et quelques films. Dans l'intervalle, des débats pour passer le temps.
Il y a cinq chaînes principales : TVE 1, TVE 2 et Antena 3, qui sont des télés d'État (la dernière avec des décrochages régionaux), Tele 5 (assez proche de notre M6) et Canal Plus. Également quelques chaînes locales assez peu regardées sauf au Pays basque.
Radio
Quant à la radio, c'est un peu le foutoir. Des centaines de mini-radios inondent la bande FM (plus de 30 pour la seule ville de Bilbao). Pour écouter de la musique locale (surtout en Andalousie), c'est l'aubaine, sauf en voiture car le cantaor au duende fabuleux se trouve soudain remplacé par un débat sur la culture des olives au détour d'une colline. Une valeur sûre : Radio Clasica.
Géographie et climat
Géographie
De la chaîne des Pyrénées à l'Andalousie, l'Espagne occupe les trois quarts de la péninsule Ibérique, qu'elle partage avec le Portugal. Les paysages très diversifiés vont du désert de l'Almeria, aux rias (fjords) des côtes galiciennes. Le pays est contrasté entre la forte urbanisation du littoral, et les campagnes du centre. Toute la partie centrale de la péninsule, Castille et Estrémadure, est occupée par le haut plateau de la Meseta. Deux plaines entourent ce plateau : au nord-est, la plaine de l'Ebre et au sud, celle du Guadalquivir. Au nord, la chaîne des Pyrénées forme une barrière montagneuse continue de l'Atlantique à la Méditerranée, prolongée par les monts cantabriques. Au sud, la cordillère Bétique qui comprend la Sierra Nevada, s'étend du détroit de Gibraltar au Cap de la Nao.
Climat
On peut diviser l'Espagne en trois zones climatiques : le nord océanique, le centre continental, et le sud méditerranéen. Du Pays basque à la Galice, la côte Atlantique connaît un climat pluvieux, notamment en automne. Les températures sont presque douces en hiver et la chaleur reste très supportable en été. Au centre du pays, le contraste entre les saisons est plus marqué, les hivers sont froids mais secs alors que la chaleur pousse de nombreux Madrilènes à s'exiler sur les côtes en été. Sur les côtes de la Méditerranée, l'hiver est doux et les températures caniculaires de l'été sont heureusement rafraîchies par la brise marine. Les quelques précipitations se concentrent à l'automne et au printemps.
Si vous souhaitez visiter l'ensemble de l'Espagne les meilleures périodes vont de mai à mi-juin et de septembre à mi-octobre.
Hébergement
Les auberges de jeunesse
Les auberges sont généralement bien tenues et l'accueil est, dans la majeure partie des cas, assuré par des étudiants. Bien sûr la carte traditionnelle de la FUAJ est valable. Les tarifs varient selon l'âge. À deux, cela revient souvent au même prix qu'une pension dans le centre-ville. De plus, il y a quelques inconvénients : situation excentrée dans les villes et heures de couvre-feu assez réglementées. La plupart des AJ proposent également des repas : petit déjeuner, demi-pension ou pension complète. Réserver pour juillet-août. Pour plus d'infos sur les AJ en Espagne, consulter le site www.reaj.com.
Les campings
Le camping sauvage est plus ou moins toléré, à condition de demander la permission au propriétaire du terrain.
Les campings espagnols sont en général bien équipés. Hélas, autour des grandes villes, leur implantation est souvent décevante. Plus que pour s'y reposer, les Espagnols viennent s'y divertir : piscines (souvent accessibles avec un supplément et rarement ouvertes hors saison), terrains de sports, supérette, discothèques, restaurants, etc. Souvent, en particulier le week-end, c'est très bruyant (c'est rien de le dire). Les campeurs disposent en effet, pour la plupart, d'une ou de deux TV et se couchent tard... Mais comme vous aurez appris à vivre la nuit, il n'y aura plus de problèmes !
Pour ce qui est des tarifs, ils sont affichés : soit à la parcelle (comprenant 1 tente et 1 voiture), et il faudra y ajouter le prix par personne ; soit élément par élément : tente, voiture, adultes, enfants...
Les hôtels
Les hôtels les moins chers sont les fondas (avec restaurant). Puis viennent les casas de huéspedes, les hospedajes, les pensiones . Également bon marché, les hostales et les residencias. Tous ces vocables regroupent un peu la même chose, c'est-à-dire une sorte de pension de famille. Ces établissements conviendront aux routards de la première heure, peu regardants sur le confort mais exigeants sur les prix. Ils sont rarement recommandés par les offices du tourisme car ils ne remplissent pas toujours les canons de salubrité. Vous pouvez essayer de négocier les prix. Sachez que dans la plupart des pensions, il y a un prix avec facture et un prix sans facture, avec ou sans la IVA (TVA espagnole), mais ce n'est pas très légal !
Enfin, les hotels, classés de 1 à 5 étoiles. Essayez d'arriver assez tôt pour être sûr d'avoir une chambre, et demandez à la visiter avant de déposer votre carte d'identité à la réception. Les prix, affichés à la réception et dans les chambres, peuvent varier selon les divisions de l'année touristique : haute, moyenne et basse saisons.
Pour les affamés du matin : dans les pensions espagnoles, c'est “ bed ” mais rarement “ breakfast ”... On vous conseille donc de repérer la veille un bar ou un café proposant des petits déj'. Sinon, les patrons de votre pension vous conseilleront peut-être un endroit.
Les paradores
Réseau important d'établissements hôteliers exceptionnels depuis 1929. Leur principale originalité réside dans le cadre qu'ils proposent : châteaux forts, manoirs, anciens palais, couvents, monastères superbement restaurés et aménagés. Service impeccable et personnel très qualifié.
Certains d'entre eux sont de construction récente, mais ils sont toujours situés dans des cadres uniques. Les prix sont relativement élevés. En moyenne, le prix d'une chambre double s'étend de 95 à 150 euros (petit déjeuner non-inclus, autour de 10 euros) selon la saison et le confort du parador. Le parador le plus cher d'Espagne est celui de Grenade, en Andalousie (environ 250 euros), en raison de son emplacement dans l'Alhambra. Pour ceux qui le peuvent, c'est toujours moins cher que les Relais & Châteaux auxquels on pourrait les comparer. En général, tous pratiquent des prix basse saison intéressants ou des prix week-end. Se renseigner auprès d'Iberrail France sur les autres réductions possibles : plus de 60 ans, séjour d'au moins 2 nuits, gratuit pour les enfants de moins de 2 ans, « livrets de 5 nuits », etc.
À défaut d'y dormir, on peut toujours s'y restaurer et profiter du cadre. Menus à prix raisonnables et cuisine surprenante de qualité. En été et pendant les week-ends, impératif de réserver. Idem pour les plus courus, comme à Grenade, pour lesquels il faut parfois s'y prendre 6 mois à l'avance.
- Site officiel des paradores : www.parador.es.
- Iberrail France : 57, rue de la Chaussée-d'Antin, 75009 Paris. Tél. : 01-40-82-63-64. Numéro indigo pour la province : Tél. : 0825-079-200. Fax : 01-40-82-95-00.
Santé et sécurité
Santé
Pour un séjour temporaire en Espagne, pensez à vous procurer la carte européenne d'assurance maladie. Il vous suffit d'appeler votre centre de Sécurité sociale (ou de vous connecter au site Internet de votre centre, encore plus rapide !) qui vous l'enverra sous une quinzaine de jours. Cette carte fonctionne avec tous les pays membres de l'Union européenne (y compris les 10 petits derniers). C'est une carte plastifiée bleue du même format que la carte Vitale. Attention, elle est valable un an et est personnelle (chaque membre de la famille doit avoir la sienne, y compris les enfants).
Dangers, enquiquinements
Comme tous les pays très touristiques, l'Espagne n'échappe pas à l'invasion de racketteurs en tout genre : pickpockets, voleurs de voitures... Désolé de vous rappeler que, même si vous êtes en vacances, vous ne devez pas plus relâcher votre attention que chez vous. Eh oui ! c'est bien dommage.
Par ailleurs, dans les hôtels mais aussi dans les bars, les restos et les taxis, il existe un livre de réclamation (el libro de quejas), visé par les agents de répression des fraudes de la mairie. En cas de litige, demandez ce document et le problème s'arrangera.
Sports et loisirs
Musées et sites
D'une façon générale, l'Espagne a le mérite de pratiquer des prix fort raisonnables en ce qui concerne l'accès aux nourritures culturelles.
Les sites majeurs sont tous payants et chers (entre 6 et 10 euros). Certains d'entre eux proposent l'entrée gratuite un jour par semaine. Ce jour-là, on conseille vivement d'arriver dès l'ouverture. Les musées plus mineurs sont payants mais abordables (entre 1,5 et 4 euros). Nombreux sont ceux qui proposent la gratuité aux membres de l'Union européenne (avoir son passeport ou sa carte d'identité). Les étudiants peuvent bénéficier de réductions, mais doivent présenter leur carte. En résumé, prix comparables aux prix français avec plus de musées gratuits. En revanche, les églises de renom (comme en Castille) sont payantes, ce qui est un comble !
Pour les horaires, on entre là dans un domaine particulièrement délicat. Toutes les indications sont contradictoires : il y a les horaires officiels de l'office du tourisme, les horaires indiqués sur les sites eux-mêmes, les prospectus... et la réalité. De plus, les jours fériés (les fêtes de fin d'année en particulier), les horaires sont restreints et encore plus incertains : dans les grandes villes, les offices de tourisme disposent alors en général d'une fiche récapitulant les horaires modifiés de tous les sites.
Les chemins vers Compostelle
Les pèlerins sont de plus en plus nombreux chaque année à visiter le lieu présumé du tombeau de l'apôtre Jacques, au Finistère galicien. Certains apportent à leur démarche une ferveur chrétienne. D'autres cherchent à tirer un juteux profit de cette foi ambulatoire. Mais il y a aussi tous ceux, les plus nombreux, pour lesquels ces itinéraires satisfont une quête spirituelle, une curiosité culturelle, un besoin de l'effort physique, mais aussi et surtout, un désir de rencontre de soi, des autres et de ses racines. Pas moins de 46 églises, 114 clochers, 488 autels, 36 confréries, dans une capitale de la Galice animée par près de 35 000 étudiants. Toute l'activité converge vers la cathédrale. Derrière l'autel principal, la foule fait la queue pour donner l'accolade au buste d'argent du saint vénéré
Les itinéraires
Il s'agit d'un véritable réseau européen qui converge vers Compostelle. En France, 4 chemins principaux partent de Paris, de Vézelay, du Puy et d'Arles. En Espagne, le Camino frances s'étire de Puente La Reina à Compostelle sur environ 690 km, en 29 étapes. L'itinéraire du Camino frances peut être parcouru à pied, à cheval, à vélo, comme en voiture pour un voyage à velléité culturelle. C'est à vous de choisir.
- À pied, vous en avez pour un bon mois en marchant tous les jours de 3 à 9 h suivant les étapes.
- En voiture, compter une bonne semaine avec les visites très nombreuses des monuments.
- Conseils : coupler les deux plaisirs en s'aérant par quelques étapes à pied.
Retrouvez tout ce qu'il faut savoir sur les Chemins de Saint-Jacques dans notre dossier pratique.
Traditions
Savoir-vivre et coutumes
- Horaires : attention, à l'exception de certaines stations balnéaires (forcées de s'adapter aux touristes étrangers), les horaires des repas sont plus tardifs que ceux pratiqués en France. Pour le déjeuner, de 13 h 30 à 16 h ; pour le dîner, de 21 h à 23 h (il fait moins chaud). Quant aux boîtes de nuit , certaines ne commencent à s'animer que vers 3 h du matin... Il faut avoir une santé de fer pour vivre ici ! Les magasins sont généralement ouverts du lundi au samedi de 9 h 30 ou 10 h à 13 h 30 ou 14 h et de 16 h 30 ou 17 h à 20 h ou 20 h 30. Ils respectent la sacro-sainte siesta ! En été, certains commerces restent même ouverts jusqu'à 22 h ou 23 h. Les grands magasins sont ouverts sans interruption à midi.
- Le pourboire n'est pas inclus dans la note : il n'est pas obligatoire, mais il est courtois de laisser quelque chose (environ 10 % de l'addition).
- Il est un rituel que l'on retrouve dans toute la péninsule Ibérique, celui du paseo (littéralement la promenade). Vers 19 h-20 h, avant le dîner, les Espagnols ont l'habitude de déambuler dans les rues de la ville, le long des promenades de bord de mer par exemple, en famille ou entre amis. L'élégance est de mise, chez les grands comme chez les petits. C'est un moment très convivial, souvent ponctué de retrouvailles : on croise un voisin, on dit bonjour à une cousine, « Et comment va Isabel ? », puis on finit par s'asseoir sur un banc pour regarder les autres passer... Un spectacle à ne pas manquer.
- Le tutoiement est presque toujours spontané, sauf si l'on s'adresse à une personnalité.
- Il y a peu de toilettes publiques , mais on peut plus facilement qu'en France utiliser les toilettes des cafés et restaurants.
Fêtes et jours férié
Ici, on ne dort pas ! Pour ceux qui sont venus chercher le soleil en Espagne, une surprise les attend : ce qui existe, c'est surtout la nuit. La vie nocturne espagnole est certainement l'une des plus développées d'Europe, voire du monde. La nuit, la rue appartient aux noctambules, qui fourmillent dans les quartiers les plus animés.
Toutes les excuses sont bonnes en Espagne pour organiser une fête. Bien sûr, tous les saints y passent mais aussi les escargots, les ânes, les récoltes, les taureaux ! Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les folies : on se fait courser par des taureaux aux San Fermines de Pampelune, on roue de coups un pauvre âne à Villanueva de la Vera (Caceres), on est submergé de tomates à Bunol (Valence), on se gave de couleurs au carnaval de Ténérife...
On a compté plus de 25 000 fêtes par an, soit une fête toutes les 20 minutes ! Et pour la plupart concentrées en été : il y a de quoi s'amuser !
L'origine de ces fêtes est avant tout religieuse. Un catholicisme très fort a récupéré toutes les fêtes païennes pour se faire accepter et, au contraire du protestantisme de l'Europe du Nord, est resté attaché à toutes les commémorations et à tous les vieux rites.
A l'arrivée, on peut distinguer plusieurs types de fêtes :
- les fêtes religieuses « classiques » : 15 août, Toussaint, Noël.
- les fêtes religieuses nationales : Epiphanie, semaine Sainte, fête de la saint-Jacques…
- les fêtes nationales laïques : 12 octobre et 1er mai.
- les fêtes patronales : elles se fêtent par paroisse et non par municipio.
- les romerias (ou pèlerinages) : souvent pendant les fêtes patronales. On se réunit autour de l'église ou du santuaire du saint patron pour un grand banquet avec danses et musique.
- les fêtes rurales : le Rapa das Bestas par exemple.
- les fêtes historiques comme à Baiona où l'on célèbre le retour d'Amérique de Martin Pinzon ou à Catoira où l'on organise un combat entre Vikings et Galiciens…
- les fêtes gastronomiques : fête de la lamproie à Arbo ou fête du haricot à Villaviciosa…
Pour éviter les gros désappointements, voici les principaux jours fériés dans toute l'Espagne :
- 1er janvier : Nouvel An.
- 6 janvier : Épiphanie.
- Jeudi saint (en 2006, le 13 avril ; férié dans toute les régions d'Espagne du Centre).
- Vendredi saint (en 2006, le 14 avril).
- 1er mai : fête du travail.
- 15 août : Assomption de la Vierge.
- 12 octobre : fête nationale d'Espagne.
- 1er novembre : Toussaint.
- 6 décembre : journée de la Constitution.
- 8 décembre : Immaculée Conception.
- 25 décembre : Noël.
La corrida
Ce qu'il faut savoir
Les courses (corridas de toros) ont lieu pendant les jours de feria et lors d'autres fêtes, ainsi que tous les dimanches en saison dans les grandes villes. La plupart sont des novilladas où les taureaux (novillos) ont moins de 4 ans, où les novilleros n'ont pas reçu la consécration de l'alternative, où il n'y a pas souvent de picadores.
Les différentes phases de la corrida
Le premier tercio : au cours de cette période, le matador torée avec la cape en de nombreuses figures (pases).
Tout le travail que réalisera le matador n'aura un véritable sens que si le taureau s'est réellement révélé sous les piques. Un taureau ne pourra obtenir la grâce que s'il a pris les trois piques réglementaires. Le coup de pique doit être donné en haut du garrot, dans le morillo. Les matadores sont chargés de faire le quite, qui a pour but de laisser un peu de répit au taureau après la phase des piques.
Le deuxième tercio : les banderilles
Ici le matador va affronter la bête à corps découvert, avec seulement dans les mains deux bâtons, les deux banderilles, ornés de papier aux couleurs vives et au bout desquels il y a un crochet.
Le troisième tercio : la faena (le travail)
Le toreo de muleta : la muleta (étoffe rouge repliée sur un bâton) doit aider le torero à tuer le taureau. La mise à mort : selon la façon dont l'épée est enfoncée dans le taureau, l'estocade porte un nom différent ; il y a l'estocade profonde, courte, contraire, etc. El descabello (la manière de mettre à mort) : on exécute cette suerte quand le taureau est blessé à mort, mais ne tombe pas. La pointe de l'épée est lancée dans les premières vertèbres cervicales, tuant instantanément le taureau.
El arrastre
C'est la fin de la corrida. Des chevaux de trait traînent le cadavre du taureau hors de l'arène. Si le public est satisfait du travail du matador, il le manifeste à l'aide d'un mouchoir blanc. Si au contraire, il est mécontent, il y aura la bronca (chahut, cris, etc.).
Transports
L'avion
Iberia et Spanair sont les deux compagnies intérieures présentes en Espagne. Nombreuses liaisons entre les villes principales
Dernière venue sur le marché, la low cost, Vueling, développe aussi les liaisons dans le pays.
Le train
Deux TrainHôtels franco-espagnols (Elipsos TrainHôtel), uniquement composés de voitures-lits, relient quotidiennement depuis Paris-Austerlitz les gares de Madrid-Chamartin (TrainHôtel Francisco de Goya) et Barcelone-Sants (TrainHôtel Joan Miro). Le premier prend des voyageurs en gares de Blois et Poitiers à destination de Vitoria, Burgos, Valladolid et Madrid ; le second en gares d'Orléans-Les Aubrais et Limoges à destination de Figeras, Gérone et Barcelone. Ce sont les seuls trains directs depuis la France et ils changent l'écartement de leurs roues en deux temps trois mouvements. Réservation obligatoire.
La carte Inter-Rail est valable sur les TrainHôtels, mais il faut payer un supplément, en classe touriste. On ne peut quand même pas tout avoir, le grand luxe, le charme incommensurable des voyages en trains spéciaux et le prix abordable ! Sur le réseau des trains de banlieue, la carte Inter-Rail est globalement acceptée partout. Sur le réseau des trains Grandes Lignes, la carte Inter-Rail est valable. La réservation est obligatoire.
Presque tous les trains sont maintenant climatisés, même les trains de banlieue (hormis les vieilles voitures).
- RENFE (Red Nacional de los Ferrocarriles de Espana) : dans la plupart des gares, en plus des guichets de vente normaux, on trouve un guichet de « atencion al cliente ». C'est le service commercial de la compagnie auprès duquel vous pourrez obtenir toutes les informations utiles (avec ou sans couchettes, prix, départ, fréquence...).
Ils sont généralement très pro et peuvent même vous sortir un listing, histoire de comparer à tête reposée. Internet: www.renfe.es.
Bon à savoir, sur certains trains régionaux, on a également la possibilité d'utiliser le Bono 10, une carte de 10 trajets valables sur tous les « trains régionaux »
- FEVE (Ferrocarriles Espanoles de Vias Estrechas) : société à classe unique, elle est gérée par les provinces, et son réseau complète celui de la RENFE. Internet : www.feve.es.
Routes
Le réseau est bon dans l'ensemble. À noter tout de même que les jours de pluie (oui, ça arrive), il convient de redoubler de prudence, même sur les autoroutes, l'écoulement des eaux s'effectuant parfois assez mal. Conséquence : de gros risques d'aquaplaning. Côté budget, les autoroutes sont plutôt moins chères qu'en France. Les autovias, qui correspondent à nos " voies express " (4 voies avec un terre-plein central), sont gratuites.
Les limitations de vitesse ne sont pas toujours les mêmes qu'en France et, malgré les apparences, le port de la ceinture est obligatoire. Les Espagnols conduisent un peu comme les Français (c'est-à-dire comme des dingues), mais ils nous ont tout de même semblé plus respectueux des autres et globalement moins hargneux et moins impatients : pas d'insultes, pas de coups d'avertisseur permanents...
L'autobus
Un excellent moyen de transport, sûr et économique. Les véhicules sont modernes et confortables. Comme c'est un mode de transport très populaire, les gares routières et les compagnies sont très bien organisées.
Aussi bien sur les axes majeurs que sur les routes secondaires où elles sont parfois les seules à proposer une liaison, les compagnies de bus peuvent être un bon recours pour ceux qui tiennent à économiser le plus possible sur leur transport ; le bus revient parfois plus de deux fois moins cher que le train (dans toutes les liaisons entre le Pays basque, Barcelone et Madrid, par exemple). Cependant, malgré des bus récents et tout confort (avec clim' et vidéo - uniquement les pires films des dix dernières années), le train reste un peu plus rapide (pas toujours) et plus confortable. N'hésitez pas à comparer.
La voiture
- Attention : depuis juillet 2004, sont obligatoires dans tous les véhicules (y compris étrangers) circulant en Espagne un gilet fluorescent (à conserver dans l'habitacle, à portée de main, et non dans le coffre), ainsi que 2 triangles de signalisation. Le gilet devra être utilisé par tout automobiliste amené à quitter son véhicule sur le bord d'une route, sous peine d'une amende de 90 . Ce type de gilet est désormais en vente dans la plupart des stations-service du pays.
- La plupart des stations-service acceptent les cartes de paiement traditionnelles (MasterCard, Visa, Dinners, American Express).
- La limitation de vitesse sur autoroute est de 120 km/h (et non 130 km/h comme chez nous). Important également : les stops ne sont pas toujours marqués par une bande blanche au sol.
- Parkings : choisissez de préférence des parkings gardés et, surtout, ne laissez rien traîner sur les sièges ou la plage arrière. Les bris de glace, même pour voler quelques livres, sont fréquents dans les voitures immatriculées à l'étranger. Voilà, on vous a averti. Une solution : laissez votre voiture ouverte pour ne pas retrouver vos vitres cassées. Mais évitez de le faire avec une voiture de location sauf si vous souhaitez avoir des problèmes d'assurance. Autre solution : laissez ostensiblement un journal espagnol ou encore mieux régional.
- Sur le bord des autoroutes, vous remarquerez sans doute d'énormes découpes métalliques noires en forme de taureau, de 13 m de hauteur. Ces panneaux publicitaires pour la marque de brandy « Osborne » devaient être retirés depuis que la publicité est interdite sur les bordures d'autoroutes. Mais un comité composé d'intellectuels, de politiques et d'artistes fit tellement de tapage, déclarant qu'on tuait là un véritable symbole national, que les autorités cédèrent en 1994. Ainsi subsistent quelques dizaines de vaillants taureaux aux attributs avantageux et aux cornes fièrement dressées, qui paissent impunément le long des autoroutes. Ouvrez l'œil !
La moto
C'est un moyen de transport génial pour visiter l'Espagne. Partout, on peut s'arrêter facilement et admirer les points de vue, surtout sur la côte. Faites attention quand même quand il pleut : les revêtements ne sont pas terribles. Ne roulez pas avec un sac à dos et portez toujours un casque, ça va de soi.
L'auto-stop
Pas facile de faire du stop en Espagne. Sur le littoral, la présence des touristes rend l'exercice plus aisé. Être pris par un autochtone s'avère plus difficile.
Vie pratique
Téléphone
Appels internationaux
- Espagne vers France : 00 + 33 puis le numéro de votre correspondant à 9 chiffres (c'est-à-dire le numéro à 10 chiffres sans le 0).
Pour téléphoner en PCV, faire le 1-008 (Europe et Afrique du Nord) ou le 1-005 (autres pays). On peut aussi passer par le service direct (servicio directo pais) : pour la France, faire le 900-99-00-33.
- France vers Espagne : 00 + 34 + numéro du correspondant à 9 chiffres.
- Tarifs des communications téléphoniques : 0,23 euros/mn en tarif normal (du lundi au vendredi de 8 h à 19 h) ; 0,12 euros/mn en tarif réduit (le reste du temps).
- Renseignements internationaux pour l'Espagne : 32-12 (depuis la France).
- Espagne vers Belgique : 00 + 32 + numéro du correspondant à 8 chiffres.
- Belgique vers Espagne : 00 + 34 + numéro du correspondant à 9 chiffres.
Appels intérieurs
Pour les appels locaux (par exemple, de Madrid à Madrid) et nationaux (par exemple, de Madrid à Saragosse), on compose le numéro complet à 9 chiffres.
Renseignements : 11-888.
Autres informations utiles
- On trouve partout des cabines à carte (tarjeta) dans un bon nombre de villes. Les cartes s'achètent dans tous les kiosques à journaux. Deux tarifs : 6 et 12
- Pour effectuer un appel en PCV vers la métropole ou vers les DOM, composer le numéro de France Direct ( Tel: 900-99-00-33). La communication sera alors facturée à votre correspondant.
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