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Cap-Vert
Bien sûr, il y a Cesaria, la femme du port de Mindelo, devenue « diva aux pieds nus », qui a, de sa voix chaude, révélé au monde les beautés de son archipel atlantique. Au large des côtes sénégalaises, le « Petit Pays », indépendant depuis 1975, conserve l'empreinte très forte des traditions portugaises. Au carrefour de l'Europe, de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, on y retrouve les influences mêlées des trois continents et un métissage racial et culturel d'une grande richesse. Étape incontournable pour les navigateurs à la voile avant la traversée vers les Antilles ou le Brésil, chaque île est un voyage en soi, de plages désertes en volcans et de cités coloniales en vallées luxuriantes. Neuf d'entre elles sont habitées. Des charmes subtils qui séduisent tout autant les amateurs de farniente que les randonneurs ou les amoureux de la pêche et de la plongée. Mais n'y cherchez pas les clichés paradisiaques surfaits. Même si les gros complexes commencent à envahir les plages, on trouve encore au Cap-Vert des morceaux de bout du monde, une nature à la beauté sauvage, rude parfois, et surtout la gentillesse des insulaires. Malgré la faiblesse des infrastructures, les tarifs pratiqués sont plus proches de l'Europe que de l'Afrique, et il faut savoir prendre son temps pour relier les îles. Les bateaux passent quand ils passent; quant à la compagnie aérienne nationale, la TACV, les Capverdiens la surnomment avec une affectueuse ironie : Transporte Atraso de Cabo Verde (transports en retard du Cap-Vert). Tel est le prix de l'authenticité !
Carte d'identité
- Situation géographique : les dix îles et quelques îlots qui forment la République du Cap-Vert sont situées au large des côtes nord-sénégalaises, entre 570 et 880 km de distance selon les îles.
- Superficie : 4 033 km².
- Capitale : Praia, sur l'île de Santiago.
- Population : 405 000 habitants
- Monnaie : l'escudo capverdien.
- Langues : portugais (officielle), créole (nationale).
- Régime : démocratie parlementaire.
- Chef de l'État : Pedro Verona Rodrigues Pires depuis 2001 (réélu en 2006).
- Économie : les principales ressources du Cap-Vert proviennent de la pêche et à un degré moindre de la culture des sols avec des plantations de café, de banane, de canne à sucre, de mais... Les exportations sont assez faibles et concernent, pour la plupart, les produits de la mer : conserves de thon, poissons congelés, langoustes. Des fabriques de textile et de chaussures ont été créées ces dernières années. Le secteur des transports reste le plus actif avec les compagnies aériennes et maritimes. L'avenir économique de l'archipel dépend pour beaucoup des stratégies de développement touristique.
Avant le départ
Adresses utiles
En France
- Ambassade et consulat du Cap-Vert : 3, rue Rigry, 75008 Paris. Tél. : 01-42-12-73-50. Fax : 01-40-53-04-36. M. : Saint-Augustin. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 13 h.
- Consulat du Cap Vert : 43, rue Hérold, 06000, Nice. Tél. : 04-93-82-53-92.
En Belgique
- Ambassade et consulat du Cap-Vert : 29, Avenue Jeanne , 1050 Bruxelles. Tél. : 02- 643-62-70. Fax : 02-646-33-85. E-mail : emb.caboverde@skynet.be.
En Suisse
- Consulat honoraire du Cap-Vert :avnue Blanc 47 , 1202 Genève. Tél. : 022-731-33-36. Fax : 022-731-35-40. Ouvert le mercredi et vendredi de 14 h à 18 h.
Formalité
Visa obligatoire à obtenir auprès du consulat pour 28 euros, avec passeport valable six mois après la date de retour et une photo d'identité. Compter 48 h de délai, une semaine par correspondance.
Vaccinations
Aucun vaccin n'est obligatoire, sauf celui contre la fièvre jaune pour les voyageurs transitant par Dakar.
Argent
Monnaie, banques, change
- L'unité monétaire est l' escudo capverdien (CVE). 1 euro = 110 CVE. Il ne peut être changé que sur place.
- Bureau de change ouvert 24 h/24 à l'aéroport international de Sal.
- On trouve des banques sur chaque île (mais presque exclusivement dans les villes principales) ouvertes du lundi au vendredi de 9 h à 15 h et quelques guichets automatiques acceptant la carte Visa internationale utilisables 24 h/24 à Praia et Mindelo. La vie étant assez chère et l'utilisation des cartes bancaires encore restreinte, mieux vaut se munir de suffisamment de liquidité. Sinon, se munir de travellers chèques. Préférez les grosses coupures, car certaines banques appliquent des frais selon le nombre de chèques.
Budget
Le Cap-Vert est étonnamment cher pour les prestations proposées, en raison des difficultés d'approvisionnement sur les îles.
Hébergement
- Prix modérés : petits hôtels et pensions chez l'habitant entre 2 000 et 3 000 CVE (autour de 25 euros) pour une chambre double (un peu moins cher à Santo Antao).
- Prix moyens : de 4 000 à 6 000 CVE, la chambre double avec salle de bains privée (entre 40 et 60 euros).
- Plus chic : compter 100 à 150 la nuit pour un hôtel de classe internationale.
Nourriture
Du petit restaurant familial servant la « cachupa » au restaurant de poissons et fruits de mer, la fourchette de prix s'étend de 500 à 4 000 CVE pour un repas avec langouste (entre 5 et 40 euros).
Culture
Musique
C'est incontestablement la plus grande richesse du Cap-Vert. Chanter est pour les Capverdiens une seconde nature.
Les morceaux les plus connus (ceux interprétés par Cesaria Evora, Bana ou Tito Paris) sont des mornas, ballades langoureuses exprimant la saudade, cette nostalgie qui rapproche les peuples lusophones. Elles rappellent d'ailleurs le fado portugais ou le tango argentin.
La coladeira est proche de la morna, mais d'un rythme plus enjoué, plus proche de la musique brésilienne.
Le batuque et le finaçon sont les rythmes les plus africains de l'archipel, originaires de l'île de Santiago. Il s'agit de chœurs de femmes utilisant des pagnes enveloppés dans du plastique et serrés entre leurs cuisses comme percussions. Dans le finaçon, les paroles sont improvisées. Nacia Gomi en est la plus grande représentante.
Le funana, également de Santiago, est la musique de la revendication, interdite sous l'occupation portugaise et très populaire chez les jeunes aujourd'hui. Le funana se distingue par l'utilisation d'un petit accordéon (la gaïta) et d'un morceau de fer (le ferrinho). Ferro Gaita est le groupe le plus en vogue.
On trouve encore d'autres styles musicaux comme la tabanka (musique de défilé) et la batucadeira (musique de carnaval).
Parmi les musiciens capverdiens à découvrir : Bau, le virtuose des cordes (guitare, violon et cavaquinho), Luis Morais, le saxophoniste du groupe Voz de Cabo Verde décédé en 2003, et pour les plus modernes, Simentera, Boy Gé Mendes, Projecto Ayan, Cordas do Sol et Mayra Curado Andrade, la nouvelle voix d'or du Cap-vert.
Festivals
Plusieurs festivals de musique se déroulent chaque année sur l'archipel. Les plus importants sont le Baia das Gatas (São Vicente, deuxième quinzaine d'août), Gamboa (Santiago, 3e week-end de mai) et Santa Maria (Sal, septembre) mais chaque île organise son festival avec des concerts qui se déroulent dans les polyvalentes, salles de spectacle et de sport à ciel ouvert.
Peinture
Les plus grands peintres du Cap-Vert sont nés ou vivent à Mindelo, ville promue capitale culturelle de la lusophonie. Les plus connus sont Tchalé et Manuel Figueira. Leur atelier situé sur le front de mer, face à la Tour de Belem, est devenue une institution, mais est de plus en difficile à visiter car les artistes sont rarement présents. Avec Bela Duarte, Luisa Queiros, Leao Lopes et quelques autres comme Joãn Fortes, ces plasticiens développent chacun leur propre style avec, comme armature commune, le foisonnement des couleurs et les tendances figuratives.
Leurs œuvres sont visibles dans les centres culturels et au Café Lisboa à Mindelo. En plusieurs endroits de la ville, on trouve aussi des fresques et sculptures de Ro et Nild, deux artistes dont l'atelier se situe dans le quartier de Bela Vista.
Littérature
En 1936, quelques intellectuels, dont les poètes Jorge Barbosa, Manuel Lopes et Baltasar Lopes fondent Claridade, une revue d'arts et lettres. Inspiré par des auteurs tels que le Brésilien Jorge Amado, ce mouvement tente de mettre en place l'expression de l'identité capverdienne après des années de littérature portugaise. Mais il faudra attendre les années 1950 pour que les auteurs établissent véritablement la filiation africaine de l'identité capverdienne. Les écrits d'Amilcar Cabral, artisan de la libération, sont à ce titre essentiel.
Eugenio Tavares, poète du XIXe siècle, reste l'un des auteurs les plus connus, compositeurs de nombreuses mornas, à l'égal de Manuel de Nova. Plusieurs auteurs capverdiens sont traduits en français, comme Teixeira da Souza, Baltasar Lopes et Germano Almeida dont Le Testament de M. Nopomuceno a été porté à l'écran.
À lire aussi le très beau Cap-Vert, notes atlantiques de Jean-Yves Loude et la biographie de Cesaria Evora par Véronique Mortaigne.
Cinéma et théâtre
Depuis 1999, il existe un festival, les Rencontres internationales de cinéma au Cap-Vert. Leao Lopes, ancien ministre de la Culture, est le réalisateur d'un premier long-métrage capverdien. Enfin, Mindelo a servi de décor au film Nha Fala de Flora Gomes et d'autres réalisateurs devraient le suivre sur cette voie.
Du côté du théâtre, de plus en plus de petites troupes voient le jour sur les différentes îles. L'association Mindelact à Mindelo, en particulier, est très active et organise un festival à la renommée grandissante à l'automne.
Artisanat
L'artisanat local est encore assez pauvre, mais tend à se développer. Il s'agit essentiellement de batiks (teintures artisanales), de céramiques, de sculptures de pierre ou noix de coco, de bijoux en coquillages.
Mindelo abrite un Centre national d'artisanat et quelques créateurs talentueux se sont installés à Santa Maria. Mais la majorité de l'artisanat que l'on peut trouver sur les îles, statuettes de bois, masques et colliers, provient de la côte africaine, vendu par les Guinéens et les Sénégalais.
Cuisine et boissons
Cuisine
Restaurants
Les possibilités de restauration varient d'une île et d'un village à l'autre. Dans les villes comme Praia, Mindelo ou Sao Felipe, à Santa Maria, on peut trouver toutes sortes de restaurants (y compris quelques spécialités étrangères) et manger à n'importe quelle heure. Mais à Boavista ou Maio, par exemple, il faut bien souvent prévoir de commander son repas à l'avance.
Repas
- La cachupa est le plat national. Comparable à la feijoada brésilienne, c'est une sorte de ragoût à base de mais et de haricots noirs, qui est décliné selon les ingrédients à disposition : viandes, thon ou légumes. Elle est très appréciée le matin, revenue avec des oignons et des oeufs au plat ( cachupa guisado).
- Les autres plats traditionnels capverdiens (le xerem, le cuscus, le djagacida) sont réservés aux repas de fête et ne sont pas servis dans les restaurants. On a plus de chance de les goûter sur l'île de Santiago.
- On trouve à peu près partout le churrasco (de la viande grillée, généralement du poulet). Avec la garupa(le mérou), l' atum (thon), servi sous toutes ses formes, est le poisson le plus répandu et il est succulent (y compris le thon en boîte !). On peut parfois manger du requin et couramment de la langouste et d'autres produits de la mer (poulpes, crevettes, percebes, cracas...).
- Comme au Portugal, les plats sont en général accompagnés de riz, de frites et de salade, parfois d'igname et de patate douce.
- Enfin, lorsque l'occasion se présente, on peut partager le tiebou diene ou le mafé des Sénégalais. Une bonne alternative à la cachupa, bien plus épicée toutefois !
- Les quelques fruits et légumes viennent de Santiago et Santo Antao : tomates, concombres, choux, pommes, bananes, papayes, goyaves ou mangues selon la saison.
- En dessert, la spécialité est le flan au fromage ( pudim de quejo) préparé avec du fromage de chèvre fabriqué sur les îles de Fogo et Santo Antao.
Boissons
L' eau minérale en bouteille est importée du Portugal ou du Brésil. On trouve toutes sortes de sodas, mais hélas peu de jus de fruits pressés.
Du côté des alcools, Santo Antão et Santiago se disputent le titre de producteur du meilleur grogue , rhum local, qui, mélangé, avec du citron, de la mélasse et éventuellement d'autres parfums devient le pontche, sirupeux. On boit essentiellement de la bière portugaise (Super Bock, Sagres et sa pression Imperial).
Les terres fertiles de l'île de Fogo permettent la production d'un café réputé comme l'un des meilleurs au monde et d'un excellent vin rouge, le manecon. Sur les autres îles, on trouve du vin portugais.
Géographie et climat
Géographie
Le Cap-Vert tient son nom du Cap Vert au Sénégal qui est la pointe africaine la plus proche de l'archipel. Les dix îles, dont seulement neuf sont habitées, et les quelques îlots qui forment l'archipel en forme de couronne ouverte sur l'Amérique du Sud, sont pour ainsi dire perdues dans l'Atlantique, bien au sud des Canaries, à une distance comprise entre 570 km et 880 km des côtes sénégalaises. Le Cap-Vert forme avec les Açores, Madère et les Canaries l'archipel de la Macaronésie.
La superficie totale du Cap-Vert est de 4 030 km², soit une densité moyenne d'à peine 100 hab/km².
Particulièrement exposées au vent, les îles se divisent en deux groupes, répartis suivant leur position face aux alizés :
- Les îles au vent (Barlavento) : Santo Antão (779 km²), São Vicente (227 km²), São Nicolau (343 km²), Santa Luzia (45 km²), Sal (216 km²), Boa Vista (620 km²).
- Les îles sous le vent (Sotavento) : Santiago (991 km²), Maio (269 km²), Fogo (476 km²), Brava (67 km²).
Paysages
Volcans
Selon la légende, Dieu créa le monde et jeta la poignée de terre restante dans l'Atlantique, ce qui donna naissance aux îles du Cap-Vert, isolées et inhabitées. D'un point de vue plus scientifique, le Cap-Vert s'est formé par une succession d'épisodes volcaniques. Les paysages des îles plates, comme Maio, Boavista ou même Sal, laissent présumer de ces origines géologiques. Mais seule l'île de Fogo est encore l'hôte d'un volcan toujours actif, le Pico de Fogo, point culminant de l'archipel à 2 829 m. Les dernières éruptions qui datent de 1951 et 1995 ont laissé tout autour un paysage lunaire de lave et de cendre séchées.
Montagnes
Au nord, Santo Antão, la plus occidentale des îles, offre un visage très contrasté par rapport aux autres îles, arides et désertiques. C'est une île de montagnes vertes, qui, dans une certaine mesure, rappelle les contreforts de la cordillère des Andes avec ses routes pavées suspendues. Ses ribeiras offrent aux marcheurs des possibilités de randonnées exceptionnelles.
São Nicolau lui ressemble, mais en moins spectaculaire. En revanche, les montagnes de Santiago avec leur dentelle de pics déchiquetés sont impressionnantes et la route qui les traverse est, pour le moins, riche en émotions fortes, en particulier au nord, dans la Sierra Malagueta.
Plages
Elles sont bien sûr partout au Cap-Vert, mais de par sa situation au milieu de l'Atlantique, les courants sont forts et l'on ne peut pas toujours se baigner.
Fogo la volcanique offre de longues plages de sables noires. Sur Santiago, Tarrafal se distingue par sa plage ornée de cocotiers où les Capverdiens viennent passer le dimanche en famille. Mais les plus remarquables se situent sur les îles de Sal, Boavista et Maio où l'on trouve des kilomètres de sable blond absolument déserts, investis l'été par les tortues qui viennent pondre.
Climat
De type tropical sec (le Cap-Vert est situé dans la zone sahélienne), il est très fortement influencé par les vents : l'alizé du Nord-Est et l'harmattan venu du Sahara sont responsables de l'aridité extrême et des grandes périodes de sécheresse, tandis que la mousson atlantique apporte des pluies qui restent très irrégulières d'une année à l'autre, concentrées habituellement sur les zones de relief (Santo Antão, Fogo et Santiago).
Ces pluies parfois très violentes peuvent occasionner de gros dégâts, à Praia notamment. Mais, comme en Europe, les données climatiques tendent à se bouleverser puisque même Sal et Boavista, îles les plus soumises à la sécheresse, viennent de connaître des jours entiers de pluies.
On distingue donc deux saisons principales : la saison sèche, de novembre à juin, et la saison des pluies, de juillet à octobre. La température de l'air varie de 20 à 30°C, quant à celle de la mer, la température moyenne annuelle est de 23 à 26°C. La nuit, les variations sont assez faibles, sauf en altitude. L'hiver, les vents peuvent être très violents pendant plusieurs jours, ce qui fait le bonheur des surfers et autres véliplanchistes.
D'une façon générale, le climat du Cap-Vert est particulièrement agréable pour les voyageurs, mais sécheresse et absence de pluie ne facilitent pas la vie des Capverdiens, ni même le développement touristique de masse.
Environnement
Flore
Contrairement à ce que son nom laisse présager, seules quelques zones très localisées de l'archipel se distinguent par leur verdure.
Il semble que la végétation d'origine soit de type méditerranéen, enrichie par la suite de plantes en provenance du Portugal ou d'Afrique. Sur environ 800 espèces végétales représentées, on en compte quelque 90 considérées comme endémiques, présentes en particulier sur l'île de Fogo, dans le parc forestier de Monte Velha, au milieu des fougères et des eucalyptus. Une présence remarquée dans l'archipel, comme sur les autres îles de Macaronésie, est celle du dragonnier que l'on trouve entre 500 et 900 m d'altitude, sur l'île de São Nicolau en particulier.
La végétation est abondante sur les îles de montagne avec des canyons et vallées luxuriantes où s'épanouissent palmiers, fromagers, baobabs et plantes agricoles, mais elle est très rare sur les îles basses comme Sal ou Boavista qui offre le visage d'une savane arborée peu dense.
Il faut noter que le pays présente 55 % de terres incultes. Une grande partie de la végétation aurait été détruite depuis la découverte des îles. Une campagne de lutte contre la désertification et le reboisement a été mise en place ces dernières années avec des résultats encourageants visibles en particulier sur l'île de Maio.
Faune
La faune terrestre se limite presque exclusivement à des animaux domestiques et d'élevage (chiens, chats, ânes, chevaux, cochons, poulets, moutons et chèvres) apportés par les Portugais. On trouve aussi quelques singes dans les montagnes de Santiago et plusieurs espèces de reptiles, dont aucune n'est dangereuse. Elle est un peu plus riche du côté des oiseaux avec environ 75 espèces représentées, dont plusieurs sont endémiques, comme le tchota de Cana ou l'alouette de Raso. Sur les îles de Santiago, Fogo et Brava, le passarinha est un adorable petit oiseau coloré au long bec orange et au chant radieux.
La faune marine est en revanche exceptionnellement riche avec un mélange de faune tropicale et de faune méditerranéenne. Les eaux chaudes et claires favorisent l'épanouissement des coraux et l'archipel du Cap-Vert est l'un des plus poissonneux au monde avec une centaine d'espèces. Parmi les espèces représentées : poissons-perroquets, carpes, mérous, thons, daurades, murènes, marlins, espadons, langoustes... ainsi que des dauphins et plusieurs espèces de requins. Les baleines passent dans les eaux du Cap-Vert de décembre à avril et les tortues marines viennent pondre sur les plages de l'archipel de juin à septembre.
Protection animale
Plusieurs espèces de tortues de mer dont le caret sont en voie de disparition. Depuis quelques années, des campagnes de protection ont été lancées sur l'archipel, en particulier sur l'île de Boavista où une équipe universitaire des Canaries travaille efficacement avec la collaboration des militaires. Sur l'île de Sal, les militaires surveillent également certaines plages, mais des tortues sont encore tuées alors que sur l'île de Maio, les massacres se perpétuent sans aucune répression. La population continue de manger les œufs et la viande de tortue qui se vend très cher sur l'île de Santiago pour ses vertus soi-disant aphrodisiaques. Il reste donc beaucoup à faire pour protéger l'emblème du pays.
Un des trésors de l'archipel est la langouste qui se vend aux restaurants et à l'importation à très bon prix. De fait, elles sont de plus en plus pêchées avec bouteille et les interdictions en période de reproduction ne sont pas respectées, ce qui devrait faire baisser rapidement la population présente.
Santé et sécurité
Santé
Vaccination et protection
Le Cap-Vert ne présente pas de risques sanitaires particuliers et aucun vaccin n'est obligatoire, cependant n'oubliez pas les rappels de vaccins « universels » (tétanos, poliomyélite, diphtérie). Les vaccins contre les hépatites A et B, ainsi que celui contre la fièvre typhoide sont conseillés.
Pas de danger lié à des insectes ou autres animaux dangereux à l'exception du scolopendre (mille-pattes venimeux).
Quelques cas de paludisme ont été signalés sur l'île de Santiago, en saison des pluies et un premier mort a été déploré à Praia. Le traitement anti-paludisme ne paraît pas encore nécessaire, car la prolifération des moustiques reste limitée, mais si vous voyagez l'été, prévoir une bonne protection anti-moustiques.
Le sida a fait son apparition et se développe rapidement. Le gouvernement vient de mettre en place une grande campagne d'information et de protection.
Du côté toxicologique, le crack a lui aussi fait une apparition fulgurante et des pancartes anti-drogues placardent les murs des villes.
Infections
L'un des problèmes les plus fréquents rencontrés par les touristes au Cap-Vert sont les infections. Peut-être à cause du climat, une égratignure parfaitement anodine (écharde, bouton) peut rapidement dégénérer, car les staphylocoques sont nombreux. Il est donc important de désinfecter la moindre petite plaie.
Hygiène alimentaire et mal des transports
Il convient d'appliquer les précautions d'usage : boire de l'eau en bouteille, éviter les glaçons, peler les fruits et éviter la viande de porc. Les estomacs fragiles éviteront aussi les coquillages. Et attention au grogue (le rhum local)...
Prévoir également des comprimés pour le mal des transports, car les traversées en bateau (y compris les deux heures reliant Sao Vicente à Santo Antao) sont remuantes et folkloriques ! Ne pas consommer de produits laitiers avant la traversée.
Pharmacies et hôpitaux
On trouve des pharmacies dans toutes les villes. Mais les médicaments, importés, sont plus chers qu'en Europe et les ruptures de stocks assez fréquentes. Mieux vaut donc se constituer une petite trousse à pharmacie avant le départ.
Chaque île possède un hôpital ou un poste de santé, les deux plus performants étant ceux de Praia et surtout de Mindelo, dont les médecins ont été formés en Europe et à Cuba.
Sécurité
L'un des plus grands dangers au Cap-Vert est peut-être celui lié à la baignade. Si les courants sont trop forts, n'insistez pas, on déplore plusieurs cas de noyades.
Sinon, du point de vue de la population, le Cap-Vert est un pays parfaitement sûr, même si, tourisme oblige, les premiers pickpockets ont fait leur apparition à Praia et Mindelo. Mais aucune agression de touristes n'a jamais été signalée et le Cap-Vert reste l'un des rares pays où l'on peut pratiquer le camping sauvage en toute sécurité
En cas de souci, les policiers capverdiens sont particulièrement serviables avec les touristes.
Retrouvez les informations pour les voyageurs sur la situation du pays, sur le site web du ministère français des Affaires étrangères : www.france.diplomatie.fr.
Sports et loisirs
Sports
Les sports nautiques sont à l'honneur : voile, plongée, planche à voile, surf, pêche au gros… On trouve des clubs sur quasiment toutes les îles. Le Cap-Vert est aussi un paradis pour les randonneurs. Quant aux Capverdiens, leur sport-roi reste bien entendu le football qui se pratique partout. Même les filles sont incroyablement douées. Comme il n'y a pas de championnat national, les Capverdiens se passionnent pour le championnat portugais.
Plongée
On trouve plusieurs clubs sur différentes îles (Boavista, Santiago, São Vicente), mais les plongées les plus intéressantes et sécurisantes se font à partir de Sal. Les baptêmes sont possibles, mais les conditions de plongée en Atlantique avec des courants et des profondeurs importantes demandent tout de même plus d'expérience qu'ailleurs. Plusieurs épaves de navire, des grottes et des cavernes constituent des sites extraordinaires. Au programme, tortues, poissons exotiques, en particulier d'énormes bans de chirurgiens, raies mantas, requins tigres, requins marteaux...
Surf et planche à voile
Ils sont rois sur la plage de Santa Maria à Sal et se pratiquent en particulier durant les mois d'hiver où les vents sont les plus forts. La championne Nathalie Simon y a un club. Depuis quelque temps, le " kite-surf " (parfois appelé " fly-surf ") a fait une entrée remarquée parmi les sports de glisse. Inventé par des Français, il s'agit en quelque sorte d'un surf associé à un cerf-volant de traction qui offre des sensations vertigineuses.
Pêche
Le Cap-Vert est un spot international pour la pêche sportive. De la petite pêche du bord (surf casting et lancer) à la pêche en bateau (petite et moyenne traîne) et à la pêche au gros de marlins bleus, thons albacores, voire de requins, elle se pratique sur toutes les îles et à tous niveaux. On peut partir avec des petits pêcheurs locaux ou avec des gros clubs. Tarrafal sur l'île de São Nicolau est un site particulièrement recommandé
Voile
Les deux principaux ports sont ceux de Praia sur l'île de Santiago et surtout le mythique Porto Grande, dans la baie de Mindelo sur São Vicente. On peut tout à fait faire le tour des îles à la voile, mais il faut être prudent sur les lieux de mouillage. Cela se révèle particulièrement difficile à Fogo où la houle est très forte. Les mouillages de Tarrafal (Santiago et São Nicolau) et de Sal Rei (Boavista) sont bien abrités.
Randonnées
C'est l'activité principale à pratiquer sur les îles de Fogo et Santo Antão, ainsi qu'à São Nicolau. Elles se font dans la montagne ou à travers les champs de canne à sucre et de bananiers et sont d'un niveau facile à moyen, certaines bien plus difficiles à Santo Antão (du côté de Tarrafal). À Fogo, l'ascension du volcan s'effectue en trois à quatre heures. En revanche, la descente jusqu'à Mosteiros est bien plus ardue que ne le sous-entendent les guides et les locaux. Il existe une très bonne carte des sentiers de Santo Antão que l'on peut se procurer en arrivant à Porto Novo ou à Ribeira Grande. Possibilité de trouver des chevaux.
Loisirs
La vie nocturne
À part à Mindelo et Praia, où l'on peut écouter des concerts presque tous les soirs, le vie nocturne n'est pas très développée au Cap-Vert, encore que l'on trouve parfois des discothèques dans des villages complètement perdus. Assez peu de cinémas, on regarde la télé essentiellement dans les cafés pour suivre les telenovelas brésiliennes ou les matchs de foot. Le jeu le plus répandu est l' ouril, sorte de jeu de dames du continent africain se jouant avec des graines.
Photo
Les Capverdiens adorent être photographiés, ils en sont même flattés. Rares sont les cas où ils demandent de l'argent en échange, plus souvent ils désirent qu'on leur envoie les photos. Ils adorent se voir dans l'écran des appareils numériques. Les lumières hivernales sont une bénédiction pour les amateurs de paysage.
Traditions
Identité
Lorsque les navigateurs portugais et génois découvrent les îles du Cap-Vert entre 1460 et 1462, l'archipel est totalement vierge de toute population (bien qu'ayant vraisemblablement déjà été visité par des Arabes et des pêcheurs sénégalais). Mais sa situation stratégique dans l'océan Atlantique, sur la route du Nouveau Monde tant convoitée, inspire à la couronne portugaise des velléités de peuplement macabre.
Le trafic d'esclaves est alors un commerce très lucratif et des milliers d'Africains, originaires pour beaucoup de Guinée-Bissau, mais aussi du Sénégal ou de Sierra Leone sont emmenés de force sur les îles. Dans les décennies et les siècles qui suivent, de par la faible superficie des îles et leur isolement, un processus de métissage unique entre maîtres blancs et esclaves noirs se développe. Ce métissage entre Afrique et Portugal est le fondement même de l'identité capverdienne.
Le parler créole, issu du portugais et enrichi de dialectes africains (notamment le mandingue), se pose comme le symbole le plus éclatant de cette identité. Il est parlé par tous, quelle que soit sa classe sociale, et ardemment défendu par les intellectuels. Mais paradoxalement, les Capverdiens se réclament davantage de la part européenne de leurs origines et méconnaissent la richesse de la culture africaine.
Même si des influences ont subsisté, en particulier sur l'île de Santiago, on trouve assez peu de parallèles avec la culture du continent, et si les femmes portent leurs enfants dans le dos et des provisions sur la tête, elles se vêtissent à l'européenne. Les cas de discrimination envers les Sénégalais ou les Guinéens installés sur les îles sont parait-il assez fréquents.
Fêtes et jours férié
Les jours fériés correspondent pour beaucoup à ceux de notre calendrier chrétien (Noël, Nouvel An, Mardi Gras, Assomption), auxquels on peut ajouter :
- 13 janvier : jour de la démocratie.
- 20 janvier : jour des héros de la Nation.
- 8 mars : journée de la femme.
- 1er mai : fête du travail.
- 1er juin : jour de l'enfant.
- 5 juillet : fête de l'indépendance.
Les fêtes dans les îles sont nombreuses et chaque petit village a souvent sa fête particulière. Les fêtes sont en général liées à la célébration d'un saint, saint Jean étant le plus fêté sur toutes les îles.
Santo Antão est l'île où les fêtes sont les plus nombreuses. Les festivités sont très populaires, comportant toujours des messes, des processions, de la musique traditionnelle et des danses, ainsi que de copieux repas où l'on sert les plats des grandes occasions comme le xérem, le cuscus ou la djagacida.
Le carnaval est également célébré sur toutes les îles ; les plus célèbres étant bien sûr celui de Mindelo que d'aucun compare même à un petit Rio et celui de São Nicolau, plus authentique.
Les fêtes de Bandeira de São Felipe (Fogo) et leurs courses de chevaux qui se déroulent le dernier week-end d'avril sont également très réputées. Enfin, de grands festivals de musique se déroulent sur toutes les îles et, certains, comme celui de Baia das Gatas (en août, à São Vicente), se sont forgés une solide réputation internationale.
Religion
Le catholicisme, importé par les Portugais, est la première religion du pays. Le clergé a d'ailleurs une grande influence sur la vie sociale et politique du pays. Les églises sont présentes partout. À Cidade Velha, ancienne capitale sur l'île de Santiago, on trouve les ruines de la première cathédrale africaine. Contrairement à Cuba ou au Brésil, par exemple, il n'y a a priori pas eu au Cap-Vert de fusion avec des rituels animistes. Les Capverdiens pratiquent la même religion que les Portugais.
La deuxième religion du pays est le protestantisme (en particulier la branche adventiste), chaque ville ou presque possède son temple. Quant à l'Islam, il commence à peine à faire son apparition avec l'arrivée des Sénégalais. On trouve quelques traces de judaïsme, ainsi que pas mal de rastas.
Transports
C'est l'un des points noirs d'un voyage au Cap-Vert, les villages reculés ne sont souvent desservis par aucun transport en commun, quant aux liaisons inter-îles, elles nécessitent soit du temps (en bateau), soit de l'argent (en avion).
Avion
L'arrivée au Cap-Vert s'effectue aux aéroports internationaux de Sal, de Praia et de Sao Vicente. La TACV, la compagnie nationale, s'est beaucoup améliorée au niveau de la ponctualité, mais les vols sont souvent complets en période de vacances (Noel et été) et de festivals. Si l'on achète son vol international, il existe un système de Pass de trois, quatre ou cinq vols valables 21 jours. Bien que l'on puisse l'acheter en arrivant, les tarifs sont plus intéressants depuis la France. Seul inconvénient, les dates de réservation sont fixes, alors que sur des vols achetés au coup par coup, elles sont facilement modifiables. On trouve des bureaux de TACV dans les villes principales de chaque île. TAP Portugal et Air Sénégal proposent également des vols au départ de Paris.
Bateaux
Les liaisons maritimes entre les îles sont assez difficiles, car les bateaux ne passent qu'une à deux fois par semaine et servent tout autant au transport de marchandises qu'à celui des passagers. Le Barlavento et le Sotavento sont les bateaux les plus anciens utilisés par les Capverdiens, mais le Lobo do Mar, nouveau ferry très confortable venu du Portugal, assure désormais la liaison Praia-Sao Vicente en onze heures de temps pour 4 000 ECV. Il existe des liaisons quotidiennes entre Mindelo et Santo Antao. Compter une à deux heures de traversée selon la compagnie.
Pistes et routes pavées
Les aluguers sont les minibus collectifs, parfois des pick-up, qui relient les villages entre eux pour une somme modique. Pour accéder à certaines plages ou villages retirés, il faut bien souvent affréter un aluguer avec chauffeur. La location de voiture (le plus souvent des 4x4) commence aussi à se développer. À la sortie des aéroports, les taxis pratiquent des prix assez élevés, mais l'on peut rejoindre la route principale et attendre un aluguer (à Sal et à Boavista). Praia et Mindelo bénéficient d'un service d'autobus.
Vie pratique
Décalage horaire
Quand il est 12 h à Paris, il est 10 h au Cap-Vert en hiver, 9 h en été
Électricité
Elle est fournie par le Portugal. La même qu'en France, à savoir 220 volts. Les coupures d'électricité sont fréquentes, y compris à Praia, la capitale.
Langue
La langue officielle est le portugais, mais on peut se faire comprendre avec l'espagnol. Les Capverdiens parlent le créole, un portugais savamment transformé mêlé à du dialecte africain, essentiellement le mandingue. À noter que le créole de Santiago est différent de celui de Sao Vicente, par exemple.
Poste
Ses bureaux ouvrent du lundi au vendredi de 8 h à 12 h et de 14 h 30 à 17 h 30 et on trouve un bureau de poste dans toutes les villes. Les timbres pour l'Europe pour des cartes postales coûtent 60 ECV et il faut compter entre une semaine et une dizaine de jours d'acheminement. Possibilité d'envoyer des fax et du courrier en express (EMS).
Téléphone et Internet
- De la France vers le Cap-Vert : le 00-238, puis le numéro à six chiffres dont le premier est indicatif de l'île (neuf pour les portables).
- Du Cap-Vert vers la France : 00-33, puis le numéro à neuf chiffres.
Toutes les îles sont équipées de cabines à carte, carte que l'on peut se procurer dans les postes, certaines merceria et stations-service.
Le réseau Internet est bien développé. Comptez entre 100 et 300 ECV de l'heure, selon les îles.
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