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Une révolution esthétique : l'art de la Sécession
Pour cette journée autour de 1900, je vous emmène au Palais du Belvédère voir les oeuvres de Klimt. Nous ferons aussi une promenade autour du thème de la "Sécession" à partir de Karlplatz avant d'échanger nos impressions dans le décor "Art Nouveau" du Café Central.
Le musée du Belvédère
Au tournant du XXe siècle, l'Empire austro-hongrois se délite. Pourtant la vie intellectuelle est plus brillante que jamais. Klimt, Freud, Mahler ou Schnitzler témoignent de ce formidable bouillonnement. Les oeuvres des artistes qui façonnèrent Vienne à son âge d'or se trouvent au Palais du Belvédère.
Au sommet des jardins, le prince Eugène de Savoie donnait dans le Belvédère supérieur des fêtes éblouissantes. Il abrite aujourd'hui une riche collection d'oeuvres de Gustav Klimt. Sa peinture célèbre l'amour et la mort dans un tourbillon de couleurs et de symboles. Ses portraits des plus belles femmes de Vienne connaissent immédiatement le succès.
Certaines de ces dames fréquentaient peut-être le cabinet de Sigmund Freud, au 19 Bergasse, converti en musée. L'époque est mélancolique. Klimt fut aussi le premier, avant Egon Schiele, à représenter les thèmes tabous de la grossesse ou de l'homosexualité féminine. A cette époque, les premières revendications féministes se mêlaient au discours freudien.
Promenade Sécession
Après le Palais du Belvédère, nous gagnons Karlplatz. Sur la Friedrichstrasse, Joseph Maria Olbrich dessine le pavillon de la Sécession en 1897 pour les défenseurs de cet « Art Nouveau ». Ils ont fait « sécession » contre le conservatisme du temps. Sur ce bâtiment de plan carré surmonté d'un dôme doré, les artistes inscrivent leur slogan: "A chaque époque, son art, à l'art, sa liberté". A l'intérieur, Klimt peint la " frise Beethoven", un hommage au génial musicien. On y retrouve des femmes à la beauté vénéneuse.
A quelques pas, sur la Linke Wienzeile, deux immeubles construits par Otto Wagner en 1899 présentent leurs éblouissantes façades Art nouveau. Au numéro 40, un immense arbre en fleurs se déploie sur les carreaux de céramique qui recouvrent la « maison des Majoliques ».
En revenant vers Karlplatz, si vous passez un samedi matin, se tient un marché animé et exotique, le "Naschmarkt" : produits frais, spécialités d'Europe centrale et "puces". Les élégants pavillons de la station de métro Karlplatz sont également d'Otto Wagner. Leurs courbes gracieuses symbolisent le raffinement de ce style.
La Karlskirche
De l'autre côté de la place, dans la plus belle église baroque de la ville, la Karlskirche, Alma Schindler épousa Gustav Mahler. Prenons ensuite le tramway sur le Ring, nous descendons à l'arrêt Burgring. Par la Bankgasse, je vous conduis au Palais Ferstel, sur Herrengasse. Il abrite le prestigieux Café Central, fréquenté autour de 1900 par les écrivains Stefan Zweig ou Robert Musil.
Le raffinement des cafés
Dans la vie viennoise, art et art de vivre se conjuguent. Pour vous mettre au diapason, rendez-vous dans les cafés et les pâtisseries.
Le goût du café
Les Turcs qui ont assiégé la ville à deux reprises ont donné à ses habitants le goût du café. Depuis le XVIIe siècle, les cafés – appelés "Kaffeehaüser"– jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne. A la fois lieux de rendez-vous et salles de lecture de la presse internationale, toutes les classes sociales s'y retrouvent.
Vous pourrez y prendre un déjeuner léger ou un dîner. La carte offre également une vingtaine de préparations différentes de café. Quelques suggestions : le "mazagran" est un café froid servi avec des glaçons et du rhum, le "franziskaner" un grand crème couronné de chantilly et pour les plus audacieux, le riche mélange impérial, le "kaisermelange" : du café, un jaune d'œuf et du cognac.
Gourmandises sucrées
Les gâteaux se dégustent dans les "Café-Konditoreien", des espaces plus intimes. Savez-vous que le croissant est une invention viennoise ? En 1683, les Ottomans assiègent Vienne. Selon la légende, une nuit, les boulangers entendent l'ennemi approcher et donnent l'alarme. L'ennemi sera repoussé. Pour célébrer cette victoire, ils inventent une pâtisserie en forme de petite corne, allusion au croissant qui orne l'étendard turc. Les croissants sont nés ! Marie-Antoinette les emmènera en France.
Le must des gâteaux : la Sachertorte
Ce célèbre gâteau riche en chocolat avec une couche de confiture d'abricot fut créé en 1832 par le pâtissier du prince Metternich, Franz Sacher. Son fils fonde l'hôtel Sacher sur la Kärtner Strasse. Aujourd'hui, cet élégant Café est toujours une institution. La boutique propose aussi une liqueur au goût de chocolat, avec un soupçon d’abricot. Si vous n’êtes pas tenté par le chocolat, goûtez l’Apfelstrudel, servi chaud avec de la crème chantilly.
Demel, chocolatier impérial
La Kohlmarkt est une rue piétonne bordée de boutiques luxueuses. Un goûter s'impose au 14, chez Demel, l'ancien chocolatier impérial. C'est une pâtisserie ou "Konditorei". Dans ce décor baroque, les tentations douces abondent. Une vitre donnant sur le laboratoire permet de voir les pâtissiers travailler : un vrai spectacle !
Une capitale impériale
La première résidence des Habsbourg, la Hofburg, se trouve au coeur de la ville médiévale. A partir du XVIIIe siècle, ils séjournent volontiers à la campagne dans leur palais de Schönbrunn, rival de Versailles.
La Hofburg
Cette petite forteresse médiévale devient au fil des siècles une ville dans la ville. Tout autour, l'aristocratie construit ses palais au plus près du pouvoir. Les appartements rappellent l'apparat et le pesant protocole de l'Empire. Le cabinet de toilette de l'impératrice Elisabeth est émouvant. En avance sur son temps, Sissi disposait d'un matériel de gymnastique pour entretenir son corps.
L'art équestre
Outre ses joyaux et oeuvres d'art, le palais abrite l'école espagnole d'équitation, symbole de perfection. Les chevaux Lipizzans doivent leur nom au haras fondé par l'archiduc Charles en 1580 à Lipizza, en Slovénie. Le croisement de chevaux arabes, italiens et espagnols donna naissance à cette race. Dans l'élégant cadre du Manège d'hiver, je vous invite à assister le matin à leur entraînement.
Vérifiez les horaires : en général de 9 à 12 heures sauf le dimanche, accès par la Josefplatz, porte 2.
Schönbrunn
Léopold 1er commande ce somptueux palais d'été à la fin du XVIIe siècle. Le château de Versailles vient d'être achevé. Il s'agit de le surpasser ! L'architecte Fischer von Erlach réalise un palais baroque. Le rococo s'épanouit dans la décoration intérieure, achevée au XVIIIe siècle sous le règne de l'impératrice Marie-Thérèse.
Cette souveraine populaire et avisée est la figure emblématique de la dynastie Habsbourgeoise. Elle est la mère de 16 enfants, dont la reine Marie-Antoinette. A six ans, Mozart se produisit à Schönbrunn, devant Marie-Thérèse. Dans l'immense parc ouvert gratuitement au public depuis 1779, nous trouvons un café dans la serre à palmiers du jardin botanique.
Le musée des Beaux-Arts
Les Habsbourg ont collectionné avec passion les chefs-d'œuvre de la peinture européenne. Pour abriter ces trésors, François-Joseph fait construire un grandiose musée des Beaux-Arts, le Kunstmuseum. Sa décoration intérieure est confiée aux artistes les plus célèbres de l’époque, dont Gustav Klimt. Parmi les fleurons des collections : Vermeer, Giorgione, Raphael, Velasquez, le cycle des saisons de Bruegel et les curieux « portraits-nature-morte » d'Arcimboldo.
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Dernière mise à jour : le 22/07/2008 à 18h06
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