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Egypte, un don du Nil
Egypte, un don du Nil

Le Caire, quand le fleuve se fait modeste

Le Nil, principal fleuve d’Afrique, a façonné les paysages égyptiens et a permis le développement d’une civilisation qui attire chaque année des milliers de voyageurs. Au Caire, il participe à l’animation nocturne de la ville…

Une histoire millénaire

Le roi Ménès a fondé Memphis, première capitale de l’Égypte unifiée à la pointe sud du delta, là où le fleuve était le plus facile à traverser un peu plus de trois mille ans av. J.-C.

Depuis, la ville, sous toutes ses formes successives et sous tous ses noms – Babylone, Fostat, al Askar, Al Qatai, al Qahira – s’est toujours développée sur la rive orientale du Nil et à distance raisonnable du fleuve. Voila pourquoi aucun des joyaux de l’architecture islamique du Caire – la mosquée ibn Touloun, el-Azhar, la madrasa Sultan Hassan, la citadelle de Saladin –, ne se reflète dans les eaux du Nil.

Une mégalopole impressionnante

D’est en ouest, Le Caire s’étend sur un peu plus de soixante kilomètres, trente-cinq kilomètres du nord au sud. Voilà les dimensions de ce monstre urbain où vivent entre 12 et 20 millions d’habitants. Personne ne pourrait donner aujourd’hui un chiffre exact de la population du Caire.

Au milieu de ce chaos urbain, coule un Nil domestiqué qui sert aujourd’hui de décor aux fêtes que les riches Egyptiens organisent pour des occasions particulières (mariages, anniversaires…) ou aux promenades romantiques des jeunes Cairotes.

La nuit notamment, le Nil brille de mille feux. Les bateaux s’illuminent et partent faire des ronds dans l’eau devant une ligne étincelante d’hôtels de luxe. On y trouve des restaurants, des boîtes de nuit... Au Pacha 1901, accosté près de l’hôtel Marriott, vous pourrez déguster le plat traditionnel, la molokheya, en profitant de la vue sur le Nil.

Visiter le Caire

Les séjours en Egypte proposent souvent une ou deux journées dans la capitale. Au programme, la visite des pyramides de Guizeh et le non moins célèbre Musée du Caire qui abrite les trésors pharaoniques du pays, dont l’intégralité du tombeau de Toutankhamon.

Pour ceux qui souhaiteraient découvrir l’intimité de cette ville, il faut se plonger dans le cœur historique, de la Citadelle à la Bab el Futuh. Ici, c’est un entrelacs de ruelles où les odeurs se mêlent aux cris des vendeurs de pains, aux bruits des artisans. Dans ce Caire islamique, vous découvrirez le patrimoine arabo-musulman d’une grande richesse comme les magnifiques mosquées (Sultan Hassan, el Azhar…), les fontaines publiques (sabil kuttab), les maisons de l’époque mamelouke, les wakalas, anciens caravansérails. Un patrimoine en cours de restauration qui mérite le coup d’œil.

Terminez votre visite par le parc el-Azhar pour avoir un peu de calme – après le tumulte du Caire, c’est plus que nécessaire – et surtout une vue imprenable sur la ville.

Alexandrie la nostalgique

Oubliée des circuits touristiques, Alexandrie a pourtant un passé évocateur : fondée par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., elle devient au XIXe siècle une véritable place financière et commerciale. Aujourd’hui avec six millions d’habitants, elle est devenue la seconde ville égyptienne. Mais que reste t-il de la ville mythique ?

Ville méditerranéenne

Longtemps célébrée comme la capitale du cosmopolitisme, Alexandrie s'est transformée sous l'ère nassérienne en une cité balnéaire largement fréquentée par les Cairotes qui échappent ainsi durant la période estivale à la chaleur écrasante de la capitale.

Le souvenir de la grande époque reste présent dans tous les esprits. Au bord de la Méditerranée, sur un immense front de mer, dorment les traces encore vivantes d'une Andalousie perdue, dont le lustre s'est éteint au milieu du XXe siècle. Il s'agissait d'une ville mythique, caractérisée par un étonnant mélange de races et de communautés, d'identités, de langues et de cultures.

Capitale de la nostalgie

À peine arrivé sur place, on est frappé par la nostalgie qui est devenue synonyme d'Alexandrie. Cette nostalgie imprègne tout : les conversations quotidiennes, les textes littéraires, les vieilles et majestueuses bâtisses, le tramway, les places qui laissent deviner une splendeur passée, la plage presque effacée, gorgée de tant de souvenirs cinématographiques et romanesques, les marques de l'Histoire qui se dressent partout, l'antique corniche, lieu de toutes les romances et des rires de jeunes gens.

Une nouvelle naissance

Lorsqu'elle fut fondée par Alexandre le Grand, il voulut qu'elle soit différente de toutes les autres villes d'Egypte, tournée vers la mer, dialoguant avec les rives lointaines. La bibliothèque d'Alexandrie, autrefois centre mythique de la culture antique, en est le symbole aujourd’hui. Un joyau architectural qui redonne du souffle au tourisme culturel. Et si le projet de reconstruction du phare d'Alexandrie est mené à son terme, les architectures hellénistique et romaine revisitées deviendront une nouvelle composante de l'identité contemporaine de l'Etat égyptien, s'ajoutant aux styles pharaonique et arabo-islamique.

Cette ouverture politique et culturelle sur la Méditerranée se manifeste aussi au niveau de l'exceptionnelle liberté qui caractérise les activités des centres culturels dépendant des missions diplomatiques étrangères à Alexandrie et d'un apparent encouragement, voire une appropriation par les autorités, du discours de l'intelligentsia alexandrine, qui ne cesse de réaffirmer sa particularité cosmopolite, en opposition à la culture du Caire.

Quand Thomas Cook inventait les croisières sur le Nil

De Louxor à Assouan, les croisières connaissent toujours autant de succès. Une histoire qui remonte à plus de 100 ans…

Une famille au bord du fleuve

Le Nil légendaire et le perpétuel ensoleillement ont attiré les visiteurs en Egypte depuis l'époque gréco-romaine. Mais le tourisme en tant que secteur économique n'est véritablement né que lorsque Thomas Cook a commencé à organiser des croisières et divers types de séjour en Egypte, il y a quelque cent trente ans.

Le monde était alors différent. L'année 1869 avait été essentielle pour l'Egypte, puisque c'est alors que fut inauguré le canal de Suez, événement colossal non seulement pour le commerce, mais aussi pour le tourisme. L'ouverture d'une route maritime vers l'Orient offrait la possibilité de profiter d'un nouveau marché potentiel, et la première croisière sur le Nil escortée et organisée par Thomas Cook connut un succès retentissant. Le révérend Newman Hall, qui en était l'un des passagers, devint l'un des plus fidèles propagandistes de la société. Il écrivait des articles publiés à New York, que Cook reproduisait dans ses revues, Excursionist et Tourist Advertiser.

Un succès immédiat

Celui-ci se trouva soudain submergé de demandes de voyages pour l'Egypte et la Terre sainte. Que faire face à cet intérêt manifeste et à ce potentiel immense, sinon y répondre favorablement ? En 1870, son fils, John Mason Cook, ouvrit un bureau dans les dépendances du Shepheard's Hotel du Caire. Les affaires étaient lancées et, très vite, elles prospérèrent.

Comment aurait-il pu en être autrement ? À lui seul, le climat était un atout : sec et capable de soigner les maladies pulmonaires, en particulier la tuberculose, affection banale de l'époque victorienne. En ce temps-là, un voyage à bord de l'un des vapeurs de luxe de Cook durait vingt-trois jours et coûtait 50 livres sterling, y compris les excursions à terre et la location d'ânes et de guides.

Cook fait des émules

Il est intéressant de noter que les itinéraires des croisières actuelles suivent en gros ceux établis il y a une centaine d'années. Aujourd'hui, les bateaux ne naviguent qu'entre Louxor et Assouan, et non plus du Caire à Assouan. Les ânes ont été remplacés par des bus luxueux pour les circuits à terre, et les visites des monuments s'accompagnent de virées dans les bazars. Mais l'expérience reste peu ou prou la même.

Certes, les vapeurs de Cook ne voguent plus sur le fleuve, mais ils occupent encore une place de choix sur la scène touristique égyptienne. Sans aucun doute, les tour-opérateurs d'aujourd'hui doivent beaucoup à John Mason Cook, pionnier de l'ère victorienne, père de toutes ces luxueuses croisières entre Louxor et Assouan.

Nos bons plans

Pour mieux préparer votre voyage en Egypte, voici nos bons plans et adresses utiles...

Guide pratique Le Caire

De plus en plus d’agences de voyage conseillent à leurs clients d’éviter Le Caire et d’aller découvrir les beautés de l’Egypte en se rendant directement à Louxor et à Assouan après une rapide visite des pyramides. C’est une erreur. Le Caire est une ville passionnante, riche d’un patrimoine architectural et humain exceptionnel.

À voir, à faire en priorité

- Les Pyramides de Guizeh et de Saqqarah. C’est votre première visite en Egypte ? Il ne faudra pas manquer la visite des pyramides de Guizeh. Mais si vous souhaitez entrer dans une pyramide sans trop d’affluence, nous vous conseillons celles de Dachour situées à proximité de Saqqarah.
- Le Musée égyptien du Caire. Situé en centre ville, il abrite les splendides collections pharaoniques. Si le temps vous manque, dirigez-vous en priorité au premier étage pour la découverte du magnifique tombeau de Toutankhamon.
- Le Vieux Caire : prenez le métro (ligne 1) et descendez à la station Mar Girgis. Le quartier copte ceint de murailles romaines est un des plus vieux quartiers du Caire, ancien bastion de la chrétienté avant l’arrivée de l’Islam. Plusieurs églises sont à visiter : l’église Saint-Serge avec sa crypte où la Sainte Famille aurait trouvé refuge lors de la fuite en Egypte, l’église Suspendue qui domine les anciens bastions de l’enceinte romaine, l’église Saint-Georges et l’église Sainte-Barbara. Le musée copte renferme des poteries, étoffes, orfèvreries, icônes, des collections intéressantes pour mieux appréhender l’histoire des coptes en Egypte.

Se loger, sortir

Trouver un hôtel où l’on pourra se reposer pour repartir d’un bon pied à la découverte des merveilles est indispensable. Les hôtels de luxe appartenant aux grandes chaines internationales offrent un luxe et un calme sans surprise.
Sur l’île de Zamalek, de nombreux hôtels proposent à des prix raisonnables un confort tout à fait agréable. On y trouve également de nombreux restaurants branchés. Un quartier animé à découvrir le soir.

Guide pratique Alexandrie

Comment y aller

Des vols réguliers relient directement Paris à l'aéroport d'Alexandrie, mais les tarifs sont élevés. Quant aux vols charter, ils sont rares. Il vaut donc mieux passer par Le Caire, puis se rendre à Alexandrie en train ou en bus (environ trois heures de trajet). Préférez le train au départ de la gare de Ramsès car la gare routière du Caire est en cours de relocalisation. Il n'existe malheureusement pas de liaison fluviale reliant Le Caire à Alexandrie par le Nil.

Quand y aller

Si l'hiver est la meilleure saison pour visiter les trésors antiques du sud de l'Egypte, ce n'est pas le cas pour Alexandrie, qui est alors sujette aux pluies et à la grisaille. Mieux vaut s'y rendre entre septembre et novembre ou entre mars et mai.

À voir, à faire en priorité

- Une promenade le long de la rade, de la Bibliotheca Alexandrina au fort Qaïtbay. Avec son architecture d’avant-garde, la nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie a de quoi séduire les visiteurs. Elle est la grande fierté de la ville. De l’autre côté de la rade, le fort Qaïtbay, construit à la fin du XVe siècle, s’élève sur l’emplacement du célèbre Phare, englouti par un tremblement de terre en 1477. Les efforts conjugués de l’archéologue Jean-Yves Empereur, directeur du Centre d’Etudes Alexandrines (CEA) et de l’Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO) permirent de reconstituer le monument dans ses moindres détails.
- Les vestiges de l’Antiquité gréco-romaine dont le musée gréco-romain (sharia Gamal Abdel Nasser dans le centre ville), les Catacombes à la sortie sud-ouest de la ville en vous arrêtant à la Colonne de Pompée, la seule encore debout, qui appartenait à un temple antique, annexe de la Bibliothèque d’Alexandrie.
- Les cafés-brûleries qui font partie de l’héritage cosmopolite alexandrin. Jadis tenus par des Italiens, des Arméniens, ils conservent un charme désuet. Les habitants y viennent prendre leur café, en lisant le journal, vieille habitude qui a perduré.

Se loger

De début juin à la mi-septembre, la ville est submergée par les vacanciers égyptiens, essentiellement des Cairotes qui fuient la canicule. Si cela permet de goûter au tourisme de masse version égyptienne, vous risquez de rencontrer des difficultés pour dénicher une chambre d'hôtel, même en vous rabattant sur les établissements bon marché. En dehors de cette période, en revanche, vous n'aurez aucun mal à trouver une chambre sur la corniche avec vue sur la mer, et ce pour des prix très abordables.

Formalités

Les ressortissants français voyageant individuellement ou en groupe peuvent entrer en Egypte munis d’un passeport dont la date d’expiration doit être postérieure d’au moins six mois à la date du voyage, ou d’une carte nationale d’identité valide. Le visa est obligatoire et payant (environ 25 €). Pour les porteurs de passeports, le visa peut être obtenu soit auprès d’un consulat égyptien à l’étranger soit à l’arrivée en Egypte. Pour les porteurs de carte d’identité, le visa est apposé, à l’arrivée, sur un formulaire spécifique fourni par les autorités locales. Les voyageurs doivent impérativement se munir avant leur départ d’une photo d’identité qui sera fixée sur ce formulaire. Au-delà du premier mois, il faut simplement prolonger le visa, ce qui se fait auprès du bureau de l’immigration (au Caire le Mogamma, place Tahrir).
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Dernière mise à jour : le 02/07/2009 à 15h19

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